‹ Traité général d'anatomie comparée [electronic resource] (volume 4)Chapitre 50 sur 83 · Os de l'avant-bras · texte numérisé non relu

Os de l'avant-bras

L'avant-bras des mammifères est constamment composé de deux os , le radius et le cubitus. Ces os ne sont cependant pas toujours séparés l'un de l'autre, comme chez les oiseaux; on les voit au f;onlraire , dans diûërens ordres , se confondre ensemble à des degrés divers, comme chez les batraciens anoures; ou, lorsque cette fusion n'a pas lieu, on les rencontre unis l'un à l'autre suivant deux modes très-différenls : d'où résultent ou leur immobilité ou les divers degrés de mobilité. Dans des cas très-rares, il s'y joint, à l'extrémité supérieure de l'avant-bras , un troisième os plus petit. Les deux os ont, dans la plupart des aniniaux , une forme assez allongée.

Le cubitus est communément plus'long et plus droit que le radius , qui d'ordinaire en est débordé , en haut , par l'olécrane. Celte apophyse a la forme d'un crochet, et est un peu convexe en avant. 11 résulte assez généralement de cette disposition une lacune plus ou moins considérable entre les deux os.

Ordinairement le cubitus s'amincit de haut

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on bas , et se termine par un petit stjlet , qui dépasse la surface articulaire inférieure de l'os. Le radius , au contraire , devient plus épais de haut en bas, et se termine, à l'extrémité antérieure de sa surface articulaire , par une apophyse styloïde, qui naît, dans la plupart des cas , d'une manière moins brusque. En haut et en bas , ces deux os sont communément plus ou moins concaves, et forment ensemble, surtout supérieurement, despoulies ou trochlées , qui résultent de ce qu'une ou plu- : sieurs saillies, dirigées d'arrière en avant, partagent latéralement la concavité de la surface • articulaire. Ces trochlées forment , cônjointe- : inent avec l'humérus et les os carpieus , des ; articulations ginglymoïdales.

Les extrémités supérieures et inférieures des I deux os sont attachées aux os voisins par des cap- ; suies communes^ elles sont, en outre, unies latéiralement. Les extrémités supérieures sont retemues par le ligament cubital commun ; les infé- I Heures le sont par le ligament carpie^n, et en- (core par un autre ligament séparé du dernier.

Chez les cétacés, les deux os de l'avant-bras >sont très-plats, larges, surtout chez le dauphin idu Gange, oiiilsont presque autant de largeur '^ue de longueur.

Après ce cctacé vient le cachalot , puis les baleines proprement dites , ensuite les dauphins, enfin les rorquals, chez lesquels ils ont le plias de-longueur.

Ils sont situés l'un derrière l'autre, unis d'une manière immobile ; ils ont la même longueur, ou le radius est même encore plus long que le cubitus. L'olécrane est à peine indiqué chez les dauphins et les baleines proprement dites ; chez les rorquals et les cachalots, cette apophyse est très-prononcée; mais, au lieu de se recourber en haut, elle est dirigée en arrière et même en bas, en faisant un angle droit avec le reste de l'os.

Chez le cachalot, le radius a la même largeur que le cubitus ; chez les autres , il est près de deux fois plus large ; il a un bord antérieur convexe, et un postérieur qui est droit. Le cubitus , chez les dauphins , louche au radius par son bord antérieur, qui est également droit. Chez les autres , même chez le dauphin du Gange, le bord antérieur du cubitus est concave ; il en résulte que les deux os ne s'atteignent le plus souvent pas. Le bord postérieur du cubitus est concave. L'extrémité supérieure des deux os est légèrement excavée; l'inférieure est assez fortement convexe. Ordinairement ils sont séparés ; chez les cachalots ils sont soudés de très-bonne heure déjà à leur partie supérieure.

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Chez le lamantin et le dugong , ces deux os soiJi plus alloD£;és et arroiidis ; rolécrane est beaucoup plus iurt , surtout chez le premier : c'estpourquoi le cubitus est eu proportion plus long. Les deux os sont, en outre, dans la majeure partie de leur longueur, beaucoup plus écartés l'un de l'autre; en haut et en bas , ils sont , au contraire, parfaitement soudés ensemble.

Chez les soîipèdes et les ruminans ^ les os de l'avant-bras offrent, en général, la conformation la plus incomplète , puisqu'ils se sont confondus et ne forment qu'un seul os.

Le radius est situé au-devant du cubitus et un peu plus en dedans. 11 est large d'un côté à l'autre, et forme en bas toute la surface articulaire ou la majeure partie de cette surface j en haut, sa tête, qui est carré^^^et qui offre sa plus grande largeur d'un côté à l'autre, constitue la partie antérieure de la surface articulaire. Le cubitus est aplati de dehors en dedans j il déborde le radius par son olécrane, qui en est la partie la plus large ; il constitue la partie postérieure de la surface articulaire supérieure.

Les surfaces articulaires supérieure et inférieure offrent leur plus grande largeur dans le sens transversal . Lapremière forme une trochlée simple, appartenantsurtout au radius. Cette trochlée est légèrement concave, et partagée, par deux faibles éminences longitudinales, en trois fosses juxtaposées. Il n'existe qu'une légère trace

de l'apophylc slyloïde, an côté cxierue de l'os.

Avant la soudure des deux os , le cubitus embrasse supérieurement le segment postérieur de la circonférence du radius, par un enfoncement moyen et rond, qui est surtout très-marqué chez les ruminans^ et par deux surfaces lalérales^lates, qui sont encroûtées de cartilages. Cet enfoncement reçoit une forte saillie qui existe au côté posLériéur du radius.

La conformation la plus imparfaite est celle des solipèdes.

Le cubitus n'est indiqué que par l'olécrane, qui déborde en haut et en arrière la partie antérieure de l'unique os anti-brachial, et par un prolongement styloïde grêle , avec lequel l'olécrane se continue. Ce prolongeiiïent styloïde s'applique contre la partie antérieure et plus épaisse de l'os; il en est séparé en partie par une ouverture et par un enfoncement longitudinal; mais il ne s'étend pas jusqu'à l'extrémité inférieure de l'os , comme ou peut le voir sur les os de jeunes sujets , puisque la surface articulaire inférieure est formée uniquement par le point d'ossification inférieur et n'nique du radius.

Le cubitus naît cependant comme un os propre, d'abord entièrement séparé; mais il fait à peine le dixième de la masse du radius.

Chez les ruminans , le cubitus, qui naît aussi Constamment par un point d'ossification pro-

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pre, est un os beaucoup plus parfait, situé derrière le radius; il est , à la vérité , plus grêle que celui-ci , mais beaucoup plus volumineux que chez les chevaux ; il descend aussi bas que le radius , comnae l'histoire du développement le prouve : en effet , son noyau osseux inférieur, qui est long et plat , descend sous forme de stylet et s'applique même , dans une petite partie , au-devant de la face articulaire inférieure du radius. L'extrémité par laquelle il se termine n'est pas apoinlie d'une manière insensible; il est séparé du radius par un sillon profond et ordinairement par un espace considérable , situé en haut chez les uns , en bas chez les autres, quelquefois même par deux lacunes, dont une supérieure et une inférieure.

Mais cet ordre offre aussi des différences dignes de remarque.

Les chameaux fout aussi, par la disposition de cet os , le passage des solipèdès aux ruminans. Il n'a point de lacune supérieure; l'inférieure est. extrêmement petite; le sillon qui indique la séparation des deux os est très-superliciel ; le corps du cubitus est à peine indiqué par le bord postérieur et externe du radius , qui est un peu saillant.

Après les chameaux vient la girafe , chez laquelle il n'y a presque pas de trace du corp^ de l'os, tandis que ses extrémités supérieure et

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inférieure eTilsUint ; elles sont s«> parées du radius par des ouvertures alongées.

A la girafe se rattachent les bœufs ^ les antilopes, les chèvres et les brebis. La pièce supérieure et l'inférieure sont unies par un corps étroit, aplati de dedans en dehors, qui est soudé dans la plupart de ces animaux. Les lacunes supérieure et inférieure sont beaucoup plus étendues.

Chez les cerfs la séparation est la plus corfrplclc parmi les espèces qui oOrent encore une soudure entre ces deux os ; en elFel, les espaces sont, chez eux, les plus grands, et le cubitus est le plus saill.int.

Enfin chez les chevroiains (mosckus}, principalement le chevrotain de Java , le cubitus est un os entièrement isolé, comprimé, qui s'étend jusqu'à l'extrémité inférieure du radius.

•Parmi les pachydermes, Vhippopotame a les deux os de l'avant- bras tout-à-fait soudés et constituant un os large ; leur séparation n'est indiquée que dans leur moitié inférieure, qui est la plus petite : ï° par une gouttière 4)rofonde , surtout en avant; 2» par deux ouvertures , qui se trouvent à l'extrémité supérieure et à l'inférieure de cette gouttière , et dont la première est un peu plus éloignée de la surface articulaire supérieure que la seconde ne l'est de la surface articulaire inférieure.

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Cependant le cubitus csi ici beaucoup plus volumineux que chez les ruminans.

J'ai trouvé la même disposition aussi chez le pécari ^ ainsi que j'en ai fait la remarque ailleurs (i).

Dauberrton (2) n'en fait j)as mention, mais elle est constante. Les signes qui indiqtient que le large os anlibrachial est composé dé deux os sont, comme chez \ hippopotame ^ un sillon largë et profond à la partie supérieure de l'os , une espèce de suture à l'inférieure, et deux ouvertures , une supérieure iet utie inférieure.

A compter de ces animaux, les os del'avantbras s'écartent l'un de l'autre , à quelques exceptions près qui nous sont offertes par les chéiroptères. Le cubitus devient proportionnellement beaucoup plus volumineux qu'il ne l'a été jusque alors j mais les deux os sont encore, très-généralement, peu mobiles l'un sur i l'autre, et par conséquent n'en représentent I essentiellement qu'un chez la plupart des ani- I maux.

Parmi les pachydermes , \h sont surtout 1 très-peu séparés chez les porcs ^ les tapirs, les xrhinocéros et les damans : en effet, ils se tou-

(1) Voy. ma traduction allemande des Leçons d'amalomîe cômparée de Cuvier, vol. III, p. 5qq.

(2) Bufifon, Hist. natur., X, p. 46.

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client, dans toute la hauteur du radius, par des surfaces larges et rugueuses, de telle sorte que le radius se trouve entièremeut au-devant du cubitus, comme nous l'avons vu jusqu'ici j à la partie inférieure seulement, il est situé à côté du cubitus.

La connexion supérieure entre le radius et le cubitus est la même que chez les rumi- T}.ans.

, Chez V éléphant , les deux os sont aussi fort rapprochés , mais le radius descend obliquement, de haut en bas et de dehors en dedans , au-devant du cubitus : ils sont, par conséquent, à leurs parties supérieure et inférieure, plutôt l'un à côté de l'autre que l'un derrière l'autre.

La surface articulaire supérieure a , chez les pachydermes , en en exceptant toutefois les éléphans , beaucoup de ressemblance avec celle des ruminans ; la partie antérieure, qui y est aussi la plus grande , est également formée par la large tête du radius. Dans Véléptiant, la lête supérieure du radius est large, il est vrai, mais étroite d'avant en arrière : elle ne forme conséquemment que la partie externe, qui est la plus petite de la surface articulaire.

Les deux stylets manquent à l'extrémité inférieure chez les éléphans ; dans les cochons ^ le stylet du cubitus est fort, celui du radius manquej chez les autres, ils sont indiqués tous

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les deux , mais faiblement. La surface articulaire inférieure a, chez les hochons, comme toute cette extrémité, beaucoup de ressemblance avec la même partie chez les ruminans. Chez les éléphans , la surface articulaire inférieure est large de dehors en dedans; sa partie interne , qui en est la plus petite, est légèrement convexe; le reste est concave. Cette coucavité est partagée , par une émihence légère, en une moitié interne, plus grande, et une externe, plus petite.

Dans les monotrèmes , les os dèràvant^bràs, quoique situés étroitement et immobilement l'un contre l'autre , iie sont pas sOudés'eriseni^ ble. Ils sont plats ^ particùlièreniènt chez les échidnés; cet aplatissement est Surtout remarquable sur le cubitus. Celui-ci est d'un tiers plus long que le radius ; sa partie supérieure se dilate très-fortement en travers, surtout chez Vomithorhjrnque , et forme une longue apophyse; en bas il est, pour le moins, aussi large que le radius. Il offre, au-devant et au-dessous de sa surface articulaire, qui loge l'humérus, un enfoncement articulaire peu profond, qui reçoit la partie postérieure de la tête du radius, laquelle lui est unie d'une manière intime. La surface articulaire supérieure est formée d'une moitié supérieure , verticale , et d'une inférieure , horizontale , dont la première appartient au ciibitus, et la seconde au

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radius. Elles sont légèrement concaves , étroites, et embrassent, par conséquent, exactement la. tête inférieure de l'humérus. A. leur partie iqférieure , les deux os , mais principalement le radius , forment des poulies articulaires bien marquées, qui ne permettent que les mouvemens de flexion et d'extension.

Che:^ les monotrèmes et la plupart des édentés, si on en excepte les paresseux, la face externe du cubit^us est fort concave.

La disposition de la surface articulaire supérieure ressemble beaucoup, chez tous les autres mammifères qui vont suivre, à celle qui vient d'être décrite : c'est pourquoi il y a très-peu de mobilité entre ces deux os.

Parmi les édentés , les pangolins y les tatous, Içs orjctéwpes et les fourmiliers , surtout les, deux preraie]^^ , ont le cubitus considérablement plus long. Les tatous à cinq orteils ont, de tous, le cubitus en proportion le plus long j il a deux fois plus de longueur que le radius. Mais son apophyse est bien moins large , et la partie inférieure du radius est beaucoup plus épaisse , surtout chez les fourmiliers. Les deux os sont plats ; les surfaces articulaires offrent à peu près la même disposition que chez les monotrèmes. Dans les /burmiliers et les orjctéropes, les deux os sont séparés par un espace beaucoup plus considérah\Q. Chez les fourmiliers , la surface articulai-

d'ajsatomie coaii'AuoÎE. iC)

le supérieure esl un peu plus Goniposée que jusque alors ; iL existe en dedans et en arrière^ au-devant de la partie cubitale ordinaire, uni petite surface semi-lunaire qui correspond à la petite tète de l'humérus. La tôte du radius est volumineuse , arrondie et fort concave, beaucoup plus considérable que la surface articulaire du cubitus, qui lui correspond. Les tatom présentent la même conformation j seulement Je radius y est plus transversal , et la Rurfact; ariicnlaire accessoire du cubitus est plus faible. La surface articulaire inférieure est large, et es^i lormée, en majeure partie, par le radius, qui est légèrement convexe, et, dans une petite partie, aussi par le cubitus, qui esl également uu; peu convexe. ,

Chez les paresseu-œ- y les os sant beaucoup plus alongés et plus arrondis; le cubitus n'est pas beaucoup plus long , parce que sou apophyse olécrane est très-courte. Ils sont. plus épais et plus grossiers chez le mêgathéruun; le radius est situé fortement en p,roaation, au-devant du ci)b.ltHs,ei l'olécraue est considérable.

11 existe ici Un passage rapide à une organisation beaucoup plus élevée. Les: têtes de la surface articulaire suj)érieure sont situées toul-à-fait l'une à côté de l'autre; celle du ra- -diusest ronde, et joue, par la partie postérieure de sou pourtour, sur uu enfoncement latéral et ^iiperficiel du cubitus; les extrémités inféiieu.-

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res forment une surface commune , creuse el transversale, qui appartient en majeure partie au radius. Chez les jeunes sujets , les os de l'avaut-bras sont unis, dans le sixième inférieur de leur longueur, par des fibres ligamenteuses, qui, nonobstant la forme de l'extrémité supérieure, ne permettent pas de forts raouvemens de rotation.

La plupart des rongeurs ont ces os allongés ; le cubitus y déborde le radius assez considérablement. Ces os sont situés l'un derrière l'autre, le plus souvent' à peu de distance. Chez les écureuils et les castors, ils sojit plus écaTtés et plus mobiles. La face supérieure du radius est transversale^ elleforme presque toute la partie antérieure de l'articulation, et offre en avant, au milieu, un crochet plus ou moins prononcé.

Les deux os sont très-forts chez le hamster; le cubitus est surtout aplati j sa face externe est très-concave. Cette concavité existe aussi chez les cahiais, les porcs-épics,\es écureuils, les castors et les rats, surtout le rat-taupe des dunes.

Parmi les marsupiaux, les phascolomes présentent un radius àbni la tête est considérable, ronde et profondément creusée; elle forme la partie externe et antérieure de la face articulaire supérieure ; le reste appartient au cubitus.

Les os de l'avant-bras des kangurous sont

d'anatomib comparée. 57

allongés et arrondis ; le cubitus n'est pas trèsvolumineux; les deux os sont unis mobilcment et situés l'un à côté de l'autre. L'extrémité supérieure du cubitus constitue une poulie articulaire plate; celle du radius présente une concavité de forme ronde.

Les sarigues et les carnassiers ont , en général , beaucoup de ressemblance £)ivec les rongeurs.

Très-généralement , les deux os sont situés immédiatement l'un derrière l'autre , et jouissent de peu de mobilité l'un sur l'autre.

Ceux des phoques et des morses se distinguent de ceux des autres carnassiers par leur brièveté, leur aplatissement et leur largeur. Le radius est extraordiuairement iargë à sa partie inférieure , le cubitus à sa partie supérieure; ils se recourbent en outre assez fortement en avant. L'apophyse supérieure du cubitus est fort considérable ; mais cet. os ne descend pas à beaucoup près autant c^ue le radius ; il se termine par une pointe mousse. La surface articulaire inférieure du radius est partagée en deux cavités juxtaposées , très-distinctes.

La taupe offre une conformation très-particulière. Son cubitus est proportionnellement aussi considérable que celui des tatous; il est très-large, plat; son extrémité supérieure est fortement distendue dans la direction trans-

, Mivsàlc, comme chez les monotrèma; Ja lace aniérieuFc en est fort concave, la postérieure est convexe • il a un bord tranchant. Le radius, qui en est largement séparé dans toute sa hau- !

♦ leur, n'est pas situé au-deraut , mais à côté de : lui. Tout l'avant-bras, et, par suite, toute la i main, est tourné de telle manière, que le ra- , dius est situé tout-à-fait en dedans et le cubi- { tus en dehors; la face dorsale est dirigée \ eu avant, et la surface articulaire desii- \ née à l'humérus , en arrière. Les deux ôs j ne sont unis qu'à leur partie supérieure par \ une capsule articulaire. Mais leurs surfaces arliculaires en regard sont planes, et la tête du i radius se prolonge en uu petit crochet sembla- • ble à i'olécrane, de sorte que le mouvement de i rotat ion estimpossible.

Les chrjsochlores offrent une disposition ) anologue, à cela près que le crochet supérieur du cubitus est beaucoup plus long et plus i tourné en dedans. Il existe , en outre , en de- •

/ dans, au-devant du radius, un ligament ossili*-, fort, qui s'étend de l'épicondyle de l'humérus i à l'extrémité radiale du carpe.

Les chéiroptères offrent des particularités fort dignes de remarque dans les os de l'avantbras aussi-bien que dans toute la conformation du membre antérieur. L'avant-bras est la portion principale la plus loiiguc, et, en général-, b plus grande du membre. Si cette portion da^

i/axatojue ockmparée. 59

membre ihoracique n'en consiitue pas la partie la plus volumineuse , elle approche beaucoup de la grosseur de l'humérus. L'avant-bras est étroit et convexe en avant; il est concave en arrière, et formé entièrement ou presque entièrement par le radius : celte particularité d'épend de l'absence du cubitus ou de sa réduction à un stylet osseux très-étroit, situé derrière le radius, avec lequel il se soude insensiblement en bas, tandis qu'il en est séparé enhaut.

Les galéopithèques , les chauve-souris , et les diÛérentes espèces de ce dernier genre entre elles, présentent divers degrés de cette disposition.

Chez les premiers, le cubitus est proportionnellement plus épais , quoique sa grosseur égale à peine le dixième de celle du radius ; il en est séparé dans, ses trois cinquièmes supérieurs , puis s'y soude insensiblement , et manque lout-à-fait dans le douzième inférieur.

Chez plusieurs chauve-souris\ il ne forme qu'un vingtième du radius; chez quelquesunes, par exemple la <:hauve-souris commune {yespertilio. murinus)^ il arrive très-souvent de ne pas rencontrer, pour ainsi dire, dè trace de sa partie supérieure ; il ne forme qu'une petite saillie plate , qui est séparée du reste de l'os anti-brachial par un léger enfoncement.

La partie inférieure en existe, au contraire.

d'une manière distincte j c'est un petit os grêle, apointi en haut, ajant à peu près un vingtième de la longueur du radius, situé à la face postérieure de celui-ci, à quelque distance audessus de son bord inférieur ; il concourt dans une proportion très-petite à la formation de la surface articulaire.

Ce rudiment de cubitus est un peu plus considérable , surtout plus épais, chez la chauvesouris ier-de-hncfi (phjllostoma hastatum).

Chez le spectre {yespertilio spectrum) le cubitus s'unit avec la partie moyenne du radius; chez le v. leporiiius, avec le j)remier tiers de cet os.

Quelques-uns de ces animaux , comme le vampire , ont une petite rotule à l'extrémité supérieure du cubitus. L'olécrane manque, du reste, on peut dire tout-à-fait.

La surface articulaire supérieure a la forme d'un triangle qui se termine en arrière par une pointe mousse; elle est partagée en deux moitiés à peu près égales par une petite saillie moyenne, qui, à ses deux extrémités, se prolonge et se recourbe en crochet. La surface articulaire inférieure est déprimée, ne présente qu'une concavité et descend assez verticalement de la face dorsale à la face palmaire.

Dans plusieurs carnassiers , principalement les blaireaux ^ les ours , plus encore dans les quadrumanes et V homme , les deux os de l'a-

d'anatoîvtïk comparée. 6i

vaut -bras jouissent de moiivemcns beaucoup, plus libres que chez les autres animaux ; le radius peut surtout se tourner autour de son axe et le cubitus se porter en avant et en arrière.*

Les deux os sont, par conséquent, non-seulement plusécartés l'un de l'aiUrej mais, en outre, la tête du radius est plus arrondie , la facette articulaire radiale supérieure du cubitus s'est tournée en dehors, etcelle qui lui correspondàla tête du radius s'est portée en dedans : les deux os nesontplusparconséquentsilués l'un au-devant de l'autre, mais l'un à côté de l'autre. Use forme, en outre, à l'extrémité inférieure du radius, un enfoncement encroûté de cartilage, et au cubitus, une éminence correspondante j ils ne sont retenus , en cet endroit , que par une capsule lâche.

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