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CHAPITRE III

positive sur les métaux, quand on les frotte avec du liège ou du caoutchouc, parce que plus le frottement est doux, plus on enlève facilement la couche d’oxide. Ces résultats montrent combien de précautions on doit prendre dans les recherches relatives au dégagement de l’électricité par frottement pour se garantir de diverses causes d’erreur.

71. L’état des surfaces a une telle influence sur la nature de l’électricité dégagée dans le fl ottement des corps mauvais conducteurs, qu’il existe une substance minérale cristallisée, à laquelle Haüy a donné le nom de disthène, qui prend l’électricité positive sur certaines faces, et l’électricité négative sur d’autres avec le même frottoir, sans que l’on puisse reconnaître la moindre différence entre elles.

79. Coulomb a fait des expériences sur le dégagement de l’électricité qui peuvent jeter aussi quelque jour sur les causes qui déterminent un corps à prendre telle ou telle espèce d’électricité. Nous devons la connaissance de ces expériences à M. Biot, qui a eu à sa disposition les manuscrits de ce célèbre physicien (1). Une bande de papier chauffée, que l’on frotte contre une étoffe de laine blanche, prend toujours l’électricité négative. Le résultat est encore le même lorsqu’on la frotte contre du métal, à moins que celui-ci 11’ait un grand degré de poli. Dans ce cas, elle donne quelquefois des signes très-faibles d’électricité positive.

Avec une étoffe de soie blanche, elle donne également des signes d’électricité négative; mais lorsque l’équilibre de température est rétabli, elle ne donne le plus souvent que des signes d’électricité positive très-faibles.

La même bande de papier chauffé prend toujours l’électricité positive quand on la frotte contre une étoffe de soie noire et de bon teint.

Lorsque la même étoffe est demi-usée, la bande de papier chauffée prend au contraire l’électricité résineuse;

(1) Traité de Phys, expérim. et mathém., t. ir, p. 354.

1^6 DÉGAG. DÉLEC. PAR FROTTEMENT.

frottée de nouveau peu de temps après, elle ne donne d’abord aucun signe d’électricité, mais ensuite elle en donne d’électricité positive.

Un ruban de soie blanche, dont on a élevé la température, prend toujours l’électricité négative dans son frottement contre du métal, tandis que si on le laisse refroidir, il donne des signes d’électricité positive trèsfaibles quand le métal a un très-grand degré de poli.

Un ruban noir, chauffé ou non, mais soyeux et de bon teint, prend toujours l’électricité négative, quand il est frotté contre un métal, que ce métal soit poli ou non. Dans le cas 011 le ruban est peu soyeux, il donne quelquefois des signes d’électricité positive. Nous avons dit précédemment que lorsqu’un ruban de soie blanche, chauffé ou non, est frotté contre une étoffe noire et de bon teint de même nature, il prend toujours l’électricité positive; mais si cette étoffe est usée et que le ruban blanc soit chauffé, il donne des signes d’électricité négative tant qu’il est chaud, et devient positif à mesure qu’il se refroidit.

Une étoffe de soie que l’on agite avec une certaine rapidité dans l’air acquiert un excès d’électricité négative; l’air, par conséquent , doit prendre un excès d’électricité positive.

Un ruban de soie, une bande de papier, un ruban de laine, frottés contre une peau garnie encore de son poil , prennent toujours une électricité négative dont l’intensité est plus grande que celle que l’on obtient avec d’autres frottoirs. Tous ces exemples viennent à l’appui des idées que nous avons émises sur la cause principale qui exerce le plus d’influence sur la nature de l’électricité que prend un corps dans son frottement sur un autre corps. Nous voyons effectivement que les tissus ou les fibres de matière animale et végétale dont les parties sont plus ou moins lâches doivent éprouver plus de déplacement que celles des surfaces métalliques sur lesquelles on les frotte. Aussi doivent-elles donner souvent de l’électricité négative.

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