‹ Traité expérimental de l'électricité et du magnétisme, et de leurs rapports avec les phénomènes naturels ; (volume 2)Chapitre 77 sur 314 · CONDUCTEURS · texte numérisé non relu

CONDUCTEURS

imparfaits.

CONDUCTEURS imparfaits.

Solution des hydrosulfures a.calins, capables d'agir sur les trois premiers mé- . taux , mais non sur les derniers.

solutions d'acides nitrique , cblorique , hydrochloriqiie , capables de réagir sur les métaux.

Plnmb

Élain

Fer

Zinc

79. Volta a cherché à prouver que lorsqu'on emploie deux métaux et un corps humide, celui-ci n'agit seulement que pour transmettre les effets de contact. Conformé-

l36 EFF. ÊLEC. DANS LE CONT. DES CORPS COND.

ment au même principe , dans la combinaison de deux liquides et d'un métal, l'un deux doit agir comme électro-moteur ; tandis que l'autre ne sert qu'à faciliter le transport de l'électricité dégagée au contact. Sjuivant la manière de voir de ce grand homme, les deux électricités dégagées restent en équilibre à la surface même de contact, sans pouvoir la franchir, malgré leur attraction réciproque pour former du fluide neutre; mais dès l'instant que l'une des deux électricités exerce son action sur les corps conducteurs en communication avec la terre , elle s'écoule aussitôt et l'autre devient libre.

Cette théorie fut assez généralement adoptée à l'instant où elle parut; mais quelques physiciens, à la tête desquels on doit mettre Fabroni, Parrot et Wollaston* attribuèrent une origine chimique à l'électricité qui se dégage au contact de deux métaux mouillés par un liquide, ou de diverses substances conductrices de l'électricité attaquées chimiquement par des agents extérieurs.

Dans le précis historique on a vu la discussion qui eut lieu à cet# égard; ainsi je n'y reviendrai pas, afin d'exposer de suite les faits qui servent de base à la nouvelle théorie du contact. J'examinerai d'abord la production de 1 électricité de tension dans le contact de deux corps solides, puis darts le contact d'un conducteur solide et d'un liquide. .

80. Les actions chimiques donnant toujours lieu à un dégagement d'électricité, il est nécessaire de se mettre en garde autant que possible contre* des effets de ce genre, dans les phénomènes qui nous occupent. On y parvient en partie en se servant, pour recueillir l'électricité, de plateaux conducteurs formés avec un métal non oxidable, semblables^ ceux dont on a vu la des-> cription page 1 1 , puisque l'on évite la réaction chimique du doigt mouillé sur le métal. D'un autre côté, l'air humide exerçant une action plus ou moins forte sur les métaux, suivant qu'ils sont plus ou moins oxtdables, nous devons également nous en garantir: on y parvient au moyen de deux procédés. Le premier

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consiste à opérer sur des substances minérales , conductrices de l'électricité, qui, exposées depuis des siècles aux intempéries des saisons, n'ont éprouvé aucune altération sensible; comme le platine, l'or, le peroxide de manganèse, le fer oxidé magnétique, le feroligiste, le mercure argental, le persulfure de fer, non altérable à l'air, le cuivre gris, le cuivrç sulfuré, le protoxide de cuivre cristallisé, le carbure de fer, le cobalt gris, le deutoxide de fer, etc.

Les doigts ayant été lavés avec de l'eau distillée , et s'étant assuré que les plateaux d'or ou de verre doré ne possèdent aucun résidu électrique, on place sur l'un des plateaux une bande de papier Joseph humide, et dessus le corps qui doit être mis en contact avec celui que l'on tient entre les doigts.

On trouve d'abord que le platine et l'or ne donnent jamais lieu à Un dégagement d'électricité par leur contact mutuel, quelque grande que soit la sensibilité de l'électroscope employé. Si donc Vol ta en a trouvé en opérant avec des plateaux de cuivre, on doit l'attribuer à la réaction du liquide qui adhérait à son doigt sur le cuivre. Nous avons vu aussi qu'il y a 'absence d'effets électriques, quand on plonge une lame d'or et une autre de platine, en communication avec un multiplicateur, dans un liquide qui ne les attaque pas. Ces deux faits sont importants à noter.

D'un autre côté, le platine et l'or, sont positifs par rapport au peroxide de manganèse et au carbure de fer, et né donnent aucun effet avec le protoxide de cuivre, le persulfure de fer, le deutoxide de fer préparé avec l'eau, le fer oligisie , etc. Le peroxide de manganèse et le carbure de fer sont négatifs au contraire par rapport à ces substances. Les effets obtenus avec le peroxide et le deutoxide de fer, ou le persulfure de même métal, sont bien marqués. En général , le peroxide de manganèse est négatif par rapport à tous les corps soumis à l'expérience. Doit-on admettre que le contact du peroxide de manganèse avec le doigt mouillé ou le papier humide donne lieu

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à une réaction chimique, à laquelle doit être attribué l'effet électrique observé? C'est une question que nous devons examiner préalablement.

On sait i° que le peroxide de manganèse est décomposé par les acides avec dégagement de gaz oxigène; a° qu'il abandonne également ce gaz à l'aide de la chaleur pour passer à un degré inférieur d'oxidation; 3° qu'il se transforme dans certains cas en hydrate, ^en perdant une partie de son oxigène, surtout quand il est en contact avec des corps orgauisés. Ne se passerait-il pas un effet de ce genre dans le cas qui nous occupe, par suite du contact de ce corps avec le doigt ou le papier? Cela pourrait être; j'en ai douté long-temps: mais depuis mes recherche s sur les effets chimiques de frottement, je commence à croire que cette explication est admissible. Pour rendre compte des effets observés, il faudrait que le peroxide de manganèse, pendant qu'il perd son oxigène en s'hydratant, prît l'électricité positive, attendu que les effets électriques , dans les décompositions, sont toujours inverses de ceux que l'on observe dans les combinaisons ; or, ejest précisément ce qui arrive ici, comme on peut le voir en analysant les phénomènes qui ont été décrits.

Le cobalt gris et l'or donnent des effets assez bien marqués. Le premier est négatif, et le second positif; avec le platine ils le sont moins. Jusqu'ici nous ignorons ' si le cobalt éprouve une altération quelconque au contact de l'eau et des matières organiques. Enfin, le deutoxide de fer, préparé avec la vapeur d'eau, est positif par rapport au cobalt gris. Je pourrais rapporter encore d'autres exemples dans lesquels il est difficile de reconnaître des traces de réactions chimiques, et où l'on est porté à admettre l'influence du contact.

8 J . Le second procédé , à l'aide duquel on rend sensibles les effets électriques de contact, donne des résultats plus concluants que les précédents. On prend, pour plateau supérieur d'un condensateur, un disque en zinc recouvert partout de plusieurs couches de vernis à la gomme

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