‹ Traité expérimental de l'électricité et du magnétisme, et de leurs rapports avec les phénomènes naturels ; (volume 3)Chapitre 263 sur 278 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

un fil de platine très-propre', ,et en relation avec uu galvanomètre à fil long, d'une grande sensibilité; l'aiguille aimantée n'éprouva aucune déviation. Ces fils furent mis en communication, pendant deux secondes, avec les pôles d'une pile dont le courant était assez fort pour décomposer l'eau. Les pôles de la pile ayant été enlevés et la communication rétablie entre les fils polaires, l'aiguille tourna avec violence plusieurs fois sur elle-même. Les effets furent encore les mêmes en soumettant à l'expérience un mélange d'acide sulfurique et d'eau, etc.

Tous ces courants ont une durée plus ou moins longue. Ce physicien a reconnu, ce que l'on avait déjà également observé, que si Ton interrompt le circuit, on peut encore, plusieurs heures après, obtenir un courant au moment où on le rétablit. M. Schœnbein a encore observé que si des fils polarisés, plongés dans de l'acide sulfurique étendu, restent en communication avec le multiplicateur, jusqu'à ce que l'aiguille soit revenue à zéro, on voit reparaître un courant qui chemine dans^ la même direction que le premier courant secondaire, quand, après avoir rompu le circuit, on le rétablit quelques secondes après: seulement, ce second courant secondaire a une intensité plus faible que le premier.

Les fils d'or produisent les mêmes effets que les fils de platine; cependant, toutes choses égales d'ailleurs, la déviation de l'aiguille est un peu plus considérable avec l'or qu'avec le platine. Il peut se faire qi^e la différence de conductibilité entre les deux métaux soit la cause de cet effet.

1 5 18. Si on substitue le fer à ces métaux, et qu'au lieu d'acide sulfurique étendu on prenne une solution de potasse, les fils, après avoir été traversés seulement pendant cinq secondes, par un courant qui peut à peine décomposer l'iodure de potassium , sont si fortement polarisés, que l'aiguille est déviée de 180®. Le zinc et d'autres métaux présentent les mêmes efFefs. M. Schœnbein en tire les conséquences suivantes : Du seul fait que , dans l'acide sulfurique pur ou dans une solution de po-

2 70 DE LA POLAR. ELEC* I)E$ QQlfPUÇI; SOL. ET LIQUIDES.

tasse, leç cpnducteur^ sont polarisés parle passage â'un coiirant^ on 4oit eii poncliire que ma théorie n'est pas exacte, ^t^enclii Qu'il n'y a auctipe décoinpositba de siel. Je répondrai à cette p^jj^cMoil^ que les faits observés vienn^pti au contr^ir^f lui dooaer de la force. En effet ^ on a vu que deuit lameâ de platine qui oht été mises en contact pendant f|uelqbe temps 4 Tuné avec du gaz oxigèti^i l'autre nyèQ du gax hydrogène^ acquièrent la propriété de produire un courant, quatid bti les plonge dans l'eau , et qii'on les nlet en communication avec un fil de n^étal, de mdme que si nllea avaient séirvi à décomposer l'eau. Qr, comme ces deux gae , et en gér nér^t deux gaz qui peuvent se combiner ensemble^ jouent l'un le rp)e d'acide i l'autre celui d'alcali ^ le résultat ob** tenu ^vec l'acide sulfuriqUe 0u la solution alcaline con-; firmp l'explicatiop que j'ai donnée..

Je dois ajouter cependant que Mi Schœnbeiu a examiné jusqu'à quel point les particules élémentaires de l'eau qui adhèrent aux fils polaires pouvaient donner lieu au courant par leur combinaison* Les faits suivants lui ont {laru contraires à cette idéet Lorsque l'on remplace l'électrod» négatif par un fil de platine qili n'a pas été en commua' nication avec la pile, et dont la surface^ par conséquent^ n'est pas recouverte d'hydrogène^ il y a encore un colirant produit. Pès lor§, suivant lui, il faut rejeter là cornbinaisQti de j'pxigène avec l'hydrogène pour la causé dii gou« rant. Je répondrai que, dans ce cas, le courant est produit par la réaction de TpHigède 9ur l'eau s d'oii résulte de l'eau oxigénée. Dans cette réaction, l'oxigène produit de réleo»triçité positive, et l'ti^u de l'électricité négative^ M. Schœnbein oppqse encore à mon explication lé fait cité plus haut, savoir, que lof sj[|iie par l'effet de là fermeture du circuit les fils polarisé^ ont entièrement cessé de produire un courant, ils reprennent ce pouvoir^ si l'on yieùt à l'ou*vrir et à le feri^ier f|isait0. Il est probable quq^ dans cette pirçonstgpcp , j'effet pfinlitif.est masqué par une cpntre-polarisation qiii disparaît après quelques instahts^ lof sque J'oi^ig^uQ et i'bydrâgènciseArouYant cîi.préaéiitie sur la même lame de platine, se sont recombinés.

iSigi Ml Schœnb^n »e parmt p9$ avoir une opinioi^ arrêtée sui' la bause du phénomène. Il r^ppellf) çepen* daiit, à cèsujët^ leé résultats de ses recherches sur la^ ya-* riabilitédu caractère élaotro-chimique du fer, et ce f^it que ce métal 4 en le faisant fonctionner çonime électrode pdsitif^ devient telleinenf tiégatif qUe^ comnie l'or ej; Iç platine, il laisis dégager à 9a surface de l'oxigène pbteiiu par la voie élcietrbljiique et n'est attaqué ni par l'acide nitrique ni par Une solution de cuivre. Ce métal, ainsi modifié, se tratisforme de noUveaii en éi^nient positifs en le faisant fdnotionnei^ un instant seulement; comme électrode ndgatif. Si ddnc^ ajoute-t-il, le fer naturellement positif devient négatif en fonctionnant conjn^e électrode positif, il n'est pas étonnant que dans leB tnâmps eireonstanùea les autres iaétau?^ subissant une sen>blabl$ modification dans leurs propriétés électrô-chimiqnes, et qu'ainsi le platine fonetiduilant comme pôle positif devienne plus négatif encore qu'il n^ l'est dans son état naturel ^ et qu inversemenèDe métal devienne positif qu£|nd il fondtionne comme pôle négatif. Ce n'est là encore qu'une ëxplicatidn vague, une cbnjectUre^ qu'on dpit simplement t^onsidérer nomme tell^.

Je conviens que les phénomènes sont du même qrdre; lorsque lé fer fonctionne cdmme électrode positif^ Ba surface se recouvre d'une odudhe d'o^igène, de même que la latue de platine qui a servi d'éleptrode positif» Cette oouche d'oxigène se trouve ddn§ un tel rapport avec lee particules du fer^ qu'i^Ue masque en quelque sorte kùri propriétés éhhniquea bur les liquides ettvirotinants. Mais le fer et lé platine ainsi recpuvcrts perdent peu à peii^ soit à l'air libre ^ soit au contact dû liquide^ les particules d'dxigènè^, et rien n'^n^pêche alors que celles-ci se combinent avee l'^u^ 4'qi4 résulte un courant^ comme je l'ai déjà dit.

Passons nlaintenant à d'iiutres phénomènes qui ont été observés par M. Schœnbein. On prend Un tube re* courbé en U, contenant de l'acide hydro-ohlorique ou suU furique parfaitement pu^i On mlit penda^it. q^elquea se-

fk'J^k DE Lk POL. ÉLEC. DES CONDUCT. SOL. ET LIQUIDES.

condes ce liquide en communication, au moyen de fils de platine, avec les pôles d'une pile capable de produire un dégagement de gaz; puis on remplace les fils polaires par d'autres fils qui n'ont pas encore été soumis à l'influence du courant, et l'on ferme le circuit dans lequel se trouve un multiplicateur. L'aiguille aimantée est déviée dans une direction qui annonce qu'un courant chemine de la partie du liquide qui était en communication immédiate avec le fil polaire négatif, vers la partie en communication avec le fil polaire positif.

Dans cette circonstance , la direction du courant n'est pas déterminée par l'état de polarisation des fils, mais bien par celui des liquides. Ce fait a été observé également par M. Peltier, et bien antérieurement par M. Vanbeck, qui a trouvé qu'une solution d'eau salée, divisée en deux parties et 'dans l'une desquelles se trouvait une lame de cuivre et dans l'autre un morceau de fer en contact avec la lame, pouvait servir ensuite à garantir un morceau de cuivre, pendant quelque temps, sans 1% présence d'un morceau de fer. Nous voyons donc que les liquides peuvent se polariser comme les substances solides. Cette polarisation est la même dans les deux cas, attendu que lorsqu'on fait passer un courant dans de l'eau au moyen d'une lame de platine, la partie du liquide qui est située du côté de la lame positive renferme de roxigène,^etlapartiequiestdu côté opposé, de l'hydrogène; aussi trouve-t-on les mêmes effets lorsqu'on opère avec deux portions d'eau en contact, dont Tune a été longtemps agitée avec l'oxigène, et l'autre avec de l'hydrogène. Je le répète, les phénomènes dans les deux cas sont du même ordre et peuvent être expliqués au moyen des effets électro-chimiques.

i5î>o. M. Schœnbein a fait quelques expériences sur le report qui existe entre la force du courant secondaire produit par les fils polaires et la force du courant produit uniquement par les parties du liquide dans lesquelles des fils non polarisés plongeaient, il paraît résulter de ces expériences, que ces rapports dépendent principalement de la nature chimique du liquide. Si ce liquide est de l'a^

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