‹ Traité expérimental de l'électricité et du magnétisme, et de leurs rapports avec les phénomènes naturels ; (volume 2)Chapitre 9 sur 314 · CHAPITRE K. t · texte numérisé non relu

CHAPITRE K. t

la feuille d'or à une distance de a ou 3 mètres. L'état électrique de la main ou des cheveux exerce aussi une influence jusqu'à une certaine distance; aussi est-on obligé de s'en garantir pour ne pas être induit en erreur.

On a reproché à cet appareil de donner des indications irrégulières, en raison de son extrême sensibilité. Cela est vrai quand on opère avec des plateaux de cuivre, parce qu'il y a alors une réaction sur ce métal de la part des liquides qui adhèrent aux doigts , laquelle produit un dégagement d'électricité qui peut troubler les résultats; mais, quand les plateaux sont d'or ou de cuivre doré, on n'a pas à craindre de semblables effets.

La sensibilité d'un électroscope condensateur dépend en grande .partie de l'isolement du plateau inférieur par rapport à la cloche de verre, qui donne toujours plus ou moins écoulement à l'électricité, en raison de la couche d'eau hygrométrique qui se dépose sur sa surface ; pour obvier à cet inconvénient , on a adopté un mode d'isolement qui permet d'opérer, même lorsque la cloche est humide. Voici en quoi il consiste (fig. 10). TT est un tube de verre recouvert intérieurement et extérieurement de plusieurs couches de vernis à la gomme laque , et dans lequel passe la tige dû condensateur , laquelle est assujélie sur la paroi intérieure, au moyen d'un bouchon de gomme laque bb , appliquée dessus à chaud. A la -partie supérieure de la tige on visse' une petite cloche en métal, qui recouvre, le plus près possible sans la toucher, la surface du tube; il résulte de là que l'air, quand bien même il serait humide, ne circulant que très- lentement entre le tube et la cloche, ne dépose que difficilement dans l'intérieur la vapeur d'eau dont il est chargé, de sorte quç l'isolement dure pendant assez long-temps.

Pour se servir de l'électroscope condensateur, il suffit de mettre en communication le plateau inférieur du condensateur avec la source qui fournit l'électricité, et de toucher le plateau supérieur avec le doigt mouillé.

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*4 ' DES ÉLECTROSCOPJBS £T DES ^LECTROMÈTHES.

L'éleotricité qui arriva ne pouvant traverser la couche de vernis, décompose l'électricité naturelle du plateau supérieur, attire celle de nom contraire, et repousse l'autre. Ces actions continuent jusqu'à ce qu'il y ait équilibre entre les forces attractives et répulsives. Si l'on enlève alors le plateau supérieur , on rend libre sur le plateau inférieur l'électricité qui y était dissimulée, et son action se manifeste aussitôt sur l'électroscope.~

Quand la main de l'expérimentateur est naturellement sèche, il ne doit pas se borner à mouiller le bout du doigt, il faut encore qu'il se la lave avec de l'eau distillée, car je me suis aperçu bien des fois^que l'absence de résultats dans l'appareil provenait de ce que la peau de ma main, qui était très-sèche, ne donnait pas écoulement à l'électricité.

L'expérimentateur doit encore tenir compte des effets électriques qui peuvent avoir lieu dans la réaction de l'eau dont il imprègne ses doigts sur les liquides qui suintent par les pores de la peau; car, dans quelques circonstances, il y a une réaction chimique qui donne lieu à des effets électriques appréciables.

10. On a imaginé d'autres instruments auxquel* on a donné le nom d'électromètres, pour juger approximativement de la charge d'une machine ou d'une batterie électrique.

Le premier est l'électroinètre de Henley, ou à cadran, dont on se sert toutes les fois qu'il s'agit d'estimer des charges considérables (fig. n ); il consiste en une tige arrondie d'une matière conductrice, longue d'environ y pouces et terminée par une boule; immédiatement audessous est fixé un demi-cercle d'ivoire, dont le centre porte un axe autour duquel se meut librement une aiguille légère, de 4 pouces environ de long, et portant à son extrémité inférieure une petite balle de sureau. Cette aig'uille peut parcourir avec une grande facilité une demi-circonférence , divisée pour que l'on puisse estimer les écarts. Dans les cas ordinaires, l'aiguille est dans la direction de la verticale, mais dès l'instant que l'appareil

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est électrisé, la balle s'écarte de la tige et l'index s'en éloigne plus ou moins, en raison de la tension de l'électricité.

L'électromètre de Lane est construit sur un principe différent du précédent. Il consiste en deux boules d'égale dimension, dont l'une communique avec l'intérieur d'une bouteille électrique, et la seconde est isolée et opposée à la première, comme l'indique la fig. ta. Ces deux boules peuvent être mises en contact, ou placées à une distance déterminée. De plus, la boule isolée est en communication avec la surface extérieure au moyeu d'un fil de métal. Quand on veut juger de la force de la'charge, on approche plus ou moins les deux boules pour savoir a quelle distance s'opère la décharge : on doit, avant de s'en servir, nettoyer parfaitement ces boules, attendu que les corpuscules qui adhèrent aux surfaces facilitent la décharge en diminuant la distance.

§ II. Des Multiplicateurs électriques.

il. Lorsque l'on veut constater la présence de faibles courants électriques, on emploie des appareils auxquels on a donné le nom de galvanomètres ou de multiplicateurs. Nous allons faire connaître ceux qui jusqu'ici ont été regardés comme les plus sensibles. Leur construction repose sur la propriété dont jouit le fluide électrique, quand il parcourt un fil de métal, de réagir sur une aiguille aimantée, librement suspendue, de telle manière que si le fil , se trouvant dans le plan du méridien magnétique, est placé au-dessus ou au-dessous de 1 aiguille, celleci est déviée à droite ou à gauche, dans une direction perpendiculaire au fil , suivant le sens du courant. Si donc on plie le fil, de manière à le faire revenir au-dessus de l'aiguille, elle éprouve de chacune des circonvolutions une action qui tend à la diriger dans le même sens, de sorte que l'impulsion reçue est double de celle qui aurait été produite par le fil rectiligne. En continuant ainsi à

l6 DES MULTIPLICATEURS ELECTRIQUES.

replier le fil sur lui-même, on multiplie Faction du courant sur l'aiguille. De là le nom de multiplicateur électrique donnéà cet appareil. Le fil, qui est entôuréde soie pour éviter la communication directe d'une circonvolution a l'autre, est enroulé autour d'un châssis en bois dans l'intérieur duquel est suspendue une aiguille aimantée. La construction de cet appareil varie suivant la source qui produit les courants que l'on veut observer; tantôt le multiplicateur est à fil très-long et à petit diamètre , tantôt il est à fil court et d'un diamètre d'un millimètre à un demimillimètre. Pour les distinguer, nous les appellerons, l'un, multiplicateur électro -chimique ou à long fil, l'autre, multiplicateur thermo-électrique ou à fil court. Quand l'aiguille aimantée est dérangée de sa position d'équilibre par l'action d'un courant, elle tend à y revenir par suite de l'action de la terre. Pour neutraliser cette action, on présente à l'un des pôles de l'aiguille, à une certaine distance, le pôle opposé d'un barreau aimanté, ou bien on place au-dessous de l'aiguillé une autre aiguille, les pôles inverses en regard; mais aucun de ces moyens ne remplit aussi complètement le but qu'on se propose que deux aiguilles aimantées, aussi identiques que possible, sous le rapport de la nature de l'acier, de leur construction et de leur aimantation, et que l'on fixe dans une direction parallèle, les pôles inverses en regard, aux deux extrémités d'une paille ou d'une autre tige légère, l'une des aiguilles est placée dans l'intérieur du châssis et l'autre en dehors. Ce système étant suspendu à un fil de cocon par un des bouts de la tige, n'obéit que faiblement à l'action du magnétisme terrestre, qui n'exercerait dessus aucune influence, si l'identité des deux aiguilles était parfaite; mais comme cette condition ne peut être remplie, il ne lui reste plus qu'une force directrice très-faible. Cette disposition est due à M. Nobili.

Je vais donner ici la description complète de deux galvanomètres très-sensibles, l'un à fil long et l'autre à fil court

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