‹ Traité expérimental de l'électricité et du magnétisme, et de leurs rapports avec les phénomènes naturels ; (volume 2)Chapitre 133 sur 314 · CHAPITRE Vf · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vf

Quand un pôle a été touché, il recouvre presque instantanément l'état électrique qu'il possédait avant: cette expérience peut être faite avec le condensateur ou le plan d'épreuve.

Si l'on met les deux pôles en communication avec un fil de métal, ce fil servira à la recomposition des deux fluides, qui étaient libres avant, à chacune des extrémités, et tous les effets électriques de tension disparaîtront ; mais comme les pertes seront immédiatement réparées, en admettant une conductibilité parfaite dans le système , il en résultera des recompositions continuelles des deux fluides par l'intermédiaire du fil conjonctif.

§ y. De la force de la pile sous le rapport de la

tension.

147. Trois éléments constituent la force de la pile : la force de production, la force de propagation et la force de tension.

La première dépend de l'énergie avec laquelle l'électricité est dégagée dans chaque élément; et comme plusieurs causes influent sur ce dégagement , il s'ensuit que cette énergie est continuellement variable. Le cuivre et le zinc sont les nïétaux qui ont été reconnus pour donner les plus fortes charges, soit que l'on prenne pour liquide interposé une solution de sel marin, ou un mélange d'eau, d'acide sulfurique et d'acide nitrique.

La force de propagation est essentiellement dépendante du liquide conducteur interposé entre les couples; car moins ce liquide sera bon conducteur et agira chimiquement sur le zinc, plus la pile mettra de temps à se charger, après qu'une première décharge aura eu lieu ; c'est ce qui explique les décharges successives que l'on observe souvent avec des liquides mauvais conducteurs, quand on établit la communication entre les deux pôles. En général, le fil qui sert à établir" cette communication ne peut laisser passer, dans un temps déter-

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2 38 DE Lk FORCE DE LÀ PILE.

wnéf qw'une quantité donnée d'électricité qui dépend de la longueur et du diamètre de ce fjlj d*un autre coté , cette quantité ne doit pas être plus grande que celle qui est fournie par la pile dans le même temps. Si elle est inoindre , les pôles conservent un peu de tension î dans le cas contraire, il y a entre chaque décharge up intervalle de temps appréciable, dont la durée dépend du temps que met la pile à sç recharger.

La quantité d'électricité qui passe danîJ la pile, dans up tenips donné, dépend de plusieurs causes, que nous ferons connaître dans le troisième volume.

L'eau pure est un mauvais conducteur; l'eau salée conduit mieux, mais moins bien que l'e^U acidulée par Pacide sulfurique et l'acide nitrique. La pile chargée successivement avec ces trois liquides donne chaque fois des effets particuliers.

Qu^nt à fa force de tension pour les mêmes éléments % elle est proportionnelle à leur nombre, et est indépendante de l'étendue des surfaces, comme on peut le voir en montant deux piles avec le même nombre de couples, mais de différentes grandeurs, et touchant leurs extrémités avec le plan d'épreuve; ce plan, porté dans la balance de Coulomb, donne la même tension pour le? dey*.

148. La pile ayant été chargée avec une solution de sel niarin, ou de l'eau acidulée, si une personne mouille ses mains avec le même liquide, qu'elle prenne dans chacune d'elles une tigemétallique, et quelletouchesimultanément avec ces tiges les deux extrémités de la pile, elle reçoit une commotion qui est aussi violente que celle des batteries électriques, et dont la force surtout dépend de la tension , et par conséquent du nombre des couples dont $e compose la pile ; mais avec cette différence néanmoins que la sensation paraîtra continue, parce que la pile se recharge beaucoup plus vite que les organes ne peuvent La décharger. L'épidémie étant un mauvais conducteur, c'est pour ce motif que l'on, humecte les mains avec de l'eau salée ou acidulée. Nous reviendrons sur la con>

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