‹ Traité expérimental de l'électricité et du magnétisme, et de leurs rapports avec les phénomènes naturels ; (volume 4)Chapitre 36 sur 119 · U 4 4 DES PHÉNOMÈNES ELECTRO-CHIMIQUES · texte numérisé non relu

U 4 4 DES PHÉNOMÈNES ELECTRO-CHIMIQUES

* tine que Ton plonge dans les flammes pour en recueillir de l'électricité.

La première fois que je m'occupai de recueillir cette électricité (i), je me bornai à dire qu'il se produit au " contact des flammes et des lames métalliques un effet électrique dont on ne pouvait encore préciser au juste la cause; ce n'est que plus tard que je trouvai qu'une différence de température entre les deux bouts de la lame suffit pour donner des effets électriques appréciables au condensateur.

Je montrai que le pouvoir thermo- électrique de chaque métal, c'est-à-dire la faculté qu'il acquiert, par l'effet de la chaleur, d'émettre telle ou telle électricité, en plus ou moins grande quantité, dans son contact avec un autre métal, dépend, non-seulement du pouvoir rayonnant de chaque métal, mais encore de sa chaleur spécifique et de sa conductibilité électrique. Quoique l'on connaisse les causes qui concourent à l'effet général, on ne peut, dans l'état actuel de la science, déterminer la part que chacune d'elles y prend.

A la suite de ces recherches, je fus conduit à examiner de nouveau les phénomènes électriques que manifestent la tourmaline ainsi que les corps mauvais conducteurs, quand on élève leur température (2). Cette question avait déjà occupé un grand nombre de physiciens, liaûy, qui attachait une si grande importance aux caractères physiques des minéraux, avait méconnu cependant la principale de ses propriétés. Je trouvai , comme Canton et iEpinus l'avaient observé avant moi , que la tourmaline ne devient électrique que lorsqu'elle est dans un état d'échauffement ou de refroidissement et qu il y a changement de pôle , toutes les fois qu'elle passe d'un de ces états à l'autre. Je donnai la loi que suivent les effets électriques pendant le refroidissement,

1) Annal, de Ch. et de Phys.» t. xxxvi, p. 329. a) Idem, t xxxvii, p. 5 et 355.

3C PÉRIODE, CHAPITRE PREMIER. l(\5

et je prouvai que l'on peut faire acquérir à ce minéral un seul pôle, en échauffant ou refroidissant l'une de ses extrémités, tandis que l'autre est maintenue à une température constante; de sorte que l'on ne peut attribuer l'absence d'un pôle au passage de l'état d'échauffement à celui de refroidissement. Je fis voir en même temps qu'il était facile de produire, dans de petits cyliudres de certains * verres , une polarité électrique, au moyen de l'action par influence d'un corps clectrisé, laquelle polarité disparaissait aussitôt qu'on élevait là température, et se maintenait, au contraire, assez long-temps pendant le refroidissement.

Nous avons vu précédemment que j'étais parvenji , au moyen du multiplicateur, à mesurer les températures en fonction de degrés du thermomètre ordinaire. MM. Nobili et Melloni déterminèrent au contraire les plus basses températures en transformant le multiplicateur en un thernioscope d'une sensibilité extraordinaire (i). Cet appareil leur permit de constater la chaleur propre aux insectes, celle qui est produite dans la combustion lente du phosphore,ainsique les pouvoirs réfléchissants etabsorbantsdes différents corps. M. Melloni, plus tard, avec le même appareil, auquel il a apporté diverses modifications , a découvert des effets très-remarquables touchant l'action de certains corps cristallisés sur la chaleur obscure. Il a Mesuré aussi la température des rayons colorés du spec- |pe solaire et a déterminé la limite au-delà du rayon rouge, a laquelle son thermoscope cessait d'être affecté (2).

D'après les rapports nombreux qui existent entre la chaleur et l'électricité, on est assez porté à admettre lue les effets produits par l'une et par l'autre peuvent Stre attribués à une cause commune, convenablement Codifiée. Déjà on est assez disposé à admettre que le Magnétisme terrestre est produit par l'action des cou-

(1) Journ. de Phys. et de Ch., t. xlviii, p. 198. (a) Annal, de Ch. et de Phys., t un, p. 5,

9*46 EFFETS 1ÏLECTR. i>E PRESSION.

rarjts thermo-electriques. p un autre cote, il pourrait se faire y pomme a cherché à le démontrer un Habile physicien ? M. Nobili (1% que, les phéHomëhes électriques s fussent dus à la différence d'action de là chaleur sur lés

On voit donc qu'on ne saurait trop multiplier les rapports entre les phénomènes de la chaleur et ceux dé l'électricité, si j'on veut arriver à connaître s'ils dépendent ou non du même principe. ,

En même temps que j'étudiais lés effets de la chaleur sur ïek corjis bons ou mauvais conducteurs, je rus conduit à reprendre la question du dégagement de l'électricité, qui a ljeu toutes lés rois due les molécules 4e§ corps perdent leur position d'équilibre naturelle, par l'effet d'une cause quelconque (2).

Couipmh, qui portait dans toutes ses recherches un esprit philosophique, de la justesse et du tact, avait reconnu que, dans le frottement de deux corps, la surfece dont les particules s'écartent |e moins les unes d,es autres est disposée à prendre l'électricité positive. Il remarqua aussi qu'une compressidn passagère augmentait la tendance positive., tandis que la dilatation produisait un e^feÇ contraire. Une expérience intéressante, qui est due à M. Lipes, vint confirmer ces observations. Ce professeur montra que lorsqu'on . pressé un disque de,.métal isolé sur une bande de taffetas gommé nouvellement préparée, ou obtient des effets électriques inverses de ceux qui sont produits quand on passe avec flottement le disque sur la bande ci^ée. Cette expérience moptre évidemment l'influence (Je la pression qu du .rapprochement des parties sur le dégagement dé rélectricjte. . ., u > ' -

jouit le spath d Islande, de selectriser par la plus légère

•M&VMtaMB^iariaMHiaa

(i] )Bibl .imjv.il.xxj™.j>:îiijf.i -k & ^ *.K ...**.

(2) Annal, de Ch. kt de^Jhyj., t^x^yb £>• iï>, ao5 et 337.

(3) Idem , t. v, pi 96, et t. vnij'p. 58Ï.

3* PÉRÏÔbE, CHAPitfcfe PREMIER. àfy

preèsion entre les doigts et de conserver lbng-tèmps son électricité , quand la pression est exercée avec une certaine force.

En i8a3, ayant repris cette question (i), je démontrai

qu'avec des précautions convenables; tous les corps

jouissent dfe la propriété de s'électriser par pression;

Cfes précautions consistent à isoler convenablement les

corps, pour qu'ils ne puissent laisser échapper l'électricité

qu'ils ont acquise. Je fus conduit à ce principe général,

que lorsque deux corps d'une nature quelconque, dont

Tan est sensiblement élastique; sont isoléi et pressés

Tua cotttre l'autre^ ils se constituent dans deux états

électriques différents; mais qu'ils ne sortent de la com«*

pression4, chacun avec un excès d'électricité contraire,

qu'autant que l'ifri dès corps n'efct pas bon conducteur;

Dans le cas où l'un et l'autre sont bons conducteurs, il

faudrait que là vitesse de séparation fut excessivement

grande, pbur empêcher que les deux électricités né se

recombihassent.

Muni d'une balance électrique douée d'une grande sensibilité et dont le fil de platine était, par conséquent, d'un ttfès-petit diamètre , je déterminai les lois du dégagement de l'électricité par la pression; l'intensité de 'électricité dégagée est proportionnelle à la pression , <}uand celle-ci n'est pas «capable de désorganiser les corps ou de changer leur état moléculaire.

En étudiant les phénomènes électriques que présentent les corps régulièrement cristallisés, je reconnus qu'il y avait dégagement d'électricité, toutes les fois que I attraction moléculaire était détruite par une cause quelconque entré deux molécules.

Pour étarblir de nouveaux rapports entre là pression et lèdëjgagement de l'électricité qui est concomitant , j'ai fait une expérience qui iri'a bbndiiit au fait suivant : si (feùi bôrfls se ttdti veHt sbuà t'actiôh d'une certaine pression

(i) Annal, de Ch. éi (lé PKyiL; t. ixb; p. 5; t, xHXvtj p. *65,

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