CHAPITRE PREMIER. 2ï'J
sont feritiées avec des couvercles en platine, pouvant s'enlever facilement et percés d'un grand nombre de petites ouvertures d'un millimètre de diamètre. Dans l'intérieur de ces couvercles on met du coton pour empêcher l'argile de s'échappet par les petites ouvertures. On voit sur-le-champ que l'acide de la partie A. B , dès l'instant qp'il réagit sur le liquide du tube B B', prend l'électricité positive, qu'il transmet à la paroi environnante; de même, la paroi du tube B'A' s'empare de l'électricité négative de l'alcali. Pour faciliter cette transmission de l'électricité de l'argile humide au pla» tine, on mêle cette argile avec une quantité plus ou moins considérable de platine en poudre.
Les choses étant ainsi disposées, si l'on fixe des (ils de platine aux crochets /^, ces fils peuvent, servir à transmettre le courant résultant de la combinaison de l'acide avec l'alcali, dans les solutions que l'on veut soumettre à son action; mais ce n'est pas tout : on plonge l'extrémité A dans un bopal rempli d'acide nitrique, et l'extrémité A' dans un bocal rempli d'une solution alcaline. L'une et l'autre solution monte dans les tubes recourbés à travers les petites ouvertures pratiquées dans les couvercles. Cette disposition nous paraît la plus avantageuse à adopter pour recueillir le plus possible d'électricité dans la combinaison de Tacide avec l'alcali. Quand l'intensité du courant est diminuée sensiblement , au bout d'un certain temps , par suite de la présence du nitrate de potasse dans l'argile du tube de verre, qui, en cristallisant, lui a enlevé une partie de l'eau qu'elle renfermait, on retire alors le tube et on change l'argile. L'action du couple devient telle qu'elle était en premier lieu.
Si l'on considère cet appareil comme formant un seul couple, et que l'on en réunisse plusieurs semblables pour former une pile, de manière que la branche qui renferme l'alcali communique, au moyen d'un fil de platine, avec la branche qui renferme l'acide dans un autre couple, et ainsi de suite, on arrive à former une pile dont l'action
41 s DE LA PILE A GOURAHT CONSTANT.
ne varie pas sensiblement dan» l'espace de ^4 heures, et qui peut servir à opérer des décompositions chimiques* Avant de donner les résultats que nous avons obtenue avec cette pile, nous allons rapporter les expériences que nous avons faites avec l'appareil simple à tube de pla«tine. Les deux fils conducteurs de cet appareil, ont été mis en communication avec les deux bouts libre» des deux hélices de la balance électro-chimique. Il a fallu^ pour maintenir l'équilibre, employer un poids déo^^ooBS. Un galvanomètre à fil court, plajcé dans le circuit, a donné une déviation de 79^» Trois couples voltaiques ordinaires ont donné, pour l'évaluation en poids de l'in^ tensité du courant :
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courant exprimée en poids.
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On voit sur-le-champ que le couple construit avec le» cylindres de platine donne un courant double en inten^ site de celui que l'on obtient avec l'un deseooplesi de Tancien système, et un courant qui est à celui de trois couples dans le rapport de 4 à 3. Ce résnilat est iropor»^ tant h noter pour les effets électro'chiroiques.
1254. Voyons les effets obtenus avec une pilefoftnér avec quatre couples du nouveau système et fonctionnant depuis quinze jours, dans le circuit de laquelle est plaieé un multiplicateurà fil cou ri : à rinsMntoùleS'CoiniMnuniK^ tionsont éféélaWies, on a eu une déviation Ae j&^^SOfOae dentî-beureaprèS) la déviation éfïnl de 76 relie n'^aiidonc fwè^ qvt'nn dkttii-^te^; nuiis en iiiit»rfoai{Hiiiè b
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mtinicntion pendant cinq minutes, i 'aiguille est revenue à 'j6^jio. C<*lte expérienre, répélée trois heures après, a donné, comme la première fois, 76**,5o; ensuite elle n'a plus varié pendant 24 heures. Cette légère différence ob* tenue dans les premiers instants, est due à Faction de l'acide et de Talcali sur les corps étrangers adhérents aux lames de platine.
Ce résultat, c'est-à-dire, cette permanence dans Tinten* site du courant, nous annonce un fait assez important, c'est que les surfaces de platine ne se polarisent pas sensiblement dans les circonstances où nous opérons.
Il est facile de se rendre compte de TefFet sensible* ment constant de cet appareil : on sait que les lames métalliques décomposantes faisant partie d'un circuit Yoltaïqiie, et plongeant dans une solution, se polarisent de manière à produire un courant dirigé en cens inverse du premier. La polarisation de chacune de ces lames consiste dans le dépôt des éléments transportés sur sa surface par le courant ^ et dont la nature dépend de la position de cette lame par rapport aux extrémités de la pile. Tant que ces éléments restent eh coiilact avec la lame, il y a un courant dirigé en sens contraire du courant primitif; mais si la substance est entourée d'un liquide qui ait une forte affinité pour elle, elle se combine avec lui et la lame est aussitôt dépolarisée. C'est précisément ce qui arrive dans les différents éléments de la pile que nous décrivons; la lame de chaque couple qui plonge dans l'acide étant le pôle négatif, attire l'alcali du sel marin et du nitrate de potasse formé, lequel se combine immédiatement avec l'acide environnant. De même, l'acide d» sel marin et celui du .nitrate de potasse est transporté sur la lame positive et se combine avec ralcalt environnant. Il n'existe donc pas, à proprement parler, de polarisation; aussi il n'y a pas de raison pour que la pile éprouve des variations tant que la combinaison de l'acide avec l'alcali, par l'intermédiaire d» tube recourbé, aWfeeliie d^nne manière lente et rentière.