‹ Traité général d'anatomie comparée [electronic resource] (volume 4)Chapitre 15 sur 83 · I. Os coxaax du bassin · texte numérisé non relu

I. Os coxaax du bassin

Les os coxaux du bassin des oiseaux sont formés , d'une part , d'après le type de ces mêmes os dans les reptiles, qu'ils offrent même à un- plus haut degré de développement; d'autre part , d'après un type , en quelque sorte tout-à-faitopposé, qui les rapproche, au contraire , de plusieurs poissons.

Ce qui les fait ressembler aux reptiles , c'est l'union très-générale des os du pubis et de l'ischion. Leur similitude avec les poissons consiste en ce que les os de même nom , des deux côtés, ne sont pas réunis sur la ligne médiane , en sorte que le bassin est ouvert à sa partie antérieure ; disposition qui dépend ici peut-être de la soudure des iléons avec la colonne vertébrale. L'os coxal a toujours une longueur considérable , une forme plus ou moins alongée ; il est concave supérieurement,

à sa face externe, convexe à l'interne; iiiférieurement il est recourbé dans le sens contraire; sans solution de continuité en haut, il offre, en bas , plusieurs ouvertures et lacunes.

a. Iléon.

Vîléon des oiseaux est , proportionnellement aux autres os , beaucoup plus considérable que chez les reptiles; il est long , large , rétréci à sa partie moyenne ; sa moitié antérieure est concave à sa face supérieure, plane à l'inférieure; la moitié postérieure , qui est plus large , est convexe à sa face supérieure , très-concave à l'inférieure ; tout son bord interne est , très-généralement, soudé avec les vertèbres dorsales les plus inférieures, et avec l'os sacro- lombaire. Le bord externe de cet os , en s'unissant aux deux autres os , forme avec eux , sur un point indéterminé de sa longueur, mais ordinairement vers le milieu , la cavité cotjloïde.

Cette cavité présente une particularité extrêmement digne de remarque, qui se reproduit chez tous les oiseaux, autant que je sache , et qui est propre à cette classe; c'est l'abseuce plus ou moins complète du plancher qui la ferme en dedans chez les mammifères; il s'ensuit que la cavité cotjloide n'est ici qu'un canal court ,

ouvert à ses extrémités extérieure et intérieure, dout la dernière n'est fermée que par un ligament. 11 résulte de celte disposition une diminution dans la solidité de la cuisse, et cette conformation imparfaite est, sans doute, eu rapport avec le développement et l'exercice plus considérable des membres supérieurs. Cependant elle existe même chez les bréfîpennes et les pingouins , qui ne volent pas , et c'est presque même chez ces derniers qu'elle est le plus prononcée ; ce qui est conforme à la loi générale, qu'un même type d'organisation est suivi dans la m^me classe, sans égard à l'usage qui peut être fait des organes en particulier.

Au-delà de la partie qui concourt à la formation de la cavité cotjloïde , on trouve une échancrurej plus loin encore, dans la dernière partie du bord externe , une saillie qui s'avance en dehors. A l'aide de cette éminence, l'iléon s'unit à l'ischion , et convertit ainsi l'échancrure ischiatique en un trou , qui est le trou postérieur de l'o* coxal (i). '

(i) On pourrait donner à ce trou le nom de îschioiliaque, et à l'analogue du trou ovalaire de l'homme, celui de ischio-pubien, car ce dernier n'a guère la forme ovalaire chez les oiseaux. ( d. T.)

TRAITÉ GîIn^RAL

b. Ischion.

C'est un petit os alongé , légèrement convexe à sa face externe, qui descend de la cavité cotyloïde, au-devant de la moitié inférieure de l'iléon, qu'il déborde un peu en arrière.

c. Pubis.

Le pubis est un os très-grêle, semblable à une côte , beaucoup plus long que l'ischion, qui se dirige, à partir de la cavité cotyloïde, en arrière de l'ischion , et en bas , où il se recourbe , dans un grand nombre d'oiseaux , vers son congénère du côté opposé, sans jamais l'atteindre. Il est d'abord plus convexe à sa face externe , ensuite davantage à l'interne. A un petit nombre d'exceptions près , le pubis est soudé, en arrière et en bas, à l'ischion, dans une étendue qui varie en longueur, mais de manière à ce qu'il reste toujours supérieurement une ouverture, qui est le trou ovalaire {fommen ohturatorium ).

11 existe , par conséquent , chez les oiseaux non seulement une symphyse ischio-pubienne, mais encore une symphyse iléo - ischio-pubienne et deux trous , le trou iliaque et le trou

D*A\ATOMIE COMPARÉE*

ischiatique. En revanche , ni les pubis, ni les ischions, et encore moins les iléons , des deux côtc's , ne s'atteignent, comme , par exemple , chez les hatraciens anoures. Le caractère du bassin des oiseaux est , par conséquent, d'être uni d'une manière forte et solide dans sa partie moyenne et postérieure , et d'être séparé dans sa partie antérieure.

Les os coxaux varient considérablement chez les dififérens oiseaux, sous le rapport de leur forme , de leur volume , enfin de leur mode de connexion entre eux , et avec la portion sacrolombaire de la colonne vertébrale.

Chez les oiseaux de proie , l'os coxal est assez alongé et étroit; la partie qui est placée au-devant de la cavité cotyloïde n'est guère plus longue que celle qui se trouve derrière cette cavité. Les deux iléons divergent légèrement d'avant en arrière; leur partie antérieure monte assez verticalement et ne se recourbe pas beaucoup en dehors; la postérieure , est peu convexe. L'ischion et le pubis ne sont pas très-longs, le premier est large. Les pubis débordent les ischions en arrière et en dedans, du tiers de leur longueur, et se recourbent fortement l'un vers l'autre, de sorte qu'ils se rencontrent presque tout-à-iait sur la ligne mé-

THAITli GÉNÉRAL

diane. Le trou ovalaire et le trou ischiatique sont petits i le premier est plus petit que le second. Les pubis sont dans presque toute leur longueur attachés aux ischions.

Les oiseauoc de proie nocturnes se distinguent des diurnes par une largeur plus considérable des os pelviens , par la grande ampleur du bassin, par la direction droite des os du pubis , et par l'éloignement plus considérable des extrémités internes de ces os l'une de l'autre.

Chez les passereaux et les corbeaux, la partie postérieure de l'os coxal grossit considérablement ; l'iléon ne se déploie pas en largeur à sa partie antérieure; il s'j termine , au contraire , par une pointe plus ou moins marquée. La partie de tout l'os qui est située der rière la cavité colyloïde s'élargit considérablement. Le bord postérieur de l'iléon et de l'ischion est échancré , de sorte que ces deux os sont séparés par une saillie. Le pubis ne s'applique contre l'ischion que supérieurement et inférieurement ; il s'ensuit que le trou iliaque se prolonge considérablement , et est plus ou moins partagé en deux moitiés : une supérieure, petite , qui correspond au trou ovalaire des oiseaux de proie , et une inférieure , beaucoup plus grande, alongce, qui surpasse de beaucoup en étendue le trou ischiatique. Les extrémités inférieures des pubis s'éloignent l'une de l'autre

d'anatomie comparée. 175 encore beaucoup plus que chez les oiseaux de proie nocturues j ces os sont aussi tout droits et divergent même assezsouvent d'avant enarrière.

Les gallinacés ressemblent beaucoup par la forme de leur bassin aux oiseauoc de proie noC' turnesy' seulement la partie postérieure en est plus développée, et la partie inférieure du pubis s'éloigne de l'ischion , de la même manière que chez les passereaux , mais les os du pubis convergent beaucoup plus fortement.

L'organisation des grimpeurs est semblable, si ce n'est que toutes les parties sont plus larges et que la postérieure est encore plus développée. Les pubis convergent presque aussi fortement que chez les oiseaux de proie diurnes.

Chez les grallésy la partie postérieure du bassin est proportionnellement un peu plus petite. Ils ont la plus grande ressemblance avec les gallinacés , mais leur bassin est relativement plus grand. Chez les hérons , les pubis sont fortement tournés l'un vers l'autre, en arrière 5 chez les bécasses, ils sont très-éloigués l'un de l'autre.

Chez les palmipèdes et les hrévipennes , le volume dubassin est, comparéà celui de l'oiseau, le plus considérable. Chezles uns et les autres, la partie située derrière la cavité cotyloïde est , à des degrés variables, plus développée que l'aTîtérieure ; cet excès de dimension est plus remarquable que dans un autre ordre. Les trous

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ovalaires et ischiatiques sont grands et fort alongés. Parmi les palmipèdes , on voit chez les canards , en général , la partie antérieure de l'iléon terminée en avant par une pointe mousse , ou du moins ne s'élargissant que trèspeu. Lespnbisseporlentderrière les ischions, et tendent fortement l'un vers l'autre; là ils prennent immédiatement , en se terminant en forme de cuiller, une largeur considérable , et qui est telle qu'elle égale six fois celle du reste de leur longueur.

Ils sont ordinairement assez distans l'un de l'autre; chez les cj^nes ils sont très-rapprochés. Leur disposition est à peu près la même chez les albatros.

Chez les pélicans , par exemple le cormoran , la partie antérieure de l'iléon s'élargit très-considérablement en avant. L'iléon de cette espèce se prolonge en arrière en une pointe qui s'applique contre les apophyses transverses des trois premières vertèbres coccygiennes.

Chez les plongeons , surtout» le grand plon^ geon , la partie postérieure de l'os coxal est, en proportion de l'antérieure, la plus considérable; cette dernière fait à peine un quart de toute la longueur deTos. Le bassin e^t,en outre, extraordinairemenllong et étroit. Les parties antérieures des deux iléons divergent considérablement d'arrière en avant, en sorte queles appendices des côtes postérieures elles-mêmes sont libres. Elles sont aplaties , sans concavité et pas très-verti-

D'aNATOMIE CO.MPAnÉE. xn'j

cales. Les parties postérieures, au contraire , se portent si directement l'une vers l'autre, du côté abdominal au côté dorsal, qu'elles forment un toit , qui recouvre la partie postérieure du sacrum. Le trou ischiatique est très-petit, alongé et situé fort en avant. Le trou iliaque est fort grand et d'une forme alongée. Les extrémités inférieures et élai^ies des os du pubis se portent tellement l'une vers l'autre, qu'elles s'atteignent sur la ligne médiane, chez le grand plongeon.^ L'iléon s'y prolonge en une pointe comme cliez le cormoran.

Chez les guillemots , la forme est plus rap.prochée de celle des canards\ Les pubis s'élargissent moins a leur partie postérieure. L'isM chiou se prolonge en unepoin te alongée , qui se dirige en arrière et en dehors la même disposition existe chez les pingouins. Ao'Vriof \e»rio L& pubis des pingouins et des plongeons 6t l'ischion des pingouins, des guillemots, ei des grèbes huppés, par l'étroitesse de leur pointé postérieure, ressemblent, de la manière la rplus évidente, à des côtes. aie, ui-

^ Chez les manchots , la p<artie antérieure de l'os coxal est à peu près aussi longue que la pos^ térieure; la première est ircs-lai ge ,-8urto>ut à son extrémité supérieure. Elles sont- , dans toute leur longueur, largement séparées par le sacrum , qui est situé tout-à- fait librement: La partie postérieure de l'iléon ne monlc pas ,

comme chez la plupart des autres oiseaux , d'ayant en arrière et de dehors en dedans vers la colonne vertébrale; 11 monte , au contraire, de dehors en dedans et d'arrière en avant, vers les apophyses traus verses du sacrum , de sorte qu'il en résulte un sillon profond entre les deux os. Cette portion interne de la partie postérieure est séparée de l'externe et de l'ischion par une saillie tranchante , longitudinale. Le pubis est assez large et fort , il s'élargit insensiblement en bas , et diverge dans cette direction.'

Les connexions entre les os coxaux ne sont pas les mêmes partout.

Chez \es oiseaux de proie, les corbeaux, les passereaux, les gallinacés eûes grimpeurs, l'ischion et le pubis s'atteignent; Tintervalle qui les sépare est par conséquent fermé en arrière ; chez leséchassiers, les palmipèdes e\.\e casoar, ils sont, au contraire, ou entièrement séparés en arrière , ou unis seulement dans une petite étendue par des fibres ligamenteuses. Mais , même dans cette disposition , ils s'atteignent le plus souvent sur un point de leur longueur; il en résulte par conséquent un véritable trou. Ils sont cependant séparés dans toute leur longueur chez les hérons, les manchots et le casoar commun. Le mode de connexion du pubis avec l'ischion , ainsi que la forme et l'étendue du trou iliaque, qui dépendent de cette connexion , offrent de grandes variétés.

d'aNATOMIE OOMPARIÎE. ^^f^

Ce trou e»t ou simple ou douJDlc. 11 existe îoiijours une ouverture arrondie , plus grande ou plus petite , derrière et au-dessous de la cavité cotjloïde, ouverture qui est plus petite que le trou ischiatique. Chez hsoiseaiicc de proie, ainsi que chez les engoulevens , les alouettes \ lesrè'rajjepubis s'applique au-dessous de cetespace contre l'ischion, et se soude avec lui , ou du moiijs lui est uni , dans une longue étendue, par des fibres ligamenteuses très-courtes 5 chez d'autres au contraire , tels que la plupart des passereaux , plus ou moins chez les gallina- Gés , la plupart des grimpeurs, et les grallés , cette ouverture est suivie d'une autre , toujours plus grande , ouverte ou fermée postérieurement, comme il a été indiqué ci-dessus. Ces deux ouvertures sont séparées l'une de l'autre , d'une manière plus ou moins distincte, par une saillie , tan tôt plus for te, tantôt plus faible, qui s^élève du bord inférieur de l'ischion. Cette saillie atteint le pubis chez le casoar de la Nouvelle-Hollande, la grande outarde , l'autruche de l'ancien continent {struthio camelus) et le nandou ( st. rhea ) , de telle sorte qu'elle' se confond en tièrement avec cet os, quoiqu'il existe unlarge intervalle, en arrière, entre ces deux os. Ou trouve une soudure ou du moins un contact semblable chez les perroquets, les hirondelles et les corneilles; chez les grallés et les oiseaucc ciquatcquesan contraire , les deux os ne s'attei-

nr.

l8o TtlAITÉ GÉNÉRAL

gnent pas , el chez les manchots il n'y a point d'étranglement; mais l'ouverture antérieure est seulement l'embouchure , plus large et plus arrondie , de la lacune principale.

Le trou ischiatique est unique communément ; il en existe un second , postérieur , beaucoup pl"S petit, chez les cygnes. Ce trou est situé , c^ea le cygne à bec noir et chez celui à bec linge , dans la région de l'extrémité postérieure de la symphyse ischio iliaque; chez le cygne noir (c plutonius),'i\ est situé beaucoup plus en avant. Mais on voit aussi dans cette dernière espèce , de chaque côté , deux ouvertures symétriques trcs-petites , qui occupent la région du trou postérieur des deux autres

espèces. . .

J'ai toujours trouvé cette disposition chez les

oiseaux précités , mais d'une manière moins con^ slaniechez le siflleur ( anas penelope ) le "canard musqué («. moschata), la pondœherensis,\^ canard ordinaire(«. boschas). Chez quelques canards et autres palmipèdes, elle semble indiquée par une échancrure qui existe vers le même endroit.

Elle est toujours digne de remarque , par ce au'elle représente une trace delà non-reunion del'iléonetdel'ischionàleur partie postérieure,

tel quecela existe chez V autruche, et qu'elle mdicrue l'étendue énorme du trou ischiatique , comme on le rencontre chez les autres bre.i^ pennes .

d'anatomie comparée. j8i La connexion des iléons avec la colonne vertébrale est plus uniforme.

Très-généralement, ces os se soudent avec la portion sacro-lombaire de la colonne vertébrale par la partie la plus grande de leur longueur, qui est celle située supérieurement. En avant , cette union est plus intime; la soudureest si parfaite qu'on ne remarque ordinairement aucune trace de séparation en ce point , tandis qu'en arrière la démarcation est plus ou moins, distincte : en effet, ou les os sont ici unis par une couche de cartilage très-mince, ou il existe au moins un sillon qui indique l'ancienne se-.. paration.

Parmi les manchots , Vaptenody tes chrjso-coma et l'a. demersa font une exception extrêmement digne de remarque 3 chez eux les iléons sont séparés du rachis dans toute leur longueur etlui sont unis d'une manière tout-à-fait mobile , du moins dans le squelette préparé. Il est vraisemblable que cela a lieu aussi pendant la vie , quand on considère l'état lisse et poli des surfaces placées en regard. Les iléons s'unissent très-généralement avec les apophyses transverses de la partie correspondante du rachis , et les débordent en avant dans une étendue variable; ils en recouvrent par conséquent une partie plus ou moins grande ; en arrière , au contraire , ils s'attachent seulement aux bords latéraux de ces apophyses , de sorte que le sacrum re-te libre.

lo'J TR.VITÉ GÉNÉRAL

Chez les oiseaux de proie , les gallinacés et ] es grimpeurs , la parlie snpérieure se, continue même beaucoup plus en dedans ; elle atteint les apophyses épineuses des vertèbres lombaires; il en résulte, de chaque côté, entre les arcs des vertèbres et ces os , un canal longitudinal , lorsque les iléons ne s'appliquent pas immédiatement sur les arcs et se confondent avec eux jusqu'aux apophyses épineuses. Cette disposition existe chez les gallinacés , les grallés , les brésnpennes , parmi les palmipèdes , chez les alhatros , les pétrels , les pélicans , les goélands , les canards , et les cygnes.

Ce canal est ouvert à ses extrémités antérieure et postérieure , chez le cuculus persa , les Jlammans , les goélands ^les pélicans , chez plusieurs canards , chez la plupart des gallinacés; chez les autres, il est, au contraire, fermé, en arrière, par de la substance osseuse , et se termine en cul-de-sae.

Chez les pics, les passereaux, les plongeons, les pingouins , les hirondelles , les paille-enqueue , les manchots , au contraire , les iléons n'atteignent pas eu avant les apophyses épineuses , et les arcs des vertèbres sont par conséquent ici libres , comme dans les autres régions.

Le grand et le petit plongeons , ainsi que le grèbe huppé son t une exception remarquable à la règle d'après laquelle les iléons ne recouvrent paslesacrumpostérieurementj chez ces oiseaux, ces os se dirigent si verticalement et si près l'un

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de l'autre, qu'ils s'alleigueutmême posiérieurement chez le grèbe huppé; rapport qui est absolument opposé à ce qui existe communément.

Le bassin des hrévipennes est celui qui se distingue le plus du bassin des autres oiseaux, sous le support de la forme et des connexions. Il est proportionnellement très -long , mais étroit , en forme de toit, recouvrant par conséquent en majeure partie le sacrum , qui , chez les autres oiseaux , reste plus ou moins libre ; il offre , en outre , des différences de structure très-dignes de remarque. Le bassin du nandou présente le plus de déviation. Chez cet oiseau , les ischions se confondent par une suture , dans les quatre cinquièmes postérieurs de leur longueur , et constituent un os étroit^ en forme de toit, qui est plus large en arrière , plus étroit en avant , et qui déborde de beaucoup postérieurement les iléons sous lesquels il est placé; disposition absolument serriblable à celle des reptiles, et qui doit, par cela même, fixer l'attention chez un oiseau qui ne vole pas. Les deux trous ischiatiques sont, par suite de cette disposition , conve|:lis en une seule ouverture , principalement dans leur partie postérieure. Cette réunion des ischions manque c\ie%V autruche et les casoars ; en revanche , les pubis de la première , au-dessous de leur réunion avec l'ischion , se portent en avant, se confondent sans trace de suture, et

fornienl un large bouclier, apoinli en avant , portant un cartilage antérieur qui rappelle lecartilage pubien des salamandres y et les os analogues à ce cartilage, qui existent chez plusieurs reptiles et mammifères. Cette réunion des deux pubis chez Vautntche estd'aH^ant plus curieuse que les pubis àn nandou et des casoars divergent plus ou moins fortement en arrière. Chez le nandou, la réunion des pubis, semble avoir été empêchée par la symphyse ischiatique , qui est très-longue, et chez l'autruche de l'ancien continent [str. camelus), la réunion des iléons et des ischions semble rencontrer pour obstacle la jonction des pubis. Il est digne de remarque , en tout cas , de trouver sur deux oiseaux fort rapprochés , la réunion des pubis et des ischions des deux côtés; disposition qui manque aux autres oiseaux, et qui a lieu chez la plupart des-, reptiles et dans un grand nombre de mammifères.

Chez \ autruche , les iléons sont toul-à-fait séparés en arrière ; ils sont même très-éloignés des ischions , de sorte qu'il en résulte une échancrure ischiatique très-longue j ces os sont; soudés ensemble chez les autres , et forment un trou ischiatique alougé.

Les os coxaux. du bassin ne sont pas aussi

D^ANATOMIE COMPARÉE. l85,

généralement aérifères que les os de l'épaule, quoiqu'ils le soient, souvent, par exemple, chez l'es oiseauœ de proie, les gallinacés , les échassiers , et les palmipèdes de grande taille , chez plusieurs grimpeurs et les Gorbeaucc. Les orifices de la cavité aérienne se trouvent , dans la plupart des cas , à la rnoitié supérieure du bord interne j chez le paon , chez lequel ces os sont extraordinairement aérifères, les orifices existent à la face externe , dans la région de la cavité cotjloïde. Lorsqu'il n'y a point d'ouvertures propres , elles sont suppléées par unecommunication libre entre çe^ os et les vertèbres soudées du bassin.

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