‹ Traité expérimental de l'électricité et du magnétisme, et de leurs rapports avec les phénomènes naturels ; (volume 5)Chapitre 25 sur 231 · V CHAPITRE V. TOI · texte numérisé non relu

V CHAPITRE V. TOI

vendue ce composé se trouvait en abondance dans cette localité, on aurait cru avoir découvert une nouvelle variété de gneiss. En enlevant ces lames bleues et les traitant par l'acide sulfurique, toute la matière bleue s'est dissoute , et il n'est plus resté <[ue des lamelles blanches, incolores, de mica. Il faut conclure de ce fait que le phosphate de fer a été formé par la réaction des dissolutions renfermant des phosphates alcalins ou terreux sur le fer du mica qui a été enlevé à la manière des cémentations. L'action capillaire des fissures a produit ici les mêmes effets que ceux que nous avons fait connaître dans ta réduction des oxides de cobalt et de nickel dans des tubes de verre à petits diamèlies,

1142. M. Founiet a eu occasion d'observer aussi des faits semblables à Pontgibaud , département du Puy-de- Dôme. Le dépôt qui renferme le phosphate de fer paraît avoir servi de lit à un ancien lac. Dans une fouille dont M. Fournet fut témoin, on trouva sous la terre végétale proprement dite un dépôt très-profond d'une sorte d'argile verdâtre, sale, sableuse, extrêmement chargée de fibrilles végétales et surtout de mica en petites paillettes d'un jaune sale, qui lui étaient sa cohérence eu lui communiquant une texture un peu schisteuse. Ce dépôt était très-imbibé d'eau qui se réunit naturellement dans la' fosse. Elle passe pour malsaine, impotahle, fétide et susceptible de se colorer en vert; au moins c'est ce qui a été dit plusieurs fois à M. Fournet par des personnes qui avaient tenté de creuser des puits dans le voisinage et qui l'avaient déjà rencontrée à la profondeur de 3 ou 4 pieds.

C'est dans celte argile micacée que sont disséminées trÈs-abondammentdestaches de phosphate de fer d'un beau bleu, nuance qu'il conserve à l'air. Quelquefois ce composé paraît revêtir la surface interne de petites géodes qui, Kien juger par leur forme arrondie, peuvent être consi- 'rées comme le résultat de soufflures produites par l'ex- HnsioQ de quelque gaz. M. Fournet n'a pas remarqué lue la fibre végétale ait été plusspécialementimprégnée

ipa PBOD, QUI SE FORM. JOURNEL. UAMS LES TOUBB. de cette substance iniiiérale ; elle lui a paru seulement fortement décolorée. Le phosphate de fer, en se desséchant, devenait terreux sans perdre l'inteasilé de sa quauce.

1 143. Sage a décrit aussi un phosphate de fer, trouvé à Luxeuil , dans un ancien canal de construction romaioe, au milieu d'une çspèce de tourbe ligneuse, d'ossements altérés, presque friables, et pénétrés d'oxide de fer; les cristaux étaient assez gros pour qu'il ait pu en déterminer la forme. Toutes ces substances ayant réagi les unes sur les autres, depuis un grand nombre de siècles, il n'est pas étonnant que les cristaux aient acquis plus de volume que ceux qui ont été trouvés à Sainl-ltrieiit.

11 44- Les pyrites se forment très-fréquemment dans les tourbières, et quelquefois dans les tuyaux de conduite de certaines eaux minérales; nous devons donc nous arrêter quelques instants sur cette formation qui fait partie des actions lentes.

Le proto-sulfure de fer que l'on trouve quelquefois dans la nature est composé d'un atome de fer et d'un atome de soufre, c'est-à-dire que ces deux cléments s'y trouvent dans la même proportion que dans le protosulfate de fer; il résulte de là que si ce sel est en contact avec des corps très-avides d'oxigène, qui puissent désoxider en même temps l'acide sulfurique et le protoxide de fer, il se forme un proto-sulfure.

M. Fournet a trouvé des cristaux de ce sulfure sur un morceau de fer provenant de l'arbre tournant d'une roue hydraulique , où il servait à fixer le touiillon. On était dans l'usage d'enduire l'axe de matières grasses purifiées par l'acide sulfurique; ainsi la réaction de ces matières et de l'acide sulfurique sur le fer a déterminé la formï* tion des pyrites ; quelques années ont suffi pour cela. Il faut donc que la matière organique ait désoxidé , l'acide sulfurique, de manière à offrir le soufre au fer; mais comme la surface du métal était recouverte de petits cristaux de |)yrites, les molécules de celles-ci out dû se déposer à mesure qu'elles se formaient.

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