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ÉPREUVES POSITIVES SANS SELS D'ARGENT

§ 428. Procédés aux sels métalliques. — Un papier imprégné d'un per-sel de fer, de perchlorure de fer, par exemple, exposé derrière un négatif à la lumière, laisse apercevoir une image, car le per-sel est réduit à l'état de proto-sel, et tous les réactifs de ces derniers sels révèlent une image.

Les sels de cuivre, de mercure, d'urane, sont dans le même cas. M. Niepce de St Victor a basé sur l'emploi des sels d'urane un procédé curieux : un papier est imprégné d'un mélange de nitrate d'urane et de nitrate d'argent. Le sel d'urane est réduit par la lumière à l'état de proto-sel, qui réduit à son tour le nitrate d'argent à l'état métallique. Aussi un tel papier, blanc dans l'obscurité, donne-t-il des images quand on l'expose au jour derrière un négatif dans le châssis-presse.

Les cyanures métalliques, notamment le ferri- cyanure de potassium, le nitro-prussiate de potasse, etc. sont sensibles à la lumière.

M. Marion a introduit dans le commerce un papier préparé au ferro-prussiate, très-utile aux ingénieurs, industriels, amateurs de photographie, etc., pour copier les dessins. Ce papier se conserve

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toujours sensible. On l'expose en contact avec le dessin dans un châssis-presse, et, pour fixer l'image, on lave simplement le papier. Les lignes du dessin apparaissent blanches sur un fond bleu.

Un autre procédé, basé sur la sensibilité des cyanures métalliques, est celui de M. Pellet; mais la réaction est ici toute différente, M. Pellet obtenant des traits bleus sur fond blanc d'après un dessin tracé sur papier dioptrique et servant de cliché positif direct.

Ce procédé est connu sous le nom industriel de cyano-fer; il donne des reproductions qui se rapprochent, quant à leur aspect, beaucoup plus de l'original, que le procédé au ferro-prussiate ; ce dernier donne des traits bleus sur fond blanc, quand on use d'un négatif, tandis que le papier au cyano-fer donne un positif d'après un positif.

§ 429. Procédé au gallate de fer. Un autre moyen d'obtenir un positif en traits noirs sur fond blanc d'après un positif est celui qu'applique M. Colas, de Neuilly s/ Seine, et qui consiste dans l'emploi, comme sensilibisateur du papier, d'un mélange de perchlorure de fer et d'acide tartrique.

Le dessin sert directement de cliché et l'insolation blanchit le papier, revêtu d'abord partout de la couleur jaune du perchlorure de fer; dès qu'on voit nettement le dessin en traits jaunes se détachant sur le fond blanc, on immerge dans une solution d'acide gallique dans l'eau à 2 ou 3 7o. H se forme du gallate de fer partout où se trouve sur le papier du perchlorure de fer non décomposé.

Le dessin apparait donc en traits noir-bleu sur fond blanc ; c'est de l'encre à écrire ordinaire.

Le fer peut encore servir, en utilisant une réaction récemment indiquée par M. Poitevin et étudiée pratiquement par M. Boivin, à produire des images analogues à celles que l'on obtient avec le chlorure d'argent.

§ 430. Procédé Boivin. — P Sur une solution peu concentrée de nitrate (i) ou de perchlorure de fer, versée dans une cuvette en porcelaine, on fait flotter un instant du papier qui a été préalablement gélatiné et non passé à l'alun, puis on le suspend à sécher. Quoique peu sensible dans cet état, on le laisse sécher à l'abri de la lumière.

2*" Ce papier étant sec, on le plonge dans de l'ammoniaque ordinaire, ou dans une solution de potasse, afin de produire le peroxyde de fer. On le lave à plusieurs eaux et on le met à sécher. Ainsi préparé, il n'est aucunement sensible, on peut par conséquent le conserver en provision pour l'usage auquel il est destiné.

(1) Moniteur de la Photographie^ février 1880.

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3" Pour donner la sensibilité au papier au peroxyde de fer, on le fait flotter quelques minutes sur le bain suivant :

Le nitrate d'argent, ajouté au bain sensibilisateur, n'a d'autre but que de rendre l'image légèrement visible à l'insolation, ce qui facilite l'appréciation des progrès de son impression sous les rayons lumineux.

Insolation. — Elle se fait comme d'habitude, au soleil, elle n'exige que quelques minutes ; à la lumière diffuse elle demande beaucoup plus de temps.

Développement, — L'épreuve déjà apparente à la sortie du châssis, on continue à la développer et à la renforcer dans une solution trèsfaible de nitrate d'argent, à 1 pour 100 ou 200 d'eau, par exemple. Lorsqu'elle a atteint la vigueur convenable, on la vire au chlorure d'or si l'on désire du noir-bleu. Sans virage, l'épreuve est d'un beau rouge sanguin.

Fixage. — Un simple lavage à l'eau suffit pour fixer l'image. Il est cependant préférable de la passer dans une solution faible, à 1 pour 100, de sulfocyanure d'ammonium, afin d'annuler complètement les faibles traces de nitrate d'argent retenues dans la pâte du papier, et qui pourraient, à la longue, amener l'altération de l'image. Lavée ensuite à plusieurs eaux, l'épreuve est mise à sécher.

Eau

100 c. c, 25 gr.

Acide citrique Acide tartrique Nitrate d'argent

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