‹ Traité expérimental de l'électricité et du magnétisme, et de leurs rapports avec les phénomènes naturels ; (volume 2)Chapitre 64 sur 314 · CHAPITRE III. 1 l · texte numérisé non relu

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par tes. faire adhérer les unes aux autres; leur séparation doit donc donner des effets électriques analogues à ceux que l'on observe dans le clivage. Voici encore d'autres effets électriques , qui sont dus également à la destruction de l'attraction moléculaire. Un cône de soufre, qui a été moulé dans un verre et qui adhère à la surface, prend, quand on l'eu détache, l'électricité positive, et le verre l'électricité négative. On obtient des effets semblables avec le chocolat et l'acide phosphorique après leur solidification , ainsi qu'avec le proto- chlorure de mercure lorsqu'on l'enlève de la partie supérieure du matras où il a été sublimé.

§ XV. Dégagement de l électricité par frottement.

63. Les expériences précédentes laissent déjà entrevoir le rôle que peut jouer l'attraction moléculaire dans les phénomènes relatifs au dégagement de l'électricité. Voyons jusqu'à quel point cette attraction peut influer sur ces phénomènes.

On croit généralement que le frottement est dû à l'entrelacement réciproque des aspérités qui recouvrent les surfaces de contact ; mais est-ce bien là la seule cause du phénomène? L'action des molécules les unes sur les autres n'intervient-elle pas aussi pour exercer une influence sur le frottement ? On cite en faveur de la première opinion , que le frottement est d'autant plus grand que les corps sont plus rudes et plus couverts d'aspérités; et en faveur delà seconde, que si l'on fait glisser l'une sur l'autre deux plaques de marbre ou de verre polies, afiu qu'elles se touchent le plus exactement possible, elles finissent par adhérer fortement l'une à l'autre, indépendamment de la pression de Pair, puisque cet effet a encore lieu dans le vide.

On a remarqué en outre que les mêmes corps, après être restés pendant quelque temps en contact, opposaient plus de résistance à leur séparation que dans le premier moment; tout porte donc à croire que l'attrac- II. * 8

Il 4 DÉGAG. D'iLÉC. FAR FROTTEMENT.

tion moléculaire est aussi une des causes du frottement. Cette réaction, en déterminant un dérangement dans l'équilibre naturel des molécules, doit troubler aussi Celui des forces électriques; car on peut poser en principe , dès à présent , qu'il y a dégagement d'électricité toutes les fois que les molécules des corps éprouvent un déplacement quelconque, bien qu'on ne puissse pas toujours observer ce dégagement. Pour étudier avec méthode le dégagement de l'électricité par frottement, nous commencerons par les métaux , dans lesquels les effets ne sont pas aussi variables que dans les autres corps, quand il existe de légères différences dans l'état de leurs surfaces. Lorsque l'on fixe à chaque bout du fil d'un multiplicateur, à fil court, une plaque de métal différent, et que l'on pose les deux plaques l'une sur l'autre, en les maintenant à la température de l'air ambiant, il n'y a aucun dérangement dans l'équilibre des forces électriques; mais pour peu qu'on les fasse glisser l'une sur l'autre avec un léger frottement, chacune d'elles prend aussitôt un excès d'électricité contraire, dont la recomposition, par l'intermédiaire du fil du multiplicateur, donne naissance à un courant électrique. En soumettant ainsi à l'expérience un certain nombre de plaques métalliques, on forme le tableau suivant, dans lequel chaque métal est négatif par rapport à ceux qui le suivent, et positif relativement à ceux qui le précèdent : bismuth , hickel , cobalt , palladium, platine, plomb, étain, cuivre, or, argent, zinc, fer, cadmium, arsenic, antimoine. Cet ordre est précisément le même que celui que l'on obtient avec des circuits fermés, composés successive* ment de deux de ces métaux , quand on élève la température d'une des soudures , l'autre restant constante. L'état électrique de chaque métal ne change pas lorsque les surfaces des plaqbes sont dépolies. Les effets produits sont donc dus à la nature particulière de chaque métal, et non à l'état des surfaces. Il est facile de prouver que l'espèce d'électricité acquise par chaque métal est indépendante du plus ou moins de frottement

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