CHAPITRE SUPPLÉMENTAIRE
§ Ier- Sur les propriétés électriques de la tourmaline.
291. L'impression de ce volume était très*avancée quand parut un travail de M. Forbes sur la tourmaline (1); je remis à en parler dans un chapitre supplémentaire.
M. Forbes, pour étudier les propriétés électriques que la tourmaline acquiert par la chaleur, a employé l'électroscope de Coulomb ( fig. 127), auquel il a fait quelques additions. La pierre d'essai est introduite à travers la tubulure C, et l'on communique au disque de clinquant une électricité contraire à celle que manifeste l'extrémité de la pierre en regard, pendant le refroidissement. Les répulsions du disque , et par suite les intensités électriques , sont mesurées au moyen des divisions d'un cercle IK. Il prend un fort cristal de tourmaline qu'il chauffe à une haute température, et le soumet immédiatement à l'action du disque : ce cristal ne montre d'abord aucune action ; mais peu après , le pouvoir répulsif se développe graduellement , le disque recule peu à peu , et atteint son maximum d'écartement quand le refroidissement a été suffisant; l'aiguille reste alors stationnaire pendant un certain temps; puis la répulsion diminue, et le disque approche de sa position primitive d'équilibre. M. Forbes a reconnu, comme je l'avais déjà
(1) Trans. of the royal Society of Edinbourg, vol,xiu.
démontré, que te maximum d'intensité électrique n'a pas lieu lorsque le refroidissement est le plus rapide, eï qu'il n'y a aucune émission d'électricité lorsque la température n'éprouve plus aucun changement.
Voulant comparer les intensités électriques de différents cristaux , M. Forbes a pris pout4 mesure du pouvoir électrique le maximum de déviation , qtiMJ regarde commeindépendant de la température ékactede la pierrô et du temps. Le disque de clinquant perdant à chaque instant, par son contact darts l'air, une portion de son électricité, devait nécessairement introduire des erreurs dans l'appréciation exacte de ce maximum. ïîtié s'est pas dissimulé cette difficulté; pour Pévitér, du moins en partie, il a opéré dans des circonstances favorables, et n'a commencé seulement ses séries d'expériences que peu de temps après que le disque avait reçu son électricité, afin que la perte fût la moindre possible. îl à répété en outre chacune de ces séries dans Un otA'tè inversé, afiti d'obtehfr pour la même pierre déUfc observations également éloignées de Pétak moyen dé la tension électrique de la tourmaline ; là moyenne est là valeur cherchée. Les déviations du disque peu veut ser* vir, à la vérité, à comparer les diverses charges électriques de la tourmaline; mais ctes charges ne peuvent être mesurées exactement qu'autant qu'on les rapporte à une déviation constante, fen tordant convenablement lé fil de torsion; ce que n'a pas fait M. Forbes.
Ce physicien a d'abord appliqué sa méthode à la détermination des relations qui peuvent exister entré la forme et les dimensions deà cristaux de tourmaline et leur pouvoir électrique , question qui m'a occupe il y a quelques années, et dont j'ai rendu compte de là manière suivante dans ce volume, page 67:
« Une tourmaline non électrique pat* la châleUfr ayant «été partagée en deux, les deux fragmenta le sont dé- <t venus. Ces faits tendent à prouver que les phénomè- « nés électriques de la tourmaline varient en raison de e la longueur et de la grosseur, et péut-èttë de là dûi*
5o4 PROPRIÉTÉS ÉLEC. DE LA TOURMALINE.
« phanéité des cristaux , puisque les plus petites tourcc malines prennent une polarité très-forte par de faibles « changements de température , et que celles qui ont « de 5 à 6 centimètres cfe long perdent déjà la propriété « de s'électriser par le premier mode, et qu'enfin de « grandes tourmalines paraissent être réfraictaires. »
La tourmaline que j'ai soumise à l'expérience avait 3,2 pouces atîglais de long , et environ 3,o8 de pouces de diamètre, et celles sur lesquelles M. Forbes a expérimenté avaient à peu près la même longueur , mais un diamètre un peu différent; au lieu de la trouver réfractaire comme la mienne l'était par l'élévation et l'abaissement de température, il y a reconnu au contraire une faculté électrique très-prononcée.
M. Forbes ne tient pas compte de la température à laquelle se montre l'électricité, parce qu'il en regarde la détermination comme très -incertaine, cette température n'étant pas la même à l'intérieur qu'à l'extérieur. Je répondrai à cette assertion , que lorsque l'on opère avec des tourmalines pour ainsi dire capillaires, on n'a pas à craindre autant cet inconvénient. Au surplus, je pense que l'erreur qui provient de la perte dans l'air de l'électricité du disque de clinquant, est une cause d'erreur beaucoup plus grande que celle-ci.
293. M. Forbes a fait quatre séries d'expériences, deux dans l'ordre direct et deux dans l'ordre inverse, avec six tourmalines de i,3 pouce de long, et dont les épaisseurs ou les aires de section étaient comme les nombres I4-H-7-6. et 4; il n'a trouvé aucun rapport direct avec les aires, car les intensités étaient représentées par 1.2.5.4-3. D'autres séries , faites avec une suite de cristaux de 1,2 et 1,8 pouce de long, ont donné également des indications irrégulières.
Néanmoins il avance que la dimension de la section a ordinairement une influence telle, que là où les différences sont considérables , le cristal le plus gros a presque toujours le plus grand pouvoir.
Un cristal de 1 pouce 7 de long avait son maximum
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