‹ Traité général d'anatomie comparée [electronic resource] (volume 3)Chapitre 79 sur 81 · SUR L'APPAREIL LOCOMOTEUR PASSIF DES ARACHNIDES · texte numérisé non relu

SUR L'APPAREIL LOCOMOTEUR PASSIF DES ARACHNIDES

La classe des Arachnides, dans laquelle M. Straus comprend le genre Limule , formant à lui-seul un ordre désigné sous le nom de Gnathopodes, et dont il isole les Ptcnoconides qn'il renvoie aux crustacés , offre , dans la disposition de son squelette et des muscles qui en meuvent les diverses pièces, des particularités tellement ti'anchées qu'on ne peut y méconnaître un type différent. C'est de ce squelette que sont tirés les traits principaux propresà caractériser la classe des arachnides en général , et qui consiste dans la. VI. 32

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disposition de pattes rayonnant sur un sternum commun , dans la présence d'un sternum cartilagineux inté' • rieur, dans l'absence d'antennes.

Aux variations que les accidents de configuration du squelette déterminent dans les formes générales , sont constamment liées des modifications dans la disposition des autres organes. Comme dans les autres articulés, toutes les autres parties sont subordonnées à l'état du squelette. Aussi emprunte-t-on à l'étude de ses formes les caractères qui servent à séparer ou à rapprocher les familles, les genres et les espèces qui constituent les trois ordres, en lesquels est partagée la classe des arachnides , c'est-à-dire les pulmonaires, les brancliifères et les trachéens. Il fournit encore les points de similitude et de dissemblance, à l'aide desquels cette classe est liée aux autres classes, ou s'en éloigne.

La tête est mobile chez les crustacées isopodes et amphipodes ; elle est remplacée dans les stomapodes par les premiers arceaux du thorax réunis, dont les pattes ont passé à l'état de mâchoires et de pieds-mâchoires. La tête primitive , analogue à celle des isopodes , est très petite, mobile, et porte encore les yeux et les antennes. Dans les c?ecapof?ef , la tête primiti^'e a entièrement disparu , et les antennes et les yeux sont insérés sur la tête de remplacement. Chez les scorpionides , que M. Stuaus place en tète des arachnides, immédiatement à la suite des crustacés décapodes , la tête de remplacement disparaît à son tour avec les antennes, les yeux étant eux-mêmes portés sur le bouclier du thorax, et les seuls organes de la bouche qui persistent, consistent daus deux mandibules analogues de la dernière paire de mâchoires ou de piedsmâchoires de la tête succenturialc . Quant aux deux ou trois paires d'organes masticateurs nouveaux que l'on rencontre dans \cs arachnides pulmonaires, et qu'on nomme mâchoires, elles sont les pièces analogues des

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trois premières paires de pieds des crustacés décapodes.

Le tliorax du ^enre scorpio e^i semblable à celui des décapodes macroures, moins la tête de remplacement. Les paires de pattes s'insèrent également à cette portion du squelette. La première qui ne sert pas à la locomotion a une serre , comme dans les décapodes. Les quatre qui suivent, Sont encore comme chez ces derniers, avec la différence que les deux premiers remplissent aussi les fonctions de mâchoires.

Le thorax est couvert d'un bouclier comme dans les crustacés macroures ; le sternum, dont les cinq pièces présentent encore dans les décapodes les vestiges de la division qui les isole dans les autres crustacés , n'offre plus ces vestiges dans les arachnides. Les pattes disposées par paires dans les crustacés y rayonnent toutes veas le centre du sternum.

Dans l'intérieur du thorax de tous les arachnides , à l'exception peut-être des acarides dont la plupart des espèces sont trop petites pour qu'on puisse les disséquer et connaître leur organisation , on trouve une pièce cartilagineuse diversement configurée suivant les familles, et placée dans le thorax au-dessus du sternum. Cette pièce, à laquelle convient le nom de sternum intérieur est maintenue librement par le moyen de plusieurs muscles qui se soudent de différents points de sa surface sur le bouclier, ou sur le sternum extérieur auquel ils se fixent. Elle sert en outre de points d'insertion à un certain nombre de muscles des pattes.

Dans l'abdomen on remarque chez une foule d'espèces , telles que les limules et toutes les aranéïdes , une rangée de pièces analogues, qui font suite au sternum cartilagineux , mais qni n'existent pas chez les arachnides trachéens. Peut-être les crustacés décapodes présentent une disposition analogue à celle-ci. Il existe chez ces animaux, des lames diversement disposées , s'éleyant du sternum extérieur, qui, en se réunissant,

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formèut sôùvetit Un plateau, placé au milieu du thorax , et qui donne attache à des muscles des pattes.

L'abdomen de» arachnides se distingue de celui des autres animaux articulés. Indistincte chez les myriapodes f cette partie devenue plus tranchée dans les isopodes, les amphipodes , lesstomapodes et les décapodes, se présente seulement chez les arachnides , à l'exception des limules, comme le réceptacle essentiel des viscères, ainsi qu'il l'est dans les insectes , et y perd entièrement ses pattes.

Dans le scorpion la seule partie antérieure contient les viscères ; les segments postérieurs se rétrécissent en une espèce de queue grêle j il s'y trouve encore renfermées la moelle épinière et l'artère postérieure du cœur. Chez le thelyphonus, ce n'est qu'un filet articulé, ne renfermant plus de viscères. Cette partie n'est pas même articulée chez les liniules ; elle disparaît chez les chélifères. Dans le^^^Ay/zu*, dans toute la famille des amneïdes et dans les arachnides trachéens , l'abdomen est formé d'une seule partie. Chezles phrynus, les chélifères et les galéodes, les segments sont encore distincts; dans les autres genres il n'y a plus qu'une grande poche sans ti'ace d'anneaui^istincts. Dans les acarideSy il ne forme qu'une seule masse avec le thorax. Dans le tromhidium il y a vestige de thorax correspondant aux quatre pattes antérieures j dans les ixodes , la fusion des deux régions est parfaite , mais il y a une téte , comme dans les ieptus,

■ Le troDC des arachnides^ k cause de l'absence des ailes est aussi simple que le corselet des insectes qui ne portentpas non plus des «iles. Comme le corselet, il pré sente despièces soudées ■ensemble.

Comme chez les insectes et les crustacés corps courts, les "çt&llcs Aes arachnides étant rassemblées sur un point très peu étendu , l'animal peut pirouetter sur luimême, ce qui est refusé aux ntyriapodes dont le corps çst long et garni de pattes dans toute la longueur. De

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l'absence de la tête et dws ailes cliez les arachnides et de la réunion intime des segments qui composent le thorax d'une part, ainsi que de Ik fusion plus ou moins complète des anneaut de l'abdomen , d'auti-fe part, résulte une grande simplicité dans l'organisation des pièces du squelette chez ces animaux.

Les parties spéciales de ce squelette et les muscles qui en meuvent les fragments mobiles ont été étudiés avec les mêmes détails dans l'araignée aviculaire que dans le hanneton.

Le squelette de la mygale aviculaire offre les détails suivants.

Thorax. Forme d'un cône tronqué, renversé, et correspondant par sa base la plus large au bouclier qui occupe la région dorsale,par la plus étroite au sternum j percé à son pourtour de quatorze ouvertures dont la plus antérieure , impaire , médiane , contient le labre, dont deux autres , sur les côtés , donnent insertion aux mandibules, deux autres encore aux mâchoires , les suivantes aux pieds , et dont une dernière j impaire , commùhnique avec l'abdomen.

Bouclier. Grand , presque circulaire , légèrement convexe, replié latéralement par un rebord sur les ouvertures indiquées , offrant des filets cornés placés entre elles, et qui se dirigent vers le sternum qu^ils n'atteignent pas; surmonté en avant par une saillie triangulaire qui renferme les muscles moteurs des mandibules, contourne en dehors ces deux mêmes pièces, se termine en avant par un bord membranedx, fixé au pourtour de leur ouverture, et qui redevient cornée ense continuantavecles mandibules^ marquéau centre par une dépression infundibuliforme à laquelle se fixent les muscles du thorax j portant une petite saillie arsondie qui reçoit les huit yeux de l'aniraalj parcouru à sa surface par des saillies rayonnant dans la direction des mâchoires et des pattes j et indices de gouttières qui contiennent les muscles de ces partiès*

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terminé en avaut par un repli qui se prolonge fortement en dessous et en avant dans l'intérieur du tronc et qui revient se continuer avec le pédicule abdominal.

Sternum extérieur. Impair , ovale, légèrement convexe, recourbé eu dessus vers ses bords qui avoisinent les hanches des pattes et des mâchoires; d'un diamètre inférieur de moitiéà celui dubouclier; coupé carrément a son extrémité antérieure qui est unie à la lèvre; présentant dans le reste du bord cinq écliancrures destinées aux mâchoires et aux pattes ; se prolongeant en arrière par une languette qui rejoint ea haut et en arrière le pédicule abdominal , et sépare les deux dernières hanches l'une de l'autre ; fournissant dans l'intervalle de deux échancrures latérales une pointe qui pénètreeutie les hanches correspondantes et atteint les petites apophyses scuto-sternales du bouclier, parties auxquelles les hanches ne sont fixées que par une expansion membraneuse.

Sternum intérieur. Table'cartilagineuse,fhorizontale, - placée au-dessus du sternum extérieur qu'elle dépasse dans tous les sens , en forme de fer à cheval , dont les deux branches comprenant les deux tiers de la longueur totale, sont dirigéesen avant; divisée à sa face supérieure en trois parties par deux sériesde tendons qui se portent en dehors et se terminent par des muscles puissants , lesquels fixent le sternum au bouclier , et laissent une gouttière, où passe le canal intestinal , et en dehors desquels existe de chaque côté une lame mince qui a la forraed'un S, ctqui correspond aux palles-mâchoiixîs; présentant entre les deux échancrures latérales une autre échancrure plus profonde et plus étroite, dont les angles se prolongent dans l'intérieur du pédicule de l'abdomen pour se fixer aux deux premières petites pièces cartilagineuses de cette] région ; terminée en arrière, à son bord postérieur, par un filet grcle, tcndiniforme , qui se fixe au même point ; offrant à sa face

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inférieure, qui est concave transversalement , quatre prolongements cartilagineux ou piliers , qui ont la forme de tendons aplatis en lames minces , inclinés sous divers angles sur le sternum extérieur, où ils se fixent par des muscles coniques entre les pattes, et dont les trois derniers rayonnent sur le milieu du bord, antérieur de cette pièce ; prolongé en arrière par deux autres filets qui se dirigent de ce même poiht central sjur le bord interne de la quatrième patte, sans atteindre le sternum extérieur j enfin par une petite lame impaire se détachant du bord postérieur du sternum cartilagineux. l;es piliers donnent attache aux premiers et seconds fléchisseurs des hanches.

Pièces du squelette servant à la digestion et h la locomotion. Labre: grande pièce, fortement comprimée j formée de deux lames; placée entre les deux mâchoires et les deux mandibules; présentant, à son extrémité supérieure, un bord horizontal terminé par une saillie recourbée en dessous des bords antérieur et inférieur, lesquels forment un même arc oblique en dessous, dont l'extrémité inférieure entre dans la bouche pour se continuer avec le palais; fortement comprimée en bas, où elle est attachée par une expansion membraneuse aux hanches des mâchoires; dépourvue de muscles ; mobile par des mouvements communiqués.

Mandibules. Enormes pièces , formées de deux parties, dont la première ou le corps égale en longueur plus de la moitié du thorax; dirigées horizontalement en avant; contigues l'une à l'autre, aplaties en dadans, bombées en dehors; formant par leurs bords supérieurs et antérieurs, un arc continu ; à bord inférieur droit, garni de neuf dents ; articulées près de leur angle avec la seconde pièce ou crochet terminal qui n'est mobile que dans iin plan vertical, et est tranchant et lisse; tronquées carrément à leur base entrant un peu dans le thorax auquel elles ne sont fixées qu'au moyen d'une expansion membraneuse , par l'ouverture que

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forme le bouclier en haut, et la mâchoire réunie au labre en bas.

Mâchoires. Véritables pattes , mais plus petites que les autres d'un tiers , et n'en différant pas , si ce n'est dans les deux dernières phalanges d^s mâles qui contiennent le pénis j faites sur le raêjue type que les pattes des insectes et des crusiacés , avec la différence que le trochanter confondu avec la cuisse, dans ces derniers , est d'une longueur remarquable dans les arachnides , et que la dernière phalange sert seule à la progression , taudis que les insectes marchent sur trois articles.

Palpe dumâle. Présentant le pénultième article plus court que celui de la femelle, renflé en un gros bouton où est creusée une échancrure qui reçoit l'article terminal ^ cylindrique à son origine et terminé en une pyramide triangul^jire qui est convexe par deux faces, concave par l'autre j «'amincissant en une extrémité pointue et mince, apparente et sans crochet j poli et dépourvu de poils.

Pattes. A quelques variations près dans les proportions générales et relatives des pièces , absolument semblables aux mâchoires des femelles.

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