‹ Traité expérimental de l'électricité et du magnétisme, et de leurs rapports avec les phénomènes naturels ; (volume 3)Chapitre 121 sur 278 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

au plateau ilu condensateur cette faible charge. Il résulte évidemment de là que la loi donnée par Davy, pour établir les relations entre les affinités chimic|ues et les effets électriaues de contact, n'est pas exacte. Je dis plus, cette loi n^ pas la généralité qu'il lui supposait: en effet, dans le contact suivi dé frottement du cuivre avec la chaux, le cuivre prend l'électricité négative et la chaux l'électricité positive , comme Davy l'avait reconnu; mais avec d'autres bases ^^ telles que l'alumine et la magnésie, les effets sont inverses. Après la calcination, le dégagement de l'électricité est bien marqué. L'oxide de zinc, très-sec, se comporte de même par rapport au cuivre. Ces exemples, qui seraient des anomalies dans la loi de Davy, suffisent pour infirmer cette loi. Davy, comme on le voit, a été induit en erreur sur la véritable cause du phénomène.

1 3 1 4* Examinons maintenant le point principal 4^ la discussion , les effets électriques produits quand deux corps conducteurs sont mis en contact, indépendamment de toute réaction chimique des deux corps l'un sur l'autre, ou de la part d'un agent extérieur sur l'un d'eux ; mais, auparavant, je commencerai par rappeler les idées singulières et originales dp M. Peltier, sur les effets électriques de contact,attendu qu'elles reposent sur des expériences assez importantes pour que j'en fasse mention ici. M. Peltier ayant pris pour plateaux condensateurs, un plateau d'or et un autre de platine, et les ayant fait communiquer ensemble au moyen d'un fil àe platine, le premier s'empara d'un excès d'électricité positive, le second d'un excès d'électricité négative. Ce résultat , quoique en apparence favorable à la doctrine de Volta, peut être interprété d'une autre manière, comme on le verra ci-après. Le même physicien ayant préparé ensuite, avec soin, quatre plateaux de verre, en recouvrant le premier de feuilles de platine, le second de feuilles d'or, le troisième de feuilles d'argent, le quatrième de feuilles d'étain, comme je Fai fait dans mes premières ejcpériences sur le contact , ces plateaux furent successivement vissés à un excellent

8 DES KFFETS l^LECTRIQUES DE CONTACT.

ëleciroscope à feuilleâ d'or, et les trois autres servirent alternativement de plateau supérieur ou de condensateur. Un appareil à source d'électricité constante ayant été préparé y chacun de ses pôles fut mis en communication avec l'un des plateaux, et chaque foi^, l'ordre interverti; M. Peltier reconnut alors que tous les métaux ne possèdent pas, au même degré, la faculté de condenser chacune des deux électricités. Voici l'ordre des métaux pour la puissance de condenser l'électricité négative : platine, argent, or, étain. Ayant formé ensuite un couple avec deux plateaux, l'un de platine, l'autre d'or, ce plateau fut placé entre le collecteur en argent et le condensateur en étain , et l'on fît communiquer ensuite ensemble, d'une part, le collecteur et le condensateur au moyen d'un arc en platine isolé, de l'autre, le couple platine et or avec la terre , par l'intermédiaire d'un fil de platine. Les effets varièrent selon que l'un des deux métaux du couple interposé était placé en haut ou en bas. Quand le disque d'or était tourné du côté du collecteur , la charge négative était .notable sur ce dernier; si le contraire avait lieu, il n'y avait aucun effet produit, ou bien un effet très-faible. D'autres couples interposés, communiquant également avec le globe, donnèrent lieu à des résultats analogues ; de sorte qu'oii^ a toujours obtenu une différence d'état dans les plateaux en contact, selon la nature du métal de la face du couple qui regardait chaque plateau.

i3i5. M. Peltier a cru devoir conclure de ces expériences et d'autres, que je ne rapporte pas ici, que les métaux, dans leur état d'équilibre naturel, possèdent des quantités différentes d'électricité, soit positive, soit négative, suivant leur nature, qu'aucun corps ne saurait leur enlever, lesquelles sont inhérentes à leur nature, et que c'est en vertu de cette électricité propre, que les deux plateaux du condensateur reçoivent des charges différentes, quand on les. fait communiquer ensemble, après avoir interposé entre eux un couple de deux métaux, non isolé, suivant que l'un de ces deux métaux

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