‹ Traité expérimental de l'électricité et du magnétisme, et de leurs rapports avec les phénomènes naturels ; (volume 5)Chapitre 164 sur 231 · CHAPITRE X. l3t · texte numérisé non relu

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degrés extrêmes d'une condition commune, puisque Tune précède l'autre. Le blanc de baleine, par exemple, aune capacité inductive, représentée par i,8 ou au-dessus; mais il a cependant un pouvoir conducteur /faible à la vérité, qu'on peut suivre pour ainsi dire pas à pas dans sa masse. Quand le fluide électrique a traversé cette substance jusqu'à une certaine profondeur, on peut, en faisant disparaître la force inductive, le faire retourner sur sa route et le montrer là où on Tavait d'abord appliqué. L'induction, comme on le sait depuis longtemps, est donc un préliminaire nécessaire à la conduction.

Le verre et la laque présentent des effets semblables , mais non au même degré, attendu que la conduction y est très-faiblè.

La glace ou l'eau gelée, qui est un corps isolant, est nn meilleur conducteur que le blanc de baleine. Aussi les phénomènes d'induction et d'isolement disparaissentils rapidement, attendu que la conduction suit l'isolement.

1417. L'isolement et la conduction ne peuvent être séparés; ils se montrent toujours ensemble, comme on le voit, même dans les corps conducteurs; car la résistance qu'opposent les métaux au passage de Télectricité peut être considérée comme l'effet d'un pouvoir isolante Ce pouvoir a été mis en évidence dans les expériences de M. Wheastone, qui a montré que le temps entre comme un élément dans la conduction des métaux (i).

Il a trouvé effectivement qu'en opérant la décharge dans un fîl de cuivre de 2640 pieds de long et de -^ de pouce de diamètre, si l'on observe en même temps les étincelles lumineuses à chaque bout du fîl et au milieu, quand il est interrompu, on voit alors que les dernières se produisent avant les premières. On ne peut douter que ce retard ne soit du même genre, mais à un degré bien moindre que celui que l'on observe dans le blanc de baleine, la laque ou le soufre.

(i) Trans. philos. i834, page 583.

COKDDCTION OU D^CHA.RGE CONDUCTIVE.

fifle^

Si dans l'expérience pi'écédenle on conserve tion ilu milieu, et les deux parties extrêmes du cuivie, puis, qu'on remplace les parties intermédiaires par des fils de fer et de plutiue, l'étincelle du milieu sera plus retardée qu'auparavant. Eu mettant à la place du fer un tube de verre de' iiiûme diamètre , rempli d'eau , le retard sera encore plus grand. Il le sera encore davantage, eo iiieltaitt à la place de IVau du blanc de baleine. On voit donc que l'on peut augmenter le relard ea employant des substances qui conduisent de plus en plus mal l'éleclri* cité. Tous ces effets pennctteut de suivre l'isolement depuis les corps mauvais conducteurs jusqu'aux métaux, pendant tout le temps que s'opère la décharge. Je dois faire remarquer en outre que toutes les forces ne sontpii dans le fd; dans le diélectrique, il en existe encore qui sont dues à l'induction. Si c'est l'airqui est le diélectrique, l'induction passe du fil dans les corps environnants par son intermédiaire, jusqu'à ce que la décharge soit effectuée. L'expérience suivante de M. Harrîs, dont j'ai déjà parlé, ne laisse aucun doute à cet égard. Si l'on tend un lîl de platine dans un petit tube de verre, dans lequel ou a raréfié l'air, et que l'on fasse passer une décharge à travers ce fil, il s'écoule autant d'électricité sinon plus, dans l'air que dans le fil. Pour expliquer ce fait, il faut admettre que la décharge est précédée d'une induction qui est d'autant plus forte que l'air est plus condense. D'après cela, la rapidité de la décharge doit varier avec la charge et l'induction.

On voit donc que le premier effet d'un corps éleclrisé, sur les corps euvironnanls, est de constituer les particules continues de ces derniers dans un état polarisé qui constitue l'induction.

Quand les particules coiitigues polarisées ont le pouvon- de communiquer leuis foices, la conduction a lieil et la tension diminue. La conduction est donc une véritable décharge entre les' particules voisiues. Aussi, plus l'état de tension entre les particules est ffiible, plus le corps est bon conducteur.

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l4i8. La chaleur exerce une grande influence sur la conduction; cf pendant elle u'affecle pas sensiblement, comme M. Harris l'a observé, celle des corps gazeux ou au moins l'air, tandis qu'elle diminue le pouvoir conducteur des métaux. D'un autre côté, il existe des corps , comme le sulfure d'argent et le fluorure de plomb , dont la chaleur augmente le pouvoir conducteur. Un morceau de cette dernière substance, tondue et refroidie, arriîte le courant voltaïque, tandis que, cbaufFee, elle acquiert la conduction avant d'arriver à la chaleur rouge visible. On .peut même en retirer des étincelles pendant qu'elle est encore solide. Aucune trace de décomposition ne se manifeste alors pendant le passage de l'éleclncitéjcelles qui se montrent paraissent être dues à l'humidité de l'air. Le periodure de mercure et le deutochlorure sont probable- .luentdans ce cas.

§ IL Dtkharge électroljlkpœ.

i^ig. La manière dont M, Faraday envisage (a décharge électrolylique, ou la décomposition électro-rbimique , a la plus grande analogie avec la théorie de Grotliuss. Je vais indiquer les considérations à i'aide desquelles ce célèbre physicien est parvenu à établir ses vues à cet égard. Si l'on prend un long tube de verre étroit, rempli d'eau distillée, dans laquelle plongent les deux électrodes, on a des indications de la tension électrique qu'acquièrent les électrodes, par l'action induclive à travers l'eau servant de diélectrique, puisqu'on peut obtenir des étincelles. L'eau se trouve alors dans la condition d'un corps mauvais conducteur et mauvais isolant. Si elle isole, c'est en vertu de l'action inductive qui précède la décharge.

Si nous passons à la décharge électrique, à l'instant où les particules de l'eau sont polarisées, la décharge de particule à particule n'est phis, comme dans la conduction, un simple échange des pouvoirs qu'elles ont acquis par l'induction, mais bien une séparation de ces mêmes

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particules qui s'opère de la manière suivante : les particules d'oxigène marchent dans une direction, en emportant avec elles la somme de^ forces qu elles ont acquises pendant la polarisation ; les particules d'hydrogène se comportent de même dans une autre direction. Ce mouvement se continue juscju'à ce que chaque particule rencontre la particule la plus rapprochée qui est dans le même état électrique que celles qu'elle a quittées, La réunion successive des forces mises en jeu constitue la dé* charge électrolytique , laquelle dépend -nécessairement de la non conduction du diélectrique intermédiaire. L'opération se compose donc de deux actes parfaitement distincts : l'induction et le transport. L'expérience suivante montre bien la condition des particules polarisées dans un diélectrique soumis à l'induction : si l'on met dans un vase de verre de l'essence de térébenthine rectifiée et bien claire, et qu'on y introduise deux fils terminés en boule ou en pointe, et passant à travers des tubes de verre, puis, que l'on répande dans le liquide de petits morceaux de fils de soie blanche, bien secs; si l'on électrise alors un des fils de métal avec une machine ordinaire, et que l'autre opère la décharge, la soie se réunit immédiatement et forme une bande de particules allant d'un fil à l'autre; si l'on cesse d'électriser, la bande dis-

Paraît , et les parties se dispersent de tous côtés. Avant interruption du courant, si l'on touche les parcelles avec une baguette de verre, on voit qu'elles adhèrent entre elles. L'adhésion, dans ce cas , est due à la polarité qu'acquiert chaque filament, polarité qui représente celle des molécules du diélectrique lui-même, pendant le passage du courant. Il faut remarquer que des électroly tiques ou des diélectriques différents exigent des intensités électriques initiales non égales pour leur décomposition. Cela peut dépendre du degré de polarisation que les particules exigent avant de commencer la décharge électrolytique. Ce degré est en rapport direct avec l'aflinité chimique des substances employées, et probablement avec la capacité spécifique inductive des différents ^corps.

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