NÉGATIFS SUR ALBUMINE
La solution d'azotate d'argent filtrée est versée dans une cuvette verticale en verre dans laquelle la glace est plongée sans temps d'arrêt, à l'aide d'un crochet également en verre. La couche d'albumine, qui était primitivement transparente, devient légèrement opaline. Généralement on ne la laisse séjourner dans le bain d'argent que de 10 secondes à 1 minute; la relevant alors, on la lave avec beaucoup de soin, puis on la laisse sécher à l'abri de la lumière, en la posant verticalement contre le mur, ou bien s^r un support à rainures.
Ainsi préparée, la glace est placée dans le châssis et exposée à la chambre noire. La pose est fort longue et ne peut être précisée. On reconnaît qu'elle est suffisante pendant le développement si les ombres sont bien venues ; trop longue, si le négatif manque de vigueur; trop courte, si les noirs seuls se dessinent. Au reste, ces préceptes sont communs au procédé sur papier ciré décrit dans la précédente section.
§ 302. Développement de l'image latente. — Le développement de l'image latente peut se faire immédiatement après la pose à la chambre noire, ou plusieurs jours après. Il se fait exactement comme nous l'avons décrit à propos du papier ciré, page 229.
Si, pendant le développement, des réductions moirées (fig. 142) d'argent réduit se déposent sur la couche, on les enlève facilement avec un tampon de coton.
Le fixage se fait à l'hyposulfite de soude, suivi de lavages, comme à l'ordinaire.
§ 303. Tirage des épreuves stéréoscopiques sur verre. —
Ces épreuves se font sur glaces albuminées dans le châssis-presse. On prend un temps d'exposition de quelques secondes, puis on développe et l'on fixe. Afin de donner une couleur agréable à l'épreuve terminée, on la plonge d'abord dans une solution très-étendue de bichlorure de mercure, puis, après lavage, dans une solution de sel d'or de Fordos et Gélis, où elle prend une couleur sépia très-agréable.
Le chlorure d'or, appliqué en solution étendue après le fixage, donne des tons
pourprés. ^'S- l'*2. — Réductions moirées.
On se sert, pour monter ces épreuves, de verres dépolis qui donnent un fond blanc, ou bien, on les vernit à froid avec le vernis à la gomme-laque dont nous avons indiqué la préparation à l'article Vernis. Ce vernis, qui donne à chaud une couche brillante et transparente, donne à froid une couche dépolie et mate.
PROCÉDÉS NÉGATIFS
§ 304. Procédé sur albumine de M. Taupenot. — Théoriquement, le procédé Taupenot doit être considéré comme une modification du procédé sur albumine et non comme un collodion sec. Ainsi que nous l'avons dit plus haut, un défaut inhérent au procédé sur albumine réside dans la difficulté d'obtenir des couches exemptes de points, bulles, etc. M. Taupenot, en étendant l'albumine sur une surface poreuse de collodion, fait agir les fibres poreuses de cette couche sur les bulles microscopiques qui constituent les points et les taches des couches albuminées, de sorte qu'elles sont absorbées par la couche sous-jacente de collodion. Il se sert de collodion sensibilisé et lavé, mais M. Gaumé a fait voir qu'il suffisait d'une couche de collodion non ioduré (plongée dans l'eau afin qu'elle se dégraisse et puisse se mouiller par l'albumine) pour obtenir les mêmes résultats. C'est donc un vrai procédé sur albumine que le procédé Taupenot; aussi est-ce bien ici le lieu de le décrire.
La glace, étant nettoyée, est couverte de collodion ordinaire que l'on sensibilise et qu'on lave comme nous l'avons décrit à propos du collodion sec.
La glace étant bien égouttée après le dernier lavage, on la recouvre d'albumine (formule donnée page 231) exactement comme on étend le collodion et on en laisse écouler l'excès dans un flacon spécial. On emploie pour cet albuminage préalable le moins possible d'albumine, qui ne sert qu'à chasser l'excès d'eau, et que l'on jette ensuite. Après que la glace est bien égouttée on la recouvre de nouvelle albumine et cette fois l'excès d'albumine recueillie par l'égouttement de la glace peut servir au premier albuminage de la glace suivante. Les glaces sont placées sur des doubles de buvard, appuyées contre le mur et complètement séchées comme les glaces au tannin.
§ 306. Sensibilisation de Talbumine. — Les glaces préparées comme nous venons de le décrire se conservent indéfiniment. On les sensibilise quelques jours avant de s'en servir; elles conservent cette sensibilité pendant un an. On opère cette sensibilisation (dans l'obscurité bien entendu) en les plongeant sans iemj^s arrêt dans un bain de :
Eau 100 cent, cubes.
Nitrate d'argent 10 grammes.
Nitrate de soude 10 n
Acide acétique cristallisable 10 n
La durée de l'immersion ne doit pas dépasser vingt secondes. La glace retirée de ce bain est plongée dans l'eau distillée contenue dans une cuve eu bois où elle séjourne dix minutes au moins, puis dans une cuve remplie d'eau ordinaire. Retirée, elle est abandonnée à la