‹ Traité général des eaux et fort̂s, chasses et pêches, composé d'un recueil des reglemens forestiers, dʹun dictionnaire des eaux et forêts, d'un dictionnaire de chasses et d'un dictionnaire des pêches; avec un atlas pour chaque dictionnaire. [In four volumes] Quatriéme partie. Dictionnaire des pêches ... Avec un Atlas composé de 44 planchesChapitre 159 sur 292 · PAU · texte numérisé non relu

PAU

de longueur. Dans l'article suivant , nous parlerons des ailes qu'on ajuste aux parcs de clayonnages.

$ 4. — Des parcs de pierres ouverts, formés en

bouchots*

Autour 111e d'Oléron, la plupart des parcs sont formés par deux murailles droites , qui , du côté de terre , sont éloignées l'une de l'autre de 100 brasses , et elles se rapprochent pour former auprès de la laisse de basse mer un angle , où l'on pratique une ouverture pour y ajouter une grande nasse aba9 N°. V, PL 29 : on la nomme bourgne, Wons en avons représenté la coupe dans la PI. 00, N°. III, aaabbb.

Ce bourgne est un panier dont l'embouchure, qui est carrée, a 4 ou 5 pieds de côté. Il se rétrécit assez pour n'avoir plus qu'un pied de diamètre à son autre bout , où l'on ajuste une nasse longue de 3 à 4 pieds : on la nomme bourgnon , et quelquefois on y en ajoute une plus petite, que l'on nomme bourgne t. Tout cet ajustement est solidement assujetti par des pieux.

On a coutume de soutenir ces nasses sur un bout de clayonnage ou sur des piquets dd, N°. V, PI. 29.

Il est sensible que les bourgnes sont très-préjudiciables à la multiplication du poisson. On ne gagne rien à supprimer le bourgnet pour laisser l'extrémité du bourgne ouverte. Le bourgne n'étant pas établi assez bas pour laisser l'eau s'égoutter librement, il s'amasse des immondices qui ferment le passage de l'extrémité du parc , ainsi que la capacité du bourgne, et le fond du parc se trouve rempli de frai et de menuise. 11 faudrait donc supprimer sévèrement tous les bourgnes , y substituer des claies assez à claire-voie pour laisser passer la menuise , et soigneusement ôter , à toutes les marées , les immondices qui ferment les mailles de ces claies, qu'on devrait même ôter absolument pendant les mois de mars, avril, mai, etc.

Quand on établit de ces parcs , qu'on peut regarder comme des bouchots , dans des endroits où il y a beaucoup de lames et des brisans, on tient les murs peu élevés et plus épais ; on arrange aussi les pierres autour d'une file de pieux , comme on le voit au N°. VII, PI. 29 \ ce qui augmente la solidité de la muraille.

On voit auprès du Havre des parcs de pierres auxquels on donne une forme demi-circulaire. Comme ils sont faits avec de gros galets roulans, on ne peut leur donner qu'environ 3 pieds de hauteur ; mais on met entre ces galets des gaulettes , sur lesquelles on attache des filets qui ont un peu de chute. Ces parcs tiennent donc un milieu entre les parcs de pierres et ceux de filets , dont nous parlerons dans la suite.

ARTICLE 3. — DES PARCS OUVERTS QUI SONT CONS- TRUITS EN BOIS, ET QU'ON NOMME ASSEZ ORDINAI- REMENT BOUCHOTS.

Après l'idée générale* que nous avons donnée des parcs au commencement de cet article , on conçoit qu'on peut en faire l'enceinte de bien des façons différentes, qui sont à-peu-près aussi bonnes les unes que les autres ; ce qui détermine sur le choix ,

PAR

c'est la facilité qu'on a de trouver à sa portée des matériaux , qui sont quelquefois très-rares ailleurs.

Certaines côtes étant remplies de pierres plates , on* en profite pour faire l'enceinte des parcs en pierres , ainsi que nous Pavons expliqué dans Part. ier.; mais quand on manque de pierres propres à cette espèce d'ouvrage, on se sert de pieux ou pâlots, qu'on emploie comme pour lés gords, que nous avons représentés sur la PL 26 , N. II, ou bien , pour faire des parcs à claire-voie, on en forme l'enceinte avec des perches qu'on arrange les unes à côté des autres , comme nous l'avons marqué sur la PL 29 , -ZV"°. VII* C'est d'eux que nous allons parler dans le premier paragraphe.

Quoiqu'on puisse avec les pâlots , les perches et les clayonnages donner différentes formes aux parcs, nous avons cru convenable d'en représenter qui se terminent en pointe, non-seulement parce que cette forme est assez ordinaire , mais encore pour donner une idée des parcs qu'on nomme particulièrement bouchots,

$ 1 . — Parcs ou bouchots de bois à claire-voie.

Ces parcs ont quelquefois 8 à 10 pieds d'élévation au-dessus du terrain; les perches qu'on y emploie sont appointies par un bout, pour qu'elles entrent plus aisément dans le terrain; quand il est de vase ou de sable mouvant, on1 garnit de paille ou de foin le bas des perches, et attendu que , malgré cette précaution , elles auraient peine à supporter l'effort de la lame , quand on construit de ces bouchots en des endroits fort exposés à la fureur de la mer, on tient les perches plus courtes , comme de 3 à 4 pieds seulement au-dessus du terrain. Si le fond est ferme, on prépare le trou avec une grande cheville de fer , et on y assujettit les piquets avec des coins. Lorsque le fond de roche est si dur qu'on ne peut faire entrer le bout des perches assez avant pour qu'elles y tiennent solidement, on les affermit par des banquettes de pierre, comme on le voit à la partie ab, PL 29, N°. VU , et on pique çà et là des pieux plus forts , qui augmentent la solidité de l'ouvrage ; mais il mut que les perches soient bien droites, et assez rapprochées pour arrêter les poissons de la grosseur de ceux qu'on expose communément en vente.

S'il se trouve entre les perches des endroits par

' où les gros poissons puissent s'évader , ony place des baguettes , qu'on joint aux perches avec de l'osier ; mais il est bon de laisser un pouce et demi ou

% 2 pouces entre les perches, sans quoi ces pêcheries ne seraient point à claire-voie, et elles contribueraient, comme beaucoup d'autres , à la destruction du poisson. Au reste , on affermit les perches verticales en les liant avec des osiers sur deux ou trois cours de perches horizontales.

L'extrémité du parc, du côté de la mer, qui se réduit à une largeur de 3 ou 4 pieds, doit être fermée par une claie dont les bâton $ soient éloignés les uns des autres de 2 à 3 pouces , suivant la Saison y et on doit ôter entièrement ces claies lorsque le frai se porte abondamment à la' côte.

Au reste , on donne à ces parcs , comme aux autres, des figures différentes 5 et quand on se con-

PAR

forme à ce que nous venons de prescrire , ces pêcheries font fort peu de tort à la multiplication du poisson , parée que le frai peut s'échapper entre les perches , et encore plus par les claies qui sont à à l'extrémité, et cela très-librement lorsqu'on ouvre le parc dans les saisons convenables* •

Four le parc qui est représenté sur la PL 29 , N°. 'VII, on a profité , en faisant un des côtés dd, d'une roche qui s'est trouvée former une muraille assez régulière , et on s'est contenté de clore avec des claies les espaces e, où il y avait des enfoncemens dans la roche. On fait bien de tirer parti de ces sortes de circonstances avantageuses $ mais ordinairement les deux côtés du parc sont faits comme celui ac.

§ 2. — Des parcs ou bouchots de clayonnage.

Pour faire les clayonnages qui doivent former l'enceinte de ces parcs, on trace sur le terrain une espèce de sillon , afin de fixer la forme qu'on veut donner au parc ; ensuite on enfonce des piquets a a, fig* 3, N°. III, PL 3o, qu'on met à 6 ou 8 pouces les uns àe8 autres , et on les fait entrer assez dans le terrain pour qu'ils y tiennent solidement. Quand ces piquets y sont assujettis bien ferme , suivant la trace qu'on a marquée , on enlace entre eux de me* nues branches de saule, peuplier, bouleau, coudrier ou d'autres bois plians , comme si l'on voulait faire un panier. Afin d'avancer l'ouvrage , on ne met pas les brins un à un , comme font les vanniers; mais on réunit plusieurs branches pour les enlacer par une seule opération. Lorsqu'on a mis deux ou trois rangées les unes sur les autres , on les entasse ou presse entre les pieux ou piquets , en frappant dessus avec le tranchant d'une masse plate , fig* 2, N°4 III' Le travail du clayonnage est toujours le même , quelque forme qu'on donne au parc ; mais il y a des parquiers qui , pour procurer une issue plus libre à l'eau , font leurs claies moins serrées , comme celle qu'on voit dans la fig. 1 , et ceux-là font moins de tort à la multiplication du poisson.

§ 3. — Des parcs ou bouchots formés par des ailes droites , et terminés par une nasse qu'on nomme bourgne, ou par un grillage.

Le parc représenté sur la PL 3o , N°. II, est formé par deux ailes droites ab, ac} qui ont environ 25 à 3o brasses de longueur ; les extrémités b c doivent s'étendre jusqu'à la laisse de haute mer , et l'extrémité du bourgne doit être placée tout près de la laisse de basse mer.

Sur les vases , telles que celles du mont Saint- Michel, au lieu de faire les ailes en clayonnages, comme le sont celles du NQ. II, PL 3o, on plante, de distance en distance, de forts pieux, qui entrent de 4 pieds dans la vase , et on met entre ces pieux des piquets presque join tifs, qui n'ont que 3 pouces de circonférence , dont le bas est enfoncé dans la vase et le haut est lié sur des traverses horizontales, qui s'étendent d'un pieu à l'autre b b 7 N°* III,

PL 3o.

Les ailes , soit qu'elles soient do clayonnage ou

Siquets, ne s'élèvent guère au-dessus du terrain, u côté de la mer, que de 4 Pie^s > et e^*8 dimi-

PAR

nuent de hauteur à mesure qu'elles s'en écartent : c'est, la situation 4du terrain qui décide de l'étendue qu'on donne aux ailes , ainsi que de l'ouverture de l'angle qu'elles forment. Elles ne doivent pas se

i" oindre au sommet de l'angle , et ordinairement on aisse en cet endroit 4 & 5 pieds d'ouverture.

On a vu , sur 4 lieues db cotes , dans le Bas-Médoc , depuis Bey jusqu'au Verdon, plus de cent cinquante pêcheries, appelées bouchots ou gors , dont les ailes avaient 40 à Ôo brasses de longueur , et qui étaient terminées par des bourg nés. 11 s'y prenait une si .grande quantité de menuise , qu'on en jetait sur le rivage , où les oiseaux s'en nourrissaient. Il paraît que l'on a fait quelques réformes à cet énorme abus.

Il faudrait, pour la conservation du poisson, laisser toujours 3 pouces de distance entre le clayonnage des bouchots et la surface du terrain , comme le représentent H K9 dans la^?. N°. II, PL 3o, et fermer l'ouverture K par un filet ou un grillage, dont les mailles auraient un pouce et demi d'ouverture; on empêcherait, par cette attention , que ces parcs ne fissent une si grande destruction de frai et de menuise.

Mais, au lieu de cela, les pêcheurs font leur clayonnage très-serré , et veulent qu'il porte immédiatement sur le terrain; quelquefois même ils ramassent du sable et des pierres au bas des claies , pour qu'il n'y reste aucune ouverture, et ils bouchent l'ouverture a, N°. II, PL 3o, avec un bourtnon dont nous avons donné la description au $ 4 e l'art. 2. Ils font périr ainsi prodigieusement de frai et de menuise.

Quand ces pêcheries sont établies sur la vase, les pécheurs vont , à toutes les marées , visiter leurs snes et en ôter le poisson , se servant pour cela traçons, qui sont de petits bateaux plats par-dessous , carrés à l'arrière et forts légers ,fig* 4} PL 3o, iVu. III. Ils mettent un pied dans Vacon, et l'autre pied , qu'ils posent sur la vase , leur sert à faire glisser ce bateau : c'est une façon très-commode pour traverser des vases molles 7 dans lesquelles on entrerait presque jusqu'à la ceinture. On fait de plus grands bateaux de ce genre , dans lesquels un homme se tient assis pendant que deux autres, qui sont à l'arrière , font glisser l'acon.

§ 4» — ~Des bouchots de Poitou.

Il y a de ces parcs qui forment, du côté de la mer, comme un polygone : eh ce cas, on met un bourgnon à tous les angles.

Mais, sur les côtés de Poitou, on voit des pêcheries assez semblables à celles que nous avons décrites dans le paragraphe précédent , et les pécheurs en mettent plusieurs les unes au-dessus des autres, entre la mer et la côte, comme on le voit indiqué par les lignes ponctuées de la fig* 4, JV"0. III, PL 3o. Au-dessus de la. première ligne ponctuée, se trouve la mer, et au-dessous de la ligne inférieure est la côte ; les trois lignes ponctuées représentent des parcs semblables, qui sont les uns derrière les autres. .

Ceux du rang de la côte ne peuvent servir que dans les grandes eaux, temps où ta mer monte beau-

PAR

coup à k côte; ceux du rang du milieu, qu'ils nomment de parmi,' se pèchent presqu'à toutes les marées ; enfin ceux dits du rang de la mer, et qui sont à la basse eau, ne découvrent que dans les grandes marées, et restent de 8 à 10 jours sans paraître. Ces bouchots, qui sont presque toujours sous l'eau , sont les meilleurs pour les moules , qui se multiplient et s'élèvent dans les clayonnages.

Quelques pêcheurs n'établissent que- deux rangs de bouchots , celui de la côte et celai de la basse mer ; ils suppriment le parmi : once cas, ils placent le rang du haut un peu moins près delà côte, et celui de la mer un peu plus loin- de laisse de basse mer.

Enfin , suivant la disposition du lieu et la pente de la plage , il y a des pécheurs qui mettent la file de bouchots plus près ou plus éloignée de la file.

La pointe des bouchots est tronquée, et présente, du côté de la mer, une face carrée de 8 à io pieds de largeur , à laquelle ils ajustent deux > trois et quelquefois quatre bourgnes; ce qui fait une immense destruction de frai et de menuise. On devrait fermer la pointe des bouchots par un grillage à larges mailles , qu'on ôterait dans les saisons où le frai se porte à la côte. Il doit y avoir , de la pointe d'un bouchot à celle d'un autre , au moins 200 brasses de distance , et les ailes ont depuis 60 brasses jusqu'à 100 brasses de longueur, suivant l'étendue de la place. Les clayonnages ont environ 5 pieds de haut du côté de la mer , et guère plus de 3 pieds à l'extrémité des ailes vers lit côte.

$ 5, — Petits parcs de clayonnages aussi garnis d'ailes , et qu'on nomme benâtres, etc.

La pêcherie dont nous allons parler conduit déjà un peu aux parcs fermés, dont nous traiterons amplement dan s la suite. Elle est formée, d'un petit parc rond a 9fig* -ZV<\ I, PL 3o , qui a 8 ou 10 pieds de diamètre, et dont le clayonnage se termine en bb par des crochets , lesquels font chacun le commencement d'une volute. L'ouverture qui est entre-deux a environ 3 ou 4 pieds de diamètre. On ajoute aux endroits b b deux grandes ailes c c, qui s'étendent le plus qu'il est possible vers la côte.

La hauteur du clayonnage qui forme 4e corps a du parc est d'environ 3 pieds ; les ailes du côté de b ont cette même élévation ; mais elle diminue de hauteur à mesure qu'elles s'approchent de la côte , en sorte qu'elles sont réduites à un pied à leur extrémité c.

Il devrait y avoir au fond du corps a une ouverture à laquelle on mit un filet on un treillage , dont les mailles auraient un ou 2 pouces d'ouverture en carré , et qu'on retirerait dans les saisons de l'abondance du frai , ou au moins on y substituerait un grillage à mailles fort ouvertes , eu sorte qu'il ne pût retenir que les gros poissons; mais il s'en faut bien que les pêcheurs observent cette police > puisque , pour retenir le frai et les plus petits poissons , ils ajustent au fond du parc des bourgnes , des tonnelles , des guideaux , des verve ux , qui ont les mailles si serrées que rien ne peut - s'échapper : de sorte qu'on trouve souvent au fond de ces parcs un piod d épaisseur de frai et de menuise, étouffés dans tes immondices que le courant y a portées.

PAR

On établit ces petits parcs ou benâtres ( qu'on nomme, en certains endroits , des écluses , des gorets ou gors de bois) sur des places qui n'ont que peu de largeur, entre la côte et la laisse de basse mer; mais le corps des parcs est établi tout ' près de la laisse de basse mer , et les ailes s'étendent jusqu'à la côte.

La./Sy. JV°. V1H de-la PL 29 est destinée à faire Toir comment on lie les unes aux autres plusieurs de ces pêcheries, en sorte qu'elles couvrent toute une place. *

On est obligé de les abandonner durant les grandes chaleurs, parce que les parcs se trouvent remplis d'araignées de mer et d'autres animaux voraces, qui éloignent de la côte presque tout le poisson , et qui sucent ou mangent ceux qui se trouvent enfermés dans l'enceinte d'une pêcherie.

Dans ces temps de chaleur , il s'y amasse beaucoup de varec , qui ferme les grillages et occasionne une grande destruction de poisson : c'est pourquoi il est très-important d'obliger alors les pêcheurs à faire de grandes ouvertures au fond de leurs parcs.

ARTICLE 4* — DES P ARCS OUVERTS, DONT l'eNCEINTE EST FORMEE PAR DES FILETS , ET QU'ON NOMME ORDINAIREMENT COURT JN£S ; VENSTS , TOUR- 1T££S) ETC.

On emploie , pour former l'enceinte des parcs dont nous allons parler, des filets à-peu-près semblables à ceux des seines, des manets, des Jolies ou demi-filles, et enfin des tramaux , et on les tend sur des piquets ou perches , comme pour les palis , ravoirs et autres pêcheries de ce genre. La différence consiste en ce que pour les Etentes (voy. ce mot) on établit les filets sur une ligne droite , au lieu que pour les parcs ouverts, dont il s'agit présentement, on les tend de façon qu'ils aient une grande ou» vertûre du coté de la laisse de haute mer , et qu'ils se terminent à celle de basse mer par un angle ou

Ear une portion de cercle , comme les écluses et les ouchots dont il a été question dans les articles précéder! s.

i 1 . — Des parcs defilett anguleux qu'on établis quelque/bis en tigzag sur plusieurs lignes.

On tend sur les grèves , au bord de la mer , des filets , qui forment ou des angles ou des portions de cercle , PL 3o , JV0. IV. Comme ils ne différent point des gors > que nous avons représentés dans la PL 27 , iv°. I, nous nous contenterons de renvoyer à ce que nous en avons dit en parlant des Guideaux et des Vetveux (voy. ces mots) , et nous nous bornerons à faire remarquer d'abord que , dans les environs de Marennes , on place de ces pêcheries sur des sables mouvans ; ce qui oblige de les relever à toutes les marées , et on se sert de petits bateaux pour y porter les piquets qu'on nomme paux$ cependant on les place à pied et à la main. Les pêcheurs forment , avec leurs piquets et des filets qu'ils tendent dessus , des angles plus ou moins ouverts , suivant la situation du terrain , en exposant à volonté la pointe au flux ou au reflux. Ils j ajustent des guideaux, qui ont au plus 4 brasses de longueur,

PAR

et dont la pointe est amarrée à un piquet qu'on enfonce dans le terrain ; les ailes ont 4 ou au plus 5 pieds de hauteur au-dessus du terrain , et ordinairement 5o ou 60 brasses de longueur.

Quand le filet est tendu et que la marée montante gagne, les pécheurs remontent dans leurs bateaux et attendent le retour de la marée. Lorsqu'elle est suffisamment retirée , ils relèvent les filets et arrachent les piquets , qu'ils mettent dans leurs bateaux avec le poisson qu'ils ont pris.

On appelle ces espèces de courtines vagabondes ou variantes , parce qu'on les change continuellement de place et de position. On ne peut en faire usage pendant l'hiver , attendu que les tempêtes , qui sont fréquentes dans cette saison, emporteraient les filets. Le temps le plus favorable pour cette pêche est quand il survient une bise fraîche de la partie du nord pendant les grandes chaleurs.

On tend encore une autre sorte de petites courtines, dites volantes s les pêcheurs embarquent dans un batelet les filets qu'ils doivent tendre , et des piquets qui ont au plus 4 pieds de longueur , y compris ce qui doit entrer dans le terrain ; ils les disposent sur deux, rangées , qui s'écartent peu l'une de l'autre , et ils en inclinent- la tète , de façon que toutes se rapprochent, et que le haut du filet ne soit élevé au-dessus du terrain que d'un pied. La tête du filet est donc arrêtée à la tête des piquets , qui sont inclinés comme nous venons de le dire, et le pied du filet est assujetti par des crochets qu'on enfonce dans le terrain : de sorte que les deux ailes étant inclinées l'une vers l'autre , elles font une espèce de berceau, comme la première figure du iV°. /, PL 3 1 • Elles se réunissent pour former au fond de la courtine comme un tuyau , au bout duquel on ajuste un guideau d'une brasse et demie de lon-

fueur , et qui n'a ni cerceaux ni goulets à son emouchure , laquelle est tenue ouverte par deux piquets enfoncés verticalement. Lorsque la marée est retirée , les pêcheurs mettent dans leurs batelets les piquets , le filet , le guideau et,le poisson. On pêche toute l'année avec ces petites courtines , à moins que la mer ne soit trop agitée : on n'y prend guère que des poissons plats.

Les pêcheurs couvrent quelquefois toute une plage avec des parcs angulaires, disposés en zigzag, comme on les voit à WPL 3o,j%. N°. IV. On en met deux , quelquefois même trois rangées les unes au-dessus des autres. Quand les poissons qui retournent à la mer ont franchi le premier rang a, ils sont arrêtés par le second b, ou parle troisième c. Ainsi , quand ces filets, qui ont ordinairement les mailles assez serrées, sont ensablés par le pied, rien ne peut s'échapper , sur-tout si on met aux angles saillans des guideaux ou verveux; et en ce cas, ils font une énorme destruction de frai et de menuise.

Il importe donc beaucoup à la conservation du poisson de faire à ces pêcheries la même réforme que nous avons indiquée en parlant des écluses et des bouchots , ne point ensabler le bas <*es filets qui forment les ailes; tronquer les angles saillans , pour y mettre des filets à large» mailles, qu'on êtera dana les saisons où le frai donne à la côte.

PAR

$^,~-Bas parcs de Jtlets ouverts et demi-circulaires, qu'on nomme spécialement courtines ou venets , lesquels diffèrentjoeu des muliers, dont nous avons parlé à ^article CihdMèihve (voy. ce mot), et qui sont représentés sur la PL 29 , N°. III.

On "verra dans les paragraphes suivons des pèche* ries qui tiennent le milieu entre les étentes et ces vrais pares , et on sentira comment l'industrie des pécheurs est parvenue par degrés à -foire les grands parcs fermés. Les bas parcs dont il s'agit ici sont de petites pêcheries , que les riverains de la mer tendent à la bosse eau.

On donne à ces différentes petites pèches des noms particuliers sur les côtes on on les pratique , quoiqu'elleb diffèrent 'peu entre elles, tant par leur construction que par les effets qu'elles produisent.

Leur but étant toujours d'arrêter les poissons lorsqu'ils suivent la marée descendante pour retourner à là mer) il est sensible que pour se placer avantageusement , il «fout tendre les filets sur les bancs de sable , au* bas des côtes qui sont écores, ou dons les endroit* d'oir l'ean se retire avec rapidité.

Les pêcheurs enfoncent des piquets dons le sable, suivant une figure demi-cirCulaire , qui imite assez celle d'un fer è cheval , PL 3o , 2V°. ÎV$ et attendu que ces pêcheries s'établissent souvent sur des sables motivons, on a l'intention de garnir, comme nous l'avons déjà dit, le bas des piquets avec des torches de paille , pour que la marée ne les entraine point.

Les maillée des filets qu'on tendeur ces piquets ont un ou ou plus a pouces en carré. On doit tendre les filets le plus ferme qu'il est possible sur les piquets, tant par la tête que par le pied ; mais def façon que le bas du' filet ne touche point an sable, sur-tout durant les chaleurs , parce que c'est la saison Où les poissons du premier' âge remontent en plus grande quantité à la côte, et qu'il convient de leur laisser la liberté de retourner ensuite' à la mer.

On prend dons ces petites pêcheries des poissons de tout genre, même âes esturgeons, et on f arrêterait'beaucoup de poissons plats, sur- tout durant l'été , si l'on ensablait le pied du filet ; mais comme il faut , pour la conservatibn du petit poisson , l'en tenir écarté de quelques pouces , on n'en prend que de gros , encore fout-il que le filet fosse une poche.

On met quelquefois plusieurs rangs de ces filets les uns au-dessus des autres , comme nous l'avons dit de ceux en zigzag, fig. a, b, t, PL 3o , N*. IV.

On pratique beaucoup cette façon de pêcher à Calais pour prendre du poisson frais.

$3. — Usage qu^ on fait des courtines en différens

ports.

ASaînt-Michel-en-1'Herme, dans le Poitou, ainsi ue sur les côtes de Saintonge et d'Aunis , on fait es courtines avec des filets simples , qu'on nomme rets noircis : nous avons dit ce que c'est en parlant des ravoir* tramaillés (voy. Ravoirs) 5 mais comme les' pécheurs U* établissent sur les vases, il faut, pour chaque tente de courtines , quatre acons, pour glisser sur les vases. Deux hommes, chacun dans un acon , portent et plantent , à une brasse les uns

PAR

des outres , les pieux ou palets, qui doivent avoir 4 pieds de longueur, non compris ce qui entre dans la vase. Les deux autres acons promènent , comme ils disent, le filet; c'est-à-dire qu'ils l'arrêtent haut et bas sur des piquets par un tour-mort. Les ailes ou bras de ces pêcheries ont nu plus 60 brasses de longueur; chaque pièce de filet porte 8 ou 9 brasses; celles qui sont destinées pour le fond ont une brasse de chute , et celles des ailes se réduisent peu à peu' à n'avoir qu'un* demi-brasse : chaque pêcheur fournit une ou deux pièces de filet.

On retire, à toutes les marées, le poisson qui s'est pris dons la courtine , et on ne laisse le filet en place'

Se pendant deux marées au plus : quelques pêeurs laissent leurs piquets sédentaires, d'autres' les changent de place à toutes les marées. Cette pêche ne se fait que pendant les mois de novembre ,' décembre etjanvier. La plupart des courtines de la Rochelle sont garnies de filets nommés folles. Chaque filet , quand il est monté, a ^o brasses de longueur et 8 pieds de chute : on n'y met ni plomb ni liège; les pieux sur lesquels on les tend sont à 3 brasses les uns des autres.

À l'île de Ré , on fait de grandes pêcheries aux courtines , à-peu-près semblables à celles qui sont représentées dans la PL 3o , iV°. IV. Quand les pêcheurs ensablent le bas de leurs filets et qu'ils ajoutent une manche an fond de leurs courtines , il se fait une grande destruction de frai et de menuise.

A Oléron, on pêcbe aux courtines pendant toute l'année , excepté quand les temps sont trop orageux. Les filets ont ordinairement a ou 3oo brasses de longueur et une brasse de chute; souvent leurs moules n'ont qu'un pouce d'ouverture en carré ; les pêcheurs ajoutent assez fréquemment au fond de la courtine une poche qu'ils nomment foue on folle. Quand la mer est basse, si la courtine n'assèche point, ils y prennent le poisson avec une nasse, qu'ils appellent couperas.

Les grondes marées, les vents qui portent à la côte et les temps orageux sont favorables à cette pêche , pourvu que les filets puissent rester tendus*

On prend dons ces pêcheries des soles, des plies, des limandes, des turbots, des maquereaux, des merlans , des lieux , des sèches , et quelquefois des sardines , lorsque les mailles sont assez serrées pour les retenir.

fin quelques endroits voisins VPOléron, comme Saint-Trojan , les courtines n'ont que 3 pieds de haut et 80 brasses de longueur ; elles sont tendues depuis le mois de mars jusqu'en novembre s d'où il suit qu'elles doivent détruire beaucoup de frai.

A Marennes , la pêche aux courtines commence au ier. mars, et elle se continue jusqu'à la fin d'octobre. Les pêcheurs paient ou tendent leurs filets à la basse eau , et ils les relèvent le lendemain quand la mer est retirée. Us se servent 'néanmoins de petits bateaux pour les tendre , et ils ajustent, les unes ou bout des autres , assez de pièces de filets pour faire une longueur de 1 00 ou 1 20 brasses lorsque le terrain le leur permet.

Les pécheurs bretons de Saint-Michel-en-Grève, du côté de Lanion, ne se servent point de bateaux ; ils tendent leurs courtines à pied sec.

PAR

A Saint -Brieux, on nomme seines-tLpieux des courtines circulaires, qui sojut beaucoup plus fermées que ne le représente \*fîg* a du N°. IV ', PL 3o$ quelques-unes ont 4 pieds de hauteur,, d'autres seulement s . Ces pécheurs mettent un peu de plomb au pied de leurs filets 4 mais ils ne. Les ensablent pas, pour laisser passer le goémon : ainsi, Ua ne détruisent ni le frai ni lamenuise.

Les pécheurs de Trouville , auprès de Quillebœuf, n'ensablent point non plus la pied de leursvenets ou courtines.

Sur la côte, de Caen, tant à la mer qu'aux trois rivières qui dépendent de cette cote , on prend dans les venets ou courtines des surmulets, des barbues, des soles , des limandes , des carrelets , des estur-

Seons , de petits turbots, des raietons ( mais point e grandes raies ) , des mulets , des saumons , des maquereaux , des harengs , des .sardines , etc.

Dana les environs d'Abbeville , on tend en courtine des filets de l'espèce de ceux que nous nommons monets ; ils ont do brasses de longueur sur Sk6 pieds de chute : leurs piquets s'élèvent de 6 pieds au-dessus du sable. Les. pécheurs n'ensablent le pied de ces filets mie quand ils se proposent de prendre des poissons plats; mais le but principal de cette pèche est de prendre de petits maquereaux , qui s'emmaillent»

$ 4* —Petits parcs qui se terminent par un crochet, et qvfon nomme parcs à l'anglaise.

Ces parcs sont précisément comme les palis de Picardie, que nous avons représentés dans la PL 39, No. I. On les tend de même, un bout à la mer, l'autre à la côte ; mais ils différent des palis en ce qu'ils se terminent du côté de la mer par un crochet , PI. 3o > N°. V, dans lequel sont conduits les poissons qui ne sont point em maillés le long du filet , et ils y restent lorsaue la mer se retire.

Dana les environs de Boulogne , on fait de pareilles pêcheries , qu'on nomme folles montées sur piquets ou piochons* Le bout qui est du côté de la mer forme un crochet , dans lequel s'arrête la plus grande partie du poisson. Les pièces de ces filets ont 10 à 12 brasses de longueur sur une brasse de chute* Dans les grandes vives-eaux, on y prend des soles, des plies, des flets et même, des raies. Comme les mailles des folles sont grandes, on ne , prend- dans ces pêcheries que des poissons assez gros pour être d'usage « cependant, on ferait bien de défendre d'ensabler le pied de ces filets durant les saisons où le frai et les poissons du premier âge sont portés à la côte.

$5. — Des hauts parcs à crochets.

On voit, dans les environs de Barfleur et en d'autres parages , des parcs en crochets simples , qui sont principalement destinés à prendre des mulets ; ils sont formés de perches hautes de 1 5 à 20 £ieds, PL 3o, N°. Vif et disposées de façon qu'elles forment un crochet vers la mer, comme les parcs à l'anglaise ; le reste est une espèce de chasse ou de palis , qui s'étend depuis la laisse de haute mer jusqu'à la basse eau , où est formé le crochet , qui

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peut avoir 7 à 8 brasses, de pourtour, La partie qui forme la chasse a *4 ou .i5 brasses de longueur plus ou moins, suivant que la, m.er as retire.

Le filet a % brasses ou a brasses et demie 4e chute ; on ne l'ensable .point \ ses maUles-(aont plus ou moins ouvertes , suivant la, grosseur de*; poisson* qu'on se propose de prendre.: car. si, dans certaines saisons, le* maquereaux jp les sansonnets ou Jes harengs donnent à la côte , il faut proportionner Ie*?mailles à la grosseur de. ces poissons. Les maillée ont donc

Ïraelquefois w lignes d'ouverture en carré, d'autres ois 18 ou même 24* afin que le poiasoB.pu£sse s'emmailler. Quelquefois , pour prendre des poissons -de différentes grosseurs, on garnit le crochet où se rassemble la plus grande partie du poisson avec un filet en tramail.

Quand le pied de ces filets n'est point ensablé , ces pêcheries ne font aucun tort à la multiplication du poisson.

j 6, — Des parcs à grande tournée.

On voit que peu à peu l'industrie des pêcheurs les a conduits à former de grands parcs fermés : ceux dont nous allons parler en différeraient peu , si l'on y ajoutait une chasse.

Ces pêcheries , qu'on voit entre autres sur les côtes de Picardie confinantes à l'ancien comté d'Eu , ressemblent assez aux courtines cintrées dont nous avons parlé au § 2 j elles en diffèrent en ce que les deux extrémités du filet sont contournées en volute vers la côte , comme nous l'avons représenté PL 3o, N\ V.

Il y a eu de ces parcs qni avaient jusqu'à 120, même jusqu'à i5o brasses de circuit. Comme ces grandes pêcheries occupaient toute la côte , les pécheurs riverains exposèrent qu'il ne leur restait point de place pour faire leur métier, et ayant fait droit à leurs représentations , on a fixé à 100 brasses la longueur de ces filets. Quant à la chute , les pêcheurs sont les maîtres de la faire- comme ils le jugent à propos : c'est pourquoi quelques-uns ne leur donnant que 4 pieds , et d'autres jusqu'à 1 8. On les tient toujours puis élevés au fond qui est du côté de/ la mer, que versv les volutes qui se prolongent vers la côte.

On met des piquets à 7 ou 8 pieds les uns de* autres, et ils doivent entrer de 18 pouces ou 9 pieds dans le sable. Quand les filets ont beaucoup de chute 9 on a coutume d'affermir les perche» par des piquets plus courts , qui forment comme des arcsboutans , et les perches sont un peu inclinées par le haut vers la mer , pour qu'elles résistent mieux à la lame qui précède la marée montante» On amarre la tète des filets sur le haut des perches et le pied sur les petits piquets , afin que le filet fasse la poche ou foliée.

Quand lés harengs donnent abondamment à la côte, les pêcheurs n'ont paa quelquefois assez de temps d'une marée à l'autre pour emporter tout leur poisson, quoiqu'ils y emploient des chevai»* et des charrettes.

On doit laisser 5 à 6 pouces d'intervalle entre le bas du filet et le terrain ; nais l'avidité des pêcheurs les engage à l'ensabler. Pour cela, ils font un

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sillon autour de l'endroit où ils tendent et .y mettent le pied du filet 9 puis le chargent avec le sable qu'ils ont tiré du sillon. Alors leur filet tamise pour ainsi dire Peau de la mer, et retient tout le poisson qui voudrait suivre le cours de la marée, d'autant: que le filet étant" tenu lâche pour qu'il forme une poche, ses mailles s'allongent, et elles deviennent si serrées, que les poissons du premier âge ne peuvent passer au travers : aussi trouve-t-on souvent, durant l'été, dans les parcs un pied d'épaisseur de frai et de menuise , qui est entièrement perdu* Il est sensible qu'alors ces pêcheries sont très-destructives-, ce qui n'arri verrait pas si les pécheurs laissaient 3 ou 4 pouces de distance entre le filet et le terrain.

$7. — Sauts et bas parcs à tournée , qu'on tend de haute mer, comme les palets dont nous avons parlé ci-devant.

Les pêcheurs de Saint - Vallery vont dans leurs gobelettes, à la fin du jusant , entre les bancs qui sont* à. l'embouchure de la Somme, établir, avec des piquets de 3 à 4 pieds de hauteur, une grande enceinte en forme de fer à cheval. Aux deux bouts qui répondent à la côte , sont des retours ou crochets qui ont environ une brasse et demie de diamètre y entre ces crochets et le corps du parc est un passage qui n'a que i5 ou 18 pouces de largeur, par lequel. le poisson entre dans une espèce de tour ronde ou carrée , formée par les contours des crochets. Quand le poisson y est entré , il nage en tournant continuellement, et rarement il $ort. par' où il est entré. On garnit les crochets avec des filets pareils à ceux des autres bas parcs : il en faut pour chacun une. longueur d'environ 3o brasses. Four former le corps du parc, on plante dans le terrain des perches de i4 à \S pieds de haut, qui s'étendent par intervalle d'un crochet à l'autre, y ayant alternativement de longues perches, et des piquets assez courts, ainsi qu'on le voit dans la PL 3o, N°. FIL

On fait en sorte que ces grandes perches s'inclinent un peu du côté de l'intérieur du parc , et on y tend des filets qui ont environ 3 brasses de hauteur ; mais les pêcheurs ne tendent pas les grands filets de mer basse , ils en arrêtent seulement le pied sur le bas des longues perches. Ainsi ces filets sont plies en paquet au bas des perches , et on les couvre d'un peu de sable , comme nous l'avons dit en parlant des palets (voy. la PI. 29, JV°. II )y afin qu'à la marée montante les poissons plats en suivent le cours sans rien trouver qui les arrête. La tête de ces filets est garnie de. flottes de liège , et on a amarré au haut de chaque perche une petite poulie, où est passée une ligne frappée sur la corde qui porte les flottes.

Les pêcheurs forment donc ainsi l'enceinte de leur parc , en mettant alternativement des rets de bas parcs , au'ils tendent à demeure sur des piquets courts, et des jets de hauts parcs, qui restent au pied d<* perches jusqu'à ce que la marée soit en- ' tièrement m<«uée , observant que les deux bouts de la pêcherie qui s*>nt contournés finissent par des rets de bas parcs montés sur leurs petits piquets. On a , de plus , l'attention de mettre les perches et

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les poulies-des hauts parcs dans les bassures et les petits courans qui se rencontrent entre les bancs.

11 -est bon de remarquer , pour concevoir l'avantage de ces pêcheries, que, durant le temps où toutes les parties qui sont garnies de hauts filets sont abaissées , ces parties permettent aux poissons plats de suivre le cours de la marée, comme s'il n'y avait

S oint de pêcheries , et les parties où sont les filets es bas parcs étant peu élevées , la marée les recouvre bientôt, en sorte que les poissons ronds peuvent passer par-dessus.

Les pécheurs qui sont dans les gobelettes halent, au coup de la pleine mer, sur les lignes qui répondent aux filets de hauts parcs ; ils les dégagent du

u de sable qui les recouvre, et ils soulèvent la tête ces filets jusqu'au niveau de l'eau de la pleine mer j puis ils les amarrent à là tête des perches, et avec le secours des flottes de liège, les filets de hauts parcs se trouvent tendus jusqu'à ce que la mer se soit entièrement retirée.

Ces pêcheries sont destinées à arrêter le poisson qui suit le retour de la marée ; c'est ce qui est sensible quand on fait attention à la disposition du corps du parc et à celle des crochets qui le terminent ; s'il s'engage quelque poisson dans les volutes , il en sort difficilement.

A la mer basse , on va prendre les poissons , qui se trouvent principalement dans les crochets , et ce sont pour l'ordinaire des poissons plats. On en trouve aussi quelques autres qui se sont emmaillés dans les filets de hauts parcs.

11 paraîtrait mieux de garnir tout le fond avec des manets de haut parc , et de ne laisser en bas parc que les crochets, qu'il serait difficile, et presque impossible de tendre de haute mer.

$ 8. — Petits parcs tournés 9 qu'on nomme palicots

à la Teste-de-Buck.

Le terme de p'alieot nous parait être ici un diminutif de pâlot ou piquet. Quand les pêcheurs aperçoivent sur le sable ou sur la vase , dans les chenaux , certaines traces que les poissons laissent dans les endroits qu'ils fréquentent, ils y tendent des filets sur des piquets , comme pour les bas parcs , et s'ils n'ont point d'élévation ou de roche sur lesquelles ils puissent appuyer les extrémités de leurs filets, ils forment à chaque bout du filet une volute à-peu-près semblable à celle qu'on voit au bout du filet, PL 3o, JV°. VIL Le poisson, uneibis engagé dans ce labyrinthe, y reste jusqu'à ce que la mer soit retirée. On prend ainsi des poissons de toutes les espèces. *

$9. — Pêcherie peu différente de la précédente, et qu'on appelle chila en Corse.

Nous trouvons, dans un Mémoire de Corse, qu'on fait avec des pieux plantés tout près les uns des autres un labyrinthe en spirale , et que pour prendre les poissons qui s'y sont engagés , les pêcheurs se servent d'un harpon, qu'ils nomment foscina.

On prend de toutes sortes de poissons dans ces pêcheries, et particulièrement des soles.

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$ 10. — Petits Aoûts parcs pour prendre des maquereaux.

Dans les environs de Quiraper et en plusieurs autres endroits, les pêcheurs tendent des perches entre les rochers, en forme circulaire , PL 3o, JV°. VIII. Us amarrent des tram aux sur la tête de ces perches, en sorte qu'à la pleine mer le haut du. filet soit à fleur d'eau ; mais il s'en faut de beaucoup que le pied touche au terrain , et pour cette raison l'on ne prend dans ces pêcheries que les poissons ronds qui s'emmailtent, jamais ceux qui ne quittent point le fond.

L'ouverture de ces parcs doit être du côté de la terre.

On emploie à cette pêche des tramaux qui ont leurs mailles de trois grandeurs différentes , suivant l'espèce de poisson qu'on se propose de prendre : aux une, les mailles des hamaux ont 7 poupes 7 lignes d'ouverture en carré ; d'autres ont 7 pouces 6 lignes, et les plus serrées ont 7 pouces 4 lignes. Les mailles de la flue sont aussi ne trois grandeurs différentes : les plus larges sont de 19 lignés en carré y les moyennes de 18 lignes , et les plus serrées de 17 : on emploie à volonté l'un ou l'autre de ces filets, et comme ce sont des tramaux, la précision de l'ouverture des mailles n'est pas aussi importante que quand les filets sont des nappes simples.

ARTICLE 5. — mBS PARCS 7BRMSS.

Les parcs fermés ne diffèrent pas essentiellement des parcs ouverts , puisque , de quelque façon que l'on considère ces sortes de pêcheries» on doit les regarder comme de grands gors, propres à arrêter les poissons qui veulent regagner la grande eau au retour de la marée. Néanmoins la construction des

frands parcs fermés mérite l'attention de ceux qui ésirent connaître jusqu'où peut aller l'industrie des pécheurs.

< $ T. — Idée générale des parcs fermés.

Il fout considérer dans les parcs fermés, les plus simples le corps du parc A, PL 3i, N°. IV, fig. \, qui n'a qu'une entrée D assez étroite, et au fond, que les pêcheurs nomment Vaccul, une ouverture E pour la décharge de l'eau de la mer qui es t entrée dans la capacité Au. On place cette partie du parc le plus près au'il est possible de la laisse de basse mer \ cependant , comme il est avantageux que le parc se vide à presque toutes les marées , on ne doit pas prendre pour la laisse de basse mer celle des grandes vives eaux , le parc serait trop fréquemment noyé.

L'entrée d du parc étant assez étroite, il y entrerait peu de poisson si l'on n'avait pas imaginé un moyen ingénieux pour le déterminer à prendre cette route.

Nous avons dit qu'on pratiquait souvent aux parcs ouverts des ailes fort étendues , qui conduisent le poisson dans le corps de ces parcs, comme on peut le voir PL 29, N°. VIII, et PL 3o, N°. I. On ne fait point usage de ces grands entonnoirs pour les parcs fermés , on se contente d'établir vis-à-vis jie l'embouchure une cloison ou palis simple CD*, PL 3i, N°* IV\ le poisson , qui rencontre ce palis , le suit,

PAR 669

le côtoie et entre dans le parc : c'est cette espèce de cloison que les pêcheurs-parquiers nomment cache, par corruption de chasse. On joint donc l'entrée du parc avec la côte par la chasse CD $ tous les poissons qui rangent la côte , soit qu'ils viennent du côté de H ou du côté de i", rencontrent la chasse qui s'oppose à leur passage ; ils la côtoient, se portant vers G pour gagner la grande eau , et entrent dans le parc, qui, ayant 10a 12 toises de diamètre, forme une nappe d'eau assez étendue, où le poisson, se trouvant à l'aise , ne cherche point à sortir par où il est entré *, il nage donc de tous côtés , et la partie D de l'entrée asséchant la première, le poisson se porte vers E, où il trouve encore de l eau, et quand la mer est tout-à-fait basse , il demeure en la possession du pêcheur.

L'enceinte des parcs et leur chasse sont quelquefois uniquement formées par des filets qu'on tend sur des perches, comme on le voitaux JV<». II et IIIf PL 3i. A d'autres parcs., tels que ceux des iVoi. V et VI, PL 3i, le pied est composé de ciayonnage et de pierres sèches , et le haut est garni de. filets qui ne sont pas toujours de la même espèce : ce sont quelquefois des seines., d'au très fois des folles, ou des manets , ou des tramaux.

Il y a des parcs plus composés les uns que les autres; on en fait qui n'ont qu'une tournée , tour ou chambre, comme ceux représentés par les fig, iV0». 7/, III et IV, PL 3i j d'autres en ont deux, trois et quatre, iV0». V et VI. Ce n'est pas tout, tantôt les chasses communiquent d'une tour à une autre, fig. N*. V, ou bien chaque tour a une chasse qui lui est particulière, s'étendant depuis la côte jusqu'à cette tour, JV°. VI.

Enfin , à beaucoup de parcs , la décharge n'est fermée que par une grille de fer ou de bois , et on ajoutée quelques-uns un guideau ou un verveux $ ce qui leur fait donner le nom de parcs à fond de

verveux.

Nous allons faire connaître l'usage des chasses , en décrivant une petite pêcherie qui ne se pratique guère que dans des étangs assez poissonneux.

§ a. — Verveux précédé d?une chasse.

On tend des verveux dans des étangs , comme nous l'avons dit en parlant des bourdigues. Nous avons fait remarquer qu'on y ajoute souvent des ailes , pour déterminer le poisson à entrer dans le filet , et quand ces ailes sont fort longues , il en résulte un gor 5 mais il y a des pêcheurs qui se contentent de mettre vis-à-vis de l'embouchure du verveux e, PI. 3i, N°. IV, fig. 3, une chasse a b, qui en partage l'embouchure en deux parties ; de quelque côté que vienne le poisson , sitôt qu'il rencontre la chasse -qui s'oppose à son passage, il la suit , et continuant son chemin , il entre dans le verveux : voilà l'effet que produisent les chasses des plus grands parcs.

§ 3. — Des petits parcs , qu'on nomme ^iosets.

Nous avons déjà fait observer g»^* n'est parvenu que peu à peu à faire les g*«nà* parcs fermés dont nous venons de donner une idée : d'abord on «

PAR

formé au Mmt des filets des crochets on volutes, qui retenaient mieux le poisson que les simples palis } mais eh augmentant ce crochet *au point de le fer ->

CFn voit , aans ies euviruu» ***, w»" -*•*■ 7 ?

hauts petits parcs , qu'on nomme cahossets ou c/0sets, PL 3i , i\T°. /, J%. ^. Ces parcs sont formés d'un seul filet AB CD, tendu sur des perches de 7 à 8 pieds de hauteur 5 la partie A B , qui est droite, forme une chasse', et la partie' CD une chambre ronde ou carrée, pat ladispositîon du cro-i ehet ou de la tournée , qui est le corps du parc. Une douzaine de perches suffit pour faire ces petites pêcheries , dans lesquelles on prend des bars , des mulets, des lieux , des colins , des vieilles 1 , et) divers autres poissons , tant passagers que saxatiies,' lorsqu'on tend ces filets entre des rochers. • Le temps le plus favorable pour tirer parti de ces pêcheries est quand il règne un vent de sud.

§ 4. —Des grands parcs fermés , garnis entièrement de filets comme le précédent.

Sur les belles plages, où la lame n'a pas beaucoup de force , et dans les belles saisons , on fait de grands parcs, Pl.3i,N°. II, qu'on garnit entièrement de filets qui sont de la nature des seines quand! on se propose de. prendre de toutes sortes de pois-! sons, et alors on ne les tient pas fort élevés \ mais lorsque les poissons de passage donnent à la côte, on garnit ces parcs avec des manets , dont la grandeur des mailles est proportionnée à la grosseur des poissons qu'on ,seut prendre, et on tient les perches assez élevées. Nous supprimons quantité de détails, qui se trouveront lorsque nous parlerons des parcs dont le pied est de clayonnage. ;

§5. — Parcs garnis des filets qu'on nomme folles.

Cette pêcherie ne diffère de celle dont nous ve-

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avantageuse dans les grandes marées. Quelques pécheurs-parquiers , pour prendre les poissons ronds, ajoutent) comme nous le cirons dans la» suite, des ciiausses ou verveux à la décharge de leurs parcs,

§ 6. — Parcs garnis de filets nommés demi-folles.

Nous avons déjà dit que ces filets lie diffèrent des folles qu'en ce qi» leurs mailles n'ont que 2 à 3 pouces d'ouverture en carré, au- lieu que celles des folles en ont 5 , 6 et 7. Ces filets , que nous nommons çlemi-fqllès , sont semblait es à ceux que les pécheurs cauchois nomment lesques, et les Picards et Flamands cibaudières, mailles myaleè , enfin rieuse , parce qu'ils servent à prendre les raies? les Normands les appellent ansinnes, parce qu'ils les tendent dans des anses : ce sont- ces mêmes filets qu'on nomme entours, lorsqu'on les tend autour êtes roches, comme on le voit PL 3i, N°. VII- Au reste , pour les parcs dont il s'agit , on monte ces filets, comme ils sont représentés fig. N°.Hf sur dea perches de 4 à 5 pieds de longueur.

§ 7. — Des pares formés de claies <et de filets*

Pour faire ces parcs y que nous avpns représentes fig. NQ*. Vet FI, on enfonce dans un terrain solide des pieux éloignés les uns des autres de i5a 18 pouces, en se conformant au contour qu'on se propose de donnpr au parc , ou au tracé qui est représenté dans le N°. IV, fig. 1. On entrelace dans ces pieux des branche* flexibles pour former un clayonnage Y qu'on voit représenté en B C,fig. 2, auquel ûir donne 3 pieds et demi ou 4 pieds d'élévation. La partie moins haute, ce, est pour la chasse, et depuis C jusqu'à JE, c'est le corps du parc. *

Le diamètre AB,fig. 1 , du corps du parc, eôt quelquefois de 5 brasses, d'autres fois de 7 5 son entrée & & a 2 ou au plus 3 pieds de largeur.

Il doit y avoir , comme nous l'avons dit , à i'àccul ou au fond du parc qui vegarde la mer , une ou-

nons de parler , que par la disposition du filet eto verture E, qui sert à égoutter Peau ; elle doit avoir — 1 ni — a^ — :m~- «..: -~— «™!«.,..„ *.«à» 4 à 5 pieds de largeur , et être fermée par une grille

par le calibre des mailles , qui sont toujours trèsgrandes .

Ces parcs , plus que tous les autres , doivent êtrej établis dans des endroits où la mer se retire avec beaucoup de rapidité, PL 3i , N°. III. On fait donc au pied des bancs de sable une enceinte de perches CD, qui ont au moins 5 pieds de haut , et on place sur le banc quelques perches et un filet pour former la chasse A B , qui aboutit au milieu de l'embouchure de l'enceinte en B. On la prolonge plus ou moins vers la côte, suivant l'emplacement dont on peut disposer. .

Le filet étant une folle, il doit être tendu de façon qu'il fasse une poche ; on ne prend dans ces parcs que de'gros poissons plats , les ronds.nepou-j vant être arrêtés par ce filet, dont les mailles sont)

très -grandes , et ont quelquefois plus de 6, pouces! en carré, et pour cette raison il serait inutile de! faire ci* parcs fort ha.irts , les ^poissons -plats Jiej quittant pOW. le fond. On doit aussi n'établir . cesj parcs que sur les fends doux; de sablé ou de vase j les poissons1 plats ne se^t^t<ant gùèfe sur les fonds dél?oche; enfin^ cette pêche est principalement

de fer ou de bois, assez à claire- voie pour laisser échapper le frai et la mènuise. Ce grillage Serait inutile si l'on n'avait pas l'attentionpde lé nettoyer à toutes les marées, podr que le passage restât libre. Autour de cette enceinte dé claies , qui est représentée en A, PL 3i , N°. V7 sont placées des perches en dehors, comme on le voit en P, Q, NQ. VI Elles doivent être enfoncées de 1 8 à 20 pouces dans le terrain , l'excéder de 20 à: 22 pieds, et être placées à environ une brasse les unes des autres 5 enfin il I faut qu'elles soient menues et. pliantes1 par en haut: car, pour attacher le'fitetà l'extrémité de, ces perches, un pêcheur saisit aVec un crochet dé bois le haut d'une perche , il la fait plier , et un autre y attache le filet au moyen d'un tour-mort. Le bas du filet s'arrête au clayonnage au moyen d'une cheville.

La chasse D C, PL 3i, N°. IV, fig. 1, s'étend depuis1 l'entrée G du parc , ou plutôt dépuis D uisdù*à la laisse d$ pleine mer.

Les elaybtinages subsistent toujours en place , commente voit dans le JT. V) il n'en est pas de même '-des filets et des perches, que* les pêcheurs

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