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INFLUENCES PHYSIOLOGIQUES

Ces influences, qui sont multiples, dépendent de l’âge, du sexe et des grands changements physiologiques qui s’opèrent dans l'organisme pendant le cours de l’existence,

Aucun âge n'est exempt de la syphilis; depuis la naissance jusque dans la vieillesse la plus avancée, l’homme montre une ficheuse aptitude à contracter cette maladie. Toutefois, il est des âges où la syphilis est plus commune, C'est dans les premiers jours après la naissance qu'apparait la syphilis héréditaire, et la jeunesse est l’âge où la syphilis accidentelle est la plus fréquente, parce que c’est l’époque où l’homme s'expose le plus à la contagion.

(4) Ricord, Lettres sur La syphilis, 3° édit. Paris, 1863, p. 255.

(2) Bassereau, oc, cit., p. 306.

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Sur 153 malades examinés à ce point de vue, Cazenave (1) a trouvé :

De la naissance à 10 ans, 1 cas (syphilis héréditaire). o

De 10 à 20

De 20 à 30 67 De 30 à A0 13 De 40 à 50 97 De 50 à 60 41 De 60 à 70 2

. L'influence des sexes, quoi qu'aient pu en dire certains observateurs, est à peu près nulle ; l’homme et la femme sont également exposés à contracter la syphilis, et s’il y a moins de femmes que d'hommes qui en soient atteints, C’est, comme le démontre Bassereau, parce que le nombre de femmes qui se livrent à la débauche est incomparablement moins grand que celui des hommes. La constitution et les tempéraments n'apportent aucune prédisposition spéciale à la syphilis, de même ils ne modifient pas d’une façon notable ses effets : tel est du moins le résultat des observations de Martins et de Bassereau. L'influence des tempéraments ne se fait véritablement ressentir que sur la forme des symptômes, sur leur marche, leur durée et leur disposition plus ou moins grande à céder ou à résister au traitement.

Quelle est l'influence des races sur le développement de la syphilis? Un premier point à établir, c'est qu'il n’en est aucune qui soit à l'abri de cette maladie, car si la syphilis n’a jamais pu s'implanter en Islande, nous savons que cette immunité ne tient nullement à la race des habitants de ce pays. Il en est de même de l'immunité observée dans certaines tribus de la partie centrale de l'Afrique, dont la race, suivant Livingstone, n'a pas été croisée, puisque cette immunité ne s'étend pas sur toute la race nègre, et qu'au contraire la syphilis exerce d'affreux ravages parmi les noirs de la côte occidentale de l'Afrique et dans les pays situés à l’est du Soudan. Ce fait n'a du reste rien d'étrange, puisque certains individus privilégiés peuvent impunément s'exposer à la contagion. Cette remarque était déjà faite à une époque où la syphilis sévissait avec intensité. J. Catanée écrit : « Vidi tamen complures concubitus immundarum non recusantes, et in sordes venereas sese præcipitantes, qui tamen nullam inde infectionem hauserunt (2). » Relativement à l'influence de la race sur la forme ou la gravité du mal, l'observation nous apprend que dans les pays où les races vivent entremélées, et notamment dans les régions tropicales de l'Asie et de l'Amérique, il n'y à pas à cet égard de différence notable; néanmoins il ressort des faits observés en Turquie par Rigler, que la destruction du pharynx est plus fréquente dans les races de couleur. Pruner fait remarquer que dans les pays orientaux, et principalement en Égypte et en Arabie, la tendance aux éruptions érythémateuses, vésiculeuses et squameuses, est proportionnelle x la finesse et à la blancheur de la peau. Par contre, les éruptions serpigineuses, verruqueuses, les nodus, sont plutôt des formes spéciales aux individus dont la peau est épaisse, comme les Égyptiens et les Abyssiniens, dont les syphilides ont de la ressemblance

(4) A. Cazenave, Traité des syphilides, p. due (2) De morbo gallico tractatus, 1504.

avec le pian. Les taches et les cicatrices sont d'autant plus foncées ou d'autant plus noires chez les individus, que leur peau est plus fortement colorée.

Je n'aurais plus rien à ajouter touchant l'influence des races, si dans ces derniers temps on n'avait émis l'idée que la syphilis peut être aggravée par la transmission d'une race à une autre : « Que l’on vienne à renouveler le virus, dit Gauthier (1), en allant le puiser à des sources éloignées chez des sujets d'une autre race, habitant un autre climat, soumis à une hygiène différente, on verra de suite la maladie reprendre une intensité surprenante, et les acci= dents les plus insignifiants redevenir très-sérieux. » Cette proposition repose sur ce que dans les ports de mer de la Chine, et peut-être aussi dans quelques autres, la syphilis est plus fréquente et plus intense chez les matelots et les soldats qui viennent y relâcher. Mon intention n'est pas de contester le fait, après ce qui a été dit plus haut touchant la gravité de la syphilis dans les ports de mer. Mais n'est-ce pas là un problème complexe? N'y a-t-il pas, en dehors de la race, d’autres conditions susceptibles de contribuer à l'aggra= vation du mal? Le passage d’une localité dans une autre dont la température nest pas la même, le défaut d'acclimatation et souvent aussi l'intempérance, voilà autant de circonstances qui nous paraissent avoir dans l'espèce une importance beaucoup plus grande que le fait de la transmission du virus entre des individus de race différente.

La puberté chez l'homme et chez la femme, la grossesse et la ménopause chez cette dernière, sont des circonstances qui, dans la syphilis comme dans la plupart des maladies, jouent fréquemment le rôle de causes occasionnelles, La puberté est une époque où ne manquent guère de se manifester les cas de syphilis héréditaire tardive. Suivant Sigmund (2), l'aptitude à prendre la vérole serait plus grande chez la femme enceinte, l'inoculation étant favorisée par l'état catarrhal de la muqueuse génitale. La grossesse est d'autre part l'occasion de l'apparition des ‘accidents secondaires chez les femmes récemment infectées. Hunter, Nisbett, Fréteau, Swediaur, Biett, Cazenave, Gibert, Rayer, Alibert, Martins, assurent qu'une syphilis qui a été latente pendant un temps plus où moins long se traduit tout à COUP par une éruption à l’occasion d'une. grossesse, de l'accouchement, de l'époque menstruelle, ou de la cessation des règles. Une malade observée par nous, et qui s'était trouvée infectée peu de temps avant de devenir enceinte pour la première fois, eut six grossesses, et à chacune des quatre premières elle vit apparaître des plaques muqueuses ou des syphilides, et parfois ces deux variétés d'accidents. Les faits de ce genre sont nombreux, et pour s’en convaincre il suffit de lire les observations rapportées par les auteurs ; on y voit que la plupart des femmes infectées avant la grossesse ne manquent guère de manifester à ce moment les atteintes de la syphilis. De même que la phthisie, la syphilis se réveille par le fait de l’état puerpéral;. Mas si cet état n’est qu'une cause déterminante, l'accouchement peut

me G. Gauthier, Deux années de Prülique médicale à Canton (Chine). Thèse de Paris,

(2) Sigmund, Ueber den Verlauf der

Presse, 1873, n°1. Syphilis bei Schwangerschaft, Wiener medicinische.

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être une cause aggravante, et il est possible que la syphilis prenne des allures plus accentuées et plus sérieuses. Suivant Cullerier neveu (1), les accidents syphilitiques sont ordinairement moins graves pendant le cours de la gestation, l'infection qui peut avoir lieu en même temps que la conception reste quelquefois cachée pendant toute la grossesse, et ne se montre à découvert qu'après l’accouchement,. Les faits que j'ai chservés me permettent de me rendre à cette opinion, qui est aussi celle de Sigmund (2). La menstruation et surtout la ménopause agiraient dans le même sens que la grossesse et l’accouchement, et, comme ces deux états, elles tendraient à favoriser l’apparition des lésions syphilitiques. « La maladie vénérienne, dit Cullerier (3), se montre souvent au retour d'âge, après avoir été assoupie pendant de longues années, quelquefois même pour la première fois. On a remarqué qu'elle était alors très-opinitre, et c’est le plus ordinairement sous forme d’ulcères à la gorge et aux fosses nasales qu’elle se manifeste ; on voit aussi paraitre les affections de la peau et des os. »

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