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qui ne l'étaient pas avant; ainsi un spath fluor non coloré, qui n'était pas lumineux par la chaleur, le devint avec une couleur de feu après cinq ou six décharges. Il a observé que, dans ce cas, les fluors blancs, qui d'ordinaire sont peu ou point phosphorescents, prennent après les décharges une teinte bleuâtre, analogue à celle qui est propre aux cristaux naturels qui sont phosphorescents. Les diamants qui n'étaient pas phosphorescents, le devinrent après 12 ou i5 décharges. Il a reconnu aussi que le nombre des décharges influe sur la couleur de la phosphorescence, et que dans les cas où des fluors naturels émettent une lumière de différentes couleurs^ l'action électrique n'en produit qu'une seule.
Il a déterminé ensuite la permanence de la propriété communiquée par l'électricité. Ayant divisé en deux portions des fluors qui avaient été électrisés, l'une a été exposée aux rayons du soleil et l'autre, enveloppée de papier, a été placée dans l'obscurité; la première après une exposition de 21 jours avait perdu à peu près toute sa phosphorescence, tandis que l'autre avait conservé la propriété de reluire par l'action de fa chaleur.
Err exposant à des décharges électriques des corps phosphorescents par eux-mêmes, il a donné une nouvelle intensité à cette propriété, et il en est résulté une série de couleurs magnifiques.
M. Pearseal a étudié ensuite l'influence de la structure des corps sur la phosphorescence; il a pris pour sujets de ses expériences le phosphate de chaux minéral et le phosphate de chaux artificiel. Le premier est trèsphosphorescent, le second, calciné et électrisé, n'a produit aucun effet. Il en résulte donc que la différence qui existe entre ces deux composés, différence qui tient à l'arrangement des particules et à leur con texture, exerce une grande influence sur le phénomène. Le spath fluor, qui est phosphorescent, réduit en poudre, ne l'est plus quand , après avoir été dissous dans l'acide muriatique, on le précipite par l'ammoniaque; si on le
sèche, qu'on le calcine et qu'on l'électrise, il ne donne au? cun résultat, tandis que de petits cristaux de la même substance, formés naturellement, sont phosphorescents*
Au lieu de faire passer la décharge directement sur les substances, il les a renfermées dans des tubes de verre. En faisant passer la décharge électrique à la surface extérieure du verre , après un grand nombre de dé* charges , ses fragments devinrent phosphorescents. En rapportant ces expériences, M. Pearseal se demande « si l'on ne peut pas admettre que, lorsqu'une subie stance non phosphorescente le devient après qu'on a Ta exposée à Faction de décharges électriques, il en « résulte des vibrations entre les particules qui, se re- « nouvelant à chaque décharge, modifient graduelle- «r ment la structure du corps et lui impriment un mou- « vement particulier. Dès lors, l'action de la chaleur « ne consisterait-elle pas à permettre au corps de revenir « à son état primitif de structure, et ne serait-ce pas « ces vibrations, qui ont lieu dans les atomes de la mate tière lorsqu'il y a changement déstructure, qui donne* « raient naissance à la lumière émise dans ces phéno* <c mènes?» C'est précisément cette théorie que j'ai essayé d'établir dans les Mémoires où j'ai traité de la phosphorescence.
M. Brewster s'est occupé, il y a quatorze ans, de la phosphorescence des minéraux ( i ). Pour observer cette propriété, il projetait des fragments sur une masse épaisse de fer chaude placée dans une chambre obscure ; ou bien , quand la phosphorescence était très - faible, il prenait un canon de pistolet dans lequel il introduisait le minéral , après avoir bouché la lumière; puis il plaçait la culasse dans le feu. En regardant dans le canon, il apercevait la phosphorescence. Il a trouve ainsi la propriété lumineuse dans un
(i) Journ. philosophique d'Edimbourg, i, 383. Annal, de Ch. et de Phys. , t. xiv, p. 289.
très-grand nombre de minéraux. En étudiant la phosphorescence du spath fluor, il fut conduit à penser que cette substance émettait de la lumière polarisée dans différents plans. En analysant ce phénomène, il reconnut qu'il ne restait aucune tracé de cette propriété quand la lumière était analysée, soit par réflexion, soit au moyen d'un spath calcaire, dans lequel un des pinceaux est éteint (i).
M. Brewster tira de toutes ses expériences les résultats suivants, dont la plupart sont connus depuis longtemps, comme on peut le voir d'après ce quia été exposé précédemment :
i° La propriété d'émettre la lumière phosphorique, à une certaine température, est commune à un grand nombre de substances minérales.
'i° Les minéraux qui jouissent de cette propriété sont en général colorés ou imparfaitement transparents.
3° La couleur de la lumière phosphorique n'a pas de rapport fixe avec la couleur du minéral.
4° Cette propriété peut être complètement détruite par l'application d'une chaleur intense.
5° En général, la lumière n'est pas réabsorbée par les corps phosphorescents exposés à sou action.
6° L'existence de la lumière phosphorique que la chaleur développe, n'a aucune connexion avec celle de la lumière obtenue par voie de frottement, puisque des corps dépouillés de la faculté d'émettre la première, conservent toujours la puissance productive de la seconde.
7° Cette lumière phosphorique possède lés mêmes propriétés que la lumière directe du sqleil ou de tout autre corps lumineux.
8° Il est un grand nombre de substances parmi lesquelles on rencontre des échantillons qui nesont pas phosphorescents par la chaleur. Dès lors la phosphorescence
(i) Philos. Transac. 1819, p. 148.
4?4 DK LA PHOSPHORESCENCE.
ne peut être considérée comme un caractère essentiel des minéraux qui en sont doués.
M. Arago (1), en étudiant la lumière émise par les minéraux phosphorescents, a indiqué un moyen de dé* terminer dans quelle proportion leurs parties intérieures concourent à la production de cette lumière.
Hulme a prouvé que les lampyres et le bois luisant cessent d'être lumineux à une basse température et qu'ils reprennent cette faculté en leur rendant de la chaleur.
MM. Julia Fontenelle (2) et Quenesville fils ont observé qu'en jetant quelques gouttes d'acide sulfurique concentré sur de la baryte et de la strontiane, il en résulte un dégagement de chaleur considérable. La baryte reste rouge pendant quelques minutes , tandis que la strontiane ne donne qu'un fort dégagement de chaleur.
M. Dumas (3) a remarqué que l'acide borique,, fondu dans un creuset de platine, se fendille au- moment du refroidissement en jetant une vive lumière qui suit la direction des fentes; enfin le sulfate de quinine, chauffé aune douce chaleur, devient lumineux.
11 existe encore un autre phénomène de phosphorescence qui est connu de tous les chimistes, c'est celui qui est produit dans certains corps, tels que la zircone, l'oxide de chrome, etc., h une température élevée. Dans ce cas, les propriétés chimiques de ces corps sont changées sans qu'il y ait aucune addition ou dégagement de parties.
Tels sont les principaux phénomènes de phosphorescence qui ont été observés. Tous ces phénomènes rentrent dans ceux qui sont relatifs à la lumière électrique; il suffit de se rappeler que cette lumière n'accompagne le dégagement de l'électricité qu'autant que celle-ci a une tension suffisante , et qu'elle est due ou à la séparation des deux électricités à l'instant du dégage-
(1) Annal, de Ch. et de Phys», t. xiv,p. 299. (a) Idem , t. xxxvu, p. aa3.
(3) Idem, t. xxxu, p. 335.