CHAPITRE PREMIER
DBSCRIPTIO\ DES PRINCIPAUX PHÉNOMÈNES GÉOLOOIQd
§ I''. Considérations générales.
Iig4- Avant de chercher à reconnaître si les pli^ nomènes géologiques sont influencés par l'éleclricité, il faut s'assurer s'il existe ou non des courants électriques dans le globe, que l'on puisse reconnaître à l'aide de nos appareils.
M, Ampère, dont les idées grandes Pl neuves en philosophie devançaient quelquefois l'cxpénencc, a admisj pour expliquer l'action de la terre sur l'aiguille aimantée, qu'il devait exister des coiuants éleclriques disséminés dans la croûte du globe, et dirigés de l'est à l'ouest. Les phénomènes d'induction découverts par M. Faraday ont contribué à donner de la vraisemblance à cette hypothèse, mais il faut encore de nouveaux faits pour l'admettre définitivement.
La question de l'existence des courants dans le globe étant de la plus haute importance pour l'explication d'un
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^rand nombre de phénomènes naturels, nous allons essayer de la traiter aussi complètement i[ue le permet l'état actuel de la scieiice. Le moyen le plus direct pour y parvenir, est de faire connaître toutes les causes qui
feuvent donner lieu à un dégagement d'électricité dans intérieur du globe; mais il faut pour cela prendre la terre à son origine et suivre, pour ainsi dire pas à pas , les cliaiigements qu'elle a éprouvés depuis son origine jusqu'à nos jours, sans cependant entrer dans des détails qui nous éloigneraient trop du but que nous nous proposons. Nous présenterons d'abord les faits, puis les hypotlièses que l'on a imaglnpes poui- les expliquer; nous en discuterons le niérile, et nous aborderons ensuite la question des courants électriques terrestres.
§ II. Effets généraux observés à la surface du globe.
1 ipS. Lorsqu'un voyageur parcourt un pays de plaines, il rencontre fréquemment sous le sol des dépôts en couclies horizontales de substances renfermant des débris de rorjis organisés, qui sont souvent dans un état parfait de conservation, tels que des coquilles pourvues encore de leurs tests, de leurs pointes et de leurs contours les plus délicats. Il admet sur-le-champ que ces dépôts ont été formés par des eaux qui ont séjourné longtemps dans ces localités. Mais s'il se transporte sur h's hautes montagnes ou dans les vallées, la scène change : il voit de tons côtés des monceaux de ruines qui lui annoncent que des révolutions et des catastrophes violentes ont bouleversé la surface du globe dans plusieurs parties. Ces dépôts qui se Irouvaieut dans les plaines en couches horizontales, sont ici relevés, et d'autant plus qu'ils sont rapprochés davantage des hautes chaînes. I^ur inclinaison est la même, mais en sens inverse sur les revers opposés. Ces faits lui annoncent donc qu'une cause intérieure a soulevé la surface du globe, l'a déchirée et a produit ces montagnes qui la sillonnent dans tous les sens. Son étonuement redouble encore quand
l5o EFFETS GÉH. OBSERVÉS i LA SUHP. DU GLOBE.
il reconnaît que ces monceaux de ruines, ces dépôts, ea couches souvent presque verticales , sont recouvert! quelquefois d'autres dépôts formés par des eaux tranquilles, et qui se trouvent par conséquent dans une position horizontale; dès lors il reste convaincu que le globe a éprouvé des alternatives de trouble et de calme pendant lesquelles la nature a agi d'abord avec violence, ensuite avec beaucoup de lenteur,
1196. Les géologues, d'après les observations de de Saussure sur les pouddings de la Valorsnie, croient généralement que les terrains de sédiment, dont les couches sont plus ou moins inclinées h l'horizon, oat été déplacés, soulevés par une cause violente venue de rinlérieur de la terre, qui a agi après leur formation et a donné aux diverses aspérités du globe des caractères particuliers.
Ces causes n'ayant pas agi aux mêmes époques, il en est résulté plusieurs classes de montagnes, qui se distinguent entre elles par la direction qu'elles affeclenL
C'est ainsi que M. Léopold de Buch a monlré que le sol de l'Allemagne pouvait se diviser en quatre classes ou systèmes. Mais il restait à déterminer làge relatif des montagnes, c'est-à-î^ire la classification par époque des soulèvements successifs qui ont donné à la surface terrestre sa configuration actuelle. Cet important travail  été exécuté par M. Élie de Beaumont de la manière la plus remarquable.
I iq^. Les gneiss, les granités, etc. , sont les terrains qui paraissent les plus anciennement formés. Ce sont ces formations qui, par l'effet des soulèvemcnis ou des ridements, pour nous conformer aux idées de M. Élie de Beaumont, traversent les terrains de nouvelle formation et apparaissent au-dessus sous la forme de pics ou d'aiguilles. Ces grandes masses de roches, qui forment en quelque sorte la charpente de l'écorce de noire globe, proviennent-elles d'une dissolution aqueuse ou d'une dissolution ignée? Ces deux opinions ont partagé longtemi Jes gëotogues en dfsux plasses , les neptuniens
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plulonnieus; mais aujourd'hui il est généralement reconnu qu'à l'époque où elles ont été formées, la température du globe élaît tellement élevée, que la chaleur a dû agir seule. Ainsi donc le feu a exercé toute son action dans les premiers temps , lorsque l'enveloppe solide avait encore peu d'épaisseur et possédait une température considérable j et l'eau, quand cette température a été suffisamment abaissée pour qu'elle pût se maintenir à la surface du globe à l'état liquide. Quelques granités et des gneiss ne sont peut-être que des agglomérats dont les parties constiluantes ont été d'abord fondues,
f)uis réunies ensuite par l'eau. A cette première époque, KS corps organisés n'avaient pas encore paru sur la globe, la nature inorganique y régnait seule.
§ III. Des phénomènes volcaniques.
iiqS. Il n'a été question encore que de faits bien constatés, sur lesquels tous les géologues sont d'accord; continuons à suivre la même marche avant de présenter des conjectures. Parlons des phénomènes volcaniques qui viennent nous révéler ce qui se passe dans l'intérieur de la terre.
£u reconnaissant une origine ignée à la terre, nous admettons que la chaleur a dû exercer une grande influence sur les phénomènes qui se sont passés dans les premiers âges du monde. Les éruptions volcaniques, qui étaient alors très-fiéquentes , soulevaient les montagnes et bouleversaient la surface terrestre; aujourd'hui , la croûte ayant acquis une certaine épaisseur, oppose une grande résistante à l'action des feiix souterrains qui ne nous donnent plus qu'une faible idée de leur puissante énergie dans les premieis temps Kous allons maintenant exposer leurs effets actuels, afin de pouvoir remonter à ce qui se passait alors.
Un bruit souterrain , semblable à celui du canon ou à un fracas de voiture roulant sur le pavé, des tremblements de terre, et assez fréquemment des changements
I PUÉNOMtNKS VOLCAWIQDKS, dans rétat de ht tcmpcruture, tels sont les signes avantcoureurs tl'uiie ériiplion volcanique. Cette éruption commence ordinairement par une colonne de fumée épaisse, (jui s'élève à une liauteur prodigieuse et finit, quand elle n'a plus de vitesse de projection , par se refouler sur elle-même, de manière à former une série de sphères de vapeurs aqueuses qui, se condensant par le froid d<s régions supérieures, retombent en pluies abondantes, accompagnées de tonnejres effroyables. Du milieu de cette colo[iiie s'élève une gerbe de feu , visible seulement à sa partie supérieure. Cet ensemble de fumée et de flammes, sillonnées dans tous les sens par la foudre, forme le tableau le plus imposant que la nature puisse nous offrir. Bientôt après, il sort du cratère, avec une vitesse excessive, des pierres incandescentes et une quantité incroyable de cendres d'une si grande ténuité qu'elles peuvent être transportées par le vent à des distances c.insidérables. Ces cendres ne retombent pas toujours sèches sur le sol, car elles sont fréquemment pénétrées de vapeurs aqueuses; des laves en ignition et des produits boueux, arrivent ensuite. Ces laves proviennent de substances liquéfiées dans les foyers du volcan, et sont tancées en debors par la force expansive des fluides élas* tiques qui se dégagent dans les mêmes foyers; leur surface est agitée par de forts bouillonnements d'où s'échappent du gaz et de la fumée bleuâtre, formée de sel marin ou d'autres substances. Ces laves, en sortant par les bords du cratère, suivent les directions les plus favorables que le terrain leur présente. Au contact de l'air, leur surface, en se refroidissant, se solidifie, et la lave continue à couler dessous jusqu'à ce qu'il se présente un obstacle; alors elle s'y arrête, s'y amoncelle, finit par monter sur la partie solidifiée et continue son cours comnieauparavant.jusqu'à ce qu'elle soit arrêtée par un nouvel obstacle. 11 arrive souvent que la lave, s'accumulant dans certains endroits, conserve la chaleur si longtemps, en raison de la mauvaise conductibilité des éléments qui la composent, que Dolomieu assure l'avoir