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l34o. Jusqu'ici il n'a ëtë question que des courants thermo - électriques et électro- chimiques produits au moyen de deux métaux en fils ou en lames , dont deux bouts plongent dans un sel fondu; mais on peut obtenir également un courant avant la fusion du sel : dans ce cas, la direction du courant est difficile à interpréter, comme on va le voir.
On remplit , en partie , une petite cuiller de platine de carbonate de soude fondu, et l'on plonge dans le sel un gros fil de même métal , en évitant le contact métallique. Aussitôt après le refroidissement, le fil et la cuiller sont mis en communication avec le multiplicateur. Si l'on chauffe ensuite légèrement la cuiller, au moyen de la flamme de la lampe à alcool , on a un courant qui va de la cuiller au fil, c'est-à-dire, du métal chaud au métal froid, En continuant à chauffer le fond de la cuiller, jusqu'à ce que le sel en contact avec elle commence à fondre, tandis que la partie qui entoure le fil est encore solide , on obtient alors un fort courant qui va cette fois du fil à la cuiller, c'est-à-dire, du métal froid au métal chauffé. Quand la cuiller est assez chauffée pour que tout le sel soit fondu, le courant est de nouveau renversé, c'est-àdire qu'il va du métal chaud au métal froid. Il suffit du plus léger mouvement de la flamme pour voir l'aiguille s'élancer d'une extrémité de zéro à 90®.
i34i. Avec le verre on obtient des changements analogues dans la direction des courants. Ainsi , quand un fil de platine, recouvert d'une faible couche de verre, est mis en contact avec un autre fil plus fortement chauffé , le courant va du métal le plus chaud au métal moins chaud à travers le verre. Avec une couche de verre plus épaisse on obtient d'abord un courant qui va du fil chaud au fil froid; mais le courant change de direction quand on élève de nouveau la température. J'ai obtenu des effets électriques de tension dans des cas semblables (i), mais
(i) Tom. ii,p. 35.
{\% DÉVÊLOPP. RELàT» AUX PHJÈN. THERMO-ÉLECT.
non des effets inverses. Comme il est difficile d'explicjuer ces derniers résultats, je dois me borner à les signaler à l'attention des physiciens.
§ III. Déifeloppemënts relatifs aux phénomènes
thermo-électriques.
i342. M. Matteuccî a publie dernièrement (i), sur les phénomènes therrao - électriques , quelques observations dont plusieurs sont connues depuis longtemps; certes on ne peut qu'applaudir au désir bien louable qu'éprouvent quelques personnes de reculer les limites de la science; mais il faut avant tout ne pas tant appuyer sur des faits qui lui sont acquis. Sans entrer dans aucune discussion à eet égard, je renvoie le lecteur au tome II, page 39 et suivantes de mon ouvrage.
Je passe donc sous silence la première partie du travail de M. Matteuccî, pour en venir à la seconde qui traite des phénomènes observés par M. Sturgeon, dans des cadres, des anneaux, ou des masses solides régulières de bismuth et d'antimoine. On sait que si l'on chauffe divers points de ces corps avec une lampe (2), on en trouve qui produisent des courants électriques et d'autres qui n'en donnent pas. Ces derniers, qu'on appelle points neutres f correspondent particulièrement aux endroits par lesquels le métal fondu a été introduit dans le moule ; ils jouissent de cette propriété , qu'en chauffant à droite ou à gauche, on a un courant qui va dans un sens ou dans un autre.
On a vu (3) que M. Sturgeon attribue la présence de ces points neutres à quelques modiBcations particulières produites pendant le coulage des barreaux dans l'ar-
(1) Bibl. Univ., tom. xviii, p. 353.
2) Tom. II, pag. 42 etsuiv.
3) Ibidem.