CHAPITRE IV
magnétisme : c'est ce qu'a fait iEpinus ; néanmoins la méthode de Duhamel est excellent^ pour aimanter les aiguilles de boussole et les lames qui n'ont que quelques millimètres d'épaisseur.
§ II. Méthode de la double touche.
179. Mitchell et Canton, en Angleterre, se sont occupés, à la même époque, de l'aimantation. Le premier a imaginé un procédé qu'il a appelé la double touche. Il prit deux barreaux fortement aimantés, liés parallèlement entre eux , les pôles inverses en regard , et à une distance de 7 à 8 millimètres l'un de l'autre. Après avoir placé en contact plusieurs barreaux égaux, à la suite les uns des autres, sur une même ligne droite, il fit glisser le double barreau, à angles droits, par une de ses extrémités, tout le long de cette ligne; les barreaux intermédiaires acquirent une grande force magnétique, mais non un maximum. *
Si l'on analyse ce procédé, on voit que les divers barreaux réagissent les uns sur les autres ; mais comme le magnétisme ne s'y dévélopppe pas librement, en raison de la force coercitive de l'acier, il faut nécessairement les soumettre à la friction des aimants glissants. Les barreaux intermédiaires doivent acquérir le plus fort magnétisme, par cela même qu'ils sont soumis à l'action par influence des barreaux extrêmes. Sous ce rapport, les barreaux de fer doux présentent plus d'avantage que les barreaux d'acier; sous un autre, le procédé de Mitchell l'emporte sur celui de Duhamel : c'est l'emploi de deux barreaux aimantés parallèles, maintenus constamment à une même distance, et agissant en même temps par leurs deux pôles contraires sur tous les points du barreau. Pour se rendre compte des effets produits, soient A B et B'A' (fig. 80) deux barreaux aimantés placés verticalement sur un autre barreau A" B", qu'il s'agit d'aimanter. La distance a b reste constante pendant qu'on fait glisser les deux premiers sur A" B". Considé-