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SECTION IV. — PROCÉDÉS ET ARTIFICES DIVERS

§ 282. Transformation d'anciens clichés vernis en clichés

neufs. — Le cliché doit d'abord être débarrassé de son vernis. Pour cela on l'immerge dans l'alcool à 36" Baumé (i) pendant plusieurs heures pour enlever la couche de vernis. Si ce moyen ne réussit pas, procédez de la façon suivante.

Mettez dans un flacon 30 grammes de potasse caustique, un litre d'alcool ordinaire et un litre d'eau. Agitez bien pour opérer la dissolution de la potasse.

Versez ce liquide dans une cuvette ordinaire en porcelaine, et immergez-y le cliché. Au bout d'un temps variable de quelques minutes à plusieurs heures, et suivant l'épaisseur du vernis et la nature de ce dernier, la couche de coUodion est complètement mise à nu.

Le cliché est immédiatement lavé à la pissette avec de l'eau ordinaire, puis, s'il est voilé, traité comme nous l'avons indiqué à l'alinéa 236. S'il est trop intense, il sera traité comme nous l'indiquons au même alinéa 236.

Avec un peu d'habitude, d'anciens clichés devenus, à cause de leur dureté, tout à fait impropres à constituer de beaux négatifs, peuvent

(1) De l'alcool plus fort est moins bon, car la couche do collodion pourrait se dissoudre.

PROCÉDÉS NÉGATIFS

être ramenés à l'état d'excellents clichés ou de clichés destinés aux agrandissements.

§ 283. Clichés retournés. Clichés pelliculaires. — Dans un grand nombre de cas, surtout lorsqu'on veut faire de la photolithographie, de l'impression au charbon, etc., il est nécessaire de renverser le négatif avant l'impression. Si, pendant la pose, on renverse la position de la glace sensible dans le châssis, les défauts du verre altèrent la netteté de l'image ; cependant ce procédé deviendra très-usuel à l'aide du gélatino-bromure d'argent.

En se servant d'un prisme en avant de l'objectif ou d'un miroir plan argenté à la surface supérieure et poli avec soin, il est aisé de renverser le négatif optiqttement. Nous en avons déjà parlé page 143. Mais le procédé suivant dû à M. Grune(l), modifié par M. Woodbury{2) et M. Scamoni(3), atteint fort bien le but.

Généralement il vaut mieux enlever préalablement le vernis du négatif. Cela se fait aisément et d'une façon suffisante en immergeant le cliché dans l'alcool à 36^(4). Au bout d'une demi-heure on retire le cliché et on le laisse sécher. Si le vernis n'était pas préalablement enlevé, la couche renversée serait susceptible de se craqueler à la suite des opérations subséquentes.

Que l'on enlève le vernis ou non, la couche est revêtue d'une solution limpide de 2 parties de caoutchouc dans 100 parties de benzine. Cette solution est versée sur le cliché comme on le fait du collodion. On sèche alors la glace. Le caoutchouc sert à préserver l'image de la dissolution par l'opération suivante.

La glace est maintenant mise de niveau sur un pied à vis calantes, la couche par dessus. On y verse, en commençant par le milieu, un collodion composé de :

Alcool ^ . . 100 cent, cubes.

Éther 100 »

Pyroxyline . 8 grammes.

Huile de ricin 8 cent.^ cubes.

11 faut que l'épaisseur de la couche soit de 2 millimètres. La consistance épaisse du collodion l'empêche d'ailleurs de déborder facilement de la glace. On le laisse sécher, ce qui exige de 5 à 10 heures, et, une fois sec, on incise avec soin à l'aide d'un canif le bord entier de la couche, et on place le tout dans une cuvette

(1) Bull. Soc. franç. phot., 1867, p. 50.

(4) Ne pas employer cle l'alcool plus fort,

ARTIFICES ET PROCÉDÉS DIVERS

remplie d'eau. Au bout de quelques heures, on voit la couche tout entière, détachée de la glace, flotter librement au sein de l'eau ; on l'enlève alors, on la place entre plusieurs doubles de papier buvard, et on la laisse sécher sous pression.

Les clichés peuvent maintenant être imprimés par le recto ou le verso, mais il faut toujours avoir soin de les conserver sous pression. Il est encore bon de coller sur leurs bords des bandes de papier qui en rendent le maniement plus facile.

M. Scamoni(l) recommande le procédé suivant, appliqué sur une grande échelle au dépôt des cartes, à St. Pétersbourg :

20 grammes de gélatine, en petits morceaux, sont diesous dans 110 V eau chaude; ajoutez:

45 gouttes glycérine,

15 J5 d'une solution épaisse de gomme arabique.

Ce liquide, à la température de 30'', est versé sur le négatif bien placé de niveau, de manière que la couche ait 3 millimètres d'épaisseur. On la laisse sécher dans une chambre bien chauffée.

Après 10 ou 12 heures, si la couche est assez durcie, des lames de plomb sont placées sur les bords, afin qu'elle ne se soulève point.

Quand la couche est complètement sèche, on l'incise avec un canif sur les bords, on l'enlève avec prudence, et on la conserve sous presse.

M. Gobert (2) opère ainsi : Mouillez rapidement le cliché verni avec de l'alcool à 36" et appliquez immédiatement une feuille de papier albuminé préalablement immergée dans l'alcool. Le contact est parfait, puisque les surfaces sont ruisselantes de liquide. Versez le grand excès, et sans attendre, pressez entre des buvards dans le châssispresse. Au bout d'un quart d'heure, l'alcool est absorbé, et l'on peut laisser la dessication s'opérer à l'air.

L'adhérence avec le papier albuminé et le collodion verni ou non est absolue. Pour séparer le tout du verre, il faut inciser les bords avec un canif, puis mouiller la surface avec une éponge humide. Au bout de quelques minutes, on peut soulever par un angle et détacher l'ensemble presque sans peine et à coup sûr. On conserve sous presse, après avoir ciré le papier. Le cliché est maintenant renversé. Ou bien on opère sur papier gélatiné, et l'on fait un double transport, comme nous le décrivons au procédé au charbon, et le cliché est redressél^).

(1) HéliograpMe, Pétersbourg, 18'72.

(2) Bull. Soc. franc, phot., 1871, p. 285.

(3) M. De Vylder m'informe avoir fait plusieurs transports de clichés d'après M. Gobert, mais sur papier simple, ni gélatiné, ni albuminé; puis avoir collé le cliché retourné sur glace gélatinée. Cela réussit parfaitement.

PEOCÉDÉS NÉGATIFS.

Mais dans les deux cas, on a un grain dans le négatif transporté, à cause du grenu du papier.

§ 284. Épreuves microscopiques. — L'on peut obtenir des épreuves photographiques extrêmement petites, en se servant d'objectifs à très-court foyer et du procédé à l'albumine dont la finesse est connue. Généralement c'est d'après un négatif que l'on travaille en le reproduisant alors en positif et sur des glaces albuminées de quelques millimètres carrés.

« Le plus important des appareils est la chambre noire; voici sa figure, sa légende et le moyen de s'en servir.

Fig. 126. — Appareil de M. Dagron.

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