‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétismeChapitre 50 sur 362 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

bue a une différence dans les réactions chimiques, ou bien à une différence dans les températures des deux bouts qui sont inégalement attaqués, le bout plongé le dernier étant le plus attaqué, et celui dont la température est par conséquent la plus élevée. Ce ne sont pas là encore toutes les causes qui concourent à l’effet g énéral; nous y reviendrons dans un instant. Pour décider l’alternative, nous devons rechercher ce qui arrive quand on plonge dans un liquide conducteur de l’électricité les deux bouts d’un fil de métal, non attaqué parce liquide, et n’ayant pas la même température. Prenons encore de l’acide nitrique et deux bouts d’un même fil de platine ou d’or, mis en communication avec le multiplicateur, et dont les surfaces soient parfaitement nettes. En général, il n’y aura aucun trouble dans l’équilibre des forces électriques à égalité de température; mais si l’on retire l’un des bouts pour élever sa température, et qu’on le plonge ensuite dans l’acide, on a un courant qui va du bout froid au bout chaud, c’est-à-dire que le premier prend au liquide l’électricité négative. En comparant ce résultat à celui de l’expérience précédente, on trouve que si la cause du phénomène, c’est-à-dire la chaleur, était la même dans les deux cas, le courant, dans le premier, aurait dêi être dirigé dans une direction contraire, puisque le bout plongé le dernier, qui est le plus attaqué et celui dont la température est la plus élevée, aurait dû prendre l’électricité positive, au lieu de l’électricité négative. Dès lors nous sommes obligés de reconnaître encore l’existence d’effets électriques dans les actions chimiques. Le principe étant posé, nous allons en suivre les conséquences dans tous les cas ou les particules des corps se séparent pour se combiner avec d’autres. Reprenons l’appareil oh les deux bouts d’un fil d’or plongent dans de l’acide nitrique pur.

Si l’on ajoute une très-petite quantité d’acide hydrochlorique , près de la partie immergée d’un des deux fils, afin de former de l’eau régale, l’aiguille aimantée annonce aussitôt, par sa déviation, l’existence d’un cou-

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rant électrique. Le bout attaqué prend l’électricité négative, et l’autre bout, ou l'acide, l’électricité positive. En remplaçant l’un des fils d’or par un fil de platine, les effets sont les mêmes, c’est-à-dire qu’il n’y a production de courant que par l’addition de l’acide hydrochlorique; le bout attaqué prend encore l’électricité négative. Ce résultat nous indique que, lorsque les deux bouts d’un fil composé de deux autres fils de métal différent, soudés par une de leurs extrémités, plongent dans un liquide qui 11’attaque ni l’un ni l’autre, il ne se dégage pas d’électricité; mais que dès l’instant que l’un des deux métaux est attaqué, celui qui l’est le plus prend l’électricité négative. Ce principe, comme nous allons le voir, peut être traduit ainsi : quand un corps se combine avec un autre, celui qui joue le rôle d’acide prend l’électricité positive, et celui qui se comporte comme alcali, l’électricité négative.

Si l’on veut éviter le contact immédiat des deux métaux, on opère de la manière suivante : une lame d’or enveloppée de papier joseph est fixée entre les deux branches d’une pince de platine qui communique à l’un des bouts du fil d’un multiplicateur à long circuit; 011 la plonge dans une capsule de porcelaine remplie d’acide nitrique, mis également en rapport avec le même appareil, au moyen d’cme lame de platine communiquant avec l’autre bout du fil. Les effets sont nuis; mais si l’on ajoute une goutte d’acide hydrochlorique, l’or est attaqué, et la déviation de l’aiguille aimantée annonce qu’il a pris, comme ci-dessus, l’électricité négative.

Cette méthode d’expérimentation sert également pour tous les autres métaux. Mais il ne faut pas perdre de vue un instant, dans l’analyse des effets éîectro - chimiques, le mode d’action du liquide sur le métal. Quand on plonge, par exemple, dans l’acide nitrique, deux lames de cuivre, en communication avec le multiplicateur, le courant change souvent plusieurs fois de direction, pour peu que l’on déplace les lames. On ne peut se rendre compte de cette anomalie qu’en analy-

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