‹ Traité expérimental de l'électricité et du magnétisme, et de leurs rapports avec les phénomènes naturels ; (volume 3)Chapitre 12 sur 278 · CHAPITRE III. îiS · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. îiS

dures et les bromures métalliques , en faisant intervenir l'actioa des forces électriques.

Nous avons employé une dissolution de bi-carbonate de potasse; mais si on lur en substitue une de sous>carbonate, on obtient encorele double carbonate de cuivre et de potasse, lequel, au lieu de déposer en aiguilles., forme de jolis petits cristaux prismatiques hexaèdrtîs droits.

1049. ^' ^^^'^ "^^'® ^® • coïistater si le carbonate de cuivre obtenu (1 o48) ne renfermait pas encore de la potasse; voici les essais que l'on a faits pour cela. Soumis à. nne ébullition prolongée dans de Teau distillas que l'on a renouvelée à plusieurs reprises, le carbonate n'a pas changé de couleur et les cristaux ont conservé leur insolubilité. Il a fait effervescence avec les acides, ft la couleur de la dissolution était celle qui est propre aux sels de cuivre.

Quelques fragments ayant été traités sur un fil de platine parfaitement décapé, on n'a obtenu aucune scorie vitreuse; le fil s'est recouvert d'une croûte d'alliage. En le plongeant dans l'acide nitrique, il n'y a pas eu la moindre effervescence, preuve que le morceau d'essai ne renfermait pas de carbonate de potasse. La dissolution de platine a donné la même indication, même en ajoutant de l'alcool, qui favorise la précipitation du double chlorure de potassium et de platine.

Ces essais prouvent évidemment que les petits cristaux appartenaient bien au carbonate de cuivre.

Jo5o. La théorie atomique rend parfaitement compte de toutes les décompositions et recompositions que nous venons de faire connaître.

l*"* OPÉBATION.

Corps en prés«Dce.

Nitrate de cuivre. . . . Cu :N Carbonate de chaux., Ca C

Prodails obft«rvés.

Nitrate quinti*basique

de cuivre. .... * Cu^ W

Nitrate de chaux*. . «C^ ^

96 ACT. DES BI-GARBOK. ÀUCÂt. SUR LKS SOUS-SEtS.

Sn sup^sâiu exaot l'éiionpé dds produits obs«rv4ê, il ftut cinq atomes de nitrate de cuivré pour former un atome de nitrate quimi^basique; dès lors il j a cinq atomes datiàn nhrtque liut réagissent sur le carbonate de ot^aux, pour former cinq atomes de nitrate dé la même base. JusiittHbi point dQ difficulté^ Passons à la s^oonfle opé^ l«éioft.

Corps en prétence. ProdaiU obterr^

Nitr^^te quinti-basiqtie

ie ouivre. « « ^ . . Miv H Biroarbonatè de

' PQt^sise ..,.It ^*

Carbonate dfe châUx. . Ca C

Double çarl^ouate d^ cuivre et de potasse.

Cu G4i KCrHÀq.

î^itrate 4è pptasse. . , . K. fi Nitrate de cbaux.. . .Ca î^

Uq atome de nitrate quinti-basiquè dé Cuivre , pour ttUe les réactions indiquées s'effectuent, doit décomposer cîncr atomes de bi-carbonate de potasse; cinq atomes diacide carbotîique deviennent libres et se combinent avec les citiq atomes d'oxide de cuivre; puis les cinq atomes de carbonate de cuivre formés, se combinent avec les cinq atomes de carbonate de*^potasse. L'atome de nitra|:e quiiiti-basique de cuivre abandonne un atome d'acide liitrique, qui réagit sur. Un atome de carbonate de chaux, d'où résultent un atome de nitrate de chaux et un dégagement de ga2 acide carbonique , dont le passage dans la liqueur est indiqué, comme nous Pavons dit, par des tubercules allongés de carbonate de chaux.

ïo5i. Il teste à examiner la décomposition du double carbonate de potasse et de cuivre par le sulfate de cuivre.

Corpf en préience.

Double carboDaté de cuivre çtde . ..

potasse CuC-f-RC-l-Aq,

Sulftite de cuivre, • . . Cu S

Trodlaiu observéf.

jCarbpuate ^e çuiyre«Ga Ç

• • • • Sous-sulfate de cuivre.Gu^ S

Sulfate de potasse. , « . K è

Cî«iWTM fil. *9

A niui()0Ptitti^le dit en f^^uito « cii| ¥^t qm lei^ que le sul&te ifo cuivre i^gU sur h d^iiM^ earb<}n^i#V i^

nu tlégftgefnMt ide g«is wid^ tRRfbfi^îqii^ ^ de Yhydmti

ûfo ¥bU «bqe que 1^3 déw^pQHtâMs «t caM»ap»i« tÎNb «'«fMàoeèt oootorai^tnMt Aiift It»» de la théorie ato^ inique.

^ III. De iW^TÀIs 1^^ qpeiques ^uàioMS mlm^

it^Q. £fi faisavi «eéagir le6 seusn^ sisr des soittttioof lîlé pfifOBpbake^ d'arséoiate^ de chronuite, d'qxa^te^ de tunfplate ^ de ï^iiceinaite aioaiio^ on ofattent des résultais amèogues.

Si l'oa met) par excliipèe , le sona-nitrate de l»iivi« dans tiœ solubion aatunée de pbospiiatB d'afiifn»olUaqB>e , on tte tarde pas à e'aperaevmf qœ k sousHBel se déoouah posé pteu à peu , let qu'il se dépase «ur la surface , cà et là, un« multitude de cmtauK limpides inceWcs, ^immt des jboqppes radiées , tandis que la •è^uIcHr Ti^te du sous- «el prend une tçinte Ufiiâtre. Ëi» examinant ia fiature dç ces piiodaits , on trouve que les ^staux limpides sont IcMtifët de phosphate de chaux pur, et èa partie vente Hwa, 'doutde phosphate de xniîvne «et dammoniaque^

Ce phosphate de chaux n'est pas phosphorarscent. Par ]a (^leur il perd son eau de crintattisation , et a l'aide ^e la chaleur il devient opaque. Il est insoluible dans j'eam, ';ménie à l'aide fde rëbullitioQ , et s'y dissout facîlemçnt au contcftiiie qaaiiKl elle «st légèi*^cDeqit acidafasç, «i^mèpar i'^de le plus faible. Quoique fanalpe n'ait pas 0té faite de ce sel ^ il ^c^ probable que c'est le ^phospfaate de tAïaux nesitre, dont il pos^de lies prUicipales )|!)ropr«étés : il «st 'à lioter que c'est précisément ce phos- ' 'pibatequi se tno«ive en dissolution dans plusieurs e^ôx >imnâ:ales. lia tiiéarrie de la formation des tphospfaates ;à hase de chaux ;i de cuivre et d'anunomaque, ^st À niimQ

Îl8 ACT. DE QUELQ. SOLUT. SAL. SUR LES SOUS-SELS.

que pourjes produits décrits dans le § II; réaction du phosphate d'ammoniaque sur le sous^nitrate de cuivre , d'où résulte un double phospliate; puis séparation de Tacide nitrique y qui se porte sur le carbonate de chaux, et réaction lente du nitrate de chaux sur le phosphate d'ammoniaque, laquelle produit du phosphate de chaux et du nitrate d'ammoniaque. Dans ces décompositions il se forme aussi du phosphate de cuivre.

io53. Avec l'arséniate d'ammoniaque, le mode d'action est le même, si ce n'est qu'il y a formation d'un double arséniate de chaux et de cuivre qui cristallise en jolis cristaux limpides de plusieurs millimètres de longueur qui sont des prismes obliques à bases trièdres, lesquels deviennent opaques peu à peu en perdant leur eau de cristallisation, et leur surface se recouvre de filaments soyeux, qui annoncent une nouvelle formation. Ou obtient aussi directement un double arséniate, en faisant réagir une dissolution d'arséniate d'ammoniaque sur du carbonate de chaux; mais sa formation est beaucoup plus lente.

io54* Loxalate d'amiiioniaque et le.tungstate d'ammoniaque se comportent comme les sels précédents à l'égard du sous-nitrate de cuivre, et donnent des produits analogues; nous ne nous y arrêterons pas, attendu que notre but est de faire connaître ici les circonstances qui sont nécessaires pour déterminer les formations successives qui donnent naissance à des composés que l'art n'a pu produire jusqu'ici. Nous dirons seulement deux mots de la réaction lente du sous-nitrate de plomb, obtenu avec le nitrate.de plomb et le carbonate de chaux, sur le chromate de potasse. Quand on laisse séjourner pendant quelques mois un sous-nitrate ainsi préparé, dans une dissolution de chromate de potasse, étendue d'une ou deux fois son volume d'eau, la surface prend dans quelques parties une teinte rougeâtre, et il se forme insensiblement de petits cristaux très-nets de chromate de plomb rouge, en prismes rbomboïdaux, terminés par des sommets dièdres, comme ceux que l'on trouve Il Bérezoff , en 3il>érie,

CHA.PITHE III. 29

io55. Nous avons vu précédemment comment on pouvait obtenir le carbonate de cuivre par la méthode des doubles décompositions; nous allons montrer maintenant que cette méthode peut être employée également en électro-chimie pour fqrmer le même composé.

Prenons un tube recourbé en U, rempli dans sa partie inférieure d'argile humide; mettons dans Tune des branches une solution de bi-carbonate de soude, dans l'autre une solution de sulfate de cuivre, et plongeons dans chacune d'elles l'un des bouts d'une lame de cuivre. I^ bi-carbonate, en réagissant d'une part sur le métal et de l'autre sur le sulfate, par l'intermédiaire de l'argile humide, détermine un courant qui rend négatif le bout plongeant dans le sulfate. Ce dernier est décomposé; le cuivre se précipite, il y a transport d'oxigène et d'acide sulfurique de l'autre côté, d'où résultent un double carbonate de cuivre et de soude et du sulfate de soude qui reste dissous. Quand la lame est recouverte de cristaux de double carbonate, on enlève la solution de bi-carbonate et on la remplace par de l'eau. Dans ce cas, il y a encore production d'effets voltaïques, mais leur intensité est moins forte que précédemment; l'oxigène et l'acide sulfurique arrivent du tube négatif; Pun oxide de nouveau le cuivre, l'autre décompose le double carbonate; il y a formation de sulfate de soude, de carbonate de cuivre qui cristallise, et dépôt cristallisé du même compose, qui provient de la décomposition du double carbonate.

On voit sur-le-champ que ce procédé peut être employé dans une foule de cas pour former des composés insolubles.

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^m AtttôKS LÊMf ËS.

■■Éilk...

§ !•'• Coniîdêrdïions géhêtateis.

io5B. Nous à{)pel6ils actions lentes; toutes celles qui soni produites dans des coi^pâ éil contact ou sépares , exposés aux influence^ dés agehts âtniosphériqUeS ou dé différents tfiilieux dans lesquels ils se trouvent plotigés, et dont les effets rie sont appréciables qu^après un certain laps de temps. Toutes les tovté^ de la liaturë ôotlcdui*ent 4 leur production.

il eil èàt dô ces actions comme de la phosphorescence : on u'eii a jamais fait Tobjet d^une éiUaè spéciale, parce quef l'on n'd pas cherché à analyser toutes les forces qui présîdefat à leur prodiictioil. ^ En chimie; l'on né s'occupe en général de là réàctiofa dé déuJL corps l*un sur l*autré que lorsqù^il en i*ésuUe des composés que Ton peut recueillir peu dé temps aprèd, et l'on néglige les effets électriques qui Taccompagnetit. Dans cette réaction, lorsmêtne qu*êlie est très-faible, . le corps qui se éomportè comme acide prend l'électi^lcttè positive, et celui (fUi agit comme alcali, rélectricllé négative. Si rt)n recueille ces deux électricités , au moyen d'un autre corps convenablement placé, on a un courant qui agit comme force chimique , non-seulement sur leurs principes constituants, mais encore sur ceux des corps qui les environnent. Il se forme alors une foule de composés dont il n'est pas toujours possible de prévoir à priori là nature.

tÉAPITRE IT. 3l

On voit donc qiie rélectro-chimié disposant de deux fordes et la chimie d'une seule , doit arriver quelquefois à de8 résultats que celle-ci ne peut pàâ toujours obi talir. . '

. L'èxeniple éiiivant caractérise suffi^masent la dif-* férencç qui existe entre la chituie et Téli^t-troHchiniiet uùe lame d'à rgeiit plongëe dans de l'acide hydrochloriquo concentré, hors du contact de l'air, n'en éprbuvfe qu'util actioh excessivement faible; mais si on la met en contact avec tin morceau de t^harbon bon conducteur, ce der^^ hier 8'empat*e des deux électricités dégagées , et il en ré^ suite un courant électrique qui dilgmentè l'énergie de l'ac^i tion chimique à un tel point qu'il se dépose peii à peu sut* la lame des bristaux de chlorure d'argent qui prennent de 1 accrbissemeht avec le temps» L'action continue pen^ dant des années^ sans idte^ruption.

On conçoit Irnaintenant pourquoi un grand nombre de substanbes agglomérées ehsemble produisent mille ^t* tions de ce getire qui rentrent, jusqu'à uU t*ertain |)Oint^ dans le domaine de rélectro«chimie»

1057. Dans l'état actuel de la science, cjuoique noua ne puissions expliquer qu'un petit nombre de faitâ Relatifs à ces actions tumultueuses^ ce n'est pas un motif pouf« passer ftous silence tous ceux qui ont été observés et dont on n'a pu rendre compte jusqu'ici^ attendu qii'ils peuvent servir à provoquer des recherches de la part des per-» sonnes qui se livrent à leiir éttfde. Le lecteur ne sera donc pas étonné dé voir passer eh revue tine foule d^ faits qui n'ont pas encore été considérés cotnme ayant dés rapports directs avec l'électricité.

Indiquons lea caractères électriques auxquels bh rè^ connaît qu'une solution agit très-faiblènieiit sur une sabstàtice quelconque.

Nou^ avons déjà prouvé que lorsque deut lames ^ i'un^ d'or ei l'autre de platine, à sùrfacest très-^nettes ^ sont en contact, elles ne manifestent aucun eiOfet électrique de tension, ni aucun courant^ quand, après les avoir sépa«

rées 6t miaei eu communicatiod ebttcutié av(N} i'uii« éi$

32 CONSIDÉRATIONS G£NËllALi:S.

extrémités d'un inultipiicateur, ou les plonge dans un liquide qui ne réagit pas cliimiqueuient sur l'une délies. D*un autre côté, nous savons que le contact de Tor ou du platine, avec le peroxide de manganèse, 1 anthracite, U plombagine, etc., est accompagné d'effets électriques de tension, bien que ces. dernières substances ne paraissent éprouver aucune action appréciable de la part de l'eau distillée.

Examinons la nature des courants qui sont produits, quand ces mêmes substances constituent un circuit fermé avec l'eau distillée et le platine. Supposons que l'on ait Bxé à l'une des extrémités du (il d'un multiplicateur un cristal de peroxide de manganèse, d'un centimètre de long et de quelques millimètres de large, et à l'autre une lame de platine ayant les mêmes dimensions; Taiguille aimantée, aussitôt l'immersion, est déviée plus ou moins de sa position ordinaire d'équilibre, selon la sensibilité de l'appareil, et dans un sens tel que le peroxide prend à l'eau l'électricité positive, comme le fait tout corps qui perd de l'oxigène, ou qui se comporte comme un acide dans sa combinaison avec un autre corps; l'aiguille revient ensuite à zéro quand les oscillations sont terminées. Si Ton interrompt le circuit, sans Changer le contact du peroxide ou du platine avec l'eau, et qu'on le rétablisse aussitôt, l'aiguille reste au repos; mais il n'en est plus de même quand l'interruption dure plus de cinq minutes: dans ce cas, elle est déviée d'un certain angle, dont la grandeur dépend du temps pendant lequel le circuit est resté ouvert.

Le circuit ayant été interrompu, enlevons une des cheville^ de communication du multiplicateur, retirons le peroxide de l'eau; remettons en place la cheville, puis replongeons le minéral : l'effet sera le même que s'il n'eût pas changé de place. Cet effet se conçoit, puisque la couche d'eau qui adhérait à sa surface n'a pas été enlevée. Quand la décharge a été opérée, on n'obtient plus de courant en retirant de l'eau le peroxide et le replongeant immédiatement; nous disons iimnédiatement , car

si Ton attend que Teau qui est à la surface soit évaporée, on a un courant lors de Timmersion.

En général, il ne faut commencer les expériences que lorsque le circuit étant fermé depuis quelque tempSy la déviation est nulle.

Les résultats suivants nous indiquent les angles de déviation obtenus dans cinq expériences :

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