CHAPITRE V. aOf
communication avec les deux extrémités. On a donné 3 ces derniers appareils le nom d'excitateurs , parce qu'ils servent à tirer des étincelles, à les exciter d'un corps sur un autre. On varie la forme des excitateurs, mais le principe de construction est le mêine.
§ II. Théorie de la machine électrique.
126. Le frottement du plateau de verre entre les coussins ne suffit pas pour dégager de l'électricité, il est nécessaire de les enduire préalablement d'une composition métallique, qui excite pins ou moins la puissance électrique. Cette composition métallique est ou le deutosulfure d'étain ou un amalgame composé de six parties de mercure, deux de zinc et une d'étain. Si l'on emploie le deuto-sulfure, on se borne à en frotter les cous-, sins; quant à l'amalgame, on l'applique dessus avec du saindoux. Dans ce dernier cas, il faut avoir l'attention d'enlever les taches ou lignes noires qui se déposent sur le plateau, et de nettoyer de temps à autre les coussins pour enlever la poussière des corps environnants, qui finissent par y adhérer fortement.
On a cherché à expliquer l'usage des compositions métalliques. Quelques personnes ont pensé que l'électricité produite était due uniquement à la nature des deux corps, et n'ont vu là qu'un effet de frottement ordinaire ; d'autres ont avancé, au contraire, qu'elle devait être attribuée aux altérations chimiques qu'éprouvent ces compositions. Voyons quelle est l'explication que nous pouvons adopter dans l'état actuel de la science.
Wollaston, comme nous l'avons déjà vu, s'est prononcé un des premiers en faveur de l'origine chimique. Voici les raisons qu'il a fait valoir pour soutenir son opinion :
- Si l'on applique sur les coussins de la machine électrique un amalgame d'argent, de platine, ou d'or, de métaux enfin qui ne s'oxident pas spontanément, il n'y
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a aucun signe d'électricité ; tandis qu'en employant des amalgames de métaux oxidables, les effets sont toujours très-rnarqués. Il a trouvé que l'amalgame de zinc produit plus d effet que celui q'étain, ** que Ie meilleur est celui qui renferme un mélange de zinc et d'étain.
Je rappellerai encore ici, que pour s'assurer jusqu'à quel point l'oxidation facilite la production dé l'électricité , il a fait monter une petite machine électrique composée d'un cylindre, d'un coussin, d'un conducteur, dans un vase où l'on pouvait changer l'air à volonté et y introduire un gaz quelconque. Avec de l'acide carbonique, il lui fut absolument impossible d'obtenir aucun signe d'électricité; mais ces signes reparurent aussitôt qu'il fit rentrer de l'air atmosphérique. On a avancé, à la vérité, depuis, que le dégagement avait lieu, quoiqu'à un faible degré, dans le gaz acide carbonique desséché; ainsi cette expérience aurait encore besoin d'être répétée.
Les expériences de Wollaston prouvent que l'action chimique exerce au moins une grande influence sur le dégagement de l'électricité dans les machines électriques, si toutefois elle n'est pas une des causes les plus déterminantes.
Tfos connaissances actuelles nous permettent de pré- ' cîfcer davantage les faits. Nous avons vu, dans le chapitre III, qu'il y a dégagement d'électricité dans les corps, toutes les fois que leurs molécules perdent leur position naturelle d'équilibre par l'effet de la chaleur , des réactions chimiques ou d'un ébranlement mécanique. Les deux premières causes ont chacune leur mode d'action; la troisième est dépendante de Tune et de l'autre, et particulièrement de la première, car il peut y avoir ébranlement sans action chimique , tandis que 1 ébranlement ne peut exister sans dégagement de chaleur. Revenons un instant sur cette question.
Les phénomènes thermo -électriques prouvent que lorsque la chaleur se propage dans les métaux cristallisés, et probablement dans tous les corps, il se manifeste
CtiAPitftE v. ab3
dès courants électriques qui sont dus à dès différences dans le mode de propagation, suivant telle ou telle direction. D'après cela, quand dn frotte l'un contre l'autre deux corps, dont la nature est différente ainsi que l'état des surfaces, la chaleur qui se dégage ne doit pas se répartir également dans chacun d'eux ; il peut alors en résulter une séparation des deux électricités. C'est ainsi qu'en frottant un morceau de verre poli contre un autre qui est dépoli, celui-ci doit s'échauffer davantage, parce que les particules de sa surface sont plus ébranlées, et qu'elles ont un pouvoir absorbant pour la chaleur plus grand que celles de la surface polie ; elles se trouvent donc dans les circonstances voulues pour prendre l'électricité négative , comme l'indique l'expérience. Les phénomènes de chaleur peuvent donc, à la rigueur, suffire pour expliquer le dégagement de l'électricité; mais d'un autre côté, les expériences de WoHaston prouvent qu'il faut encore faire intervenir l'action chimique.
Je rappellerai , à cette occasiou , que nous ignorons la limite où des réactions chimiques cessent de s'opérer dans le frottement mutuel de deux corps; peu de recherches ont encore été faites à cet égard. Ces réactions sont beaucoup plus étendues qu'on ne l'a pensé jusqu'ici , et il n'est pas improbable que la plupart du temps le dégagement de l'électricité, dans le frottement, soit le résultat d'effets électro-chimiques. Interrogeons les faits, qui doivent seuls nous servir de guide.
Si l'on porphyrise dans un mortier d'agate un cristal de mésotype, qui est un double silicate d'alumine, la poussière donne la réaction alcaline, non-seulement avec les infusions de chou rouge et le bois de Campêche, mais elle rougit encore le papier de curcuma. L effet produit est dû à l'alcali mis en liberté par l'effet de la trituration, et non à l'action des matières colorantes sur la mésotype.
Le basalte, le feld-spath et différentes laves qui renferment de la potasse ou de la soude , laissent également