‹ Traité expérimental de l'électricité et du magnétisme, et de leurs rapports avec les phénomènes naturels ; (volume 5)Chapitre 51 sur 231 · D£S RÉACTIONS CHIMIQUES OBSERVÉES DANS LES FILONS · texte numérisé non relu

D£S RÉACTIONS CHIMIQUES OBSERVÉES DANS LES FILONS

§ I"". aperçu général des altérations.

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1 233. Quiconque a visité des galeries de mines et étudié la conslilution des Blons, ne peut s'empêcher reconnaître qu'en général les parties les plus rapprochées de la surface du sol sont dans un état de décomposition que l'on ne retrouve pas dans les parties inférieures. De même les portions qui sont eu contact avec une roche perméable à l'eau , qui peut les mettre en communication avec les agents atmosphériques, éprouvent des changements semblables. On observe des effets de ce genre dans beaucoup de roches. Il n'est donc pas permis de douter que les agents atmosphériques n'exercent une grande influence sur les décompositions chimiques qui ont lieu dans l'intérieur de la terre, indépendamment de l'action des forces électriques dont il sera queslion plus loin. Les exemples suivants sont assez saillants pour prouver l'exactitude de ce que nous venons d'avancer.

1234. En général, dans les filons de galène, les carhouales, ainsi que lesoxides, les hydrates et les composés salins, occupent les parties du fdon les plus voisines des agents atmosphériques, ou celles qui sont en rapport avec des substances argileuses ou roches fendillées qui laissent facilement passer les eaux. Ainsi, il n'est pas permis de douter que le sulfure n'ait été oxidé par l'influence prolongée (les eaux pluviales. Ou peut se rendre compte de

^^K^^ CHAPlTaE 111. i85

cet effet en exposant à l'air une masse bocardée de galène, comme l'a observé M. Foiirnet; on ne tarde pas à sentir une odeur de gaz sulfureux, qui est surtout trèsmarquée lorsque, après une pluie, le soleil y projette ses rayons. Pendant ce grillage naturel le plomb s'oxide, ainsi que le soufre; il se forme, d'une part, du carbonate et, de l'autre, du sulfate en quantités assez grandes pour produire des perles notables au bout d'un cerlain temps. Dans la terre, des effets semblables s'effectuent, et comme l'action est très-lente, on obtient des cristaux de sulfocarbonale.

La formation du plomb noir provient d'une cause semblable à celle que nous venons de signaler.

Suivant M. Fournet, qui a donné la tbéorie de la formation de ce composé, on doit admettre qu'une partie de la galène n'a pas été complètement attaquée, puisque l'on peut séparer par les acides faibles les lamelles brillantes des cristaux déjà cariés. D'un autre côté, comme il y a peu de galènes qui ne soient argentifères, on est porté à admettre que ce dernier métal, qui est très-peu oxidable, a dû résisteraux actions atmosphériques et doit se trouver disséminé, ou à l'état métallique ou de sulfure, dans le carbonate de nouvelle formation qui prend alors une couleur noire. Ce qui tend à confirmer cette manière de voir, c'est que le carbonate blanc est rarement argentifère, tandis que le carbonate noir l'est toujours.

La décomposition graduelle du fer spalbique dans son gisement est due également aux influences atmosphériques. A Vizille, département de l'Isère, où il existe de grands amas de cette substance, on a établi des galeries, les unes au-dessus des autres, et l'on a reconnu alors que la décomposition est d'autant plus grande que le minerai est plus rapproché du sol, c'est-à-dire qu'il éprouve davantage l'action de l'air, de l'eau et des agents atmosphériques. Les mineurs ont reconnu en outre qu'à une certaine profondeur dans la terre, le mii n'est pas altéré. Celte marcbe graduelle de son allcttionest surtout remarquable à la mine du Vent, qui est

t^ APERÇU GÉHÉaAL bfeS ALT^RATIOMS.

exploitée presque à fleur de terre. La partie supérieure est devenue tout à fait terreuse, et ne paraît renfermer que tle l'hytlroxide de fer. Dans le Daupliiné, particulièrement à Allevàrtl , on voit apparaître quelquefois au-dessus des terrains qui renferment du fer spatliique des flammes qui portent le nom d'essoreinents. Ce phénomène a été . observé par un si graud nombre de personnes, que nouS croyons devoir en -faire mention ici, en le décrivant tel qu'on nous l'a rapporté, sans en garantir autrement l'authenlicité : la liauteur de ces flammes est quelquefois considérable; là où elles se montrent, on aperçoit des fissures, et si le phénomène se produit dans l'hiver, la neige est fondue à l'ectour. En pénétrant dans le sol; on reconnaît que le minerai est fortement altéré : aiissi les habitants d'Allevard regardent-ils la présence de ces flammes comme un indice d'un gîte riche en fer spathique.

Le minerai décomposé renferme toujours des carbonates de manganèse et de magnésie en diverses proportions, qliand il est intact au contact de l'air. Quand ce minerai intact est au contact de l'air, il prend asseï promptement une teinte jaunâtre ou brune par l'efFet d'une décomposition, et se change en un mélange de peroxide et d'hydrate de pcroxidc. Il paraît, comme l'a avancé le premier M, Berthier, que le fer et le manganèse, en se suroxidant et se changeant pour la plus grande partie en hydrate, abandonnent leur acide carbonique, qui se porte sur le carbonate de magnésie et le transforme en bi-carbonale soluble que les eaux entraînent facilement.

Le résultat de la décomposition du fer spathique nous annonce donc une oxidation et une formation d'hydrate, et par conséquent la présence de l'eau ; dès lorS ne pourrait-on pas admettre qu'une portion de cette eaU a été décomposée pour oxider le fer , et que l'hydrogène est devenu libre? Mais comme ce gaz n'a pu se dégager qu'après avoir acquis une tension suffisante pour vaincre la résistance que lui présentaient les roches adjacentes, il a dû s'accumuler dans les cavités, d'oïl tl a Â

criApî!rRE m. id^f

tiôû ensuite à Textérieur en brisant ces rocTies, et à l'instant de soti contact avec l'air, il aura pU s'enflamifaer, à la manière des météores qui voltigent quelquefois à la surface de la terre , dans certaines localités.

Les gangues ordinaires du fer spalhîque sont le quartz, la barite sulfatée; il est afccompagné de fragitients de diverses roches , de pyrites de fer et de cuivre, de galène, de cuivre gris, de fer oxidé magnétique, etc. , qui éprouvent des effets plus ou moins marques de là décomposition du fer spathique. Quelques exemples donneront Une idée des réactions qui s'y opèrent. M. Chapert a trouvé dans Une mine de fer spathique, abanddnnëé depuis longtemps. Un morCeau de 'bois recotivert dé cuivre carbonate vert soyeux, qui provenait indubitablement de la décomposition des pyrites cuivreuses. Dans la même localité, il a recueilli des cristaux d'arragonite, qui peuvent avoir été produits par le remaniement du carbonate de chaux.

Dans une des mines de fer d'Allemont, appelée la mine du Grand-Bois , et dont .le minerai est complètement décomposé par suite des influencés atmosphérîqae*,.on trouve plusieurs substances qui sont évidemment de nouvelle formation , entre autres du carbonate et du sulfate de plomb , qui ont dû être produits par la décomposition du sulfure; du sulfate de chaux cristallisé, an cuivre carbonate vert soyeux, sur des morceaux de quartz, du fer hématite concretionné, recouvert de peroxide de manganèse d'un brillant argentin.

Nous allons maintenant passer en revue les principales^ observations que l'on a faites dans quelques filons où les phénomènes de décomposition sont bien marqués.

§ II. Dation d'Buelgoat.

ia35. Le filon d'Huelgoat en Bretagne peut être considérécomme classique par les personnes qui s'occupent des actions lentes;car il est impossible de trouver un plusgranrf nombre de formations modernes que dati^ cette localité, oïl l'eau ruisselle de toutes parts, et 6b. Yùïi trôifvé par-

DU FILON DHUELGOAT.

tout (les traces de décomposition, même dans les roches encaissantes : c'est pour ce motif que nous comnieucerons par Huelgoat l'exatnea des formations in'inéralea modernes.

Ce filon a pour roche encaissante des schistes à débris coquiltiers, un porphyre quarlzifère, un pouddingue porpliyrique très-penneablc à l'eau, des schistes alumineui et pyritlfères, une brèche pyriteuse ainphibolique et feldspathique , contenant des veines de carbonate de chaux, etc.

Voici un aperça général de son étal actuel : les matières et roches encaissantes sont d'autant plus altérées qu'elles sont plus rapprochées de la surface du sol. La partie supérieure du filon est composée depncos, qui sont des quariz plus ou moins ferrifêres , renfermant de l'argent métallique, du chlorure d'argent et des pyrites cuivreuses argentifères; la partie inférieure renferme principalement des galènes. Les pacos sont d'autant plus riches qu'ils sont plus rapprochés du plomb. On trouve, en partant de l'affleurement, absence totale de plomb, du chlorure d'argent, qui est plus abondant, à mesure qu'on descend; l'argent métallique se montre en plus grande quantité dans la partie inférieure. La nature des pacos varie avec celle de la roche encaissante.

En général, dans la partie qui correspond au système porphyrique, on trouve dans le filon, avec les quartz carriés, des argiles, des cuprosilicates; c'est précisément dans celte partie qu'abondent les chlorures d'argent. On y trouve aussi des concrétions d'hydrate de fer compacte, très-argentifères, renfermant quelquefois 4o pour cent d'argent.

Quant à la partie correspondante au système schisteux, on y rencontre fréquemment des pyiites, surtout celles qui sont en pâte et qui ne renferment pas ordinairement d'argent. On y trouve aussi des pacos slalactiformes de lonti^ espèce, lesquels sont très-chargés de fer. Les pyrites argentifères sont peu abondantes, on en trouve dans tout le filon.

CriAPlTBE IIJ. lOg

Les pacos renferment aussi du plomb phosphate prismatique, entre la formation porphyi'ique et la formation schisteuse, maisjamaisdansla partie supérieure: par conséquent ilsoiit été formes dans la partie inférieure à la limite (le la formation des pacos. Les plombs phosphatés qu'on renconti'e dans cette région sonl toujours à l'état de concrétion ou de houppes soyeuses : c'est là aussi où se trouvent les plombs carbonates et une substance gélatineuse qui remplit les géodes dans lesquelles les phosphates et les carbonates se sont déposés. Il y a trèspeu de carbonate de plomb dans l'affleurement du filon; on y trouve seulement du plomb sulfaté et du sulfo-carbonate, ainsi que du plomb noir.

Au milieu des pacos, non loin des sulfo-carbonates, se montre le fer résinite dont la formation est bien réellement moderne.

Nous avons observé une substance organique résinifonne sur les parois du mur, qui semble découler d'une exploitation supérieure: tout porte à croire qu'elle provient de la décomposition des boisages.

L'alun de plume abonde au toit du filon; il provient de la décomposition d'une roclie alnmineuse et pyritifère, appelée roche verte, qui semble faire partie du filon; elle est constamment en décomposition partout oii on la rencontre.

Les schistes pyrîleux, dans les mêmes parages, donnent naissance à des sulfates de fer qui cristallisent là où il y a peu d'eau. La tempéiature, dans cette localité, est de a6 degrés centigrades, ce qui annonce de nombreuse^ réactions chiniiqnes. Les eaux pénètrent rapidement au fond des travaux, en raison de la nature fendillée du filon;dans les parties supérieures, il y a peu d'infiltration, seulement la région des pacos qui coirespond au système porphy/ique en présente quelques-unes.

Les eaux, quand elles sortent de la roche encaissante, sont peu vitrioliques ; mais elles le deviennent successivement. Elles renferment aussi beaucoup de chlorure de

IÇO DU FILON D gUELGOAT.

On trouve du plomb gomme à la rencontre des massifs de galène et de pacos. Enfin lesporpliyres, dans le voisinage du filon et. du jour, sont décomposés et amenés à l 'état d'argile.

M. Paillette, qui a fait un séjour de plusieurs années è Huelgoat , a donné quelques vues théoriques sur les lôrmatiotis modernes qu'il a observées dans le principal filon de cette contrée ; nous y aurons égard dans l'exposé qne qous allons présenter des changements qui ont ameiu leur production.

On est porté à croire que dans une région qui ne ïlépasse pas le niveau des vallées d'érosion, le filon renfermait d'abord des pyrites de fer argentifère, du xm sulfuré , quelques pyrites cuivreuses, une petite quantité de cuivre gris, du sulfure d'antimoine et de la galène argentifère. Au-dessous il existait comme aujqurd'twî un dépôt beaucoup plus étendu de galène argeptUère, de blende et de quelques pyrites ferrifères et çàf yreuses .

Les eaux qui out produit les vallées d'érosion élaioit probablement plus chargées de sel marin qu'elles ne le sont maintenant, quoiqu'elles eu renferment encore UIK quantité assez notable; elles ont pénétré dans l'ilW fé^ieur du filon, en raison de ta nature perméable de U roche encaissante. Ces eaux qui en traînent avec elles de l'air t^^mosphérique, en réagissant sur les parties constituantes êni filon, ont dû produire des sulfales de fer, de cuivre, de zinc et même de plomb; de l'argent métallique a été abandonué par les pyrites et la galène. Les sulfates des jnéfaux les plus oxidables, une fois formés, auront réagi éqergiquemcnt sur les substances environnantes, i^iu^ que sur les parois du filon. Or, ces parois, là où il ej(iste le plus de pyrites, étant foi-mées de porphyre trèa-feldspathique et dç schiste, il en sera résulté les rcactiou^ suivantes : le feldspath perdant son silicate de potasse, une partie de l'acide sulfuriquc des sulfales se sera combiuée ayec la potasse; les eaux auront enlevé le snlËite alq»- ' 1 , la silice se sera déposée en gelée sur des morcj

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*^clies eHCf(issantes , tombées daas le filon, ou en se durcissant aura forme dés concrétions mamelonnées ou autres tju'on y retrouve.

Les sulfates des métaux oxidables^ en réagissant sur sur les phosphates et carlionates calcaires des corps organisés et des coquilles, auront donné naissance à du sulfatç (tp chaux et à des phosphates, ainsi qu'à des carhonates i]eplonih, decuivre et de zinc, qui auront été décomposés par de nouvelles réactions ; il se bera déposé alors des (ijdraLes de fer argentifère. D'un autre coté , les eaux en (('^versant les roches dissolvaient du sel marin et devaient pomme elles ie peuvent encore réagir sur plusieurs dçs parties constituantes du filon ; car l'eau salée jouit d'une faculté di^sojvaute, dont on ne connaît pas encore toute l'étendue. Si cette solution est saturée, elle dissout le sulfate, le phosphate et uiêaie le sulfure de plumb qu'elle transforme en sulfate; le sulfate de plomb surtout s'y dissout en quantité assez notable. Lorsque la solution est très* éteudui', la faculté dissolvante est ti'ès-faible; mais il n'en ft(Ut pas davantage pour que de semblables dissolutions, au bout d'un grand uombie de siècles, forment des dépôts de phosphate, de sulfate, de cbloro-phosphate et de chloro-sulfate de plomb.

Nous ferons observer encore que, si des dissolutions dç sulfate et de phosphate de plomb dans le sel marin sont mises en contact avec un métal oxidable, ou un Qxide qui peut passer à un état supérieur, il eu résulte des sous-sulfates, des sous-phosphates de plomb qui cristallisent. En général, les dissolutions excessive(nent étendues de sel marin renfermant des sels de plomb, ÇD réagissant sur des substances oxidables et sur des substances organiques, ont pu donuer naissance à des composés semblables à ceux que l'on trouve dans le filon d'IIuelgoat. La solution de sel marin, en réagissant par exemple sur l'argent, a donné naissance à des doubles chlorures de sodium et d'argent qu'on retrouve aujourd'hui dans les pacos, ainsi qu'à du chlorure d'argent, puUquç des pièces d'argent qui restent lougtemps en

ÏOa DU FILON D hCelgoat.

contact avec l'eau de mer se changent entièrement en

clilorure et en sous-chlorure.

Si on examine des échanlillons de pacos qui renferment de l'argent métalUque, on voit que ce métal est tantôt sous forme de dendriles, tantôt formant des dépôts très-minces semblant indiquer une réduction du chlorure qui aura pu s'effectuer quand ce composé aura été en contact avec des corps hydrogénés, comme il s'en trouve dans cette localité.

ia36. Dès l'instant que les vallées d'érosion furent devenues plus profondes , les eaux n'arrivèrent plus dani le filon qu'en moindre quantité, tandis que l'air y entrait par toutes les issues que les eaux y avaient formées : c'est probablement à celte époque qu'eut lieu la production du carbonate de plomb noir.

Les sulfates de zinc et de fer qui ne cessaient pas de se former, continuaient à réagir sur le feldspath de la roche porphvrique encaissante en enlevant le silicate de potasse. Il résultait évidemment de celte réaction, outre de la silice gélatineuse, des sulfates d'alumine et de potasse. Quand le sulfate d'alumine rencontrait du carbonate de chaux, il y avait décomposition et dépôt d'alumine hydratée.

Une autre portion de la silice gélatineuse, en se combinant dans les anfractuosités du lilon avec l'alumine hydratée, formait ces masses assez considérables d'hydro-silicate d'alumine, dont les éléments ne sont pas en proportions définies. Une autre portion de l'alumine, en

Lse combinant avec le plomb, aura produit le plomb gomme.

On ne doit pas être étonné de l'action puissante qu'« dû exercer le sulfate de fer snr la plupart des minéraux préexistants, lorsqu'on connaît la puissance dissolvante de ce sel, quand le fer est au maximum d'oxidalîon. Dès lors on conçoit comment ces minéraux auront été détruits pour donner naissance à d'autres composés. Les sels ferreux, en réagissant sur le phosphate de plomb, auront donné naissance à des tubes prismal'

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desous-piiospliale de fer et à ces encroûtements de même composition qui recouvrent les cristaux de chloro-phosphate de plorab.

Le chloro-phospliate de plomb ne se sera déposé que lorsque le proto-sulfate de fer, son dissolvant, aura été saturé, c'est-à-dire, aussitôt qu'il aura rencontré des cristaux de carbonate de chaux. On aura eu alors ces chloro -phosphates de plomb mamelonnés acîculaires de diverses couleurs, tantôt purs, tantôt calcai-ifères, tantôt empâtant des débris de quartz.

Si, par hasard, dans la décomposition des persulfures il s'est déposé du soufre, comme cela arrive quelquefois, ce soufre se seja combine avec une poition de l'alcali de la roche porpliyrique, d'où il sera résulté des hyposulfites alcalins, puis des doubles hyposulfites alcalins el métalliques, puis par des effets électro-chimiques des sulfures métalliques qui auioiit produit, suivant les circonstances, des prismes de sulfui'e de plomb, quand la galène se sera moulée dans les vides laissés par le chloi'o-phosphate de plomh dissous; des petits cristaux de galène antimoniale reposant sur des galènes massives ne renfermant pas d'antimoine, des pyrites qui ont pris la pince de phosphate de plomb, ou qui ont cristallisé dans des moules anciens de pyrite et de chauxcarbonatée, et de la blende placée dans les mêmes circonstances que la pyrite.

Il est probable qu'à l'époque actuelle, les élahorations dont nous venons de parler continuent toujours.

Les schistes pyritenx et la brèche pyriteuse fournissent abondamment des aluns de plume et du sulfate de fer; la blende et les pyrites du iilon , les sulfates de zinc et de fer. La réaction de ces sels sur la chaux carbonatée donne naissance à des cristaux de gypse, d'où résultent de l'hydrate d'alumine siliceux et du plomb carbonate en houppes ou cristaux qui se trouvent en suspension dans les hydrates. Il se produit en même temps du phosphate de fer résinite, mélangé d'hydrate qui se dépose journellement , jliiisique des petites masses molles de phosphate de plomb.

to4 Ï*ES AMAS DR MIN. DE COIVRK DE CHESST. |

$ Iir. Des amas de mùietais de cuivre de Chessy.

laS^. Les inineraU de cuivre de Cliessy se composent de cuivre pyriteux, de cuivre noir, de cuivre carbonate bleu et vert, et de protoxide de cuivre.

Le cuivi-e pyrileux se trouve daos le terrain priinitir, qui est une diabase (amphibole et feldspath ); le cuivrf uoir, dans le terrain de transition , qui est un mélange de scJiistc feldspalhique et de diabase; le cuivre oxidulé entre le cuivre noir et le cuivre carbonate, dans une couche d'argile rougeâtre qui sépaie le terrain de transit Ion du grès bigarré; le cuivre carbonate, dans le grès bigarré. On voit donc que le cuivre carbonate se montre dans les parties les plus rapprochées du sol, là où lâj inlluences atmosphériques peuvent exercer plus facilement leur influence.

Dans le grès bigarré, on a rencontré un grand nombre de boules plus ou moins sphériques, d'une grande dureté, présentant à leur centre des vides tapissés de cristaux de carbonate bleu de cuivre et l'eufci'iiiant de l'eau; ce qui fait présumer que ces cristaux ont eu uiieorigiiK aqueuse.

1338. Nous allons passer en revue quelques-unes des décompositions et des formations modeines que I'od a observées dans les mines de cuivre de Chessy près de Lyon.

Lorsque la pyrite cuivreuse commence à se décomposer, elle donne naissance à la mine noire, qui est un mélange de sulfure et d'oxide, et l'on obtient du sulfate de cuivre et de fer qui est eutraîné par les eaux. On IrouvE quelquefois de ce double sulfate cristallisé. Os sulfates, en réagissant sur les roches environnantes, donnent Baissauce à divers produits que nous niions faire cooiiaître :

1° De riiydrate de peroxide de fer, provenant de la suroxidation des sulfates fejTUgiucux avec des petits cristaux de sulfate de cliaux.

CHAPITHK lir. lyS

taS" Dp l'oxide de fer imprégnant lu ^rhu métallifère,

3° Le cuivre oxîdule , c|iii peut être Toinié soit par la cîécoinposilion du sulfate de fer dans sou contycf avec les roclies con't'iiaiit du proloxide de fer : dans ce cas, le fer se prroxide el le cuivre passe à l'étal de proloxide ou se n'duit entièrement; soit quand mie dissolution de sulfate de fer est en contact avec une malière oiganiqiie, cunime dans l'expérience de M. Clément; soit quand une (lissottilion de sulfate de cuivre est séparée d'une nappe d'eau ou d'une solution, à un inoindie degré de concentration, par de l'argile n'nfeniianl du cuivre loctallique. C'est picciséincnt te cas où le proloxide se fointe avec une grande facilité dans les actions électro-chimiques, comme nous l'avons prouvé.

Le cuivre natif se forme, comme il vient d'être dit, dans la décomposition du sulfate de cuivre parles roches contenant du prolosilicnte de fej-. L'opération s'effectue dans les fissures ilu la roche où l'action capillaire joue un certain l'ole, comme nous l'avons montré à plusieurs reprinea dans le cours de cet ouvrage.

Quand les pyrites cuivreuses su décomposent complètement, il en résulte du carbonate de cuivre qui peut se former à la manière des doubles décompositions.

Le cuivre carbonulé bleu est formé par la réaction du-sulfale de cuivre sur le carbonate de cliaux qui cimente les grès. Un trouve souvent, l'un h coté de l'au- Ire^ le cirivre cnrbonaié bleu et le cuivre carbonate vert avec de l'hydrosilicale d'alumine qui itnprègneces grès,

L'Iiydiosilicale d'alumine provient de l'action des suljktes sur les roclies siliceuses et aluniineuses, J^ silice qui est à l'état gélatineux provient de la même réaction. M. Fouiiiet a reconnu qu'elle se forme dans un intervalle d'une trentaine d'unnées. La silice endurcie est accompagnée d'tiydrosilicate d'alumine.

L'bydrosilicale de cuivre est formé par la réaction du. sulfate de cuivre sur les roches qu'il traverse. Jî^u le varboiiaLe de zinc cuprifère, que l'un trouve

igb DES FILOÎïS DE POHTGIBACD.

quelquefois clans la même localité, provient de réactions dont on ne peut encore se rendre compte.

§ IV. Des filons de Pontgibaud.

la^g. Nous allons terminer l'examen des principales décompositions qui ont lieu dans l'intérieur de la terre, par- l'exposé des cliaugemcnts ciiimîques qui ont bk observés par M. Fournflt dans les filons de Ponigibaud,

Les roches primitives des environs de Pontgibaud renferment une multitude de fissures ou filons dont les uns servent de réceptaule aux fragments des roclies voisines et aux substances métalliques et terreuses Tenues de l'intérieur et de l'extérieur, et dont les autro ont donné issue à des matières volcaniques ou à da cours d'eau. Ces filons renferment tous à peu près les mêmes substances, savoir : de la galène argentifère, do cuivre pyriteux, de l'antimoine sulfuré, elc.

Le terrain qui encaisse les filons varie dans sa composition; sur les plateaux, il est formé principalement de schiste micacé, tandis que dans les vallées profondej il renferme des roches maguésienues. Tout le système en outre est traversé par des amas de granité.

Le schiste micacé et le sléachlste sont les rocliw métallifères par excellence. Toutes les variétés éprouvent une altération qui les fait passer à des teintes vertesou jaunes plus ou moins prononcées. La dccoinpositien des pyrites qu'elles renferment donne naissance à des effloresceoces magnésiennes ou vitrloliques.

La protogine fournît de gros ainaa saillants dans Irt vallées, par suite de la décomposition des roches schisteuses environnantes; elle éprouve elle-même des altérations, par le passage du feldspath à l'état de kaolin.

\il\o. Les filons paraissent avoir été remplis de deuï manières, par des fragments anguleux des roches voisines, venus de la surface du globe, et par des source! c[ui ont surgi de rintérieur. Il paraît résulter ëviden*

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