CHAPITRE PREMIER
solution saturée de sel marin et une lame de plomb, on a observé des effets semblables, réduction de Foxide d'argent sur la paroi du verre produisant une surface métallique unie et brillante, etformation d'un grand nombre de cristaux de double chlorure de sodium et de plomb. On a placé dans un tube du carbonate de cuivre , uncsolution de chlorure de sodium et une lame de plomb ; la partie supérieure s'est recouverte de cuivre métallique, le carbonate est devenu noir, c'est-à-dire, anhydre, et la partie adhérente au verre a commencé à se réduire en dendrites métalliques. La surface du plomb s'est recouverte aussi de cristaux, de double chlorure de.plomb et de sodium et de carbonate de plomb. Nous pourrions citer d'autres faits à l'appui des précédents, pour montrer le genre d'influence qu'exercent les surfaces des corps sur les phénomènes électro-chimiques, même lorsque ces corps ne sont pas conducteurs de l'électricité. L'action qui a lieu dans ce cas est une action attractive du verre sur les éléments qui sont à Tétat naissant, ou qui sont transportés par les courants.
§ II. De r influence de Voxidation et de diverses causés sur les effets chimiques.
1022. Les effets électro-chimiques éprouvent des variations sur des lames d'un métal facilement oxidable, toutes les fois que leurs parties superficielles ne sont pas dans le même état d'homogénéité. M. Sturgeon (i) a fait, à ce sujet, quelques observations qui nous serviront de guide.
L'hétérogénéité peut exister sur les surfaces]| métalliques, par suite de l'oxidation. qui n'a pas été la même sur tous les points, par la présence de corps étrangers qui y adhèrent, par l'écrouissage, le poli, et par d'autres causes dont il sera parlé ci-après. Il en résulte que
(i) Annals of Electricity, cet. i836.
6 JNTL. DE l'oXID. ET DE DIVERSES CAUSES , ETC.
toutes les parties n'étant pas égaWient attao[uoes, les effets électro-chimiques ne doivent jpàs être les mêmes.
Pour-le prouver, on prend un peVit vase de verre, rempli prissque entièrement d'eau inêlée de quelques gouttes d acide sulfurique et l'on mtroduit dedans un morceau de zinc, dont la surface est bien nette; si Ton regarde attentivement la surface , on voit que les points d'où s'échappe l'hydrogène sont peu nombreux; ce sont autant de pôles négatifs de très-petits couples voltaîques dont les pôles positifs sont placés alentour.
. M. Sturgeon a exploré avec soin les surfaces avec un fjl de cuivre et a trouvé que les effets produits étaient réellement électriques.
La position de ces points change fréquemment dans le cours de la dissolution du métal, len raison du dépôt d'oxide, de la texture du métal, du poli de sa surface, etc.
I023. On conçoit très-bien, d'après cela, pourquoi une lame de fer ou de zinc qui, avant d'être plongée dans l'eau, est polie, devient rugueuse après une longue immersion, car Toxigène qui provient soit de l'eau, soit de l'air qu'elle renferme, se distribue inégalement sur les. points de la surface qui n'étant pas également attaquable§ constituent autant de pôles positifs ; les points qui forment les pôles négatifs n'éprouvant aucune altération restent tels qu'ils étaient d'abord. L'action chimique continuant, les pôles changent de position et il en résulte des inversions telles, dans leur nature électrique, que ceux qui étaient d'abord électro-négatifs deviennent électro-positifs et s'oxident à leur tour.
Cet effet s'observe également dans les actions brusques.
On peut expliquer maintenant pourquoi une surface rugueuse de zinc est plus sensiblement attaquée que lorsqu'elle est claire et unie. L'état rugueux annonce que tes parties saillantes, par des causes quelconques, ont été moins attaquées que les parties profondes. Dèslors elles doivent constituer avec celles-ci des couples voltaîques
CHAi>lTRE PRDMIJER. 7
qui augmentent d'autant l'cnergie de Taction cliiniiquje. D'un autre côté, quand îa surface est lisse et unie, l'eau aciduliée commence par réagir sur les parties où la force de cohésion est la moins forte, c'est-à-dire, dans le sens où le clivage est le mus facile; les parties saillantes commencent dèslors a se montrer et la surface devient rugueuse.
10^4. M. Sturgeon a remarcjué, comme M. Faraday, que le zinc trempé a des pôles plus puissants à sa surface que le zrnc laminé, non-seulement dans les premiers instants de la réaction chimique, mais encore pendant koui: le temps qu'elle s'^exerce.
Le même physicien a i'ehdii sensible de la manière suivante la différence d'action chimique qu'éprouvent les diverses parties d'une surface métallique.
Soit a o h (fig. i) une lame de zinc recourbée, dont les deux boutk a el b plongent également dans une solution acide, el n s une aiguille aimantée, placée sur un pivot, comme l'indique la ÎRgure ; les mouvements " divjers de cette aiguille et ses positions stationnaires accidentelles montrent que les courants électriques s'arrêtent quelquefois dans une direction et quelquefois dans une autre 2 pendant que le métal est attaqué par le liquide; ce qui est une conséquence du nombre, de la position et de l'énergie des pôles électriques distribués sur sa surface.
io'i5. M. Sturgeon (i) a appelé aussi l'attention des physiciens sur un fait très-remarquable dont nous devons nous occuper ici, et qui sert d'argument, il faut l'avouer, aux partisans de la force électro-motrice.
Ou sait que l'eau légèrement acidulée par Tacide sulifuriquè agit avec une certaine énergie sur une plaque de zinc; mais si la surface de ce métal est amalgamée, l'action est nulle ou à peine sensible. Si l'on vient à la toucher alors avec un fil de cuivre ou de platine, elle
(1) Nouvelles Recherches expérimentales, x83o, p. 74^