‹ Traité général d'anatomie comparée [electronic resource]Chapitre 83 sur 124 · Tarse · texte numérisé non relu

Tarse

Le tarse est formé très-généralement, comme la main, de plusieurs os courts, arrondis , disposés communément sur ,deux rangées qui se succèdent d'avant en arrière.

a. Batraciens.

Tous les batraciens ont un tarse considérable. Les batraciens urodèles s'accordent entre eux par la largeur proportionnelle du tarse, et sa composition de plusieurs os courts et plats; mais ils diffèrent aussi les uns des autres sous plusieurs rapports.

Il est étroit et formé de deux rangées chez le protée. Il y a deux os dans la rangée supérieure ; ces os sont alongés et les plus volumineux; l'un correspond au tibia , l'autre au péroné. Les tritons ont, dans trois rangées, huit os assez semblables sous le rapport du volume , et qui ont la forme d'un carré arrondi. Les trois supérieurs touchent aux deux os de la jambe; l'antérieur touche aussi à l'os antérieur de la troisième rangée. La seconde rangée est formée de deux os, la troisième de trois, parmi lesquels

celui du milieu supporte l'os métatarsien moyen, chacun des deux autres supportant deux os du métatarse. Chez les salamandres , F os de la rangée antérieure, qui correspond au péroné , est partagé en deux.

Il est digne de remarque que tous ces os sont complètement ossifiés chez les triions, tandis que chez les salamandres , du moins le s. mandata , et chez le protée , ils sont à l'état cartilagineux , tous les autres os du pied étant du reste distinctement ossifiés.

Le tarse offre des différences considérables chez les batraciens anoures. Chez tous, il semble entièrement formé d'après le type des os de la jambe de beaucoup d'animaux, savoir : de deux os superposés, très-longs, planes ou convexes en dehors, fortement concaves en dedans, qui sont unis entre eux, à leurs extrémités , M'une manière plus ou moins solide suivant l'âge des individus, mais cette identité de type n'existe réellement que dans sa majeure partie. On trouve, chez le pipa , à l'endroit où ces os s'articulent avec l'os de la jambe, à la face postérieure, dans le tendon du muscle gastrocnémien , un os considérable , alongé, ressemblant à une rotule , et dont je ne découvre aucune trace chez les autres genres de cet ordre.

MM. Cuvier et Schneider considèrent les deux os. les plus postérieurs du pied , qui sont longs et constans , comme des os métatarsieus ,

et le dernier surtout comme l'astragale et le calcanéum, qui se seraient confondus et alongés. M. Rudolphi (i), au contraire , les prend pour un tibia et un péroné accessoires; mais il pense aussi que l'on pourrait les considérer comme un astragale, qui serait double, tandis que l'os postérieur ou les deux os postérieurs , qui existent chez le pipa , pourraient être envisagés comme un calcanéum également double.

La première vue de M. Rudolphi, fondée uniquement sur la ressemblance extérieure , est d'autant moins admissible qu'il existe, chez ces batraciens , une jambe très-distincte , et que les os du tarse et du métacarpe des oiseaux sont formés d'après un type tout-à-fait semblable.

L'os postérieur ou les deux os postérieurs , ne sont peut-être que des os accessoires , de grands os sèsamoïdes ; je crois cependant plus vraisemblable qu'ils représentent la partie postérieure du calcanéum , qui , même chez l'homme, a sou point d'ossification propre , mais se confond avec le reste de l'os.

Des deux os longs, l'interne est Y astragale , l'externe le calcanéum , qui, conformément à la largeur considérable de l'os de la jambe , sont juxtaposés, et dont le premier s'articule aussi, chez les cl he louées , avec le tibia , le dernier avec le péroné.

( 1) Obs. de randpipd , p. 11.

Les autres os sont beaucoup plus petits. Ils sont toujours situés au devant de l'os tibial de la grande rangée postérieure , tandis que celleci est immédiatement contiguë , par L'os pépoiiéal, aux quatrième et cinquième os métatarsiens.

La disposition n'en est pas exactement la même partout.

Chez les crapauds , ils sont réduits à l'état de petitesse et d'imperfection le plus extrême ; chez le bufo agua , une partie d'entre eux est toutà-fait cartilagineuse.

L'os externe est plat et plane chez les crapauds et les grenouilles, étroit chez le pipa; il a sa plus grande longueur de la face dorsale à la face plantaire, est fort concave en haut , convexe en bas. Il correspond aux second et troisième os métatarsiens.

Celui qui vient après ce dernier est beaucoup plus petit.

Le troisième, situé derrière le premier os du métatarse, est le plus considérable chez les crapauds , tandis que chez le pipa et les grenouilles il est le moyen pour la grosseur.

On trouve ensuite un os arrondi , plus petit, faisant saillie au bord tibial , -il supporte un petit os , arrondi chez le pipa et les crapauds , a longé et apointi chez les grenouilles, qui se remarque déjà extérieurement, sous la forme d'une saillie au bord interne du pied , et que je regarde

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comme un rudiment de sixième orteil , auquel appartiendrait alors peut-être le quatrième os, qui , dans ce cas, ne serait plus un os tarsien, mais ou un métatarsien ou la première phalange de cet orteil surnuméraire.

Le pipa se distingue des autres bartaciens anoures d'une manière digne de remarque , non-seulement par l'os tarsien le plus supérieur qui a déjà été mentionné, mais en outre, 1 0 par la brièveté et la grosseur des deux grands os supérieurs; 2° par le volume et l'ossification parfaite des os antérieurs; 3° par la présence de deux autres os , de sorte qu'il y a six os dans le carpe. Un de ces os, celui qui est beaucoup plus considérable que l'autre, est situé derrière l'extrémité supérieure des quatrième et cinquième os métatarsiens , et au dessous de l'extrémité de l'os de la rangée supérieure qui correspond au péroné , mais de manière à ce qu'il n'empêche pas le contact de cet os avec les os métatarsiens. Le second os , étroit et alongé, se trouve derrière le troisième de la rangée antérieure au bord tibial.

Par cette disposition encore le pipa se rapproche des chéloniens.

b. Chéloniens.

Chez ceux-ci, le nombre des os du tarse est

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toujours considérable; il y en a six chez les tortues (t. grecque) et la tortue d'eau douce d'Eu- ( e. europœa ), et sept chez les chélonées ( eh. mydas )•

Ils sont partout disposés sur deux rangées.

Chez les tortues et les émydes, la première rangée ne consiste qu'en un os , qui est de tous le plus grand; chez les premières, il surpasse même en volume tous les autres réunis; chez les chélonées , il est en proportion plus petit et divisé en deux , de sorte que chez elles la première rangée est formée de deux os, dont le péronéal est beaucoup plus petit, et correspond à la moitié externe de l'extrémité inférieure du péroné.

La rangée antérieure contient partout cinq os, dont chacun supporte un os métatarsien ; une partie du cinquième correspond aussi au quatrième os du métatarse. Chez les tortues , dont le cinquième orteil est rudimentarre , le cinquième os du tarse correspond , en outre , presque entièrement au quatrième os métatarsien , et le quatrième os tarsien est presque tout-à-fait refoulé eu arrière.

Le second et le troisième sont toujours les plus petits ; après eux vient le plus interne. Chez les chélonées , c'est le cinquième ; chez les autres le quatrième, qui est le plus grand.

Tous sont courts et épais chez les turlues, minces et plats chez les chélonées. Les éinydcs

i>\ynatomik comparée. 681 tien itent encore le milieu en cela. Chez les chélonécsM cinquième dépasse de beaucoup tous les autres , et est situé tout-à-fait transversalement; il élargit ainsi le pied en manière de nageoire.

Le tarse des chélonées est proportionnellement le plus petit ; celui de la tortue grecque est le plus grand.

c. Sauriens.

Les sauriens ont, d'après mes recherches, moins d'os au tarse que les autres reptiles.

Ces os sont disp'osés sur deux rangées.

La première se compose d'un os ou de deux qui sont superposés ; l'un recevant le tibia , l'autre le péroné.

Je n'en trouve qu'un chez le monitor élégant , deux chez les iguanes et les crocodiles.

L'antérieur de ces os , ou sa partie tibiale , lorsqu'il n'y en a qu'un , supporte le premier os du métatarse.

Il y a trois os dans la rangée antérieure chez le monitor , seulement deux chez les crocodiles et les iguanes ; ils correspondent aux deux ou trois os métatarsiens externes. Chez les crocodiles et les iguanes , ils ont à peu près le même volume; chez le monitor, au contraire, ils diminuent considérablement de volume de la face péroncale à la face tibiale.

Le plus externe de ces os, chez le monitor, est surtout grand, plat , long en avant , se prolongeant en une apophyse articulaire arrondie, et a beaucoup de ressemblance avec l'os tarsien le plus externe des chélonées.

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