CHAPITRE V
ces fils acquièrent la polarité dès qu’on les frotte avec des corps durs dans la direction des barreaux. Si l’on retourne ces mêmes fils et qu’on exerce de nouveau le frottement, on détruit la polarité pour leur en donner u ue autre en sens inverse.
Nous savons que M. Gay-Lussac a fait voir que l’on peut rendre magnétique le fer doux au moyen de la torsion. Cette action mécanique produit le même effet dans le fer qui est sous l’influence du magnétisme terrestre, que le frottement sur les fils de fer qui sont aimantés par influence. M. Haldat a fait voir, comme on devait s’y attendre, qu’en détordant un fil de fer doux qui a été aimanté par la torsion , on lui enlève sa polarité.
Tous ces faits s’expliquent parfaitement par les principes connus , et nous ne nous y arrêterons pas davantage.
§ X. Observations sur la distribution du magnétisme dans les aimants , et sur la force coercitive.
2 i (TM.Nohili a fait dernièrementquelques expériences pour tâcher de découvrir de quelle manière la distribution du magnétisme s’opère dans l’intérieur des aimants; il a voulu voir, entre autres, jusqu’à quel point on pouvait considérer un cylindre aimanté comme formant un faisceau d’aiguilles très- fines de même longueur, toutes aimantées par le même coté ; il a pensé qu’un semblable faisceau d’aiguilles devait se désaimanter presque entièrement. Pour s’assurer de ce fait , il a suivi la même marche que Coulomb. Il prit une cinquantaine d’aiguilles, dont il fit un petit paquet, qu’il aimanta ensuite avec le pôle d’un gros aimant; il défit ensuite le paquet pour déterminer la force magnétique de chaque aiguille; il les trouva toutes fortement aimantées dans le même sens ; puis il reforma le faisceau en maintenant le contact des aiguilles aussi parfait que
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possible avec un fil enroulé autour. Deux heures après, ayant délié le pacjuet, il observa de nouveau le magnétisme de chacune des aiguilles; il en trouva un bon nombre qui avaient acquis le magnétisme contraire. Ayant répété l’expérience sur un autre paquet d’aigmlles, mais au lieu d’attendre deux heures pour l’ouvrir, il le défit une demi-heure après, un certain nombre d’aiguilles avaient déjà perdu tout le magnétisme qu’on leur avait communiqué. Toutes ces observations avaient été faites par Coulomb avant M. Nobili (2o3).
Ces faits prouvent que les aiguilles ne restent pas toutes aimantées au meme degré; que les plus fortes désaimantent d’abord les plus faibles, qui prennent ensuite le magnétisme contraire, et que si elles avaient reçu toutes, dès le principe, le meme degré d’aimantation, la vertu magnétique se serait bien vite éteinte dans tout le système. M. Nobili pense, d’après cela, que l’on ne doit pas considérer un barreau aimanté comme formant un faisceau d’aiguilles très -fines de même longeur, aimantées toutes du même coté.
Il est parti de la disposition en échelons des barreaux dans les faisceaux artificiels, pour indiquer comment il conçoit la distribution du magnétisme. Suivant cet .arrangement, la barre centrale dépasse les barres latérales qui sont placées ensuite en échelons. Le barreau du centre, non seulement conserve son magnétisme, mais acquiert encore un plus grand degré de force que par tout autre arrangement. M. Nobili suppose que l’intérieur du barreau est divisé en autant de couches concentriques , et que le magnétisme sur ces couches diminue rapidement du dehors au dedans. Il cite, à l’appui de sa manière de voir, le fait suivant : si l’on veut concentrer dans les aimants artificiels, formés de barreaux en échelons, la plus grande force magnétique sur les bases latérales , il faut intervertir l’ordre des échelons, retirer en arrière la base centrale, et pousser en avant celles qui sont latérales. Pour indiquer comment il peut se faire que celte division en couches