I. Vis fixant le tube sur !e banc
J.I'. Diaphragme concentrant toute la lumière sur l'objectif.
KLM.N. Ouverture latérale pratiquée sur le tube, afin de pouvoir introduire la main dans l'intérieur pour régler l'objectif.
O. Glissière se mouvant dans des coulisses et formant l'ouverture ci-dessus quand l'image est au foyer. P. Arrêt de la glissière.
QRS. Extrémité opposée du tube sur laquelle on place le cliché elle verre dépoli.
« Les épreuves s'obtiennent d'après un cliché placé à l'extrémité du tube QRS, dressé au grand jour en face d'une fenêtre. Les rayons lumineux parallèles qui le traversent sont rendus convergents par l'objectif à court foyer, et vont peindre sur la lame de verre préparée une image infiniment petite.
« On met au point en regardant au microscope E, en faisant tourner la vis de manière à bien distinguer les raies tracées d'avance sur le
ARTIFICES ET PROCÉDÉS DIVERS
micromètre placé à l'endroit même où sera le verre préparé. Quand on voit très-distinctement les raies et les poussières du micromètre, il reste à mettre l'image au fojer, en faisant avancer ou reculer l'objectif intérieur absolument comme le microscope qui a servi à mettre le micromètre au foyer. En tournant dans un sens ou dans l'autre, on aperçoit bientôt l'image qui vient se peindre sur la petite lame de verre, et pour peu qu'on ait l'habitude de la photographie ordinaire, il est facile de s'assurer du plus ou moins de finesse de la mise au foyer. On ôte alors le micromètre et l'on met à sa place la lame de verre.
« Le temps de pose varie de une à trois secondes, selon que le temps est plus ou moins beau.
(( Quand on juge que l'impression a été suffisante, on fait avancer le multiplicateur d'un cran, puis d'un second, et ainsi de suite jusqu'au huitième. On retire alors la plaque du châssis, et on lui fait subir l'action révélatrice.
c( Une loupe est nécessaire pour suivre et surveiller le développement de l'image.
« La loupe n'accuse que le développement de l'image; il faut un microscope composé d'une certaine puissance, pour constater qu'elle est parfaite et digne d'être fixée au petit cylindre (stanhope) ou à la pierre.
« Les photographies une fois choisies, sont découpées par petits carrés au moyen d'un diamant ordinaire. On a bien soin qu'aucune poussière ne reste adhérente à ce petit carré du côté de l'image. Ensuite on met pendant quelques instants le stanhope ou la pierre sur le couvercle d'un petit fourneau qu'on a soin de tenir légèrement chaud. On enduit d'un peu de baume de Canada la surface du stanhope ou de la pierre, on prend avec les précelles le petit carré de verre, on presse, doucement d'abord, fortement ensuite contre la base enduite de baume, et on l'abandonne à lui-même.
« Pour s'assurer que l'opération a bien réussi, que le contact est parfait et sans bulles d'air interposées, on regarde par l'extrémité arrondie du cylindre ou de la pierre, qui, faisant microscope, montre agrandie et distincte l'image fixée à la base. Si des bulles d'air se montrent encore, c'est qu'on n'a pas assez appuyé sur le verre, ou qu'on ne l'a pas pressé assez également contre la base du stanhope ; on le placera un instant sur le couvercle du fourneau pour rendre au baume de Canada un peu de fluidité, et l'on recommencera le collage avec plus de précaution.
c( Il ne reste plus pour terminer le travail qu'à déborder ou arrondir le stanhope et l'épreuve qui ne font plus qu'un tout; une meule d'opticien, peu coûteuse, est très-bonne pour cet usage. »
PROCÉDÉS NÉGATIFS
Le lecteur sait que pendant le siège de Paris, M. Dagron a institué le système de lettres microscopiques transportées à l'aide de pigeons.
L'auteur de cet ouvrage a vu un spécimen de M. Dagron, d'un demi-millimètre de superficie, répété vingt fois, comprenant la matière de IG pages in-folio. Ces pages étaient formées de 12 carrés, chaque carré de 1200 lettres, soit 130,400 lettres lisibles au microscope sur un point d'un demi-millimètre carré.
§ 285. Vision binoculaire et stéréoscope. — Imaginons une pyramide quadrangulaire (fig. 127) placée dans l'axe de l'œil gauche.
Que cette pyramide ait 10 ou 30 centimètres de hauteur, l'image perçue sera toujours un carré coupé par deux diagonales.
Mais fermons l'œil gauche, pour ouvrir l'œil droit, tout en ne bougeant pas la tête. Dans ce cas, son sommet sera projeté un peu à gauche du centre de la pyramide (fig. 128), et, si celle-ci est trèsélevée, ce centre sera projeté hors de sa base.
Si, à présent, on ouvre à la fois les deux yeux, les images se
confondent et la sensation du relief est 2^Tocluite.
Quand donc, par des moyens o^iiques convenables, nous réunissons deux épreuves photographiques de la même vue, prises de deux points différents très-voisins, de manière à ce que nos deux yeux ne perçoivent qu'une seule image, nous produirons sur notre vue la sensation du relief.
L'instrument qui réalise cet effet a reçu le nom de stéréoscojoe.
Fis 10 1. - siéréo.cope a prismes. La fig. 129 uous moutro un stéréos-
cope ordinaire. Cet instrument est d'ailleurs si connu, que nous ne devons point nous arrêter à en faire une description spéciale.
ARTIFICES ET PROCÉDÉS DIVERS
§ 286. Les épreuves stéréoscopiques. — Les règles que l'on doit suivre pour faire les épreuves stéréoscopiques peuvent maintenant se résumer et se comprendre facilement. Commençons 3)ar le cas le plus simple, celui où les objets sont très-rapprocliés, tels que les portraits, les groupes, etc.
Dans ce cas, l'on se servira de la chambre noire binoculaire décrite page 88.
Cet appareil s'emploie comme la chambre noire ordinaire, puisque les deux épreuves se produisent en même temps ; mais, après qu'on les aura tirées en positives sur papier, l'on n'oubliera pas de les transposer^ c'est-à-dire de coller à droite celle qui avait été obtenue à gauche et réciproquement, sinon les images ne correspondraient pas à celles perçues par la vue.
Si l'objet à reproduire est éloigné, les épreuves n'offriraient pas suffisamment de relief. Théoriquement, l'éloignement des deux objectifs
Fig. 130. — Position des cîiambres noires pour les vues éloignées.
devrait être égal à celui des yeux, mais le relief serait faible, et l'illusion presque nulle. Aussi prend-on alors une des dispositions suivantes.
A. On peut se servir de deux appareils égaux dirigés vers le même point de la vue (fig. 130). Dans ce cas, il est nécessaire de placer bien horizontalement la base en bois qui les supporte.
Ce moyen est peu employé, à cause de la difficulté d'obtenir des épreuves de la même intensité ; aussi préfère-t-on opérer sur une seule glace.
B. On peut aussi se servir de l'appareil binoculaire (page 88) en opérant de la manière suivante : sur la planche horizontale de la fig. 130, on place l'appareil binoculaire en faisant mouvoir la règle latérale (que l'on voit sur la figure), pour amener l'image de l'objet à reproduire sur le verre dépoli. Portant alors l'appareil de l'autre côté de la planche horizontale, on fait mouvoir la seconde règle latérale jusqu'à ce que l'objet à reproduire occupe la même position sur le verre dépoli que précédemment. Alors on est certain de l'égalité des deux images et l'on peut tirer les deux épreuves successivement. Mais toujours les deux épreuves positives devront être transposées.
PROCÉDÉS NÉGATIFS
C. Enfin, l'appareil le plus usité pour les vues stéréoscopiques est i^eprësenté fîg. 38, page 89.
On suit unB marche analogue à celle que nous venons de décrire dans le cas B. La chambre noire est d'abord placée dans l'une de ses positions, et dirigée sur le sujet à reproduire, puis dans sa seconde position et dirigée vers le même point. Ces deux vues paraissent, sur le verre dépoli, parfaitement égales.
L'opérateur, enlevant alors le verre dépoli, place la chambre noire à sa droite, étant donné qu'il a le visage tourné vers l'objet à reproduire. Il introduit alors le châssis à glace sensibilisée, de telle manière à exposer d'abord la partie de la glace à gauche dans le châssis. La planchette du châssis est tirée, et, le temps de pose expiré, on renferme cette planchette. La fîg. 38 montre donc la position de la chambre noire, clans la ^première station^ c'est-à-dire, celle de droite. Dans la seconde position, celle de gauche, on fera glisser le châssis à glace sensibilisée de manière à découvrir la seconde moitié de la glace (celle à gauche dans le châssis). Alors on tirera la seconde épreuve.
De cette façon les épreuves positives ne doivent plus être renversées et l'image négative examinée dans le stéréoscope présente le relief qu'elle ne posséderait pas si nous avions opéré comme précédemment.
Quant à la distance des deux stations de la chambre noire, elle varie selon les cas suivants. Pour les vues éloignées, sans premiers plans, l'on se sert de deux trépieds éloignés de plusieurs mètres, mais, s'il y a des premiers plans, cette base ne doit avoir que 80 centimètres. Enfin, pour les paysages rapprochés, une base de 30 ou 40 centimètres est déjà suffisante. Pour les portraits, les appareils binoculaires sont préférables.
§ 287. Sculpture photographique. — Le même principe qui préside à l'obtention des vues stéréoscopiques a servi à M. Willème à la s Cîtlptîire photographique. Imaginons une statue placée au centre d'une rotonde et une série d'objectifs placés en cercle, dirigés sur la statue. Nous aurons une série d'images à contours différents qui, agrandies, à l'aide de pantographes, pourront être reportés mécaniquement sur un bloc de marbre. Il ne restera plus alors qu'à achever à la main le bloc ainsi sculpté, pour reproduire exactement la statue originale.
§ 288. Photographie de nuit. — Il arrive souvent que l'on doit reproduire un objet animé ou inanimé là où la lumière fait défaut, par exemple dans l'intérieur des grottes, des cryptes d'église, etc., qu'il faut alors éclairer artificiellement. La lumière électrique décrite page 113 est fort avantageuse ; mais, malgré son immense pouvoir