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CHAPITRE IL

DE L’ AIMANTATION DU FER ET DE L’ACIER PAR LES COURANTS ÉLECTRIQUES CONTINUS ET DISCONTINUS.

§ Ier. Premières observations relatives à V aimantation par les courants et les décharges électriques .

2^2. Aussitôt après la découverte de Faction d’un courant sur l’aiguille aimantée, M. Arago a trouvé que ce même courant développait fortement la vertu magnétique dans des lames de fer doux ou d’acier qui ne la possédaient pas avant. Voici les résultats qu’il a obtenus : i° de la limaille de fer doux placée à peu de distance d’un fil de métal, qui joint les deux extrémités d’une pile, est attirée par lui et retombe aussitôt que celle-ci cesse de fonctionner ; 2° le fil conjonctif, plongé dans la limaille, s’en charge tout autour en formant des anneaux concentriques, dont l’épaisseur, qui est quelquefois de plusieurs millimètres, dépend de la force de la pile; 3° si l’on substitue au fer doux de petites aiguilles d’acier, on leur donne une aimantation permanente, et elles se mettent en croix avec le fil conjonctif, en tournant cha-, que pôle d’un côté ou de l’autre , suivant le sens du courant. Il résulte de ces observations et de celles qui sont rapportées dans le paragraphe précédent, que pour donner du magnétisme à des aiguilles qui en sont privées , il faut les placer dans la direction perpendiculaire au fil conjonctif, ou bien, si on veut leur procurer un fort degré d’aimantation , les introduire dans une

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hélice, et faire passer le courant à travers le fil. Il suffit d’un seul instant pour aimanter uue aiguille aussi complètement que possible.

M. Arago a imaginé d’aimanter un fil d’acier placé dans l’axe de deux hélices symétriques, de même diamètre, séparées par une partie rectiligne du même fil, et dirigées en sens contraire; le courant électrique, en parcourant les spires de ces diverses hélices, aimanta les portions correspondantes du fil d’acier comme si elles avaient été séparées les unes des autres : il en est résulté un point conséquent à la jonction de chacune des hélices. En opérant avec trois hélices, dirigées alternativement en sens contraires, il a obtenu deux points conséquents. Voilà un moyen de faire naître des points conséquents dans un fil d’acier, autant qu’on le veut, en multipliant convenablement l’inversion des spires.

M. Arago a reconnu, en outre, que dans l’intérieur d’une hélice qui est suffisamment longue par rapport à son diamètre et dont le pas est très-court, des aiguilles placées d’une manière quelconque, mais parallèlement à l’axe, acquièrent toutes à peu près la même intensité magnétique. A l’extérieur l’aimantation est très- faible, et d’autant moindre que l’hélice est plus longue et les spires plus rapprochées.

^53. M. Nobili ayant construit une spirale plane avec un fil de cuivre, plaça, entre les spires isolées les unes des autres, perpendiculairement à leur plan, des aiguilles d’acier, et fit passer une décharge électrique quelconque à travers la spirale. Les aiguilles situées vers le centre, et celles qui étaient voisines delà circonférence, s’aimantèrent en sens contraire ; il en résulte qu’à une certaine distance du centre, l’aimantation devait être nulle. Nous expliquerons plus loin ce mode d’action.

Lorsqu’on fait passer la décharge d’une machine électrique dans un fil droit, en mettant en communication les deux extrémités avec les conducteurs et les coussins, on n’obtient aucun effet dans une aiguille placée trèsprès de ce fil, tant que le courant est continu; mais

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