autres nasses
En Catalogne , on. fait des nasses avec une espèce de jonc. On leur donne la forme d'un long entonnoir , qui a 4 ou 5 pieds de hauteur, Jig. 1 o j ayant fait avec ce jonc des cordonnets circulaires , on les attache avec du fil pour en former comme un rets, et on le soutient par quatre bâtons, qu'on attache sur les côtés au bout le plus large , où est un goulet que les Catalans appellent fas de la nonce. Au bout pointu est une autre ouverture, qu!on ferme par un petit filet : c'est par cet endroit qu'on relire le poisson qui est entré dans la nanse.
On leste la nanse avec une pierre , et on y attache une corde ou orin , qui a quelquefois *3iou 400 brasses de longueur ; puis , au bout opposé à la nanse , on amarre une bouée ou signal.
Quatre hommes se mettent dans une chaloupe, ayant chacun 4 ou 5 nanses. Quajsjl Ils sont arrivés au lieu de la pèche, ils mouillent les nanses; et pour engager les langoustes , les congres , les pagets , les mourèaes, etc., à entrer dans- les nanses , ils y met-
NAS
tent pour appâts des sèches et des sardines ou fraîches ou pourries, etc.
On laisse durant plusieurs jours les nanses à la mer ; mais on ta tous les jours en retirer le poisson , et chaque pêcheur prend celui qui se trouve dans les nanses, qui lui appartiennent.
io°. Sorte de pêche à la nasse, que les Espagnols
nomment andana.
Sept à huit hommes se mettent dans un bateau , et vont à 4 lieues au large chercher 6o brasses d'eau $ ils y jettent une corde au bout de laquelle est une câblière pouf la faire caler jusqu'au fond, et à l'autre bout de cette même corde est une bouée.
A 5 brasses plus bas que la surface de Peau , on attache à cette même corde une nasse de jonc ou d'auffe. Les poissons vont badiner autour de cette nasse pour se mettre à l'ombre , ou parce qu'ils prennent la nasse pour un refuge où ils trouveront leur proie , et souvent ils entrent dans la nasse sans qu'il soit nécessaire de les y attirer par des appâts.
On prend avec cette nasse des pilotes ou pampols, des verderots, la lampuga ou hippirus, tous poissons fort estimés à Alicante.
La nasse reste à la mer pendant toute la saison de cette pêche , qui commence en août et finit en octobre ; mais on les visite tous les jours pour en retirer le poisson.
ii.°..
Autre pêche â la nasse, que les Espagnols appellent nanças.
Cette pêche ne diffère de la précédente qu'en ce qu'on met dans la nasse des boulettes composées de sardines pourries et de farine. On mouille ensemble une vingtaine de ces nasses , qui sont moins grandes que les précédentes. Cette pêche commence en juillet et finit en septembre. On relève les nasses au point du jour et à midi, pour prendre le poisson qui s'y trouve : ce sont des pagets , des bogues, des homards, des langoustes, des sèches , etc.
i2°. De la pêche nommée par les Espagnols aux
m or ne les.
Deux hommes dans un batelet vont à demi-lieue au large chercher io brasses d'eau. Ils amarrent au bout de la corde, à côté de la câblière, une petite nasse , dans laquelle ils mettent de petits poissons. Cette pèche commence avec le mois de novembre et dure jusqu'en avril. On y prend principalement des congres, sur- tout quand le vent est à 1 est.
i3°. Nasses employées dans la Garonne.
Les nasses que les pêcheurs des environs de Marmande appellent bergot ont à-peu-près 5 pieds de longueur et 3 pieds et demi de circonférence , prise au milieu , qui est la partie la plus renflée. Ils attachent de grosses pierres à ces nasses pour les faire caler, et une corde, afin de les retirer commodément de l'eau. Ils mettent dans les nasses , pour, appâts , du pain de noix ou'ils nomment nogas.
i4°* De la pêche du bélouga.
On lit dans un mémoire d'Astracan qu'avant la
NAS
crue du Volga dans les endroits qui sont presque à sec, et cependant fréquentés par le bélouga , les habitans font des palissades de gros pieux sur deux lignes, qui se rapprochent pour former à leur point de réunipn un angle, où on amarre sous l'eau une cage de bois de 9 à 10 pieds de longueur sur 5 pieds et demi de large et autant de profondeur. Ces cages peuvent être comparées à celles qu'on fait pour transporter des bêtes féroces. Aux quatre angles du dedans de la Cage, sont attachés des appâts, qui attirent le bélouga par leur odeur. Il y entre avec empressement par une ouverture qui a environ 3 pieds et demi de diamètre. .Quand une fois les deux tiers de la longueur de son corps y sont entrés, il ne peut plus en sortir, parce qu'il n'a pas la liberté de s'y retourner, et que ses nageoires et sa queue s'embarrassent dans les barreaux de la cage. Cependant il fait beaucoup de bruit en se débattant. Aussitôt les pêcheurs hissent la cage , assomment le poisson , et le tirent par un des côtés de la cage, qui s'ouvre comme une porte.
i5°. Pêche aux nasses, qui se fait en différent
endroits.
Il y a peu d'endroits à portée des étangs , des rivières ou de la mer , dans lesquels on ne fasse quelques pêches avec les nasses.
A Gênes, on en fabrique de jonc, qu'on nomme bertavelles. On met du fromage en dedans pour appâts, et on en tend beaucoup à l'embouchure des rivières.
En Chypre, on fait de petites nasses assez semblables aux bouraques, qui servent à prendre de petits poissons*
A Gibraltar, les nasses qu'on nomme nasselles sont faites d'un jonc qui croit dans les marais. On y met pour appât quelque morceau de poisson* On les leste de pierres, et on les cale jusqu'à 3o ou 4o brasses de profondeur. On y prend des crustacés ou d'autres petits poissons.
A Marvella , sur la côte de Grenade , outre les nasses ovales , on en (ait en forme de dôme , assez semblables aux bouraques, qui ont environ 2 pieds de haut sur un pied et demi de diamètre. On les leste et on les cale avec une corde de sparte jusqu'à 40 brasses. On les y laisse la nuit et on les relève le matin ; on ne met en dedans aucun appât.
On, attache quelquefois au bout des verveux et des guideaux de petites nasses pour recevoir le poisson.
Les bourdigues sont des espèces de nasses d'une grandeur considérable, puisqu'il y en a de5o à 60 toises de longueur sur 25 à 3o toises de largeur. Y. Bourdigues.
Dispositions réglementaires.
L'ordonnance de 1669 , concernant la pêche dans les rivières , veut que les verges des bires ou nasses soient éloignées les unes des autres de la largeur d'un pouce au moins. ( Art. 9 du tit. XXXI. )
Il est défendu de mettre des biresou nasses à bout des dideaux pendant le temps du frai , à peine de ao francs d'amende, deconfiscation des harnais pour