‹ Traité général des peintures à l'eau, ou, Lavis à l'encre de ChineChapitre 14 sur 29 · UTILITÉ DE PLUSIEURS PALETTES · texte numérisé non relu

UTILITÉ DE PLUSIEURS PALETTES

Il est bon d’en avoir plusieurs afin de pouvoir préparer plus largement les mélanges qu’on jugera nécessaires pour chaque genre. Certains artistes se servent de godets : jadis on employait des coquilles.

Les plus simples palettes sont des plaques ou carrés longs en verre double sous lesquels on colle du papier blanc par derrière.

On achètera les couleurs en poudre que l’on broiera soimême à la molette sur la glace dépolie en y ajoutant l’eau gommée. On en vend aussi des assortiments tout préparés dans des flacons étiquetés si l’on ne veut prendre cette peine.

Le blanc joue le rôle le plus important dans la gouache, où il entre dans presque tous les mélanges pour en éclaircir les nuances. C’est le blanc d’argent ou le blanc de zinc.

Les couleurs fondamentales sont, comme on sait, le blanc, le jaune, le rouge, le bleu et le noir.

Les blancs se font avec le blanc de plomb (céruse), l’oxyde de zinc, le blanc de craie (dit d’Espagne); les jaunes avec les ocres, le jaune de Naples, les chromes ; les bleus avec l’outremer, le bleu de Prusse, le bleu minéral, le colbalt, les cendres bleues, etc., etc., l’indigo; les rouges avec le carmin, le cinabre, les laques, etc. ; les noirs sont ceux d’ivoire, d’os, de charbon, de fumée, de vigne, de pêche. Avec les rouges mêlés aux jaunes on fait les orangés; avec les bleus, les carmins et laques on fait des violets ; avec les ocres et les rouges on fait des bruns. Il y a aussi des bruns tout faits, les terres d’ombres, de Sienne naturelle, les terres brûlées, dont l’emploi est le

môme que dans la peinture à l’huile; tous les verts de la peinture à l’huile peuvent s’appliquer en gouache.

Règle générale. — Si on môle des couleurs simples par deux, on aura toujours des mélanges frais et agréables. Il suffira de mêler trois des couleurs simples fondamentales pour avoir des tons rompus, c’est-à-dire des gris.

Si l’on a à recouvrir des surfaces considérables avec les mêmes teintes, telles que des ciels, des murs unis ou certains terrains, il est bon d’en préparer à l’avance les mélanges assez abondamment pour ne point en manquer, car si cela arrivait, on aurait beaucoup de peine à raccorder et à retrouver précisément le ton désiré; la première teinte ayant eu le temps de sécher, la retouche ferait toujours une couture avec la première. Quand on a préparé son mélange dans le godet ou sur la palette, il faut le laisser suffisamment évaporer avant de l’employer, afin de pouvoir, en l’employant, brosser uniment d’un coup sur le champ qu’on veut couvrir en le maintenant toujours à un degré de fluidité également uniforme.

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