DES MOUVEMENTS GTRATOIRES DU MERCURE
communiquant avec l'un des pôles d'une pile et placé au-dessus et très-près du centre d'une goutte de mercure, qui se trouve dans une solution saline ou acide en communication .avec l'autre pôle, produit une dépression dans le mercure. Il est parvenu aussi à déterminer un mouvement alternatif continu et régulier.
J'ai encore à mentionner les recherches de M. Runge sur le même mode de mouvement que prend le mercure lorsqu'on le met en contact avec d'autres métaux par l'intermédiaire des acides (i).
Un courant développé par une faible action chimique ayant suffi pour changer le niveau d'une colonne de mercure placée dans un tube et recouverte dune solution acide, il a étudié les effets qui sont produits en touchant avec différents métaux une goutte de mercure recouverte d'une solution saline. Le zinc jouit de la propriété de lui imprimer un mouvement de rotation.
Tous ces mouvements sont le résultat d'une action composée, provenant de celle des courants développés par les diverses réactions chimiques. On peut aussi les attribuer en partie, comme l'a fait M. Delarive (2) , à l'impulsion que les éléments séparés et transportés par l'électricité, semblent exercer sur le mercure où le courant les dépose et les fait pénétrer en les amalgamant avec lui.
Depuis long-temps on avait observé plusieurs effets mécaniques produits par des courants, mais non du genre de ceux dont U vient d'être question. Je dois les rapporter ici, attendu que tout ce qui est relatif aux propriétés chimiques ou physiques de l'électricité est du plus haut intérêt pour acquérir quelques notions sur la nature du principe électrique. M. Porret (3.) atrouvéque lorsque l'on sépare une capsule en deux parties, au moyen d'une bande de baudruche, et que l'on remplit
(1} Bibl. univ. , t. xliv, p. 237.
(al Esquisse histor. sur Télectr. , p. 177.
(3] Annal, de Ch. et de Phys., 1. 11, p. 137.
chacune d'elles d'eau ordinaire, en mettant chaque compartiment en communication avec l'un des pôles d'une pile, au moyen d'une lame de platine, on voit peu de temps après IVau passer de la case positive dans la case négative, par l'effet d'une force d'impulsion qui lui fait surmonter la résistance que la baudruche oppose à son passage.
M. Auguste Delarive, quia étudié ce phénomène (i), a cru reconnaître, d'après quelques essais, qu'il n'est produit qu'autant que le liquide nest pas bon conducteur; en y ajoutant un sel , il n'a plus lieu.
J'ai observé un effet de ce genre, non plus avec des liquides, mais avec des corpuscules très-légers,: deux tubes ayant été remplis à moitié d'argile et d'eau, les ouvertures inférieures fermées par des bouchons percés de petits trous, on les a plongés dans l'eau, et le liquide des tubes mis en communication avec la pile au moyen de lames de platine. L'argile a été chassé du pôle positif et nullement de l'autre. Cette expérience prouve que le courant du positif au négatif agit, dans cette circonstance, comme une force mécanique qui renverse tout ce qui fait obstacle à son passage.
M. Fusinieri a remarqué des effets mécaniques d'un autre genre. Quand l'électricité sort d'un corps , elle emporte avec elle des particules de ce corps qu'elle dépose sur la surface de celui dans lequel elle entre. Le lecteur se rappellera queHawkesbec,Priestley et Beccaria avaient reconnu également des effets de ce genre (2); mais ils .ne les ont pas suivis aussi loin que M. Fusinieri.
On a rapporté, dans ces derniers temps, à l'électricité les phénomènes d'endosmose et d'exosmose découverts par M. Dutrochet (3), lesquels consistent, comme on sait, dans le déplacement mutuel de deux liquides séparés par une membrane ou des corps poreux. Ces phéno-
(1) Annal, de Ch. et de Phys. , t. xxviii, p. 196. (a) Pages 54 et 55 de cette notice.
3) Annal, de Ch. et de Phys., t. xxxvn, p. 191.
2 86 Î>ES APPAÀ£INC£S ÉLfcCTRO-CHIAUQllES.
mènes, dont on ne connaît pas encore bien la cause, paraissent devoir être rapportés à la capillarité. Cependant il pourrait se faire que le courant électrique qui est produit dans la réaction des deux liquides l'un sur l'autre, déterminât un effet de transport semblable à celui qui a été découvert par M. Porret.
§ X. Des apparences électro - chimiques ; nouvelles recherches sur le pouvoir conducteur des métaux pour l'électricité.
On doit à M. Nobili (i) une nouvelle classe de phénomènes électro-chimiques fort; remarquables par leur singularité. Ce sont des anneaux colorés présentant les teintes les plus riches et qui sont déposés sur les plaques métalliques par les courants électriques. Il les obtient en concentrant le courant dans un fil de platine dont l'extrémité plonge dans la dissolution que Ton veut décomposer, tandis que le courant qui arrive de l'autre côté débouche, dans cette même dissolution, par un disque de métal placé perpendiculairement à la direction du 61 et le plus près possible de sa pointe. Les anneaux colorés se produisent vis -à- vis de la pointe; leur couleur et - leur composition dépendent de la nature des dissolutions et varient suivant que la lame est en communication avec le pôle positif ou le pôle négatif. Un exemple suffira pour donner une idée de ces phénomènes. Avec une dissolution de sulfate de cuivre et une lame d'argent positive^ il se forme vis-à-vis de la pointe négative quatre ou cinq cercles concentriques qui sont alternativement clairs et obscurs. Lorsqu'elle est négative > on obtient trois petits cercles de cuivre provenant de la décomposition du sulfate; les deux cercles extrêmes sont d'un rouge foncé et celui du milieu d'une couleur plus claire.
L'acétate de plomb produit sur l'or et l'argent positifs
■M»**— m llMft» ■■ » ill |j^»~— — -*i .IN» >mi i«»««M1 ■■<
(i) Annal, dt Ch» et <te Pbys,, fe ft*%tv, p, »0* et 419,-
des iris concentriques aussi brillants que les anneaux colorés de Newton. En multipliant les pointes négatives, il ae forme sur la lame des systèmes d'iris concentriques, qui ne s'intervertissent pas comme le font ordinairement les ondes, mais qui, lorsqu'ils sont parvenus au contact, s'étendent jusqu'au dehors, de manière à ne former qu'un seul contour extérieur.
M. Nobili, qui a fait un grand nombre d'expériences sur les apparences électro-chimiques produites sur les lames de métal, a été conduit aux résultats suivants :
i° Le premier est la propriété reconnue dans certaines substances électro-négatives de s'attacher, dans quelques circonstances, à la surface de plusieurs des métaux les moins oxidables en couches assez minces et assez régulières pour faire renaître, sous mille formes variées, l'élégant phénomène des anneaux colorés.
a° Lorsque les substances électro-négatives ne se déposent pas sur les métaux en lames minces, elles attaquent leur surface non pas d'une manière uniforme, mais par intervalles réguliers, suivant, pour ainsi dire, une loi analogue à celle des interférences. Au pôle négatif or observe le même phénomène, savoir l'alternative des cercles d'oxide et de métal pur.
M. Nobili n'avait d'abord obtenu les apparences les plus variées que sur la lame de métal en communication avec le pôle positif, mais il est parvenu à obtenir des effets semblables avec la lame négative. Il a employé pour cela deux procédés : le premier consiste à augmenter la force du courant, le seconda mêler ensemble plusieurs dissolutions; par exemple, un mélange d'acétate de cuivre et de nitrate de potasse produit sur l'argent négatif une série de cercles concentriques dont le centre conserve le brillant métallique. Les cercles suivent cet ordre : deux petits cercles d'un vert peu chargé, un blanc, un rouge, un verdâtre, et une zone de cuivre d'un beau rouge de feu. Cette zone est environnée d'un cercle * •zuré de lignes rayonnantes comme le. serait un cercle gradué; les rayons s'étendent jusque sur le cercle de