CHAPITRE SUPPLÉMENTAIRE. 5o
res duSaint-Gothard n'en ont fourni que 9. Il est infiniment probable que si nous ayions pu comparer les propriétés électriques des tourmalines de ces deux localités, nous n'aurions pas obtenu , à beaucoup près, les mêmes nombres pour leurs intensités électriques. , Il peut très-bien se faire que la tourmaline dans laquelle je n'ai pas reconnu la propriété électrique par la chaleur, se trouvât dans le cas des substances suffisamment conductrices pour qu'elle ne pût conserver l'électricité dégagée par l'élévation de température. Nous ajouterons cependant qu'il est de fait qu'une tourmaline qui n'était pas électrique dans son entier, l'est devenue après qu'on l'eut brisée en deux. Au surplus, on peut voir (p. 65) que je ne me suis pas dissimulé les difficultés que l'on éprouve à déterminer toutes les lois relatives au dégagement de l'électricité dan§ la tourmaline, puisque j'ai avancé « que l'intensité des effets observés varie tellement dans les cristaux provenant de la même localité , que l'on est porté à attribuer ces variations à des différences dans leur dimension, leur structure ou leur couleur. »
J'ajouterai, en terminait, que les physiciens qui s'occuperont dorénavant de cette question devront tenir compte, dans leurs expériences, de la conductibilité électrique, qui doit jouer un grand rôle, et employer le procédé indiqué par M. Forbes, avec beaucoup de circonspection , attendu que la perte continuelle d'électricité qui a lieu sur le disque de clinquant par le contact de l'air et l'action du second pôle dans les cristaux courts, peuvent occasioner des erreurs qui jettent un grand trouble dans les résultats. Les expériences sur la boracite exigent aussi de grandes précautions, attendu que les pôles de noms contraires étant très-rapprochés , il doit en résulter des effets compliqués, qui permettent difficilement d'apercevoir des lois générales. C'çst là le motif qui m'avait empêché d'expérimenter sur cette substance.
BlÔ PROPRIÉTÉS &LEC. BB LA tourmaline.
§ II. appareil destiné à remplacer dans Vèlectroscope tes deux piles sèches.
207. M. Peltier, auquel nous devons d'ingénieuses expériences sur 1 électricité,» a eu l'idée de substituer aux deux piles sèches, dans l'électroscope de Bobenberger, deux tiges de laiton , placées à quelques lignes de distance des deux feuilles d'or de l'électroscope de Volta. Aussitôt que ces deux feuilles ont reçu un excès d'électricité quelconque, qui n'est pas suffisant pour les faire écarter sensiblement, si elles étaient seules, l'action qu'elles exercent par influence sur les tiges concourent à augmenter l'écartement et à rendre par conséquent plus appréciable l'électricité communiquée.