D UN RECUEIL CHRONOLOGIQUE DES REGLEMENS
SUR LA PECHE MARITIME
ABL
AbACATUAJA ou GAL VERDATRE , zeus gallvs. Poisson du Brésil , q^ui a du rapport avec le maquereau. V. Gai et Zée.
ABAIT. Terme de pêche employé en Bretagne pour signifier appât: d'où l'on dit ahaiter, abecquer ou embuqner , pour amorcer.
Le mot ahait parait provenir de l'anglais bait , qui signifie Appât. V. ce mot.
ABDOMINAL. Adjectif formé ai abdomen, qui, dans l'analomie, signifie le bas-ventre : c'est ce qui appartient au bas-ventre.
Poissons abdominaux . C'est le nom d'une division de la classe des poissons , et qui renferme ceux qui ont des arêtes , et dont les nageoires ventrales sont placées plus près de l'anus que des pectorales.
ABEE. On nomme ainsi une ouverture par laquelle coule l'eau d'un ruisseau ou d'une rivière qui fait moudre un moulin : on fei"me , quand on veut , cette ouverture avec des pales ou lançoirs.
Le mot abéc est venu par corruption du mot baie, qui signifie un enfoncement de la mer dansles terres.
ABERDAHN. On appelle aberdahn en Norwège, et aberdan en Hollande , les morues qu'on prépare en vert et dans des tonnes. V. Morue.
ABLE ou ABLETTE, cyprinus albuT?ius. Poisson du genre cyprin.
Dénomination, — Ce poisson se nomme en français able^ ablette , et dans quelques provinces ovelle, borde ^ en allemand, nesteling, spitzlauben , mayblecke , etc.; en anglais, bleack; en hollandais, alphenaar. Le nom latin à'' a Ibnrnus àonné à ce cyprin vient du mot albus , qui signifie blanc.
On péchait ce poisson dans le moyen âge. L'ordonnance de i326 faisait défense de tirer à terre les ablerets ou seines destinées à pêcher l'abie.
Description. — L'ablette {PL ^>Jig. 12) a de 3à 6 pouces de longueur, le museau pointu, la mâchoire supérieure plus courte quv^ l'inférieure , jo m vous à la nageoire dorsale et 21 à l'anale;
ABL
la forme un peu aplatie , large vers le ventre , et étroite près de la queue j la tète petite et plate en dessus; les écailles minces, peu adhérentes , argentées sous le ventre , et d'un bleu verdâtre sur le dos ; l'anale grise , et les pectorales offrant des teintes rouges.
Habitation. — Ce poisson abonde dans les lacs et les rivières de l'Europe ; il se plaît dans les courans rapides , et il se présente souvent à la surface de l'eau quand la température est douce : on le prend en quantité dans les rivières de la Seine , de ia Loire , de l'Allier, de la Vienne , de la Moselle, de la Seille , etc.
Propagation. — L'abie multiplie beaucoup; elle fraie en mai et juin.
Ennemis. — Comme elle est petite , elle sert de nourriture journalière aux poissons voraces et aux oiseaux d'eau.
Qualités La chair de l'ablette est molle et peti
savoureuse , et par conséquent repoussée des tables recherchées; cependant elle est assez bonne en automne , époque où elle est plus grasse. On la mange communément frite.
Les pêcheurs emploient l'ablette comme l'un des meilleurs appâts pour amorcer les lignes destinées à prendre des anguilles, des truites et des brochets. Elle peut aussi être employée dans les étangs pour alimenter les gros poissons.
Si l'abie est peu estimée comme poisson de table, elle est très-recherchée pour la matière nacrée qui entoure la base de ses écailles , et dont on obtient d'abord ce qu'on appelle Vessence d' Orient , par diverses lotions qu'on leur fait subir. C'est avec cette essence et de la cire que se font les fausses perles.
La fiibrication et le commerce de cette parure , quoique beaucoup tombés, sont encore considérables en France , et sur-tout à Paris, d'où les marchands de plusieurs nations se la procurent
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Pêche. — La pêclie de Tablette se fait pendant toute l'année aux filets, et seulement en été avec la ligne : c'est principalement au printemps , lorsque les rivières débordent, qu'on en prend une grande quantité au verveux , à la seine et à l'échiquier.
Les endroits les plus propres à cette pêche sont ceux où l'eau est peu profonde, vive et agitée , et le bas des moulins.
On se sert de vers de viande pour amorcer les hameçons , et l'on jette de temps en temps de ces vers mêlés avec du crottin de cheval dans les lieux où l'on pêche : peu de temps après, les poissons se rassemblent autour de la ligne en grande quantité.
Dans la Seine, on forme au milieu de la rivière, avec des piquets, une espèce de clayonnage , qui, en augmentant l'agitation de l'eau , attire le pois- .son, et on attache à l'un des piquets un panier, dans lequel on met des tripailles et du sang caillé, que l'on ramasse dans les boucheries ; l'eau emporte peu-à-peu ce sang, et les ables , attirées par cet appât, se rassemblent auprès du pâlis, où on les prend le lendemain matin à la ligne et aux filets. Quelquefois plusieurs pêcheurs se portent dans un bateau auprès du pâlis , et ils prennent le poisson avec des lignes déliées , au bout desquelles ils ajustent trois ou quatre petits hameçons amorcés de vers blancs , qu'ils attachent à un simple brin de crin. On peut, dans les saisons où les ables sont abondantes, en pécher ainsi au bord des rivières.
La Ligne à Ablettes (V. ces mots) doit être trèsfine : on choisit pour canne un sureau de 6 pieds de longueur, très -léger et évidé, et un scion d'épine d'une seule pousse, que l'on coupe en automne pour s'en servir au printemps. 11 faut avoir soin , lorsqu'on pêche , de tenir la ligne de manière à ce que les vers qui garnissent les hameçons suivent le mouvement de ceux que l'on jette à l'eau. Cette pêche exige beaucoup de patience et le plus grand silence; il faut attendre que les amorces aient attiré les ablettes, et comme ces poissons ont l'ouïe très-fine, et qu'ils viennent souvent à la surface de l'eau pour y chercher de la nourriture, le moindre bruit les fait fuir, et ils ne reviennent que long-temps après. Lorsque l'on sent que l'ablette touche à l'amorce, on la pique par un coup sec , et cependant assez modéré pour ne pas lui arracher la bouche.
\->Qs filets dont on se sert sont : i''. l'ablier ou ableret, 2°. Tépervier, 3°. la trouble ou truble , 4°. la seine, 5". le verveux.
l^ahlier est principalement employé à cette pêche, ainsi que l'indique son nom : c'est un fileta petites mailles, de la grandeur de 7 pieds en carré, et d'une forme assez semblable à l'écliiquier , dont il ne diffère que par la finesse du fil , qui est des nos. ^o et 48. La confection de ce filet est difficile et on ne le trouve bien établi que chez lesfabricans. On s'en sert dans les endroits qu'on a amorcés avec un panier rempli de sang caillé, comme nous venons de le dire, mais seulement le matin et le soir , et jamais dans la journée.
U'épervier dru, qui est fait de fil fin , et dont les mailles n'ont que 3 lignes de largeur, s'emploie le soir dans les eaux troubles.