‹ Traité général d'anatomie comparée [electronic resource] (volume 3)Chapitre 64 sur 81 · I . Muscles de la Cuisse · texte numérisé non relu

I . Muscles de la Cuisse

Les muscles de la cuisse des mammifères sont nombreux ; la plupart sont courts et larges

d'anatomie compauéc. 355

d'autres ont une longueur très considérable. On peut y trouver des élévateurs y des rotateurs en dehors , des Jléchisseurs qui sont à la fois des rotateurs en dedans , et des adducteurs.

1 . Le grand fessier, ou mieux fessier externe, est très faible dans les solipèdes j il égale à peine la douzième partie du moyen fessier; situé plus en avant, il vient seulement delà partie antérieure du bord supérieur de l'iléon , niais il n'est pas aponévrotique dans une grande partie de son étendue, comme l'avance M. Cuvier (i).

Le fessier externe des ruminans est, toute proportion gardée , plus fort, mais toujours moindre que le moyen ; il se détache de l'iléon , du sacrum et du coccyx^ se rend au fémur fort au-dessous du grand trochanter, où il se confond avec l'extenseur externe et profond de la jambe. Il reçoit, vers son extrémité inférieure, un fort tendon du tenseur de l'aponévrose crurale, et se convertil lui-même en un tendon considérable qui se continue le long du bord supérieur du fléchisseur péronéal de la jambe j il arrive ainsi à la partie supérieure du tibia, et sert à renforcer la flexion de la jambe.

Il est plus considérable encore dans le co-

(i) Leçons, l , 357.

chon y ow il» est le plus grand des trois fessiers.

Le daman est le premier qui présente un fessier externe très volumineux , aponévrotique à sa partie supérieure, charnu à l'inférieure. Il recouvre tout l'iléon, et est partagé en deux moitiés, dont la supérieure vient de la crête iliaque et du sacrum, l'inférieure se détachant de la branche descendante de l'ischion. Leur tendon commun^ qui va au condjle externe du fémur , au tibia et à la rotule , recouvre toute la face externe de l'os de la cuisse.

A coup sûr ce muscle n'est pas seulement le fessier externe ; s'il en présente la partie externe, il correspond aussi au tenseur de Taponévrose crurale , et principalement par sa moitié inférieure , au fléchisseur accessoire de la jambe, puisqu'il existe sous lui un très grand muscle quadrilatère , qui s'étend jusqu'à la moitié inférieure du fémur, et que l'on trouve, en outre, les autres muscles fessiers.

Chez Vornilhorhjîiqiie y il est très grand, triangulaire , et tire son origine de l'iléon , du sacrum et des premières vertèbres du coccvx ; il passe derrière le fémur, pour aller s'attacher à la plante du pied; dans le mâle, il s'insère aussi à l'os qui supporte le dard ou aiguillon envenimé.

Dans \e fourmilier' , sa forme est quadrilatère; sou insertion a lieu au sacrum et aux vertèbres coccygiennes les plus supérieures; il passe par-

d'anatomie compabée. 555

dessus l'iléon , et occupe presque tout le bord externe du fémur.

Chez Vaïy il a la forme d'un triangle alongé , et s'étend du sacrum au milieu de l'os de la cuisse, dans une directiun tout-à-fait tranversale.

Dans l'un et l'autre g"enre, il remplit exclusivement les fonctions de rotateur en dehors.

Le fessier externe de la marmote est grand et très large , mais beaucoup plus mince que les deux autres; il se rend à la face externe de l'aponévrose crurale, et s'insère, au-dessous de la crête ou ligne âpre externe , au condyle externe du fémur; cette insertion a trois lignes d'étendue»

Il est recouvert, en partie, par un muscle alongé, qui s'étend des épines des vertèbres supérieures du coccjx, àl'avant-derniersixième du condyle externe ; il est probable qu'il fait partie du fessier externe.

11 est très grand dans le porc-épic , et descend jusqu'à la rotule et au tibia.

Il est également considérable dans le castor et V agouti; mais il va seulement à la saillie très forte, située au-dessous du grand trochanter.

Chez Vécureuil, il se s'étend pas beaucoup au-dessous du trochanter.

Dans le kangurou, le fessier externe est beaucoup plus petit que le moyen; il se détache, en haut , de la pointe de l'iléon , et , en arrière, du sacrum , pour aller s'attacher au grand tro-

356 TKAITÉ GÉWÉRAL

chanter. Il existe derrière lui un autre muscle auquel il adhère, qui naît par deux ventres, en avant, des vertèbres sacrées postérieures, en arrière, dés vertèbres antérieures du coccyx; c'est peut-être une partie du fessier externe, qui a pris un développement plus considérable que de coutume. Les deux ventres de ce muscle se confondent vers l'extrémité antérieure de la cuisse, ets'insèrentaucondyle externe du fémur.

Les sarigues ont une disposition analogue; mais, chez eux, la partie supérieure du muscle est proportionnellement plus grande que l'inférieure ; elle est tout-à-fait simple , et s'étend, seulement des vertèbres supérieures du coccjx, à la région moyenne de l'os de la cuisse.

Le fessier externe des carnassiei's est, en général , plus mince que le moyen fessier ; mais il est aussi divisé en deux.

Cette division est très distincte dans Vhjène et le coati.

Le raton ne m'a pas ofFert cette disposition.

Dans le phoque ^ le ventre supérieur est considérable proportionnellement au fémur; l'inférieur, beaucoup plus grand, s'insère, en partie, au-dessous du premier^ au condyle externe du fémur, en partie^ à plus de la moitié supérieure du tibia.

Le fessier externe des chauve-souris est très grand , triangulaire , tout-à-fait transversal ; il occupe la moitié de la cuisse.

i>'a»àtomie comparée. 357

Dans les loris, il est simple, grand, mais mince ; il va seulement au tiers supérieur du fémur, à partir de la base du grand trochanter.

Dans les makis proprement dits, il est très grand, se rend à toute la longueur du fémur, et peut être divisé facilement en deux chefs ^ dont l'un, supérieur et triangulaire, naît du sacrum et de l'iléon; l'autre chef, qui est plus long, mais plus étroit, vient des vertèbres antérieures du coccjx.

Dans les singes, il est simple, très petit, quoique encore considérable; le plus souvent, il est uni étroitement au tenseur de l'aponévrose crurale. Dans plusieurs espèces, par exemple , le magot y il est aponévrolique dans une longue étendue, plus grand^ mais aussi plus mince que le moyen fessier et même que le fessier interne. Dans quelques-uns, par exemple, le ooaïta, il va seulement au grand trochanter; chez d'autres, tels que le magot j le tamarin Çsimia midas) , le saï , le papion, le callitJ'iche et le macaque (simia cjnomolgus) , il s'insère à la ligne âpre^ au-dessous du grand trochanter; enfin il se perd, en partie aussi ^ dans l'aponévrose crurale.

Cette dernière conformation forme le pas-r sage de celle des makis à celle des singes.

Dans Vhomme, le fessier externe a une épaisseur énorme ; c'est le plus grand muscle du corps. Il naît uniquement, en haut, de l'iléon, du

TIIA.ITÛ GÉKÉRAL

sacrum et d<3S Jig-aments latéraux inférieurs du bassin ; il s'insère, en bas, au grand trocbanter et à la ligne âpre.

Son volume considérable chez l'hommé , et sa petitesse chez les animaux font présumer que le muscle postérieur, plus superficiel que nous avons signalé dans la plupart des mammifères, fait réellement partie du fessier externe qu'il est monté plus haut chez l'homme, et s'est concentré davantage, afin de rendre le fémur plus libre et de fournir un appui plus solide au tronc dans la station verticale , tandis que dans la station quadrupède , il était plus convenable que le muscle se divisât et s'attachât à toute la longueur du fémur et même du tibia.

Les parties postérieures et isolées de ce muscle ont été décrites dû reste dans les reptiles et les oiseaux , où elles constituent davantage des muscles propres (i).

2. Le fessier mojen vientde la région moyenne de la face externe de l'iléon , et se fixe au côté externe du grand trocTianter.

Il est ordinairement plus grand , surtout plus épais que l'externe , dans le cas où le muscle postérieur dont il a été question , n'est pas compris avec le fessier externe.

(i) Voyez vol. V, pag. 428 , 4^9 4^4 > cl dans ce volume les pages 88 et 89.

d'anatomiil comparée. 359.

Celle disposilicn se remarque particulièrement dans le cheval, où il est pour le moins douze fois plus grand que le fessier externe ; il prend naissance non-seulement à l'iléon , mais encore au sacrum, où une partie du fessier externe semble s'être jpinte à lui; il s'insère au grand trochanter , et en outre par un petit faisceau, à la partie inférieure du fémur.

11 est également' volumineux dans les riiminans, mais non dans une aussi grande proportion ; il s'étend directement de l'iléon au grand trochanter.

Dans le poix et le daman , il est plus petit que l'externe , plus grand que l'interne.

Chez y ornithorhjnque , il est de tous les fessiers le plus petit.

Dans le fourmilier il est alongé et plus petit que le fessier externe ; chez Vaï il est aussi grand que lui et affecte une direction verticale.

Dans les ro/igeurs , il est plus épais , mais plus petit que le grand fessier seul.

Le moyen fessier de la plupart des carnassiers est plus épais et plus grand que l'externe ; chez le coati et le raton, il a le même volume que lui. Dans le phoque jdiXX contraire , il lui est inférieur en volume , lors-même que l'on fait abstraction du ventre postérieur du grand fessier.

Dans les chauve-souris, le moyen fessier est bien plus petit, mais plus épais que l'externe.

56o TRAITÉ GÉNÉRAL

Les quadrumanes n offrent \)3ls tous le même rapport entre ces deux fessiers.

Dans les loris et les makis , le mojen fessier est très long et beaucoup plus épais que le grand; mais il n'est ni aussi long- , ni aussi large que lui. Le marikina {s. rosalin) , le saï et le saïmiri ( s. sciurea) oârent le même rapport.

Dans le coaïta , le papion et le callitriche , il est au contraire plus épais et plus étendu que le fessier externe.

3. Le petit fessier, ou fessier interne, ou ù'oisièmefessier , est presque toujours de beaucoup le plus petit ; il est recouvert du second , el se détache, en avant, de la face externe de l'iléon, et de la partie voisine de l'ischion ; il s'insère en haut au grand trochanter.

Dans les fourmiliers et les paresseux , il m'a été impossible de le séparer du moyen fessier.

Quoiqu'il soit généralement le plus petit des fessiers, il y a pourtant quelques animaux , nota.mmentle' cheval, où il est deux fois plus grand que lé fessier externe, bien qu'il soit beaucoup plus petit que le moyen.

II est moindre dans les ruminans^

Il y est divisé , ainsi que dans le kaîigurou , en une moitié postérieure, plus grande, et une antérieure plus petite ; ce qui semble encore venir à l'appui de l'opinion émise relativement ^lu grand fessier.

Pans Vours , il sç confond presque en entier

d'anatomte comparée. 36 l

avec le pyramidal de la cuisse , dont il est sépare dans les autres carnassiers eng-énéral.

Dans les makis et les singes , il est surtout petit et tout-à-fait transversal ; il vient uniquement de l'ischion.

Il manque aux chauve-souris ; le muscle que M. Guvier (i) a pris pour le petit fessier de ces animaux est évidemment, par sa position et son insertion , le muscle iliacjuè.

4. Le pyramidal de la cuisse est un petit muscle ayant la forme d'un carré long ; il sort du bassin , derrière le moyen fessier , en se détachant de la région moyenne du sacrum et de la région postérieure de la crête iliaque -, il s'insère en haut , à la face interne du grand trochanter.

Il manque dans le cheval j ou est confondu avec le fessier moyen. La partie postérieure de ce muscle , qui lui correspond , semble en effet se distinguer par un tendon propre. Mais il y a , en outre, entre le petit fessier et les jumeaux, un muscle parfaitement carré, bien plus grand que les jumeaux; cemuscle s'étend du milieu de l'iléon à la face interne du grand trochanter; où il s'attache en avant du fessier moyen.

Dans les m77z//z<z/2^, le muscle pyramidal est séparé, mais très petit.

Je ne l'ai pas trouvé dans le cochon, tandis qu'il est volumineux chez le daman.

(i) Leçons , I , SSg. /

Il est distinct et considérable dans Vomàhorhjîique et VaL

Il est plus petit daas les rongeurs - plus grand chez plusieurs carnassiers; ainsi, par exemple^ dans Vhjène et le raton, il est plus considérable que le- petit fessier. Je ne l'ai pas trouvé dans Vours et le coati.

Ce muscle manque aux chauve-souris , suivant M. Cuvieî (i); on y voit pourtant se détacher de la partie inférieure de l'ischion et de la première vertèbre du coccyx , un muscle long et grêle, se rendant au fémur^ un peu audessus de son milieu , et qui ne peut guère être autre chose que le pyramidal de la cuisse. •

Dans les makis , il est simple , très grand et très large.

Le magot et le coaïla , parmi les singes, ne me l'ont pas oflPert ; il est , au contraire , fort développé dans le callitriche, le papion, Xouis^ titi ordinaire et le sai.

Il est surtout très fort dans le dernier.

Il existe ordinairement chez Vhomme.

Nous devons parler ici d'un petit muscle propre, que j'ai trouvé, des deux côtés du corps , chez V hyène ; ce muscle est alongé et distinct de tous les autres qui, existent aussi dans cet animal. 11 s'étend , sous le petit fessier, du pourtour externe de la cavité cotyloïde, au milieu de la ligne âpre ( trochantérienne ) anté-

(i) Levons , l , SSg.

d'anatomte compauéi:. 7)60

rieure; il concourt à fléchir cuisse et à la rouler en dehors.

5. L'obturateur interne \ient de l'intérieur du bassin, en dedans du commencement du trou dit obturateur; il contourne, en arrière, la branche descendante de l'ischion, sous un angle droit, et s'attache , au-dessous du précédent muscle, par un fort tendon , au milieu de la face interne du grand trochanter.

Il faut compter avec ce muscle les jumeaux, qui naissent de la branche descendante de l'ischion, au-dessus et au-dessous de son tendon qu'ils accompagnent, et avec lequel ils prennent leur insertion.

L'obturateur interne et les deux jumeaux , réunis, existent dans lessolipèdes et les ruminans; mais ils y sontfaibles. Dans les ruminans , particulièrement chez le dromadaire ^ le jumeau inférieur est très fort , presque autant que l'obturateur.

Le cochon ne m'a pas présenté l'obturateur interne, bien que les jumeaux j existent et que tous ces muscles se rencontrent dans le daman ,où les jumeaux ne font qu'un avecl'obturateur interne.

Dans V ornithorhjncjue , on ne trouve ni obturateur interne, ni jumeau.

Il existe dans Vaï, parmi les édentés

(i) Sùsemûhl prétend qu'il lui manque. Voyez son Mémoire intitulé : De Musculis in extrcmitat. hradypodis tridaclyli. Bcrol., iBi5, p. ao.

mais il a quille sa place et esl devenu deuxième obturaleûr externe , plus petit que l'obturateur externe ordinaire, au-dessus duquel il est situé; son tendon se dirige en dehors, non en arrière mais en avant de la branche descendante de l'ischion.

Les fourmiliers offrent la même disposition ; l'une et l'autre espèce de ce genre n'ont qu'un jumeau , mais il est considérable.

Les rongeurs ont l'obturateur interne et les deux jumeaux.

Il n'y a point de trace de ces muscles dans le kangiu'ou. Ils existent , au contraire , dans les sarigues ^ les carnassiers , les quadrumanes et Y homme.

Les carnassiers et V homme ont généralement les deux jumeaux.

Le jumeau supérieur manque dans les loris, le magot et le coaïtaj mais il semble être remplacé par l'inférieur qui est bien développé.

Chez les autres , surtout les makis et parmi les singes, chez le papion et le marikina, ainsi que chez V homme, les jumeaux sont forts tous les deux.

Dans quelques mammifères , surtout chez y homme, dans la plupart des singes que j'ai examinés, dans \es makis, Vours, \e raton eV Vhjène, le tendon du muscle obturateur interne en contournant la branche de l'ischion, forme cinq ou six plis , dont la forme ne manque pas de ' jj^râces, qui sont très forts , situés transversale-

d'anatomie comparée. 365

ment et immédiatement les uns au-dessus des autres. Il est vraisemblable que cette conformation est très générale.

Dans les makis, un fort trousseau musculaire propre^ s'ajoute à cet obturateur, après s'être détaché de la face antérieure de la première vertèbre sacrée.

6. Le muscle qui suit immédiatement en arrière est le caiTe de la cuisse , qui remplit les fonctions de rotateur en dehors ; c'est un muscle transversal considérable, qui, partant de la tubérosité ischiatique et d'une partie de la branche descendante de l'ischion, se rend à la face postérieure du fémur ^ dans la région comprise entre le grand et le petit trochanter.

Il semble manquer dans le cheval.

Il est faible et fort alongé dans les ruminans et les cochons.

Dans le daman, au contraire, je l'ai trouvé volumineux.

Il constitue un muscle propre dans Vornithorhjnque.

11 est volumineux aussi dans Vaï.

\j.Çi fourmilier ne l'a pas.

Parmi les rongeurs , il est très fort dans la mannote , faible dans le porc-épic , comme le sont tous les rotateurs en dehors de la cuisse de cet animal.

Dans la marniote et le kangurou , il est très obliquement dirigé et s'attache si bas ^ qu'il

qu'il abaisse la cuisse plus qu'il ne la fait rouler en dehors.

Ce muscle a la même direction dans les carnassiers et les quadrumanes ; il est surtout développé dans les derniers.

Chez y homme , il affecte une direction plus transversale.

7. U obturateur externe est le plus fort des rotateurs en dehors ; il se détache de la face antérieure du bord du trou obturateur et de la membrane obturatrice ; il se porte en arrière et en dehors à la face postérieure du fémur, où il s'attache immédiatement au-dessous de l'obturateur interne.

Il ne présente pas de différences dignes de remarque.

Tous les muscles, au reste, que nous venons de décrire, sont , dans la plupart des animaux , en même temps un peu abaisseurs de la cuisse ; en effet , ils ne se portent pas aussi directement en dehors que chez l'homme ; ils se dirigent , au contraire , plus obliquement de bas en haut et d'arrière en avant.

8. J'ai trouvé, chez le porc-épic, un muscle propre, petit, mais surtout mince , qui^ des apophyses transverses des vertèbres coccygiennes antérieures s'étend au condyle interne du fémur, os qu'il lire en arrière et en dehors. C'est peut-être la partie postérieure, grossie, du pyramidal de la cuisse , muscle dont la partie

d'anatomie coMPAnÉE. 567

antérieure ordinaire ne manque cependant pas dans cet animal.

9, 10, 11. La cuisse a ordinairement deux fléchisseurs , le psoas et V iliaque.

Le psoas est un muscle fort , oblong- , qui naît, surlesdeux côtés de la colonne vertébrâle, des corps et des apophyses transverses des vertèbres lombaires. L'iliaque vient de la face interne de l'iléon. Ces deux muscles prennent leur insertion par un fort tendon commun^ à la partie supérieure et interne du petit trochanter. Ils sont confondus par leur partie inférieure dans une si longue étendue , que l'on pourrait les considérer avec plus de justesse que l'on ne fait pour d'autres muscles, comme un muscle unique, formé de deux ventres.

On trouve en outre un deuxième ou troisième muscle , qui est alongé et moins considérable , savoir : le petit psoas. Ce muscle prend origine à une ou à plu sieu rs vertèbres 1 ombaires , et descend au-devant du grand psoas ; ses attaches inférieures se comportent différemment; une partie d'entre elles se fixe àl'éminence ilio-pectinée, une autre partie se convertit en une expansion aponévrotique. qui tapisse en bas le grand psoas et l'iliaque, et qui se perd dans l'arcade crurale. Il est rare que le petit psoas descende jusqu'au petit trochanter.

368 TIVAITÉ GÉNÉHA-L

Le grand psoas des soUpèdes et des ruminans est considérable ; l'iliaque j est petit. Le premier vient des deux dernières vertèbres ihoraciques et de toutes les vertèbres lombaires ; une partie de ces attaches vient aussi de l'iléon. C'est sur le dernier point qu'il se confond avec l'iliaque, qui vient s'insérer à son tendon. Le psoas lui-même descend charnu jusqu'au petit trochanter.

Le petit psoas, du moins dans le dromadaire j naît des vertèbres lombaires . et en outre des deux dernières dorsales; il s'attache, en bas, par son expansion aponévrotique , soit à la partie inférieure des muscles de l'abdomen, soit à la branche horizontale du pubis.

Dans le cochon et le daman , le grand psoas vient de toutes les vertèbres lombaires.

Le petit psoae^ du cochon est aussi étendu que le grand; mais il s'insère seulement à l'éminence iléo-pectinée.

Dans le daman , il , n'a que la moité de l'étendue du grand psoas ; il y vient des quatre vertèbres lombaires postérieures. Il prend son insertion au même point que dans le cochon j mais peu avant de se fixer, il détache une forte aponévrose qui se dirige transversalement pardessus le grand psoas à l'iliaque , et qui retient ensemble ces trois fléchisseurs de la cuisse , dans la région du bord supérieur de l'iléon.

Chez V ornithorhjn(^ue , le grand psoas et

d'anatomie comparée. 369

l'iliaque sont conlbnclus encore plus que de coutume; l'iliaque est situé presque tout-à-fait en dehors de la cavité pelvienne. Le petit psoas est plus volumineux qu'eux ; il constitue un des plus grands muscles de V ornithomynque ^ et s etend des cinq dernières vertèbres dorsales, par le mojen d'un très large tendon , à l'éminence iléo-pectinée , qui est très prononcée.

Dans Vaï , l'iliaque est beaucoup plus grand que les deux autres; il est quadrilatère et se rend , confondu avec le grand psoas^ à presque tout le tiers supérieur du fémur. Le petit psoas est plus court que le grand; il vient des deux dernières vertèbres dorsales et se termine à l'iléon par un large tendon.

Le grand psoas des rongeurs est fort développé ; il tire son origine des vertèbres lombaires, et en outre, de quelques dorsales postérieures; le petit psoas estd'une force médiocre; l'iliaque est faible.

Dans le lièvre ,V écureuil et le castor, le grand psoas est très long et fort.

Le petit est très long et pourvu d'un long tendon , surtout dans Vécureuil.

Dans le castor '\\ est, proportionnellement, fort large et épais.

Chez V agouti , le grand psoas est le plus fçrt et le plus long ; le petit y est extrêmement réduit ; il est le plus petit que l'on rencontre dans les rongeurs.

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