CHAPITRE SIXIÈME
L'art consiste donc , quand on veut obtenir un composé cristallisé insoluble , à le faire entrer en combinaison avec un autre composé soluble et à enlever lentement celui-ci avec une dissolution qui réagit faiblement dessus. Quelques exemples éclairciront ceci.
Veut-on avoir le chroma te de plomb cristallisé, tel que celui que l'on trouve à Bérézoff en Sibérie, on commence par préparer le sous-nitrate de plomb, en faisant réagir de la craie sur une dissolution de nitrate de plomb ; puis on traitera ce sous-nitrate par une dissolution de chromate de potasse. Un mois ou deux après, on commence à apercevoir des cristaux de chromate die plomb sur la surface de la craie.
En faisant réagir le sous-nitrate de cuivre sur Une dissolution d'arséniate de cuivre, il se forme un double arséniate de \>uivre et d'ammoniaque et un double arséniate de chaux et d'ammoniaque. On opère leur décomposition au moyen d'une dissolution de sulfate de cuivre. On a le même résultat avec le phosphate d'ammoniaque; seulement on obtient immédiatement le phosphate de chaux, parce qu'il ne forme pas une combinaison double avec celui d'ammoniaque.
La réaction du bi-carbonate de soude sur le gypse donne naissance à du carbonate de chaux qui cristallise, et à du sulfate de soude qui reste en dissolution. Le sulfate de chaux étant très-peu soluble, à l'instant où il se dissout, réagit sur le bi-carbonate de soude, et il eh résulte du carbonate de chaux et du sulfate de soude.
Supposons maintenant que des eaux renfermant du carbonate de soude s'intiltrent à travers des masses gypseuses, elles les décomposeront peu à peu et les changeront en calcaire plus ou moins cristallin , suivant le degré de concentration de la dissolution et la vitesse de l'infiltration.
Tels sont les principes que j'ai employés jusqu'ici pour reproduire quelques composés analogues à ceux que l'on trouve dans la terre , et expliquer diverses dé compositions.