‹ Traité expérimental de l'électricité et du magnétisme, et de leurs rapports avec les phénomènes naturels ; (volume 2)Chapitre 281 sur 314 · CHAPITRE H · texte numérisé non relu

CHAPITRE H

6e Essai. Les expériences précédentes ayant été in* terrompues pendant assez de temps pour que le zinc séchât, on le replongea brusquement en entier dans le liquide, et le fer à cfieval devint apte alors à supporter 33 kilogrammes.

Ce résultat montre que l'on peut obtenir 'des effets magnétiques très-puissants avec des éléments voltaïques d'une surface peu étendue, pourvu que l'action chimique soit énergique.

MM. Liplkens et Quetelet ont fait une autre expérience avec un élément voltaïque dont la lame de zinc n'avait que a t-§- pieds carrés de surface d'un côté; la charge fut dans un premier essai de 17 kilogrammes, et dans un second, de i4-

En variant les dimensions des éléments voltaïques et des morceaux de fer, ces deux physiciens ont conclu des résultats qu'ils ont obtenus, que l'énergie des effets dépendait moins de la grandeur des premiers que de celle des seconds ; de sorte qu'eu opérant avec des éléments voltaïques de grandeur assez médiocre, et de gros barreaux de fer doux, courbés en fer à cheval et enveloppés un grand nombre de fois par un fil conducteur, on pouvait augmenter considérablement les effets.

§ V. De la conservation de la puissance magnétique dans le fer doux.

269. On sait qu'il est extrêmement difficile de se procurer du fer doux privé de toute force coercitive; aussi quand un barreau de fer doux a été soumis à l'action par influence d'un aimant, conserve-t-il une polarité magnétique plus ou moins faible.

M. Watkins (1) a fait quelques expériences pour connaître plusieurs des circonstances où le fer doux est capable de conserver la puissance magnétique qu'on lui

(1) Philos. ïransac. , i833, u* p., p. 333.

IL 3o

4Cf(> COtfSEfcV. DE LA *UIS$, lUG^T. DANS , ETC.

fait acquérir par un nrçoyen quelcqnque. Il s'est servi pour cela de quatre harres circulaires de fer doux, de i É| pquces dp long et d'un pouce de diamètre. Ces barres ont été courbées en forme dç fer à cheval , et garnies d'une armature de fer doux. Un fil de cuivre, d'environ 20 pieds, de long, d'un quinzième de pouce d'épaisseur, a été enrqulé autqur de chaque fer à cheval. On mit ensuite en communication les extrémités de ce fil avec les deux pôles d'une batterie voltaïque, composée d'un seul élément. Pendant que le courant traversait l'hélice, le fer doux supportait un poids de 120 livres; en interrompant la communication avec la batterie, le fer à cheval ne supporta pins qu'un poids de 56 livres. Ce poids ayant été enlevé, on mit de côté le fer à cheval en prenant la précaution de ne pas déranger l'armature. I*e pouvoir de suspension du fer àNcheval fut essayé chaque jour, et on trouva qu'il supportait toujours 56 livres ; en enlevant violemment l'armature, tout le magnétisme disparut.

Cette propriété du fer doux, quand les deux extrémités de la barre sont réunies par une armature, subsiste pendant plusieurs semaines , et probablement pendant un temps plus considérable. Les barres en fer à cheval ayant été rendues magnétiques par attouchement et par frottement , on reconnut encore que la polarité subsistait aussi long-temps que l'union entre les extrémités n'était pas interrompue * mais aussitôt qu'elle était détruite, tout le magnétisme disparaissait.

M. Watkins a remarqué qu'en séparant l'armature, si cette séparation arrivait immédiatement après que le fer doux avait été saturé de magnétisme , ou après qu'il avait servi à le conserver pendant quelques semaines, il restait encore 311 fer doux une petite quantité de magnétisme libre.

Il a remarqué, en expérimentant avec des aimants électriques qui pouvaient supporter des poids de 4 à 5oo livres, que lorsque l'armature glissait en avant ou en arrière sur les extrémités de la barre en fer à

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