‹ Traité général d'anatomie comparée [electronic resource] (volume 3)Chapitre 38 sur 81 · TRAITÉ · texte numérisé non relu

TRAITÉ

lO L'éxirémiié inférieure de la face externe de l'iléon et le commencement de l'ischion fournissent d'abord un fléchisseur externe , qui représente le fléchisseur péronéal d'autres animanx , non par son origine , mais par son action ; il est allongé et grêle, se dirige le long de la face externe de la cuisse au côté externe de la base de l'os unique de la jambe, qu'il fléchit fortement en le tirant un peu en dehors.

En bas , lui succèdent les fléchisseurs propres de la jambe, qui se détachent principalement de l'extrémité inférieure de l'ischion, et qui, pour la plupart, se rendent à la région supérieure de la face interne et postérieure de l'os de la jambe.

2 ' Le plus supérieur , le plus externe et le plus postérieur de ces muscles j le deuxième sous le rapport du volume, s'insère à peu près au milieu de l'extrémité supérieure de la face postérieure de l'os de la jambe. C'est le véritable fléchisseur externe de cette partie j il représente le fléchisseur péronéal.

3° Le plus fort de ces muscles a une origine commune avec le précédent, il se détache im médiatement au-dessous de lui, passe derrière le fémur pour se porter en dedans et s'insérer, en haut , au côté interne de l'os de la jambe.

4" Entre les deux muscles qui viennent d être décrits , mais plus profondément , se trouve

d'ANATOMIE comparée. 4ig

un muscle à deux têtes qui est beaucoup plus mince.

La tête postérieure se sépare de la même région de l'ischion que les muscles précédens ; l'antérieure prend naissance à la sjmpliyse du pubis , par un tendon long et étroit. Ce muscle perfore d'abord le long adducteur de la cuisse, arrive ensuite au côté interne de celte division du membre et s'unit avec le fléchisseur externe, à peu près vers le commencement du cinquième inférieur de la cuisse.

Par suite de cette disposition, le muscle tire la jambe en même tems un peu en dedans.

5° Un muscle long et fort vient en dehors et en avant de la tête interne du muscle précédent, dont il est séparé par le grand adducteur de la cuisse; il se dirige au côté interne de cette portion du membre, et s'insère à l'extrémité supérieure du côté interne de la jambe, immédiatement en avant ce muscle adducteur ; il fléchit la jambe et la tire en dedans.

6°. Tout-à-fait en arrière et en dedans, il y a un muscle superficiel, de forme très-variée , qui prend naissance, sur la ligne moyenne, et conjointement avec son congénère du côté opposé , à l'extrémité supérieure et antérieure de la symphyse ischiale et à la partie inférieure du pourtour du cloaque; il se rend à l'extrémité supérieure du côté interne du tibia, où il s'insère entre les deux muscles qui précèdent.

Il fléchit également la jambe.

Chezles grenouilles ^ ce muscle est fortallou-^ gé et étroit ; plus court et épais dans le pipa • chez les crapaudsW est en forme de réseau el extrêmement large , surtout à son origine ; il adhère très-intimement à la peau.

Il est très faible dans les rainettes ^ et n'est nullement fléchisseur de la jambe; il se perd, en effet , fort haut dans la peau de la cuisse, et ne s'étend , en général , que vers le quart inférieui; de cette portion du membre, oii il se perd également , en partie dans la peau, en partie dans l'aponévrose comm une de la cuisse. . 7°, 8° et 11 y a trois extenseurs de la jambe . deux supérieurs et un inférieur.

7° L'antérieur, le plus développé de tous , naît du bord supérieur du pubis , en dehors et au-dessus des adducteurs et élévateurs de la cuisse.

8° L'externe, qui a deux lêtes chez les grenouilles, sa détache avec sa tête externe, en bas, de la face externe de l'iléon , immédiatement à côté de l'extrémité inférieure du premier ab- (lucteur de la cuisse et au dessus du fléchisseur externe de la jambe; sa léte interne nait plus haut, à peu près du milieu de la face interne de l'iléon. Ces deux têtes se réunissent un peu au-dessus du milieu de la cuisse, et se continuent avec un tendon long et large , qui s'attache , en dehors et en avant , au tendon du

d'aNaïomie comparée. ^ii

muscle précédent, avec lequel il s'insère à l'extrémité supérieure du côté antérieur du tibia.

Ce muscle étend non seulement la jambe , mais la tire en même temps un peu en dehors; il fait, par conséquent , de ce côté , le passage des muscles externes aux muscles antérieurs.

Chez les rainettes , les crapauds et le pipa\, le ventre supérieur de ce muscle existe , mais il ne s'unit pas à l'inférieur; il constitue un petil muscle très-mince, qui est situé davantage eu avant du premier long extenseur et qui se perd dans l'expansion aponévrotique de la cuisse.

Cette tête supérieure est le tenseur du fascia crural.

9° L'extenseur inférieur est beaucoup plus petit et plus faible, mais il est placé plus bas j il est presque entièrement situé à la jambe. Chez \di grenouille il naît du condyle interne du fémur, et s'attache, par un long tendon . n la moitié supérieure de la face antérieure du tibia.

Son origine est îa même chez les autres ha~ traciens , mais sa longueur y varie. Chez le pipa, par exemple , il est beaucoup plus grand et occupe tout l'os de la jambe. Chez les rainettes et les crapauds , il correspond à peu près aux deux tiers supérieurs de l'os.

b. Chéloniens. l §. l34,

1° L'exlrcmité postérieure du bord supérieur de l'iléon donne naissance à un muscle considérable , irès-long , qui représente le fléchisseur externe des batraciens (i) , et qui descend , le long du bord externe de la cuisse , au péroné.

Il tire la jambe en arrière et en dehors , parce qu'il s'étend jusqu'à la face antérieure du péroné.

Chez les émjdes et les tortues il est plus faible que chez les chélonées ; il se rétrécit de haut en bas , et se termine par un court tendon , qui, chez les émjdes^ s'insère au commencement du péroné, chez les tortues^ à la fin du tiers moyen de cet os.

Dans les chélonées il devient insensiblement plus large , s'attache à tout le péroné , et se perd dans l'aponévrose jambière antérieure.

Plusieurs muscles de la jambe, ceux surtout qui la fléchissent en entier ou presqu'eu entier, naissent d'un fort ligament fibreux, qui , se dirigeant obliquement de dehors en dedans

(i) Voy. p. 418.

d'ANATOMIB CÔMPARéE. 423

et d'avant eu arrière, s'étend du sommet de la tiibérosité du pubis à la tubérosité ischialique , et de ce point même à la symphyse iscbiale.

2° Ce ligament produit d'abord, un peu en dehors de son milieu , un muscle allongé et grêle, qui provient, en outre, aussi par un tendon étroit , en avant , du bord externe de la branche postérieure du pubis; ce muscle descend à la face interne de la cuisse, et s'insère , fort haut, au côté interne du tibia, qu'il tire eu dedans et en avant.

C'est le muscle droit interne ou grêle de la cuisse.

Dans les êmjdes et les tortues il prend naissance un peu plus en dehors que chez les chélonées^ et est proportionnellement plus court : en effet , dans les premières , il naît seulement du bord du pubis; chez les secondes, il vient de la face supérieure de la symphyse pubienne, et se replie autour du bord externe du pubis , comme autour d'un gond ; ce qui renforce nécessairement son action.

5° Immédiatement à côté de ce muscle il se détache, chez les chélonées ^ de la moitié interne du ligament jusqu'à la symphyse pubienne , un muscle semblable, qui descend plus bas au côté postérieur de la base du tibia , qu'il fléchit avec force; chez, les émjdes et les tortues il prend origine du milieu du ligament.

Dans \Qséniy des,<iQ, muscle a supérieurement

un tendon très-long ; chez les tortues il se divise en deux muscles , qui vont, l'un à côté de l'autre , au tibia.

4° Après lui vient, en arrière, un flécliisseur externe , qui part aussi de l'ischion et qui s'in^ sère au péroné.

Chez les tortues , la partie supérieure de ce muscle est confondue avec le précédent, dans une très-grande étendue.

Dans les chélonées et les émydes il envoie un tendon , le long de la face de flexion de la jambe , à l'aponévrose plantaire et au calcanéuni : cette disposition prolonge l'action de --€6 muscle jusque sur le pied; ce qui est important pour la natation.

5o En arrière il lui succède un troisième fléchisseur, qui est superficiel, et qui n'offre pas le même degré de composition dans tous les genres.

Chez les chélonées , où il se montre le plus simple, 11 naît seulement de la moitié antérieu-r re de la queue, et s'insère au tibia , à côté du second.

Dans les émjdes et les tortues il s'isole, eu outre, par un gros et fort ventre, du bord postérieur de l'ischion : le ventre qui vient de l'ischion est le plus considérable. Chez les tortues il se divise , dans presque toute sa longueur, en deux faisceaux séparés , qui s'attachent au tibia Vun à côté de l'autre. Les divers ventres se ré-

d'anatomie comparée.

uulssen i environ au milieu de la cuisse . Ce muscle lire la jambe en dedans, en bas eten arrière.

Il est , dans tous ces ordres , le plus fort fléchisseur de la jambe.

6° En arrière et au-dessus du précédent muscle, c'est-à-dire davantage vers le dos, il y a un autre muscle, grêle et plus long, qui naît aussi de la- queue , et qui s'insère au bord péronéal du pied , où' il se perd , par son tendon , dans l'aponévrose dorsale du pied et la peau dure de cette région. Ce muscle n'existe que chez les chélonées.

11 tire le pied fortement en arrière et. eu dedans.

. Dans les émjdes il est remplacé par un ven^ tre qui vient de la queue , immédiatement en avant de celui du muscle précédent, et qui s'unit au ventre ischial du quatrième muscle, vers le commencement de la cuisse.

7°, 8° et 90 11 y a trois extenseurs ^ dont l'un est superficiel et deux profonds.

Ueactenseur superficiel , qui est plus long, plus grand, mais un peu plus étroit que. les deux autres , naît de l'extrémité supérieure de la face externe de l'iléon , immédiatement à côté et en dehors du fessier , en avant de l'abducteur et du fléchisseur externe delà jambe : il se porte insensiblement du côté externe au côté antérieur de la cuisse j et ce n'est qu'à l'ex-

trémité inférieure de celle-ci qu'il s'unit aux extenseurs profonds.

8° et go Les deux extenseurs profonds sont beaucoup plus courts : Veocterne vient ducôlé externe de la cuisse, Vinterne se fixe au côté interne de celle portion du membre; le premier est beaucoup plus long et plus épais que le second.

Tous ces extenseurs sont unis par un tendon court, mais large et fort, qui s'insère fort haut au côté antérieur du libia,

11 y a uu troisième ventre profond , trèscourt, qui doit se trouver, comme muscle crural, entre les deux autres; mais il n'est pas constant , car je ne l'ai pas toujours trouvé. Une fois je l'ai vu distinctement séparé chez les chélonées : il y était toutefois aussi très-petit.

Il s'agit de savoir si l'extenseur superficiel correspond à l'extenseur superficiel d'autres animaux , notamment des mammifères . Le mode de connexion de ce muscle avec l'extenseur profond de la jambe est en faveur de celte présomption; sou origine lui est contraire : d'après cela, M.Wiedemann (i) le considère comme le muscle couturier.

Celte admission a contre elle la circonstance que le muscle en question n'est pas sépare du

d'aNATOMIE COMPAlUilE. 4'-i7

tendon inférieur des extenseurs profonds. 11 est vraisemblable que c'est encore un muscle qui , à des degrés plus élevés de l'échelle animale , se divise en plusieurs autres. Il correspond , du reste , incontestablement à l'extenseur externe des batraciens anoures.

10° Indépendamment des muscles que noue venons d'étudier à la cuisse , et qui meuvent toute la jambe, il existe, entre les os de la jambe elle-même , un muscle simple , mais volumineux. 11 est situé au côté postérieur de cette partie, tout au fond, où il est couvert par l'extenseur du pied et le long fléchisseur des orteils j il se dirige obliquement du tibia au péroné.

Ce muscle rapproche l'un de l'autre les deux os auxquels il s'attache j en même temps il fait tourjier le tibia un peu sur son axe et autour du péroTié , de manière à ce que la plante du pied se dirige en bas, c'est-à-dire se met en pronation.

C'est le muscle interosseuœ de la jambe de "Wiedemann , suivant lequel il doit remplacer le ligament interosseux (i).

Je le regarde comme le muscle poplité , très agrandi et plus descendu que de coutume. .

Dans les chéionées, il naît de presque toute la longueur du péroné ; dans les émjdes , il vient seulement de la moitié supérieure de cet

OS j chez les tortues il descend davantage. 11 s'attache, dans les trois genres, à plus de la moitié inférieure du tibia.

c. Sauriens.

Les muscles de la jambe sont plus complexes chez les sauriens que chez les rej)tiles Considérés jusqu'ici. Quoique ces muscles soient disposés en général d'après le même plan , ils offrent néanmoins plusieurs différences qui les distinguent entre eux parmi les espèces de cet ordre et d'avec ceux des reptiles précédens.

Le fléchisseur externe et abducteur , qui vient du bord postérieur de l'iléon, est ici aussi un muscle considérable ; mais son insertion à la jambe se fait plus haut que chez les chéloniens ; elle a lieu à peu près dans la même région que chez les hatrticiens.

Dans les iguanes , ce muscle est fort, large, et se termine par un fort tendon , immédlateflient au péroné.

Chez les crocodiles , il est beaucoup plus petit, et unit son tendon avec celui de l'extenseur et abducteur, qui lui est superposé. Quand un l'examine plus attentivement dans les crocodiles , il semble partagé en deux ventres ,

D'ANATOMIE COMl'ARlilÈ. 429

dont rinférieur , qui est un peu plus fort , se sépare de Filéon plus haut que le supérieur.

Ce dernier ventre est aussi uni à l'abducteur, et pourrait, à cause de cela, en être considéré comme une partie.

Le tendon du ventre inférieur se bifurque en deux faisceaux , un externe et un interne : le premier faisceau s'insère fort haut au ventre externe , le second au ventre interne du muscle extenseur du pied; le faisceau externe se confond, en outre, en haut, avec le tendon du muscle droit antérieur de la cuisse, tendon qui passe sur la rotule.

Il suit de cette disposition chez le crocodile que ce muscle n'est pas seulement fléchisseur de la jambe, mais aussi extenseur du pied: il ne s'unit pas immédiatement à l'os de la jambe.

2° En dedans et en bas du muscle qui vient d'être décrit, il en vient, chez le crocodile, un autre très semblable, mais beaucoup plus fort ^ qui s'isole également du bord postérieur de l'iléon, et qui, dans la région poplitée, se bifurque en deux tendons , dont le supérieur s'attache fort haut et en arrière, au tibia. Le tendon inférieur, qui est plus long, se porte, ens'élargissant, derrière le tibia, en bas jusqu'au talon, où il s'unit également au muscle extenseur du pied.

3» Ati tendon du muscle précédent il se joint

un muscle plus long et plus étroit , qui se détache de la première vertèbre coccygienne , et qui se dirige vers lui de dedans en dehors.

A ce muscle et à la moitié inférieure du premier semble correspondre , chez les iguanes- , etc., un muscle venant des vertèbres coccygiennes les plus antérieures , qui se porte directement d'en arrière à l'extrémité supérieure delà face externe du tibia; il envoie aussi un fort tendon à l'extenseur du pied , par lequel tire il fortement en arrière la jambe et le pied.

4° En dedans du second muscle du crocodile ou en trouve un à deux têtes, dont la tête externe, qui est postérieure et plus grande que l'autre, se dirige longitudinalemeni, et naît également , en arrière , de l'iléon. La tête interne , transversale et plus petite, s'isole, au contraire, en arrière et en dehors, du bord latéral de l'ischion. Ces deux têtes se réunissent bien bas, et s'insèrent, par un tendon commun, au côté interne de la partie supérieure du tibia, qu'elles fléchissent et attirent vers l'axe du corps.

Dans les iguanes , ce muscle me semble remplacé certainement par un muscle biceps , plus large , qui vient seulement de la partie postérieure de l'ischion , et qui s'insère , en haut, au côté interne du tibia.

Ce muscle s'unit, vers son extrémité inférieure, à un autre beaucoup plus large , situé au côté interne de la jambe, qui , naissant , plus

d'anatomie comparée. 4^1

superficiellement que les autres , delà symphyse ischlale, s'insère, en haut, à la crête du tibia, et représente probablement la tête externe du muscle existant chez le crocodile , tête qui se serait portée ici plus en dedans et plus bas.

5° Chez le crocodile^ le bord externe de l'ischion donne naissance , immédiatement audessus de la tête antérieure du muscle précédent , à un muscle semblable , mais beaucoup plus grêle, qui s'insère, au-dessus et un peu plus en arrière que lui , au tibia , qu'il fléchit et tire en dedans.

Ce muscle est un peu plus fort et plus large dans les iguanes.

ô*' Beaucoup plus en avant, et séparé du précédent par l'adducteur postérieur, il se détache du bord antérieur de l'ischion du crocodile un muscle plus fort, qui se rend au côté postérieur du péroné, immédiatement à côté du muscle précédent. Il fléchit fortement cet os, mais il le lire en même temps en dedans.

Chez les iguanes , ce muscle est, toute proporiion gardée , un peu plus faible , et prend ; naissance tout à côté du précédent.

70 Beaucoup plus en avant encore et plus su- 1 perficiellement on voit un muscle plus considé- 1 rable,né du bord antérieur de l'ischion, sediri- ; ger entre l'abducteur antérieur et le postérieur, ]pour se rendre à l'extrémité supérieure de la iface interne du tibia ; il fléchit la jambe, et la

432 TRAITÉ GIJNÉRAL

lire fortement en dedans. Il est plus large cîiez les iguanes^ et prend son insertion un peu plus haut.

8° Chez le crocodile , le bord antérieur de l'ischion donne naissance , tout a côté de son extrémité externe, à un muscle volumineux, séparé du précédent par l'abducteur antérieur de la cuisse et par le pectiné , qui descend le long du côté interne de la cuisse , et qui , vers son extrémité inférieure , se convertit eu un tendon grêle.

Ce tendon , cheminant dans une gaine que lui forme l'aponévrose jambière, se porte en dehors et en bas , eu s'éloignant de l'articulation du genou , pour aller se continuer, en dehors et en haut à la jambe, avec le muscle précédemment décrit (i).

Ce muscle étend principalement la jambe et à la fois le pied ; il les porte, en outre, un peu en dedans.

Il manque aux iguanes et aux autres sauriens.

90, 10° et 1 1» Il existe , en outre , trois extenseurs, deux qui sont superficiels el un profond : les premiers sont beaucoup plus longs , mais plus minces que le profond.

9° L'extenseur superficiel interne vient de la paroi supérieure ou interne du pubis ; il sort

.(i) Voy. p. 428 et 409.

d'anatomie comparée, 433

du bassin, tout à côté du précédent , devient complètement tendineux au bout d'un court trajet, puis redevient charnu, forme un ventre inférieur, grêle et plus long, qui se continue, au moyen d'un tendon, avec l'extrémité inférieure de la face antérieure de l'extenseur profond.

Il a beaucoup de ressemblance avec le muscle qui a été décrit chez les grenouilles et les chélonienSy particulièrement les chélonèes .

. 10° 11 naît de l'extrémité antérieure de l'iléon un autre muscle plus considérable que le précédent , dont il est largement séparé par le grand psoas ; ce muscle passe sous le précédent, et se dirige obliquement en dedans et en bas , où il s'unit aussi au tendon de l'extenseur profond.

A en juger par sa direction et son origine, le dernier muscle serait aussi le couturier; mais cela ne s'accorde pas avec sa position sous le muscle précédent , qui , par son origine et ses rapports avec l'extenseur profond , paraît être le droit de la cuisse.*

11 est à remarquer, du reste, que quelquefois,dans l'espèce humaine , ces deux muscles manquent, d'autres fois sont doubles, par anomalie.

Les quatre muscles qui viennent d'être décrits sont remplacés, chez les iguanes^ par un seul, qui est presque aussi volumineux que les quatre réunis.

Les autres extenseurs sont , dans ce genre ,

lire fortement en dedans. Il est plus large cliez les iguanes^ et prend son insertion un peu plus haut.

8° Chez le crocodile , le bord antérieur de l'ischion donne naissance , tout à côté de son extrémité externe, à un muscle volumineux, séparé du précédent par l'abducteur antérieur de la cuisse et par le pectiné , qui descend le long du côté interne de la cuisse , et qui , vers son extrémité inférieure , se convertit eu un tendon grêle.

Ce tendon , cheminant dans une gaîne que lui forme l'aponévrose jambière, se porte en dehors et en bas, en s'éloignaut de l'articulation du genou ,pour aller se continuer, en dehors et en haut à la jambe, avec le muscle précédemment décrit (i).

Ce muscle étend principalement la jambe et à la fois le pied ; il les porte, en outre, un peu en dedans.

Il manque aux iguanes et aux autres sauriens.

90, 10° et 1 1° Il existe , en outre , trois ecrtenseurs, deux qui sont superficiels et un profond : les premiers sont beaucoup plus longs , mais plus minces que le profond.

9° L'extenseur superficiel interne vient de la paroi supérieure ou interne du pubis ; il sort

.(I) Voy. p. 428 et 429.

d'anatomie comparée.

du bassin , tout à côté du précédent , devient complètement tendineux au bout d'un court trajet, puis redevient charnu, forme un ventre inférieur, grêle et plus long, qui se continue, au moyen d'un tendon, avec l'extrémité inférieure de la face antérieure de l'extenseur profond.

Il a beaucoup de ressemblance avec le muscle qui a été décrit chez les grenouilles et les chélonienSy particulièrement les chélonées .

. 10° 11 naît de l'extrémité antérieure de l'iléon un autre muscje plus considérable que le précédent , dont il est largement séparé par le grand psoas ; ce muscle passe sous le précédent, et se dirige obliquement en dedans et en bas , où il s'unit aussi au tendon de l'extenseur profond,

A en juger par sa direction et son origine, le dernier muscle serait aussi le couturier; mais cela ne s'accorde pas avec sa position sous le muscle précédent , qui , par sou origine et ses rapports avec l'extenijcur profond , paraît être le droit de la cuisse.*

11 est à remarquer, du reste, que quelquefois, dans l'espèce humaine , ces deux muscles manquent, d'autres fols sont doubles, par anomalie.

Les quatre muscles qui viennent d'être décrits sont remplacés, chez les iguanes^ par un seul, qui est presque aussi volumineux que le,s quatre réunis.

Les autres extenseurs sont , dans ce genre ,

TRAltÉ GÉNÉRAL

A. Muscles du tarse ei du inéiatarsa.

, a. Batraciens.

K. Batraciens urodèles.

Le pioiée ofïre deux extenseurs du pied.

1° L'inlerne, un peu plus' grand que l'autre, s'étend du péroné à la face dorsale du pied», se partage au commencement du métatarse en deux courts tendons , qui s'insèrent h. la base des deux os métatarsiens.

2° Le second, qui est antérieur, prend naissance , en haut au péroné , en bas au tibia , et se rend au bord antérieur du tarse.

3° Un fléchisseur du pied^ qui est plus plat et plus large , s'étend de l'extrémité inférieure du fémur au tarse et au métatarse.

Les salamandres et les tritons ont une disposition analogue ; mais leurs muscles son( plus grands et plus épais.

Le fléchisseur externe commun des orteils est cependant beaucoup plus volumineux , à cause du nombre des orteils , qui est plus considérable ; il vient du péroné , et, en outre, du condyle externe du fémur.

d'an atomie; comparée . 4^ 7

Le llécliisseur iulcrne et antérieur est surlout plus épais, et naît de tout le tibia.

p. Batraciens anoures.

Le pied est soulevé en avant par. piusieuyfî muscles , que l'on peut diviser eu élévateurs supérieurs ou grands , et en élévateurs infé^ rieurs ou petits.

Le plus grand des élévateurs supérieurs naît de la partie antérieure de l'extrémité inférieure du fémur, entre les deux coudyles , par un tendon loug et plat; en bas il s'élargit- et arrivé vers la, partie moyenne de la jambe, il se divise en trois ventres, dont l'interne s'attache à l'extrémité supérieure de la face interne de l'astragale; les deux autres se fijcent , l'externe tout à côté du ventre moyen, à l'extrémité supérieure de la face externe du calcanéum.

C'est très-vraisemblablement le grand extenseur commun des orteils.

Dans les genres pipa^ rainette et crapaud^ la tête externe est entièrement séparée, et constitue un muscle propre , qui est très-mince chez le pipa et fort épais chez la rainette; elle est , dons la dernière , plus épaisse que la tète interne du muscle.

2° \J éléçateur interne , q^ui est beaucoup plus petit, provient des deux tiers inférieurs du côlé externe de la jambe, passe sous la tête interne du muscle précédent, et s'insère, immédiatement en avant d'elle , au côté interne de l'astragale.

C'est le muscle tihial antérieur.

3" JJéléçateur inférieur^ couvert de l'aponévrose du premier et de celle de l'extenseur de la jambe, part du côté antérieur, de la malléole externe, se porte en dedans , et aboutit à la moitié inférieure du côté antérieur de l'astragale , en recouvrant la majeure partie de la face antérieure du tarse.

Il représente le muscle péronier.

4*^ et 5° 11 y a deux ahaisseurs ou extenseurs du pied., dont le plus grand, qui esx. superficiel., fléchit à la fols les orteils , parmi les muscles desquels il sera décrit.

Uabaisseur profond est beaucoup plus petit; il naît de tout le côté postérieur de l'os de la jambe , se dirige en arrière et en dehors de r^articulation tibio - tarsienne , dans une petite gouttière propre de cet os, et se rend à l'extrémité interne du tarse.

Il est vraisemblable que c'est le tibial postérieur.

6° Le côté postérieur et le bord interne du grand os externe du tarse donnent naissance à un muscle considérable , qui se porte en de-

d'ANATOMIE CfOMPARÉE.

dans, au petit os tarsien le plus interne; il lire le bord interne du pied en bas et en dehors, et par là rend le pied creux.

Il correspond probablement à Vadducteui' du groj orteil.

70 Les os métatarsiens sont, en outre , rapprochés et éloignés les uns des autres par des muscles quadrilatères , minces et larges , qui sont situés en arrière de ces os et entre eux.

b. Cbéloniens.

• Les muscles des différentes fractions du pied des chéloniens sont confondus plus ou moins entre eux, de manière qu'ils appartiennent, en partie, à tout le pied.

1° Uélévateur interne et supérieur du pied, qui ejjt long , se sépare , par un tendon fort et plat, en avant, du condyle externe du fémur, descend en dedans en s'élargissant , et s'insère aux os métatarsiens ou aux phalanges de tous ' les orteils.

Le plus volumineux, mais aussi le plus simple, se rencontre chez les tortues; ily va, sansse bifurquer, à la première et à la seconde phalanges des orteils.

Les chélonùes se placeut après les tortues ,

SOUS le rapport de la compositioD de ce muscle , qui , chez elles , est au maximum de petitesse.

Il s'y .divise, non lôiu de son origine, en trois têtes : l'antérieure, qui est la plus petite, se confond avec le court extenseur commun des orteils, et s'insère au premier os métatarsien j la seconde , arrivée au métatarse , se partage en deux tendons qui s'attachent à la seconde phalange des deux premiers orteils ; la troisième tête s'insère au milieu environ du métatarsien du troisième orteil.

Les émjdes offrent la disposition la plus complexe.

Le muscle détache, presque à son origine , un ventre propre , antérieur et allongé , qui se termine à la première phalange du premier orteil. Le reste du muscle , qui en forme la majeure partie, se rend aux cinq orteils, çt se divise , au métatarse , en une couche supérieure et une inférieure , dont la première appartient aux phalanges, la seconde aux métatarsiens.

.Ce muscle représente , sans contredit , le -long extenseur commun des orteils.

2° En dehors et au-dessus du muscle précédent il naît, en bas, du côté externe du fémur, un second élévateur, Veocterne : celui-ci s'attache au dernier os de la première rangée du tarse et au bord externe du dernier métalar^ sien ; il tourne le pied en dehors.

u'anatomie comparée. 441

Daus les ckélonées il est court et très-faible : supérieurement il commence par un tendon grêle et long; inférieurement il est partagé en deux tendons distincts.

Il est beaucoup plus fort chez les émjdes ; son volume cède même peu au premier; il naît également en haut par un tendon grêle.

Dans les tortues il est bien plus grand encore ; il est même plus développé que l'élévateur interne du pied.

5° Un troisième élévateur du pied , qui est inférieur, se détache du côté antérieur du péroné , se dirige entre le premier et le second élévateurs , et se rend à la base du cinquième métatarsien.

Il est plus faible chez les chélonées; mais il provient de tout le côté antérieur du péroné, et va aux quatrième et cinquième métatarsiens. Il est beaucoup plus fort dans les émjdes et plus encore chez les tortues^ quoiqu'il s'étende seulement de la moitié inférieure du péroné au cinquième métatarsien.

4° Enfin, le bord antérieur et une partie'du côté interne du tibia fournissent un muscle qui s'insère au bord antérieur du tarse et au premier métatarsien.

11 élève égal^ent le pied , mais en même temps il fait tourner la plante un peu en dedans.

C'est le tihicd antérieur.

Daî3s cet ordre , les extenseurs du pied sont aussi confondus avec les fléchisseurs des orteils : il convient, par conséquent, de les étudier avec les muscles des orteils.

5<* Au-dessus de l'extenseur du pied et plus bas que le muscle poplité (i) , on voit naître , en outre , de la moitié inférieure du péroné et du tibia , un deuxième muscle qui va au bord libial du tarse , et à la base du premier métatarsien. 11 tire le pied en bas , en dedans et en arrière , et représente certainement le tibial postérieur.

c. Sauriens.

1» Le crocodile offre un élévateur on fléchis-, seur commun du pied, qui est considérable et occupe tout le côté antérieur de la jambe.

Il naît, par une tête, en liaul; et en avant, du tibia, et par une seconde, de la partie antérieure du condyle externe du fémur. La première tête, se partage inféricuremcnt en un tendon , qui s'insère à la base du premier os du métatarse, et en un ventre qui s'unit à la icle externe pour constituer avec lui un teudonî4[ui s'attache au second métatarsien.

(1) Voy. p. 417.

d'anatomie comparée. 443

La tête externe se divise en trois tendons pour les deuxième , troisième et quatrième orteils , dont le dernier est très-petit.

Dans les iguanes, ce muscle s'est partagé en deux , qui sont distincts.

L'interne, qui représente \e. tibial antérieur, est épais et fort long; il s'isole, par un tendon court et large , des côtés antérieur et interne du tibia , et va s'attacher, en arrière , au premier métatarsien.

L'externe, plus faible, prend naissance seulement de la partie antérieure du condvle externe du fémur, et s'insère à la base des troisième et quatrième métatarsiens.

2° Chez le crocodile il s'étend, de l'extrémité supérieure du péroné au cinquième métatarsien et à la base du quatrième orteil , un muscle entièrement charnu , qui élève le pied en avant , et tire le quatrième orteil en dehors.

Dans V iguane , le tendon de ce fort muscle s'insère au métatarsien et à toutes les phalanges du cinquième orteil.

3° Au-dessous du muscle précédent il y a , chez le crocodile , un muscle péronier plus court , qui s'étend de la partie externe et inférieure du péroné au côté externe dvi tarse, qu'il élève, et avec lui le pied.

4° Au-dessous de l'élévateur commun du

pied il se détache, en bas, du péroné, un muscle court et oblique, qui va au côté interne du pied, où il s'insère au métatarsien et à la première phalange du premier orteil j il élève également le pied, et représente incontestablement l'extenseur du gros orteil.

Il est vraisemblable que ce muscle est représenté , chez les iguanes, par un petit muscle , qui naît du quart inférieur du tibia, au-dessous du muscle tibial antérieur, et qui se fixe, immédiatement en arrière de ce muscle , au premier os du métatarse.

Dans cet ordre , Vextenseur da pied est mieux séparé des fléchisseurs des orteils que nous ne l'avons vu jusqu'ici.

Dans le crocodile , du moins , le grand extenseur se subdivise en deux autres.

5« Le plus long et le plus superficiel prend son origine seulement du condyle externe du fémur /région dans laquelle il est aussi uni à l'extrémité inférieure du tendon du pyramidal de la cuisse , ainsi qu'à celui du fléchisseur externe et inférieur de la jambe : il est large, ;épais, charnu dans une longue étendue; il fournit Uni fort tendon d'abord au calcanéum, puis un autre, large cl mince, au fléchisseur superficiel des orteils, avec lequel ce tendon se confond tout-à-iait.

6° Le second,qui est situé seulement à la jam-

d'anatomie comI'arée. 445

be , le muscle soléaire , est , chez le crocodile , entièrement séparé du précédent 5 il est situé au-devant de lui, et vient de tout le péroné; sa partie supérieure naît aussi du tibia ; il s'insère , en avant du précédent , au calcanéum.

Dans les iguanes, ces deux muscles sont unis davantage entre eux et avec le long fléchisseur des orteils : ils sont représentés par un muscle large et mince, qui vient de la partie inférieure et interne du fémur, ainsi que du tibia, s'épanouit en une aponévrose, qui s'unit en dehors au tendon du fléchisseur des orteils, et qui se fixe, en outre, au cinquième métatar-, sien.

70 Un autre mUscle , fort et large ^ le tihial postérieur^ s^étend de la moitié supérieure dù tibia, en bas et en dedans, au métatarsien , ef. à la première phalange du premier orteil.

Chez les iguanes , c'est un muscle court t^. plat, qui naît de la moitié inférieure du tibia et du péroné , et qui s'attache à la base des trois premiers métatarsiens; il fléchit le pied avec force.

B. Muscles des orteils, a. Batraciens.

«. Batraciens urodéles.

Je ne trouve , chez le protée , à la face dorsale du pied, qu'un petit extenseur^ allongé, pour chaque orteil, et à la face plantaire un fléchisseur : ces muscles s'étendent des os métatarsiens aux phalanges des orteils.

Dans les genres plus élevés , la conformation est, au contraire, un peu plus compliquée.

1° Un fort fléchisseur commun , superficiel, vient du condyle externe du fémur et de tout le péroné, et s'élargit considérablement de haut en bas ; il reçoit à sa face postérieure, à l'extrémité de la jambe , le fléchisseur de celte partie , qui a été décrit , puis se divise pour fournir des tendons à tous les orteils.

2» Un fléchisseur plus profond , venant également du péroné , se porte obliquement au bord antérieur et interne du métatarse , qti'il fléchit , et le fait tourner sur son axe , en bas.

d'anatomie comparée. 447

5° Il y a, en outre, des muscles iuterosseux, qui vont des os métatarsiens aux premières phalanges ; ils rapprochent ces os les uns des autres.

§. Batraciens anoures.

I» Un extenseur interne ,* plus court , qui suit immédiatement l'élévateur inférieur du pied, va de la moitié inférieure de la face antérieure du calcanéum au côté interne du pied, et s'insère, par des tendons grêles, à la base de la première phalange des quatre premiers orteils.

2° Un extenseur externe , plus long , mais beaucoup plus mince , se sépare de tout le calcanéum , et' s'attache en partie , en arrière , au cinquième métatarsien , en partie aussi à la première phalange du cinquième orteil , au moyen d'un petit ventre charnu.

5° Sous les muscles'précédens il s'en trouve d!au,tres , allongés, qui naissent les uns de la partie la plus antérieure du Tarse , les autres de la face latérale des métatarsiens , et qui s'attachent, par de longs tendons , aux deux côtés de toutes les phalanges des orteils ; ils étendent les orteils ou les tirent de leur côté.

4° Le lojig extenseur commun du pied ei le fléchisseur des orteils, réunis, forment un muscle qui naît, par un tendon fort et large, du côté postérieur du fémur, entre les deux condyles ; il est uni , en dehors et en haut, par un fort tendon, à l'extrémité inférieure de l'extenseur de la jambe. Vers l'extrémité inférieure de ce dernier il se convertit en un tendon plus long et plus fort , qui renferme , dans la région de l'articulation tibio-tarsienne, un fibro-carlilage volumineux, et qûi, arrivé au tarse , se transforme en une forte aponévrose , par laquelle il s'attache à cet os, des deux côtés, mais surtout au côté externe.

Au commencement du métatarse, cette aponévrose se divise en cinq fortes languettes . qui vont jusqu'aux phalanges unguéales de tous les orteils , et qui meuvent avec force chacun des orteils en entier.

Plusieurs ventres charnus prennent leur insertion sur ce tendon , en avant de l'extrémité inférieure de l'os de la jambe et de tout le tarse.

Le plus fort , le plus superficiel et le plus externe de ces ventres , vient de l'os de la jambe.

Son tendon postérieur donne naissance à tin ventre interne plus petit , qui s'attache à tout le bord interne de l'expansion aponévrotiquc du ventre supcdiciel.

d'anatomie comparée. 449

Entre les deux derniers naît également, du même tendon postérieur, un petit ventre, qui s'insère au côté postérieur de l'astragale, et qui ne fait que tirer le pied en arrière.

Un faisceau carré, très-petit, part, au contraire, de l'extrémité inférieure du premier tarsien, externe, et se dirige transversalement à l'aponévrose palmaire.

Il y a au métatarse , à la face supérieure du long tendon des quatrième et cinquième orteils , de petits ventres charnus qui renforcent ce tendon.

On voit se détacher , en outre , de la face supérieure des tendons plantaires , des ventres charnus plus forts , qui vont à la première phalange des orteils.

Les premier, second et troisième orteils , eu reçoivent un : les deux orteils externes recoivent chacun deux de ces muscles.

11 s'y joint d'autres muscles semblables, venant des os métatarsiens : ce sont des interosseux inférieurs , qui s'unissent aux précédens, au commencement des phalanges.

Sans parler d'autres variétés peu saillantes, le pipa offre la particularité curieuse que le tendon du muscle commun, qui nous occupe, contient, dans la région de l'articulation tibiotarsienne , un os considérable, ayant la forme d'un carré long, et dont il a déjà été fait men -

45o • TRAITÉ GÉNÉRAL

tionî('ff). : É)ès rbcherclves réitérées m'ont convaiucii que eet os n'existe pas dans les autres genres, même chez les individus très-vieux.

On trouve enfin à toute la face inférieure des 'première et seconde phalanges des orteils , tout à côté l'un de l'autre, deux petits fléchisseurs-allongés , qui s'attachent, en avant, par un tendon moyen et court , à la base de la phalange qui vient immédiatement après.

b. Chéloniens.

1° L' extenseur commun des orteils, que l'on peut aussi nommer court extenseur, par opposition avec le long extenseur des orteils ou élévateur interne et supérieur du piedÇa), naît de' l'extrémité inférieure du péroné, du tarse , du métatarse, et de toute la première phalange de la plupart des orteils ; il se divise en cinq tètes, dont la première s'attache au premier métatarsien , la seconde à la phalange unguéale du premier orteil, les autres à la mê-

(1) Vol. II, p. 676.

(a) Voy. p; "439.

d'anatomie comparée. 45 1

me phalange des deuxième, troisième et quatrième orteils.

2" Le premier orteil reçoit , en outre , un court extenseur propre, qui est fort allongé, mince, couvert du second ventre du précédent muscle j il s'étend de la face dorsale du premier métatarsien en avant, et se confond avec le tendon de ce ventre.

3° Le cinquième orteil est également pourvu d'un extenseur propre , qui est triangulaire , épais et court; il naît de la face externe du péroné, et s'insère d'abord au cinquième métatarsien, puis aux phalanges du cinquième orteil : c'est un troisième péronier, qui s'est isolé chez ces animaux.

Le long fléchisseur commun dès orteils et l'extenseur du pied se confondent , comme la remarque en a été faite, et forment un muscle composé de plusieurs faisceaux , que l'on peut diviser en deux muscles.

4° Le plus petite qui est superficiel, naît, avec une tête plus longue , de la face postérieure du condyle externe du fémur, et, par deux têtes plus courtes , fort haut , des côtés antérieur et postérieur du tibia. Les dernières se portent obliquement vers le côté péronéal du pied, et leur tendon s'épanouit vers l'extrémité inférieure de la jambe en une aponévrose mince, qui disparaît vers les orteilsj c'est au commence-

ment de cette membrane que s'insère la tête qui vient du fémur et qui s'élargit en bas. Après cette réunion , l'aponévrose plantaire devient plus épaisse et se transforme en un tendon grcle qui va aux phalanges des quatrième el cinquième orteils.

Ce muscle est , par conséquent , à la fois le musclesoléaireex. le long fléchisseur des quatrième et cinquième orteils.

5° Le muscle plus grand et profond, qui est le fléchisseur commun , est de tous les muscles de cette région postérieure de la jambe le plus épais; il naît, par plusieurs têtes, du fémur, du péroné et du tarse. 11 appartient aux quatre premiers orteils.

Sa première tête, qui est superficielle et la plus grande, s'isole, par des libres charnues, de la moitié inférieure du bord externe du fémur, s'insère^ à l'extrémité inférieure de la jambe, à l'aponévrose plantaire du muscle précédent, et s'épanouit sous elle en une aponévrose forte et commune.

La seconde têLe,pluscourte, maisplus épaisse, s'étend du côté externe du péroné à la même aponévrose.

La troisième, beaucoup plus petite et fort allojigée , se fixe à la face inférieure du calcanéum, et se porte obliquement, en dedans et en avant , à la face supérieure de l'aponévrose.

d'anatomie comparée. 4^5

La quatrième têle , la plus courte et la plus profonde , qui vieut de la partie antérieure du tarse, s'unit à la tête précédente.

Le tendon commun de ce fléchisseur se divise en quatre languettes tendineuses plates, qui, du premier au quatrième orteil , augmentent considérablement de longueur, diminuent de largeur dans le même rapport, et s'étendent jusqu'à la base des phalanges unguéales.

Au point de division on voit naître de la face supérieure du tendon commun et du commencement des languettes trois muscles lombricaux allongés , qui se rendent à la première phalange des second , troisième et quatrième orteils.

60 11 existe , indépendamment de ces ^eux longs fléchisseurs, un autre court fléchisseur commun^ qui est situé au pied, au-dessus du tendon plantaire. 11 prend naissance , par cinq, têtes entièrement séparées, en avant, de laface inférieure du tarse et du tendon du muscle précédent; il s'insère par les tendons, qui s'en détachent , au bord externe des plialanges moyennes des orteils, et s'unit ici en même temps aux tendons du muscle qui précède.

7'* Sept muscles interosseuoc entourent les os métatarsiens et la première phalange des deuxième, troisième et quatrième orteils; ils s'insèrent, des deux côtés, à la base de la se-

conde phalange de ces orteils, et à la face externe de la seconde phalange du premier orteil.

8° Le gros orteil reçoit un abducteur propre, volumineux, qui naît, en partie, en arrière, de l'extrémité inférieure du tibia , en partie du commencement du premier métatarsien, et qui, en avant , se bifurque en deux têtes , dont la postérieure s'insère à la première phalange , l'antérieure à là seconde.

9° Enfin , le bord externe du tarse et le cinquième métatarsien donnent naissance à un adducteur et à un fléchisseur du petit orteil, qui vont au côté tibial des deux.premières phalanges de cet orteil.

Le description que l'on vient de lire a été faite surtout d'après les chélonées ; cependant les émjdes et les tortues offrent les mêmes conditions dans ce qu'il y a d'essentiel.

c. Sauriens.

Les muscles des orteils des sauriens sont les plus compliqués de ceux de tous les reptiles.

1° \J epctenseur commun est descendu bien bas. Chez le crocodile, il se détache, en avant, de l'astragale, un muscle à long tendon, qui se

d'anatomie comparée.

rend aux premier, second et troisième orteils , et dont les leadoiis s'étendent jusqu'aux: phalanges unguéales, ^'A >

En dehors, il vient du calcanéum un semblable muscle pour le quatrième orteil. (

2° Au-dessous de ceux-ci il en vient d'autres des os métatarsiens , deux pour chaque orteil; ils s'attachent des deux côtés à la base de la première phalange.

Chez les iguanes^ dont les orteils sont beaucoup plus développés, la conformation est bien plus complexe.

Ils offrent, à la superficie, plusieurs muscles courts, qui pour la plupart naissent des premiers os tarsiens, et dont quelques-uns viennent de l'extréftiité inférieure du péroné.

A la partie la plus interne , le calcanéum produit un muscle plus grand, qui se bifurque en une tête interne et une externe , par lesquelles il s'attache aux deux côtés du premier os métatarsien.

Il lui succède, immédiatement en dehors, un autre muscle très-petit, qui du même os s'étend à la petite moitié postérieure du second métatarsien.

Un autre plus fort vient, en dehors, du bord antérieur du calcanéum, et s'insère à toutes les phalanges du quatrième orteil.

Au-dessous , et également en dehors , iJ se

dirige un muscle allongé , qui s'étend de l'extrémité inférieure du péroné au cuboïde.

Au côté externe du muscle précédent on voit se détacher du dernier os un petit muscle allant au long muscle péronier , qui lui-même s'insère au cinquième orteil.

Sous ces muscles il én existe de profonds.

L'un deux, le plus grand, naît, par un long tendon qui se bifurque après un court trajet, de la partie interne de la face supérieure du calcanéum. Il est renforcé par des têtes inférieures qui prennent origine aux os métatarsiens. 11 appartient à toutes les phalanges des deuxième, troisième et quatrième orteils.

Un muscle interne , plus petit , provient seulement du métatarsieu du premier orteil; cet os ne reçoit rien du muscle venant du calcanéum.

Les muscles superficiels sont vraisemblablement des péroniers s urnuméra îres .

Les têtes supérieures des muscles profonds constituent le long extenseur des orteils , qui est descendu plus bas; les têtes inférieures forment le court extenseur des orteils, qui représente le tibial antérieur, grossi, et le péronier supérieur ; muscles que nous avons décrits avec ceux du tarse et du métatarse.

3» 11 existe , à la face de flexion , chez le crocodile, d'abord un court Jléchisseur com-

D'ANATOmE COMPARÉE. 4^7

mun , qui est superficiel et fort charnu ; il s'étend du calcanéum à tous les orteils, et ses tetidous sont perforés par ceux du long fléchisseur.

4° Le long fléchisseur commun des orteils nait, chez le crocodile ^^^^v une tête externe et mince, du condyle externe du fémur, et par une tête interne , plus épaisse, en arrière et en haut du tibia. Ces deux têtes ne se réunissent qu'à l'extrémité postérieure de la plante du pied, où il s'y joint une masse de chair courte venant de la profondeur du calcanéum.

5° Chaque première phalange reçoit en outre, à son côté interne, un muscle lombrical, lequel ne se détache pas des tendons du précédent muscle, mais des muscles interosseux profonds qui sont situés en-dessus.

Cette conformation est également plus complexe chez les iguanes. Le condyle externe du fémur y donne naissance à un muscle considérable, qui, arrivé vers le milieu de la jambe, se divise en une couche superficielle et une profonde.

La couche superficielle forme aussitôt un large tendon, qui est surtout destiné aux troisième et quatrième orteils.

Le tendon du quatrième orteil est perforé dans la région de la première phalangej il s'insèré par une languette longue et mince, en de-

daas , à la base de la deuxième phalange, et en outre par une languette également mince, mais beaucoup plus longue , à la face inférieure de la troisième.

Cette dernière languette lui est pourtant commune avec le fléchisseur profond : ce dernier muscle produit un tendon, qui s'unit aussitôt à cette languette, en passant par l'ouverture du tendon du muscle que nous venons de considérer.

Le tendon du troisième orteil 1° se rend à la base de la première phalange ; 2° il fournit iine languette qui se porte au second ventre musculaire de la couche profonde, forme avec lui un tendon perforé, et s'insère à la base de la seconde phalange ; 3° enfin ce tendon envoie une languette longue et mince, qui, après s'être confondue avec le tendon du troisième ventre charnu de la couche profonde, est ensuite aussi perforée, et se termine à la base de la troisième phalange.

La couche profonde de ce muscle ne devient tendineuse que dans la région du talon , où elle reçoit un ventre du calcanéum elle est destinée aux second et troisième orlells.

Elle fournit au deuxième orteil i° le niusclelombricalinterne, 2° un tendon perforé pour la seconde phalange. ' < î

Elle arrive au troisième orteil de la manière qui vient d'être, iiifliquée lors de la description

d'anatomie comparée. 469

de la couche superficielle, savoir : en produisant deux ventres courts, qui s'unissent au tendon perforé , d'abord pour la seconde phalange , ensuite pour la troisième. Ces tendons naissent, en effet, plutôt de la couche profonde que de la superficielle.

En dedans de ce muscle on voit s'isoler, au commencement du tarse , un court fléchisseur superficiel et perforé du gros orteil ; il vient de la face postérieure du tendon du muscle tibial postérieur.

Le Jléchîsseur perforant s'isole , en arrière du précédent , savoir : du condyle externe du fémur; 2° delà moitié supérieure du péroné ; 30 en bas, de la malléole externe, par une petite tête propre , transversale , entièrement séparée ; 4^ du bord ex terne du tarse , par une tête plus forte , qui s'applique obliquement en dehors à son large tendon dans la plante du pied.

Ce muscle fournit des tendons forts et longs, qui perforent les fléchisseurs superficiels de la manière indiquée , et qui sont destinés aux phalanges unguéales de tous les orteils j le tendon du petit orteil se détache bien plus haut que les autres , et encore avant la réunion de la portion plantaire du muscle.

Le fléchisseur perforant du cinquième orteil peut être considéré, en eflfet , comme un

muscle propre, qui uaîi, en haut, du condylc externe du fémur , si on fait abstraction d'une petite étendue de ce muscle, laquelle correspond à la face plantaire, où son long tendon se confond intimement avec le tendon commun.

Il se détache, en outre, delà face supérieure de ce muscle, de petits muscles lombricaux, qui voiit aux deux côtés de la base de la première phalange des deuxième, troisième et quatrième orteils.

D'autres petits ventres superficiels , entièrement séparés des derniers , naissent du tendon plantaire commun du fléchisseur perforant j ils se rendent à l'extrémité postérieure du tendon perforé, long et mince, du fléchisseur superficiel : ils sont produits, par conséquent, aussi par ce muscle.

11 y a dans la plante du pied plusieurs petits muscles, qui sont situés sous ces fléchisseurs communs , c'est-à-dire plus près des os métatarsiens.

Le premier orteil reçoit , indépendamment du fléchisseur superficiel, encore d'autres muscles, savoir :

et 2° Deux petits fléchisseurs, dont le profond est beaucoup plus petit que le superficiel ;

3« Un court adducteur, qui est considé-. rable j

d'anatomie comparée. 461

4" Un abducteur très-pelil.

"Parmi les autres orteils , les trois du milieu sont pourvus par un muscle commun, qui vient de l'os cuboïde et. de la base du quatrième métatarsien -, ce muscle se divise en quatre languettes , qui s'insèrent , en dehors, à côté de la base de la première phalange , et qui lurent l'orteil en dehors.

L'adducteur propre du pouce n'est, en effet, que la partie antérieure de ce muscle, qui est seulement un peu mieux séparée.

6° Dans la profondeur, toute la rangée antérieure des os tarsiens et le métatarse produisent des muscles qui vont aux os métatarsiens j ils s'insèrent à la face inférieure de ces os et les fléchissent.

Dans les iguanes, de semblables muscles se détachent du deuxième et troisième orteils ; ils vont d'un métacarpien à l'autre et les rapprochent.

Mais on trouve dans ce genre de longs et forts llgamens fibreux , qui s'étendent des os métatarsiens à la première phalange de l'orteil voisin, et qui limitent l'écarlement trop considérable des orteils.

Le quatrième orteil ne reçoit pas de semblables muscles.

Ce même orteil, le deuxième et le troisième, reçoivent, en revanche, des muscles lombricaux,

qui sont fortement intriqués avec ceux-là , et qui s'insèrent au côté externe de la première phalange.

Le muscle lombrical du quatrième orteil est surtout fort et libre; il envoie à la seconde phalange du cinquième orteil un petit tendon, qui le fléchit et le tire en dedans. La partie du muscle qui, aux autres orteils, se rend aux os métatarsiens, est ici. plus forte et plus libre : elle constitue un iléchisseur propre du quatrième orteil, à la première phalange duquel il s'insère.-

Page 1