‹ Traité expérimental de l'électricité et du magnétisme, et de leurs rapports avec les phénomènes naturels ; (volume 2)Chapitre 127 sur 314 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

préalablement dans une dissolution de sel marin ; puis au-dessus, la face cuivre d'un second couple; sur la face zinc de celui-ci , une seconde bande de drap mouillé, et ainsi de suite. En ayant réuni de cette manière un certain nombre, il mit en communication la face zinc supérieure avec l'un des plateaux du condensateur; il n'eut pas besoin, cette fois, de placer une bande de papier humide entre le zinc et le cuivre du condensateur pour obtenir de l'électricité positive, car il en recueillit une quantité très-notable. Son étonnement redoubla quand, ayant augmenté convenablement le nombre des couples métalliques , il tira des étincelles de son condensateur.

La pile était ainsi formée : cuivre, zinc, drap mouillé; cuivre, zinc, drap mouillé, etc. Il suivit ensuite un ordre inverse, en mettant en communication avec la terre la face zinc du premier couple; la pile fut donc formée ainsi : zinc, cuivre, drap mouillé, etc. Les effets furent inverses, et le condensateur prit un excès d'électricité négative à la face cuivre supérieure.

Volta ne se borna pas à constater que l'électricité positive ou négative allait en croissant de haut en bas, selon que la pile communiquait avec la terre par la face cuivre ou la face zinc , il chercha encore à déterminer le mode de distribution de l'électricité, lorsque les deux extrémités elles-mêmes étaient isolées. Il trouva que, dans ce cas, la tension, quoique faible,allait en diminuant depuis chaque extrémité ; que la face extrême zinc possédait le maximum d'électricité positive, et la face cuivre le maximum d'électricité négative. Ce résultat général a ' de l'analogie avec la distribution de l'électricité dans la tourmaline, quand sa température est montante ou descendante.

i44- L>a découverte de la pile est une des plus belles conceptions de l'esprit humain, en raison de ses importantes applications aux sciences physiques et chimiques. Les travaux multipliés de Volta pour arriver à sa construction et en étudier le mode d'action prouvent

a3o DE LA. PILE DE VOLTA.

que cette invention est l'œuvre d'un homme de génie, et noii i'effet dû hasard. La théorie qu'il a donnée de cet aditlirable appareil l'a empêché, à la vérité % de suivre toutes, les conséquences de sa découverte. S'il* eût eu l'idée de faire intervenir l'action chiriiique, ou du moins d'adopter lies idées de Fabroni , nous lui devrions probablement la plupart des découvertes qui ont enrichi depuis la science.

Voltâ employait fréquemment la pile à colonne (fig. 55). Les disques étaient placés entre trois tubes verticaux en verre, montés sur une rondelle en bois et terminés dans la partie supérieure par une setnblable rondelle. Deux petites lames de métal , fixées en haut et en bas, mettaient en communication l'une des extrémitésN de la pile avec le sol et l'autre avec le condensateur.

\l rie s'en est pas tenu néanmoins à cette disposition; il à irnaginé un autre appareil, auquel il a donné le nom de couronne de tasses, et qui est formé d'une série de verres ou de godets remplis d'une dissolution saline ou acide (fig. 56). On plonge dans chaque vase une des extrémités d'un arc métallique , composé de deux lames zinc et cuivre, soudées par une de leurs extrémités. L'arrangement est tel, que le coté cuivre du premier plonge danis le même verre que le côté zinc du second ; le côté cuivré de celui-ci se trouve avec le zinc dû troisième, etc. Le premier et le dernier vase représentent les deux extrémités de la pile. Cet appareil, qui occupe un assez grand espace, est employé toutes les fois que l'on n'a pas de batterie sous la inàin ; il offre aussi l'avantage de nettoyer facilement les surfaces des lames, et dé pouvoir conserver le liquide dans les tasses, quand l'expérience a cessé, puisqu'il suffit ? pour suspendre l'action de l'appareil, d'enlever les arcs. •

On doit à Crûickshank un autre mode d'arrangement (fig. 5j). Chaque couple zinc et cuivre est cimenté dans des râinurçs pratiquées aux parois d'une auge, dont la

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