‹ Traité expérimental de l'électricité et du magnétisme, et de leurs rapports avec les phénomènes naturels ; (volume 2)Chapitre 96 sur 314 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

distances, et comme les distances sont les mêmes, les actions sont comme les quantités de fluide. Dès lors la balle de cuivre n a plus que la moitié de son fluide. 11 a donc eu, lors du contact de la balle de cuivre et de la balle de sureau, partage égal de l'électricité, lequel est dépendant seulement, comme oi\ voit, de la forme des deux corps.

D'un autre côté, le fluide électrique n'étant retenu à la surface des corps que par la pression de l'air environnant, nous pouvons donc le considérer comme formant sur les corps conducteurs une couche très-mince, dont la surface extérieure est la même que celle du corps, tandis que la surface intérieure, qui est très-mince, en diffère très-peu. L'épaisseur de cette couche en un point quelconque n'est autre que sa tension électrique en ce point.

1 00. Pour reconnaître cette tension , on touche ce point avec un petit cercle de clinquant fixé à l'extrémité d'un fil de gomme laque. On porte ensuite* le disque dans la balance de Coulomb, pour déterminer la quantité d'électricité qu'il a prise. Il faut avoir l'attention d'opérer avec assez de rapidité pour que le cercle mobile ne perde pas sensiblement de son électricité pendant toute la durée des expériences. Ce disque étant très-petit relativement à la surface du corps, la quantité d'électricité qu'il prend ne diminue pas sensiblement celle du corps, et peut être considérée comme proportionnelle à celle du point de la surface qu'il a touché. Rien n'est plus simple que de prouver cette proportionnalité.

On prend un cylindre de laiton isolé , dont la longueur est plus grande que le diamètre; on l'électrise et on porte le plan d'épreuve, d'abord au milieu, et ensuite aux extrémités. Dans chaque cas, la réaction électrique n'est pas la même. Faisons toucher le cylindre avec un autre de même nature, isolé de la même manière, et dont toutes les dimensions soient égales; le premier cédera à l'autre la moitié de son électricité. Si l'on renouvelle le contact avec le plan d'épreuve, les réactions

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électriques des points semblablement placés seront moitié de ce qu'elles étaient avant. En continuant à enlever au premier cprps le quart , le huitième de son électricité, les réactions suivront le même rapport.

On voit donc que, bien que les quantités absolues d'électricité prises successivement par le plan d'épreuve, en un point quelconque du corps, soient proportionnelles à la somme d'électricité répandue sur ce corps, néanmoins les quantités prises au même instant sur différents points conservent toujours les mêmes rapports.

joi. Coulomb a encore fait usage d'uqe autre méthode pour déterminer l'épaisseur de la couche électrique d'un corps qui a été touché par un autre. Cette méthode consiste à placer le corps électrisé dans la balance électrique, après avoir donné au disque de clinquant la même espèce d'électricité que celle du corps. L'on ramène ensuite, au moyen du micromètre de torsion, l'aiguille qui a été repoussée à uiie distauce quelconque du corps électrisé; puis l'on détermine, comme à l'ordinaire, l'action répulsive que les deux corps exercent l'un sur l'autre. L'on fait toucher ensuite le corps électrisé placé daps la balance au corps avec lequel on veut qu'il partage son électricité, et, en détordant le fil de suspension, l'on ramène l'aiguille à la distance du corps qui avait été observée à la première opération. On détermine par ce moyen la quantité d'électricité qui a été laissée au corps placé dans la balance, par celui avec lequel il a été mis en contact.

Cette méthode donne en masse le rapport des quantités d'électricité partagées entre les deux corps, tandis que l'autre accuse immédiatement la densité électrique dans chaque point d'un corps conducteur.

102. On doit à Coulombun grand uombre d'expérience^ sur la manière dont le fluide électrique se partage entre deux corps conducteurs mis en contact, et sur la distribution de ce fluide dans les diverses parties de la surface de ces corps. Nous, allons rapporter quelques-uns des résultats qu'il a obtenus.

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