Volume
L'une des clifFcrences les plus frappantes, par lesquelles un même organisme se modifie aux époques diverses delà vie, consiste dans la varialion du volume. Les animaux destinés à acquéi:ir les dimensions les plus gigantesques naissent d'un point à peine sensible et atteignent ensuite, dans un espace de temps variable, le terme de leur taille qu'ils conservent jusqu'à la fin de leur existence individuelle, sans que pendant la durée de l'accroissement et de la Tie en général, il survienne des périodes pendant lesquelles leur volume diminue. Celte loi souffre aussi quelques exceptions; la larve complète de plusieurs insectes à raétamorplioses parfaites, par exemple, est non-seulement plus volumineuse que la cbrysalide, mais même que l'insecte parfait. Chez les batraciens sans queue la larve complète surpasse également les dimensions de l'animal parfait, lorsqu'il est encore au commencement de l'élat de formation achevée, quoique le volume s'agrandisse ensuite et atteigne des proportions variables.
L'accroissement de l'organisme nouveau est
D'AiVfATOMIE COMPARÉE. 3.97
générale ment d'autant plus rapide qu'il est plus rapproche de l'époque d'origine , quoique postérieurement à celle-ci il survienne des p(Tiodes plus ou r.ioins déterminées où Taugmentation j)rend une marche tantôt plus prompte, tantôt plus ienle.
La vitesse avec laquelle s'accroît l'animal est généralement inverse du volume auquel il parvient.
Les animaux inférieurs atteignent les limites deleur taille dans le plus court intervalle; ceux qui occupent le haut de l'échelle y emploient le tenij s le ) lus long. Mais il n'existe point, sous ce rapport, de transition insensihle et continue entre les deux extrêmes de la série animale. Ainsi, par exemple, les reptiles croissent le plus fréquemment avec plus de lenteur et augmentent, en effet, pendant toute la vie; la plupart dfs autres animaux sont^ au contraire, stationnaires pendant un laps de temps qui varie et qui est proportirnnel.
Il n existe pas non plus partout le même rapport entre la vitesse avec laquelle est atteinte la forme du volume propre à l'espèce, et celle avec laquelle Findividu parvient à sa forme parfaite.
On peut dire en général, que plusl'animal est parfait et complexe, à l'état adulte , moins il met de temps à parcourir les formes imparfaites par lesquelles il est obligé de passer dans son ac-
3gS TRAITÉ GÉNÉRA-L
croissement. Il en résulte que les animaux supe'rieurs encore fort petits acquièrent toute la forme de l'espèce, tandis que les animaux inférieurs parviennent au volume propre à l'espèce ou du moins croissent considérablement en n'ayant même qu'une forme très-imparfaite.