CHAPITRE III
traire et qui se déposaient successivement devaient être accompagnées de puissants effets électriques’, toutes les fois que quelques-unes des substances formées n’entraient pas en vapeur, il y avait recomposition immédiate des deux électricités dégagées, dans les points memes où la réaction chimique s’effectuait; mais lorsque plusieurs de ces substances, ou même l’une d’elles, se gazéifiaient, elles emportaient avec elles l’une des deux électricités dégagées. La foudre devait alors sillonner continuellement les amas de vapeurs qui entouraient le noyau primitif, comme les éruptions volcaniques nous en offrent aujourd’hui un exemple. Il résulterait de là que dans les premiers âges du monde, les courants électriques devaient être peu sensibles, parce que les deux électricités dégagées ne trouvaient pas de corps intermédiaire pour servir à leur recomposition et produire ainsi des courants. Mais dès l’instant que deux couches contiguës, n’exerçant aucune action l’une sur l’autre, ont été recouvertes par une troisième qui pénétrait par des fissures jusqu’à l’une des deux autres, sur laquelle elle réagissait, il a dû se produire des courants électriques toutes les fois que ces différents dépôts étaient. conducteurs de l’électricité, comme, suivant toute probabilité, devaient l’être les substances en contact avec le noyau. De semblables effets ont dû avoir lieu quand, par suite du boursouflement de la croûte et de son refroidissement, des vides se sont formés entre les diverses couches déjà déposées; ces vides, donnant passage à des liquides qui réagissaient sur les substances dont ces couches étaient composées, servaient à la circulation des courants électriques. De nos jours nous avons des exemples de cette communication entre l’intérieur de la terre et sa surface; en effet, dans toutes les régions volcaniques, les eaux de la mer s’infiltrent par de nombreuses fissures jusqu’au point où se trouvent les métaux des terres et des alcalis, ou leurs chlorures, sur lesquels elles réagissent; du moins, c’est une supposition assez admissible. Il résulte de là des effets électri(|ues tels, que les métaux
53G HÉFL. SUR I.ES TrrtOR . DONN. POUR EXPL. u’oRIG., ETC.
prennent rélectricilé négative; la vapeur d’eau due à la grande quantité de chaleur produite dans ces réactions et les gaz s’emparant de l’électricité positive, une partie de cette dernière se rend dans l’atmosphère avec les déjections volcaniques , et sa présence nous est rendue sensible par la foudre qui sillonne dans tous les sens l’amas de fumée et de matières pulvérulentes qui sortent par le cratère; l’autre partie tend à se combiner avec Î’é4ectricité négative des bases qui établissent la communication entre les métaux ou leurs chlorures et les substances solides, liquides ou gazeuses, qui remplissent les fissures. Dès lors, on conçoit qu’il doit circuler dans l’intérieur de la terre, en toutes sortes de directions, une foule de coui*ants électriques partiels qui, certainement, peuvent agir sur l’aiguille aimantée. Mais dire que la résultante de tous ces courants est la cause du magnétisme terrestre, c’est avancer un fait peu probable, attendu que les courants partiels changeant continuellement de direction, leurs résultantes doivent participer à ces mutations.
Les considérations que je viens de présenter reposent sur des faits bien constatés, puisque nous savons que les vapeurs qui sortent des cratères, dans les éruptions, emportent avec elles une quantité suffisante d’électricité pour que la foudre gronde quand elles se résolvent en pluie.
Pour compléter la discussion, il ne reste plus qu’à examiner une autre question qui n’est pas sans intérêt depuis les observations de M. le capitaine Duperrey, touchant l’influence des courants dans les grandes mers, sur la direction de l’aiguille aimantée. Nul doute que le mélange de l’eau chaude avec l’eau froide ne produise des effets électriques; j’ai mis le fait hors de doute par diverses expériences qu’il est inutile de rapporter ici : mais pour qu’il en résultât des courants électriques , il faudrait que l’eau froide qui traverse l’eau chaude, comme nous en avons un exemple dans la mer Pacifique, où un courant d’eau froide vient se briser sur les côtes du Chili