CHAPITRE III. J i
dans la tourmaline , considérée comme corps mauvais conducteur.
C’est un fait constaté depuis long-temps, que la chaleur, en pénétrant dans les substances métalliques, diminue leur conductibilité électrique, tandis qu’elle l’augmente dans le verre, la gomme laque et autres corps mauvais conducteurs; par conséquent, lorsque l’on soumet ces derniers à l’influence d’un corps électrisé, pendant réchauffement ou le refroidissement, il s’y produit des phénomènes électriques de décompositions dépendants de leurs pouvoirs conducteurs.
Substituons à la tourmaline, dans l’appareil qui a servi à étudier ses propriétés électriques ( fig. 36), un petit tube de verre d’un millimètre de diamètre et de 8 ou io centimètres de longueur. A la température ordinaire, quand les parois de la cloche sont parfaitement sèches, si l’on présente extérieurement un bâton de gomme laque électrisé au petit tube, celui-ci est attiré rapidement par suite de la décomposition de son fluide neutre, qui a lieu, meme au travers du verre, comme Newton l’a observé le premier. Il n’en est plus de meme quand la cloche est recouverte d’une couche d’eau hygrométrique, puisque le verre devient alors conducteur de l’électricité. Mais vient-on â élever la température, il ne se manifeste aucun effet d’attraction, jusqu’à ce que la chaleur soit suffisante pour enlever l’humidité; mais si, à ^5° environ, on éteint la lampe, le petit tube est attiré aussitôt, et continue à l’être tant que dure le refroidissement. En élevant de nouveau la température à 3o°, non-seulement le tube est attiré, mais il acquiert encore, par suite de la décomposition de son fluide naturel, deux pôles qui disparaissent presque aussitôt (pie le corps électrisé est retiré; tandis que, si on les fait naître au moment oîi l’on éteint la lampe, ils persévèrent pendant plus ou moins de temps, (quand la température est portée à i oo ou i oo°, la polarité ne s’établit dans le tube, sous l’influence du corps électrisé, qu’au moment où le thermomètre commence à baisser. Dans