DES REHAUTS
Quand une pièce est très avancée, on mot sur les parties saillantes du modèle des traits d’une couleur encore plus pâle comme lumière, ce qui achève de donner du relief.
Pourun ciel,onprend l’outremer et beaucoup de blanc qu’on mêle ensemble et dont on fait une couche plus unie, se dégradant de plus pâle en plus pâle dans une teinte faite de pierre, de fiel et de blanc qu’on peut animer d’un peu de rouge.
S’il y a des nuages, on épargne les clairs où ils se trouvent, c’est-à-dire qu’on n’y met pas de bleu; mais on les ébauche, si on les veut rougeâtres, avec le vermillon, la pierre de fiel et le blanc ; s’ils sont foncés, on met du gris fait de blanc et de noir qu’on réchauffe d’un peu de laque; les lumières des uns et des autres se font de massicot, de blanc et de vermillon, selon la force qu’on veut obtenir, arrondissant le tout par un pointillé intelligent.
Quelques miniaturistes anciens ont introduit la mine de plomb, qui fait un bon gris pour les ciels.
Principe de Léonard de Vinci pour les fonds de portraits
Le fond doit être, dans sa partie éclairée, plus coloré que la partie lumineuse du portrait et plus claire que la partie ombrée dans son ombre.
Autre règle. Si le fond très rembruni donne plus de brillant et d’éclat à la figure, il a, comme les draperies vigoureuses, le défaut de rallier à lui, pour ainsi dire, les parties les plus ombrées de la tête qui, à une certaine distance, semblent en faire partie par le ton, et n’apparaissent plus que comme au travers d’un masque coloré et lumineux; ce défaut se remarque dans quelques portraits du Prudhon.
En général, pour donner à une têio le plus de relief possible, placez-la sur un fond vigoureux et chaud de ton, surtout si la carnation est pâle et délicate, et, sur un fond clair et vaporeux, plutôt même grisâtre si les chairs sont d’un ton chaud obscur et très vigoureux.
Les écoles ou manières de faire de bons portraitistes sont aussi nombreuses que les écoles ou manières de traiter l’histoire.
Isabey a fondé l’école de la grâce vaporeuse et poétisé par tous les accessoires de l’élégance les types féminins, qu’il savait toujours embellir sans nuire à la ressemblance.
Madame de Mirbel a su joindre la fermeté à la grâce.
APPLICATIONS INDUSTRIELLES Peinture sur bois à la détrempe.
Il faut préablement appliquer un encollage fait de gélatine, de lait et de colle forte dans lequel on délaye du blanc d’Espagne et de la céruse, ou mieux du blanc de zinc; le panneau devra avoir été bien plané ; on peut donner une couche dans un sens, laisser sécher et donner une seconde couche, puis
poncer soigneusement la surface. On peut alors peindre à la gouache comme on peindrait sur papier.
Teinture des éventails sur bois à la gouache .
Le dessin au trait de la composition une fois arrêté sur du papier végétal, on le décalque avec le plus grand soin sur chaque brin ou montant, en ayant la précaution de ne pas fatiguer la place de ce qu’on veut dessiner, soit fleurs, attributs ou autres, par des surcharges de lignes trop marquées qu’on aurait de la peine à effacer ; on passe ensuite, sur la silhouette de toutes les parties qui doivent être recouvertes de couleur, un encollage léger d’amidon et de blanc d’argent, et quand il est sec, on procède à la peinture comme sur du papier, en évitant d’exagérer les empâtements.
Peinture sur cuir à la gouache .
je même encollage précédent s’applique sur les dessins et sujets, ornements, animaux, oiseaux, fruits ou fleurs susceptibles d’être appliqués à l’ornementation des porte-monnaies et autres objets de fantaisie dont la mode enrichit continuellement les articles du commerce, dits articles de Paris. Ces peintures, exposées à un continuel frottement, ne peuvent être durables.
Encadrement de dessins et aquarelles. — Marges peintes derrière
le verre.
On obtient, au moyen d’une couche de peinture à la colle de peau ou en détrempe, des marges blanches ou imitant le papier teinté en préparant une teinte de blanc ou de gris ou bleuâtre, selon la nuance qu’on veut avoir ; on la couche bien uniformément derrière le verre avec un pinceau convenable plat, on la laisse sécher et, avec un grattoir, on purifie les côtés du carré dans lequel le dessin, gravure ou aquarelle, doit venir s’enchâsser; ce système, peu connu, est très facile et avantageux.