‹ Traité général d'anatomie comparée [electronic resource] (volume 4)Chapitre 46 sur 83 · O TRAITÉ GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

O TRAITÉ GÉNÉRAL

dienne des oiseaux correspond à la clavicule acromiale des inammifères ; enfin elles sont fondées aussi , en partie , sur des données inexactes du trajet des vaisseaux brachiaux.

D'après l'exposé que nous venons de faire des os de l'épaule, qui sont formés plutôt d'après le type des reptiles que d'après celui des mammifères, et qui ne diffèrent, en effet, de ceuxlà que par la soudure de la clavicule coracoïdienne avec le scapulum , nous allons considérer les os de cette région chacun en particulier.

a. Scapulum.

Le scapulum est très-généralement un os considérable , plat , légèrement convexe à sa face externe , concave à l'interne; il a une forme quadrilatère ou celle d'un triangle allongé; il offre , au point de jonction de son bord antérieur , qui est le plus souvent concave , avec le bord postérieur , qui est ordinairement droit, une surface articulaire légèrement excavée , qui loge la lêle de l'humérus. Son bord supérieur est communément un peu convexe.

La face interne , ordinairement inégale , est parcourue par plusieurs lignes saillantes , dirigées de haut en bas ; une éminence plus pro-

d'anatomie comparée. g noncée, l'épine de Vomoplate, partage trèsgénéralement la face externe en une fosse antérieure et une postérieure. De ces excavations, la dernière surtout est quelquefois divisée ellemême en deux moitiés , mais d'une manière imparfaite 3 la démarcation entre ces deux moitiés est tracée par une seconde saillie moins marquée et parallèle à la première. Dans la plupart des animaux, l'épine est unique et naît sur ou vers le bord supérieur du scapulum ; déprimée d'abord, elle augmente de hauteur vers la partie inférieure ; elle est dirigée du côté de la surface articulaire, et elle se termine, près de celle-ci, par une saillie, dont l'existence est, sinon con- 5tante, du moins très-commune j cette saillie est Vacromion, qui déborde la surface articulaire en avant et en haut. La présence et le développement de l'acromion , qui est dirigé en dedans , est généralement en rapport avec le degré d'étendue de la clavicule. Une seconde saillie, située plus en arrière et en dedans, mais qui n'existe pas généralement, est Vapophjse coracoïde, qui, de l'extrémité inférieure du bord antérieur, se porte en dedans , immédiatement au-dessus delà cavité articulaire.

Cette apophyse est distinctement la clavicule ] postérieure ou coracoïdieune des oiseaux et des i reptiles. L'autre éminence ne représente nulle- 1 mentla clavicule antérieure ou acromiale, puis- « que celle-ci existe comme os propre^ mais elle in-

dique la place où la clavicule s'unit à l'omoplale, par le moyen d'une capsule. En prenant l'homme pour exemple , le scapulum se forme principalement du corps, de l'apophyse coracoïde, delà partie anlérieiire de l'acromion, de la lame articulaire , d'une ou de plusieurs petites lames osseuses à la face antérieure de l'apophyse coracoïde , et d'une ligne osseuse au bord supérieur, ligne qui souvent est considérable et reste cartilagineuse.

Le scapulum est tout au plus uni au reste du squelette par un point seul, par l'acromion : cette union est opérée au moyen de la clavicule ; lorsque cet os est trop petit , l'union n'a lieu qu'au moyen des muscles. Il est , par conséquent, beaucoup plus mobile dans cette classe quedans les classes précédentes. Les exceptions à cette règle sont extrêmement rares; les monotrèmes cependant nous en ont déjà offert une.

Le scapulum des cétacés est plus long que haut ; le bord supérieur en est fort convexe. Il offre pour caractère -une compression considérable de dehors en dedans , de sorte que l'épine, lorsqu'elle existe, n'est pas tournée en dehors, mais lout-à-fait en avant, comme on peut le voir sur les dauphins et les phjsètres. L'épine de l'omoplateestsituée bien en avant; il en résulte une telle étroitesse delà fosse antérieure, qu'elle constitue à peine le dixième de toute la

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surface externe de l'omoplate; l'épine scapiilaire nait un peu au-dessous de l'extrémité antérieure du bord supérieur; elle détache de son extrémité inférieure , à peu de distance de la surface articulaire , i'acromion, quiest très-développé , mais qui est plat et dirigé en avant , et qui déborde considétablemeut le bord antérieur.

L'apophyse coracoïde , qui est également longue, mais de moitié plus petite, est située plus bas ; elle a la mêm.e direction , et elle se porte un peu à la rencontre de I'acromion.

Une conformation plus imparfaite que celle iqui vient d'être décrite est celle offerte par le ^dauphin du Gange : chez cette espèce, l'a- ]pophyse coracoïde et l'épine manquent tout-à- Ifait; il n'y a que I'acromion, situé au milieu du Ibord antérieur, et présentant la forme d'une îapophjse longue et plate, appointie en bas. Les (baleines ont une conforma lion semblable; seulleraent cette apophyseest plus petite, plus épaissse, et située plus haut. L'apophyse coracoïde n'y imanque pas toujours. L'acromion s'est donc , cdans ces cas , transporté tout-à-fait sur le bord lantérieur -, et il n'y a pas de division en une tfosse supérieure et une inférieure. Chez ces animaux, et aussi chez tous les cétacés vrais, il est ipar conséquent très-difficile de placer dans la iposition convenable lescapulum lorsque cet os

est séparé du corps, à moins que l'on n'en connaisse déjà les différentes parties.

La disposition est entièrement différente chez le diigongelle lamantin; elle se rapproche bien plus delà règlecommune. Lescapulum est proportionnellement plus grand, plus allongé, beaucoup plus long de haut en bas que d'avant en arrière. L'épine, peu élevée , qui ne s'étend pas au bord supérieur , est horizonta- . lement dirigée en dehors , et n'atteint pas la cavité articulaire; mais chez le lamantin , elle se termine en avant par une apophyse acromion, qui est étroite et longue.

L'omoplate des solipèdes et des ruminans a pour le moins deux fois plus de hauteur que de longueur; elle est fortement resserrée de haut en bas, etentouréede bords assez droits. Lebord supérieur supporte une large plaque cartilagineuse. L'épine n'arrive chez aucun d'eux toutà-fait au pourtour du scapulum; elle est surtout faible et déprimée chez les solipèdes , tandis qu'elle est , en général , plus considérable chez les ruminans; son point le plus saillant occupe, chez les premiers, son milieu; chez les seconds, il est situé à son extrémité inférieure, La partie moyenne de l'épine se porte toujours fortement en arrière, moins cependant chez les ruminans que chezles solipèdes. 11 n'y a point d'acromlon saillant, mais une apophyse coracoïde, quoi-

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que très-petite , qui , chez les solipèdes , est plus grande , plus recourbée , et pourvue d'une gouttière longitudinale à la partie interne de sa face antérieure , et qui contient un point d'ossification propre , dont l'existence est niée , à tort, par M. Cuvier (i). La fosse antérieure est beaucoup plus petite que la postérieure, principalement chez les solipèdes. L'un et l'autre ordre , et parmi eux surtout la girafe , ont , toute proportion gardée , les omoplates les plus petites.

Lescapulum des pachydermes est plus long d'avant en arrière, en même temps plus déprimé , par conséquent plus court et plus large ; le plus étroit est celui du rhinocéros; le plus arge, celui du. tapir et àe l'éléphant.

L'épine eu est assez haute : chez le porc , le rhinocéros eiV hippopotame , elle occupe à peu près le milieu de l'os ; chez V éléphant elle daman elle est située bien plus en avant j chez le tapir, bien plus en arrière.

Chez le porc , le rhinocéros , le daman et le ■tapir ^ elle se termine en bas insensiblement et après un court trajet; son point culminant €St à son milieu, et elle est fortement recourbée en arrière. M. Cuvier (2) signale cette particularité comme caractéristique , et ne l'attribue qu'aux deux premiers genres > tandis

' (i) Leçons, i , 247.

' (2) Loc. cit.

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qu'elle existe non seulement chez le Lapir et V hippopotame ^ mais encore chez \ éléphant^ où la postérieure des deux branches dont il va être question représente cette partie ; elle est aussi bien marquée- chez les solipèdes , moins chez les ruminans . Chez \ hippopotame , l'épine se termine comme il vient d'être dit, mais seulement d'une manière plus brusque. QAx^q.'lM éléphant , elle se termine inférieurement par deux branches, une antérieure et une postérieure. Le porc^ le rhinocéros , et surtout \ hippopotame ^ ont une apophyse coracoïde , qui,' quoique peu prononcée, est indiquée, dans le jeune âge, par un point d'ossification propre. Chez ces animaux, le bord supérieur supporte aussi la làrge lame cartilagineuse.

Nous avons déjà indiqué la conformation des monotrem.es .

Les édeniés , particulièrement les pangolins et les fourmiliers , surtout l'aï, font partie des animaux qui possèdent les omoplates les plus grandes. Chez les fourmiliers et \es pangolins, le scapulum est beaucoup plus long d'avant en arrière que de haut en bas ; ses bords sont arrondis; l'épine et l'acromion sont bien développés ; l'apophyse coracoïde est, au contraire, petite. Chez 'le tamanoir et Vunau, il y .a uu. poùt osseux qui , de l'apophyse coracoïde , se rend au bord antérieur^ et donne ainsi naissance à un trou , qui n'est qu'une échan-

d'anatomib comparék. i5

cnire chez les autres. Chez les fourmiliers particulièremetit le tamanoir et Vunau il existe "une seconde épine très-forte dans la fosse postérieure du scapulum.

L'omoplate des tatous a une forme toute différente j elle est très-haute, mais étroite j l'épine est située en avant de la partie moyenne. Celte épine, l'acromion et l'épine postérieure, sont cependant assez développés.

Les paresseux offrent la même forme générale que les fourmiliers et les pangolins ; mais l'os est beaucoup plus petit et l'épine est située en arrière du- point central. L'acromion et l'épine sont médiocres ; il existe une petite saillie dans la fosse antérieure , surtout chez le hradjpus torquatus . Chez \e paresseux à trois doigts, l'apophyse coracoïde , qui est assez forte , envoie un petit prolongement en haut , vers le bord antérieur, mais ce prolongement n'atteint pas ce bord. 11 y a, dans cette disposition , un rapprochement vers l'organisation du tamanoir et de Vunau.

Chez le bradjpus torquatus , j'ai trouvé le ipont complet. Dans le mégatherium , un large ipont est étendu de l'acromion à l'apophyse coiracoïde; il existe, en outre, une ouverture • considérable au-devant de l'épine.

Le scapulum des rongeurs eix. , en général, : aussi assez volumineux. La dimension de haut < en bas l'emporte toujours considérablement sur

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les autres ; il ressemble le plus à celui des pachydermes el des riiniinans , à cela près que l'épine et l'acromiou sont beaucoup plus développés.

Chez ceux des rongeurs qui ont une clavicule parfaite , surtout le cahiai et les lièvres ^ l'épine ne se dirige pas en avant , comme de coutume : elle se porte en arrière , et se termine par une apophyse considérable , comme si la substance osseuse s'était déposée dans cette direction. L'apophyse coracoïde est considérable surtout chez le castor , le hamster , les écureuils et les rats , comme on devait s'y attendre chez des animaux qui font un grand usage de leurs membres antérieurs. Les fosses du scapulum ont à peu près la même étendue ; néanmoins l'antérieure est communément plus petite.

Chez les carnassiers, l'omoplate ressemble, en général, beaucoup à celle des rongeurs; mais elle est ordinairement plus petite , plus déprimée et plus large d'avant en arrière. Cette conformation est surtout frappante chez le blaireau, dont le scapulum est très-large dans toute sa hauteur et a la forme d'un carré long.

L'épine est considérable communément; la plus faible est celle des phoques ; elle est plus forte chez le blaireau. Ceux des carnassiers qui ont la clavicule imparfaite oflfrent l'épine de l'omoplate la plus prononcée j dans la plupart,

d'anatomie comparée.

elle se termine, en avant, par un acromion toujours faible et mince, qui d'abord se recourbe en arrière en se continuant dans ce sens par une lame large. L'acromion est , au contraire, d'une longueur et d'une largeur considérables chez les carnassiers pourvus d'une clavicule complète , comme le hérisson. l\y ^ presque toujours des traces d'une apophyse coracoïde ; le hérisson est loin d'être le seul qui les présente (i).

L'apophyse coracoïde me paraît manquer tout-à-fait chez les phoques.

Les fosses du scapulum sont tantôt égales , comme chez les chiens ; tantôt l'antérieure est un peu plus petite , comme chez le phoque commun; tantôt l'inverse a lieu , comme chez le blaireau et l'ours marin (^phoca ursina). Ce dernier a peut-être, toute proportion gardée , la fosse antérieure la plus grande , puisqu'elle est, pour le moins , deux fois plus grande que la postérieure. Elle est de plus partagée par une crête peu élevée, en deux moitiés, dont l'antérieure est plus petite.

Parmi ces animaux , la taupe présente la conformation la plus singulière du scapulum, qui s'éloigne peut-être le plus du type ordinaire des mammifères. 11 esticxtraordinairement allongé; cette longueur est tellç , qu'elle dé-

(i) Cuvier, loc. cil., p. 246.

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passe six fois sa pins grande étendue transversale , qui est à l'extrémité supérieure ; il est arrondi dans sa moitié inférieure et fortement contracté. L'épine , qui en parcourt toute la longueur , est peu élevée et disparaît presque tout-à-fait à son milieu ; l'acromion, qui n'atteint pas la clavicule, est considérable- La fosse antérieure estplus étendue que la postérieure, qui est à peine indiquée.

Les chéiroptères , et parmi eux surtout les chauve-souris , ont vraisemblablement le plus grand et en général le plus parfait scapulum de tous les mammifères. H est, chez tous, fort allongé d'avant en arrière j chez les chauvesouris , il est plus étroit. Le milieu de sa face postérieure est fort concave , à cause des forts muscles qui s'y insèrent. L'épine est peu élevée, l'acromion est très-long et fortement dirigé en avant. L'apophyse coracoïde est aussi très-longue , dirigée en dedans et en arriéré vers le sternum. Chez les galéopithèques, elle se termine par deux longues apophyses, dont la supérieure et interne touche à la clavicule, l'inférieure et externe étant dirigée en arrière. La première appuie la clavicule , la seconde empêche l'humérus de s'échapper en avant, et toutes deux sont par conséquent importantes pour le vol. L'antérieure, qui va à la clavicule , paraît être manifestement un indice de la clavicule cora-

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coïdienne antérieure propre , qui existe chez les vionotrèmes (i).

Les quadrumanes ont une omoplate plus petite , qui est un peu plus large d'avant en arrière que chez les carnassiers . L'épine est plus élevée ; l'acromion plus allongé , mais pas trèslarge j l'apophyse coracoïde est plus considérable que chez la plupart des animaux , mais plus petite que celle des chéiroptères et même que celle de V homme. La fosse postérieure a près de deux fois plus d'étendue que l'antérieure.

Le scapulum de l'homme se distingue de ce- .liii de tous les autres mammifères , parce qu'il ' est beaucoup plus long d'avant en arrière que ' de haut énbasj legibbonel Vorang, quis'en rapprochent, ont seuls une omoplate encore plus allongée. La fosse postérieure du scapulum de l'homme est quatre fois plus étendue que l'antérieure ; l'épine est très-haute ; l'acromion large , aplati d'avant en arrière ; l'apoph jse co racoïde est fort considérable. Il est digne de remarque qu'au même endroit où plusieurs édentés présentent constamment un trou, l'échancrure qui y existe très - souvent chez l'homme se convertisse parfois irrégulièrement en un trou, par la formation d'un pont osseux.

yi) Voy. pages 5 et 6.

trait/î général

b. Clavicule.

11 est certain que la clavicule dos mammifères n'est constamment, comme il a déjà été dit, qu'une clavicule acromiale; il faut excepter de cette règle les monotremes , et peutêtre aussi les paresseux : car, quoique l'apophyse caracoïde soit très-vraisemblablement partout séparée, comme point d'ossification propre , elle se confond néanmoins constamment avec les autres os. Nous avons de'jà indiqué plus haut les animaux auxquel.- elle manque. En effet , je n'ai pas réussi mieux que les autres auteurs, M. Cuvier, par exemple, à découvrir une trace de cet os chez les cétacés. 11 est extrêmement vraisemblable que ce que Major ( 1 ) a décrit comme étant la clavicule de ces animaux n'était qu'une pièce de l'os hyoïde. J'ai aussi trouvé, au cabinet de Hea- . viside, à Londres , sur un squelette de dauphin, tin os étiqueté comme clavicule , qui représente très-vraisemblablement aussi une pièce de l'os hyoïde.

Mais la clavicule manque exceptionnellement encore dans d'autres ordres que ceux précités. Ainsi , dans le squelette du grand

(1) Ephem. nat. curios. Dec. i, an. 3, obs.20.

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fourmilier du cabinet de Paris , et dans deux autres du cabinet de Munich , je n'ai vu aucune trace de clavicule j il n'y avait pas non plus de facette articulaire sur l'acromion ; de sorte que, si la clavicule existe, elle n'est dii moins pas complète. D'après M. Cuvler, elle manque également au pangolin. Je n'en ai pu découvrir non plus la moindre trace, à l'état frais, ni chez le phoque commun , ni chez Vours blanc, ni chez le coati rouge , quoique le blaireau , qui est rapproehé de ce dernier animal, possède une grande clavicule. Je l'ai rencontrée, en revanche, à un état plus ou moins parfait, chez tous les rongeurs que ]'a\ eu occasion d'examiner. Pallas (i) ainsi que M. Cuvier, dans un ancien travail (2), la refusent, il est vrai, aux cabiais; mais je l'ai trouvée assez développée non seulement chez le cochon d' Inde chez lequel elle avait été décrite déjà par Vicq d'Azjr (3), mais même chez V agouti^ et le paca., auquel Daubenton (4) l'attribuait déjà. Plus tard M. Cuvier a reconnu que les cabiais avaient aussi des clavicules incomplètes (5).

Les clavicules offrent, du reste, des différences graduelles fort notables. A l'état le plus

(i) Nalurgesch, mcrkwiird. Thiere , n,20.

(?) Loc. cil. , p. 245.

(5) Sur les clavicules, OEuvres v, p. 554.

(4) Buffon , Hist. nat. , t. viii.

(5) Règne animal , t. i , p. 212.

parfait , elles s'étendent de racromion , avec lequel elles s'articulent d'une manière peu mobile , au moyen d'une capsule , jusqu'à la pièce sternale antérieure , à laquelle elles s'unissent également par une capsule. Mais il y a entre ce degré de développement et l'absence complète de ces os une série non interrompue de conformations graduelles.

Le moindre degré de dc^veloppement me semble offert par les chiens , et plus encore par les hjenes. Â.insi une hyène rayée adulle me présente la clavicule, de chaque côté, réduite àprès de la moitié de ce que je l'ai vue chez un renard adulte; elle n'a que quatre lignes de long sur à peine une'' demi -ligne de hauteur et d'épaisseur.

La clavicule des martes et des loutres est beaucoup plus considérable ; chez le blaireau elle l'est davantage , et plus encore chez les chats M^-àx^ elle est très -grêle chez ces animaux, et occupe tout au plus la moitié de la distance qui sépare le sternum et l'omoplate.

Elle est beaucoup plus développée chez les, jx>ngeurs i mais chez plusieurs d'entre eux, notamment le y!?orc-e/?/c, elle ne touche pas au scapulum par son extrémité postérieure ; elle est seulement conliguë au sternum par son extrémité antérieure.

Les paresseux ojQTrent plusieurs gradations dignes de remarque, qui, ainsi gue la détermi-

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nation des difierens os de cette région , ne sont pas encore suffisamment étudiées.

Chez les aïs , on admet communément l'absence totale de la clavicule , parce qu'une apophyse primitivement isolée , que M. Cuvier lui-même décrit comme étant simplement cartilagineuse , se souderait bientôt avec l'acromion, et n'ajouterait que peu à la longueur de cette apophyse. Cependant celte donnée n'est pas bien exacte. J'ai trouvé, chez des aïs trèsjeunes , une clavicule courte et grêle, renflée à ses deux extrémités, qui était fixée sur le point de jonction de l'apophyse coracoïde , encore cartilagineuse, avec une apophyse également à l'état de cartilage, et partant de l'épine^ l'extrémité antérieure de cette clavicule ne se terminait pas loin du sternum. Chez un individu plus âgé, cet os s'étend de l'apophyse coracoïde jusqu'au sternum; mais il ne lui est pas uni, pas plus qu'à son congénère du côté opposé. A la place delà lame cartilagineuse qui se détache de l'épine, il existe un os propre , mince, qui en avant touche à l'apophyse coracoïde , mais non à la clavicule. L'os antérieur est-il , dans ce cas , . la clavicule coracoïdienne , et le postérieur la clavicule acromiale ; ou bien ce dernier n'estil que l'acromion à l'état de séparation , et le premier une clavicule qui ne s'étend pas jusqu'à l'acromion , ou enfin ces deux os appartiennent-ils à la clavicule acromiale?

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La seconde présomption me paraît la plus vraisemblable : car j'ai devant moi les os de l'épaule d'un homme adulte , où le point d'ossification propre de l'acromion , entièrement séparé du reste du scapulum et de la clavicule , est situé entre ces deux os , tandis que la détermination de la clavicule ne laisse aucun doute. On voit dans cette disposition exactement celle qui a lieu chez Y aï.

Le mégatheriiim ofîVe une exception fort digne de remarque : la clavicule s'étend de la partie antérieure du scapulum , qui en est l'épine , comme il paraît , non jusqu'au sternum, mais à l'extrémité inférieure de la première c4te ; chez Vunaii , au contraire , elle atteint le siérnun) par son extrémité antérieure , et non l'acromion par son extrémité postérieure, mais l'apophyse coracoïde. Il est possible que l'os postérieur que l'on remarque chez Vaï ait été perdu sur les squelettes à'unau que j'ai examinés.

Dans tous les cas, ces conformations conduisent insensiblement à une clavicule , unie postérieurement avec le scapulum, antérieurement avec le sternum.

La clavicule est aussi parfaitement contiguë eii avant au sternum , en arrière à l'omoplate , chez plusieurs rongeurs^ principalement les hamsters, les écureuils, les rats, les marmottes , les eastors ; eu outre , chez plusieurs carnas-

d'anatomie comparée. 25

siers , surtout le hérisson , la musaraigne , la taupe, le chrysochlore ^ chez les chéiroptères , les quadrumanes et V homme.

Du reste , elle est toujours allongée , droite ■ ou recourbée, soit d'une manière légère , soit len forme de S. De tons les mammifères , les tchauue-sourîs ont la clavicule la plus voluimiueuse; elle y a presque la moitié de la lon- Igueur de l'humérus , qui est pourtant considé^ jrable; elle est fortement convexe à sa face suipérieure , concave à l'inférieure , mince et japlatie d'avant en arrière. Elle est également llougue chez les galéopithèques ^ mais elle y est Ifaiblement convexe et grêle.

La taupe se distingue de tous les autres mamimifères, peut-être même de tous les animaux, ttant par la forme que par les connexions de sa (clavicule. C'est un os carré, à côtés égaux, œxtrêmement large d'avant eh arrière , moins lépais de haut en bas, qui donne naissance au imilieu de son bord antérieur à une apophyse itrès-forte , d'où naît le muscle sous-clavier, qui eest très-volumineux. Cet os s'articule par son llarge bord interne, comme de coutume, avec le ssternum; mais par son bord externe, qui est ixx)ncave et plus large encore , il est en rapport fki'une manière irès-mobile avec la majeure paruie de la tête de l'humérus. En avant , cette aTiticuktton est consolidée par un ligament fibreux ilrès-fort. La connexion de la clavicule avec le

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scapiiliuii lie s'opère que par un ligatneut fibreux, mais qui esi beaucoup plus long et plus développé que le précédent , et qui s'étend de l'acromion à son angle postérieur et externe.

Cet os , à cause de son articulation avec l'humérus, pourrait être considéré comme la clavicule coracoïdienne : ce fut en eflét mon opinion , pendant long-temps, d'autant plus que l'apophyse coracoïde , qui est ici très-petite, peut être perdue de vue facilement ; mais cette manière de voir a contre elle la circonstance que cette apophyse existe réellement , que la clavicule ne s'articule pas non plus avec le scapulum, puisque la petite capsule de l'épaule est entièrement séparée de la sienne, et enfin que cet os donne insertion au muscle cléidomastoidien, au grand pectoral et au sous-clavier, tandis que les muscles ordinaires dubra^, naissent de la petite apophyse coracoïde.

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