‹ Traité expérimental de l'électricité et du magnétisme, et de leurs rapports avec les phénomènes naturels ; (volume 2)Chapitre 39 sur 314 · EFFETS DE LA. CHAX. SUR LES CORPS MAUV. GOND · texte numérisé non relu

EFFETS DE LA. CHAX. SUR LES CORPS MAUV. GOND

tous les cas, elle dure pendant une partie du temps du refroidissement. Mais si, à un instant quelconque, on élève, de nouveau de i° à a° la température du milieu où est le petit tube de verre, la polarité disparaît aussitôt. Ces effets ont de l'analogie avec ceux que présente la tourmaline pendant le refroidissement, avec cette différence néanmoins que l'influence d'un corps électrisé détermine dans le verre l'effet qui est produit naturellement dans la tourmaline. Ce rapprochement n'est pas sans intérêt pour la constitution des corps.

Pour éviter l'influence des courants d'air au dehors du cylindre, qui enlèvent de l'électricité au bâton de gomme

* laque , et celle des courants du dedans au dehors , on dispose l'appareil de la manière suivante. < La partie supérieure du cylindre est fermée hermétiquement avec une plaque de verre, sur les bords de laquelle on colle du papier : on interrompt par ce moyen

' la communication de l'intérieur avec l'extérieur. Puis, sur la surface extérieure de la cloche, on fixe, perpendiculairement, un tube de verre de 3 à 4 décimètres de

' longueur, et d'un diamètre assez grand pour qu'on puisse y introduire le bâton de gomme laque que l'on veut soustraire à l'influence des courants d air provenant de la combustion de l'alcool. Malgré ces précautions, on obtient également l'attraction du petit tube au moment du refroidissement, quand la température a été portée de 20° à a5°. Ainsi les courants extérieurs et ceux du dedans au dehors n'ont eu aucune part sur l'action produite. Là polarité électrique et son mode de disparition

. ont lieu comme précédemment. II est de plus bien évident qu'à mesure que la plaque de inétal sur laquelle la cloche est posée s'échauffe , la couche d'air qui lui est contiguë ne tarde pas à s'élever, et cède ainsi sa place à une autre, de manière qu'il s'établit un couraut d'air chaud de bas en haut , et un autre d'air froid de haut en bas. Aussitôt que la lampe est éteinte, la plaque éprouve un refroidissement qui est d'abord très-faible ; les courants continuent donc, mais avec un peu moins

de vitesse. De même, lorsqu'on commence à élever la température, ils augmentent peu à peu de vitesse; or, dans le premier cas, avec le cylindre et la petite cloche, il y a des phénomènes qui ne se montrent pas dans le second, tels que la polarité électrique, qui n'est permanente que dans le refroidissement, et l'attraction du petit tube par le bâton de gomme laque. Il faudrait donc admettre qu'une faible diminution dans la vitesse d'un courant d'air donne naissance à des phénomènes électriques qui ne se montrent pas, du moins dans certaines limites , lorsque cette vitesse éprouve une légère augmentation.

Rien n'autorise à le supposer; car, dans l'état actuel de nos connaissances sur les propriétés du fluide électrique, un courant d'air chaud ne fait autre chose que d'enlever l'électricité qui se trouve en équilibre sur la surface d'un corps près duquel il passe. Cela ne suffit pas pour que de légères modifications dans l'intensité d'an courant d'air produisent des effets aussi différents. Je ferai encore remarquer qu'en découvrant par en haut la cloche, quand la température de l'intérieur est à i5o°, et que le refroidissement commence, les courants d'air sont beaucoup plus forts que lorsque l'on chauffe dans les températures au-dessous de 5o° : ainsi la disparition des pôles ne vient pas des courants d'air. 11 y a donc 'd'autres causes que celles-là auxquelles il faut recourir pour expliquer les phénomènes,: ces causes sont la dilatation et la contraction des molécules du verre, qui paraissent agir ici comme dans la tourmaline.

Quant à l'effet instantané qui a lieu dans les températures inférieures à 5o°, aussitôt que la lampe est éteinte, et quoique le thermomètre continue encore à monter de quelques degrés, on peut l'attribuer à la différence de la propagation de la chaleur dans le petit tube de verre et le thermomètre. Comme il est probable que le phénomène se passe à la surface, celle du tube doit se ressentir plus vite des effets du refroidissement que le thermomètre. Tous les verres ne sont pas pro-

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près à ces expériences; ceux que Ton fabrique mainte* nant, et qui sont trop alcalins, ne maintiennent que difficilement la polarité. Il faut prendre des verres an* ciens, si l'on veut réussir complètement. Un petit cylindre de gomme laque, substitué au petit tube, est aussi attiré rapidement par le bâton électrisé, au moment du refroidissement à ao° ou a5°; mais la polarité électrique est très-difficile à y établir, et encore est-elle de peu de durée.

Pour rendre ces effets comparables, il faut que le corps électrisé, que Ton présente aux petits cylindres de verre ou de gomme laque , possède une électricité sensiblement constante ; l'un des pôles d'une pile sèche convient parfaitement h cet usage.

§ V. Vu dégagement de l'électricité dans les actions chimiques; principe général.

28. Dans le frottement et autres modes employés pour exciter la puissance électrique, il y a non-seulement production de chaleur, mais souvent encore réaction chimique ; c'est un motif pour nous occuper d'abord des phénomènes électriques qui ont lieu toutes les fois que les particules des corps réagissent les unes sur les. autres.

La production de l'électricité dans les actions chimiques a été long-temps un sujet de controverse entre les physiciens, comme nous l'avons vu dans la notice historique; mais, depuis la découverte d'OErsted, on a des moyens tels, pour résoudre cjïtte question, qu'on a pu rassembler un grand nombre de faits si concluants, qu'il n'est plus possible maintenant d'élever le moindre doute sur l'émission dé l'électricité, dans les combinaisons et les décompositions chimiques.

Lorsque l'on plonge, l'un après l'autre, dans de l'acide nitrique,lesdeuxboutsdufildecuivred'unmultiplicateur, on a un courant électrique, dont l'action sur l'aiguille aimantée indique que le bout plongé le premier prend à l'autre l'électricité positive. Cet effet peut être attri-

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